Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 18:29

http://www.namesash.com/wp-content/uploads/2010/04/affiche_necromentia.jpg

 

Necromentia est une petite série B qui a fait son petit effet lors d’un dvd du mois Mad movies. En fait, l’objet torturé se résume finalement à une simple idée : faire preuve de générosité avec un budget rikiki et donner une vision de l’enfer hellraiserienne en diable, avec des concepts graphiques démoniaques du meilleur cru. Et chose assez inattendue, le modeste projet parvient à remplir ses objectifs de ce côté-là. En revanche, pour ce qui est du reste…

L’histoire : un récent veuf qui tente de faire revivre sa femme par sorcellerie, un bourreau moderne harcelé par un spectre, un handicapé proche du suicide, une âme en peine et son douloureux passé…

 

http://i665.photobucket.com/albums/vv15/liberaldead/NecromentiaScreen01.jpg

 

Necromentia n’est pas un film à sketch, mais il mixe plusieurs histoires qui finissent par former un tout « cohérent ». Sur le modèle d’un Sin City ou d’un Tarantino. Cependant, les inspirations de Necromentia ne lorgne pas vers le côté pulp de ces exemples. C’est simple, le réalisateur a dû adorer Hellraiser pendant sa jeunesse et il a décidé de faire un film hommage avec des idées torturées et une esthétique très underground. Autant dire que le fantastique et le manque de budget font rarement bon ménage. Pourtant, Necromentia réussit à illustrer quelques idées déviantes avec brio, parvenant même au détour de corridors sombres à devenir impressionnant. On retiendra surtout un gigantesque démon baraqué qui se chargera de traîner les âmes dans les ténèbres, et une séance de torture particulièrement glauque. Cette séquence mérite d’ailleurs qu’on s’y attarde, puisqu’elle est de loin la plus réussie du film, trouvant le juste équilibre entre design underground, bande sonore saturée et effets gores insidieux. Avec un côté fétichiste évident pour le look du bourreau qui dirige la séance. Aussi, la conclusion de la scène est amusante dans la mesure où la prétendue victime est une masochiste qui paye pour s’infliger cela. Mais ici, l’aspect torturé des différents personnages apparaît plus en façade qu’en profondeur. Et c’est là que le bas blesse. Les personnages sont finalement peu intéressants, leur direction tortueuse n’étant presque jamais développée, restant au stade de l’exposition. Le mari nécrophile ne s’attirera jamais notre compassion, on se fout du harcèlement moral du bourreau par un fantôme, et la partie avec l’handicapé est complètement foirée. Enfin, pas complètement. Disons qu’on voit où veut en venir le réalisateur, mais que le malsain recherché ne fait pas mouche, et ne nous choquera jamais vraiment (il s’agit d’un gosse coincé dans un fauteuil roulant qui voit dans une télé un démon qui tente de le pousser au suicide sur un mode « cartoon »). Si graphiquement, le film impose une certaine maîtrise visuelle, les personnages sont des jouets qui n’attirent pas l’attention, et de ce fait, ils ralentissent le spectacle. Sans parler que le film se focalise sur des révélations données sur les personnages mis en scène. Ainsi, quand on comprend les liens qui unissent les différentes personnes du film, c’est sans entrain et sans intérêt qu’on les gobe, et sans envie de dire merci. D’où un constat bancal et finalement en défaveur du film, qui ne parvient pas à insuffler de l’intérêt pour le peu de choses qu’il voulait nous raconter. Un gâchis d’un certain côté, mais le démon du corridor est une tuerie !

 

2/6

 

2009

de Pearry Reginald Teo

avec Layton Matthews, Chad Grimes

 

http://www.onderhond.com/style/site/necromentia-3.jpg

Par voracinephile - Publié dans : Violent ( la terreur sans la peur)
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 18:23

http://img.filmsactu.net/datas/films/m/e/meatball-machine/xl/4814f53cdaf37.jpg

 

Le seul V Vidéo dont j’avais parlé jusqu’à maintenant, c’était Gothic & Lolita psycho. Une merde insignifiante et chiante, qui trahissaient les tendances au recyclage de ce genre en marge, maintenant connu des cinéphiles, mais pas encore reconnu par le grand public. Pourtant, il y a deux grands noms qui dominent cette catégorie si particulière de films asiatiques. Il y a l’impérial Tokyo Gore Police (le Starship troopers du soleil levant) et le costaud Meat Ball Machine. Si ce dernier n’a pas vraiment la folie qu’atteignait parfois TGP (je pense notamment au bordel à mutants), les ambitions sont carrément démentielles et les ingrédients jubilatoires, le film lorgnant clairement vers les esthétiques organo-metalliques de Tetsuo.

L’histoire : sur Terre, une race extra terrestre utilise des vaisseaux (les nécroborgs) pour parasiter des corps humains et les transformer en machines à tuer pour de sanglants affrontements.

 

http://4.bp.blogspot.com/_njhrb1fZtrI/S7Vy46VtRhI/AAAAAAAAAMw/XmH3YNhLGvg/s1600/meatball_machine_ps12.jpg

 

Le potentiel de Meat Ball Machine est tout simplement phénoménal. Un véritable orgasme pour l’amateur de design undergrounds. Une histoire où on a des humains qui voient leur corps transformé en machine, et dont les organes sont mutés pour devenir des armes mortelles ! Aussi démentiel que les blessures des mutants se transformant en armes chez TGP. Il n’en faut pas plus pour titiller la curiosité des bisseux, et le résultat est tout bonnement enthousiasmant ! Si le maigre budget du film nous oblige parfois à subir quelques rares effets numériques foireux, il y a un nombre assez conséquent d’armures bio-mécaniques qui apparaissent à l’écran, avec des armes assez variées (pour le coup, l’arsenal est vraiment très large, et les dernières armes utilisées se révèleront tout simplement orgasmiques, avec un canon à os et une disqueuse monstrueuse). Les inspirations de Tetsuo abonde, rien que dans la gestion des hommes machines, bougeant mécaniquement et se livrant à de véritables boucheries pendant les affrontements. Car avant toute chose, Meat Ball Machine est un film gore et se revendique comme tel. Le sang gicle par hectolitres, parfois sans qu’on s’y attende (l’accident de voiture, gorrissime, arrive comme un cheveu sur la soupe), et macule fréquemment la caméra au cours du récit, qui brasse un nombre assez varié de personnages. En effet, en plus de quelques « robotisés » (personnifiés par leur arme de combat), nous aurons affaire à un chasseur d’extra terrestre (accompagné de sa fille, dans un état précaire) et nos deux principaux protagonistes. Et c’est là que le film frappe assez fort. En effet, si sur le plan du gore et des combats, le film remplit largement son contrat, il s’intéresse aussi à des personnages clichés, mais pas inintéressant. Le « héros », c’est un jeune adulte particulièrement frustré par son quotidien, qui vit dans la solitude et qui passe son temps à fantasmer sur une ouvrière qui bosse à l’usine avec lui (la scène de masturbation plante le décor). Et on suivra alors cette victime en puissance tenter de s’approcher de l’ouvrière en question. Entouré de clichés (tous les autres ouvriers ne parlent que de leur vie sexuelle), notre couard solitaire se traînera souvent avec le moral dans les chaussettes. On retiendra surtout la scène où il se fait draguer par un travesti avant de se faire tabasser par ce même personnage (qui vomit sur sa solitude égoïste et stérile). Le film, même si il surfe sur les clichés des frustrés, ne manque pas d’une certaine pudeur, notamment exposée pendant le premier face à face de notre ouvrier avec l’ouvrière. L’évocation de son passé sombre vient apporter une légère cruauté au déroulement de l’histoire, nos victimes se retrouvant alors les cibles des extra-terrestres sans avoir eu le temps d’épanouir leur début de romance. Il ne s’agit pas d’amour, mais d’espoir pour Yoji (notre protagoniste) de pouvoir ramener son aimée parmi les hommes qui va l’animer pendant tout le reste du film. Et ce registre sentimental, plus torturé qu’il n’y paraît, n’est jamais sacrifié sur l’autel du gore ou de la violence. Ce constant retour au sentiment est d’ailleurs ce qui fait la spécificité de Meat Ball Machine. Là où Tetsuo montrait un homme qui se mécanisait et qui finissait littéralement par péter un câble (et perdre la raison), les humains possédés tentent ici de lutter contre leur mécanisation. Certes, la métaphore fait toujours plus dans l’évocation de l’idée que dans la dissertation, mais la profondeur du spectacle semble évidente malgré les hectolitres de sang qui giclent de toute part. Dans le registre du divertissement, on notera, en plus de la violence, énormément d’allusions sexuelles (les symboles phalliques sont légions, prenant parfois presque des airs de hentaï et trouvant leur justification dans les ambiances « organiques » recherchées par le film). Parfois cruel, Meat Ball Machine est une vraie surprise, une version jouissive de Tetsuo qui se veut avant tout être un divertissement gore complet, mais qui prend aussi grand soin de nourrir quelques ambitions pour ses personnages. Toutefois, la fin qui tente de relancer le sujet ne crée par un nouveau rythme, et apparaît comme dispensable. Dommage qu’une suite n’ait pas été annoncée, le concept aurait permis encore pas mal d’excès sur pellicule… Reste un morceau de bravoure inespéré et plutôt réussi.

 

5/6

 

2005
de Yudai Yamaguchi, Jun'ichi Yamamoto
avec Aoba Kawai, Takahashi Issei

 

http://www.kekkai.org/google/cs/img/meatball-machine-2.png

Par voracinephile - Publié dans : Violent ( la terreur sans la peur)
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 18:19

http://2.bp.blogspot.com/-kUfbrEXzbAs/TVmvHWUxlTI/AAAAAAAAAWE/N80yeGYrUZI/s1600/BluesBrothers.jpg

 

S’il y a une comédie chantée qui a marqué durablement l’esprit du public, il s’agit bien des Blues Brothers, une comédie complètement folle, qui ose tout sur le modèle des Monty Python en se mettant au service d’une morale convenue, mais en total décalage avec le ton global du film. S’il contient de nombreux arguments qui ont façonné rapidement son statut culte, le film pêche parfois par un manque de mordant ou un manque de rythme qui l’allonge un peu plus qu’il n’en faut. Embardée sur un film culte.

L’histoire : Jack, un musicien du Blues, sort de prison où il est recueillit par son frère Elwood. Voulant retrouver ses racines, il apprend que leur orphelinat d’enfance va être mis en faillite et va être démoli pour construire des immeubles d’ici deux semaines. Les deux frères se jurent de réunir la somme nécessaire à la survie de l’établissement.

 

http://www.theblackninja.com/images/movie/blues_brothers/blues_brothers_twisting_with_ray_charles.png

 

Le projet en lui-même contient tous les ingrédients de la comédie musicale qui réussit. On se repose sur un duo d’acteurs qui fonctionne à merveille (de vrais concurrents de Lauren et Hardie sur le plan physique et comique), de fréquents passages comiques virant plus ou moins sur l’absurde (et donc destiné à passer à la postérité), quelques scènes d’actions pour épater la galerie, et des morceaux musicaux (ici de blues) interprétés par des chanteurs de légende. Rien à redire que le papier, ça fonctionne du tonnerre. La course-poursuite finale tient encore lieu de référence dans le domaine, et le film contient en général suffisamment de temps forts pour garder une excellente opinion de l’affaire globale. En variant les registres d’humour (on retiendra surtout le runing gag de la tueuse qui poursuit nos deux frères pendant tout le film avant de se laisser attendrir par un sourire sans lunettes), le film parvient à devenir une comédie qui s’adresse à tous, évitant de prendre trop au sérieux les clichés qu’elle utilise dans sa trame principale (la morale catho-tradi à grands renforts de « on est en mission pour le Seigneur », elle est quand même relativement lourde). The Blues Brothers a énormément d’arguments, mais au final (et j’avais déjà cette impression quand j’avais découvert le film pendant ma jeunesse), le milieu du film peine à me convaincre sue la longueur. Tant que le groupe est séparé, chaque intervention des deux frères pour convaincre les différents membres de répliquer déclenche son lot d’éclats de rire. Mais quand le groupe est au complet et qu’il se lance dans des tournées, la formule peine à garder son dynamisme. On a quelques gags sympathiques mais pas terribles, une course poursuite un peu mole avec un policier… A vrai dire, cette partie du film m’a tellement peu marqué, que j’ai tout simplement effacé de ma mémoire ce qu’il se passe entre la course poursuite et la fin du grand concert sensé remettre à flot tout le monde. Ils attendaient sur le bord de la route je crois… Pour ce qui est des morceaux de musique, le film tient largement ses promesses, pas grand-chose à redire là-dessus si ce n’est que l’ambiance des concerts déchire. En tout et pour tout, ce Blues Brothers se révèle être un divertissement musical de très bonne tenue, sans qu’il est provoqué une adhésion instantanée de ma part. La réputation d’objets cultes ma paraît un peu usurpée mais le divertissement familial promis tient largement ses engagements au près du public. Et encore une fois, la scène de fin déchire.

 

4.4/6

 

1980
de John Landis
avec John Belushi, Dan Aykroyd

 

http://2.bp.blogspot.com/-QJ841DmIBdk/TwSA9_48LsI/AAAAAAAAD34/-VLN7oA3ZwM/s1600/Blues+Brothers+4.jpg

Par voracinephile - Publié dans : Comédie (mieux vaut en rire)
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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 19:14

http://www.vizyonfilmseyret.com/filmresim/urperti.jpg

 

A une lointaine époque, en pleine découverte de la filmographie de Cronenberg, la recherche d’un certain Shiver (une bisserie ma foi sympathique), je suis tombé par sur un autre film du même titre, mais espagnol, et dont le titre original se révèle être Eskalofrio. Un film sans prétention, vendu comme un film de vampire mais se révélant être un produit complètement à part, plutôt réaliste (même si leur créature bénéficie de quelques effets spéciaux) et misant sur des adolescents investis et tout à fait convaincant. Un anti-twilight qui n’hésite pas à rentrer dans le lard avec quelques effets gores, et qui se révèle être une excellente bande horrorifique pour adolescents (si toutefois ils tolèrent de stresser un peu, certaines scènes pouvant dépasser un peu du cadre - 12 ans).

L’histoire : Santi est un adolescent qui souffre de photophobie (sa peau ne supporte pas l’exposition aux UV). Il déménage alors avec sa mère dans un bled peaumé dans le nord, où l’exposition solaire est assez réduite. Mais dès son arrivée, plusieurs attaques de bêtes sauvages sont relevées dans les troupeaux du coin. Et quand un adolescent meurt, Santi est rapidement suspecté.

 

http://www.scifi-universe.com/upload/galeries/images_film/17815/eskalofrio_3.jpg

 

Le postulat de départ est assez intéressant, vu que les similitudes avec Twilight sont particulièrement claires. Seulement, c’est le protagoniste principal qu’on va prendre pour un vampire alors qu’il n’en est pas un. Il est en tout cas une créature de la nuit, qui dort le jour et ne peut sortir qu’une fois le soleil couché. L’exposition de son caractère est plutôt réussie, parvenant à nous poser un adolescent mature, solitaire et sympathique dans les grandes lignes. Un original marginalisé par une santé fragile en somme. Et un déménagement dans une région plus froide pourrait lui permettre de retrouver un peu la pêche. Santi et sa mère s’installent donc dans une vieille maison de campagne, plus habitée depuis un an. L’intégration au lycée n’est pas facile, mais bon, il faut passer par là. Au moins, le film évite de trop s’attarder sur les clichés du genre pour nous mettre rapidement dans le bain, avec assez vite l’attaque d’un mouton, retrouvé éventré par le berger. Bizarre. Puis bientôt, c’est un camarade de classe qui se retrouve poursuivi par une étrange créature (qui reste toujours camouflée dans les parterres de fougères). Désireux d’aider, Santi participe à une petite traque entre étudiants de la mystérieuse créature, mais celle-ci les surprend sur le chemin du retour, et un des adolescents fini saigné à blanc. Un deuil pour la communauté campagnarde et le début des problèmes pour Santi, qui doit maintenant composer avec les soupçons des autres lycéens et les interrogatoires de la police. Et le script de nous aiguiller peu à peu vers des directions inattendues, délaissant peu à peu le fantastique pour retourner à une sorte de variante de (SPOILER : l’enfant sauvage FIN DU SPOILER). Toujours est il que le film promettait du vampire alors qu’il est plus complexe que cela (et ça, on aime !). D’ailleurs, le film n’hésitera pas plusieurs moments de bravoure, dévoilant intégralement sa créature dès la 40ème minute, nous offrant une scène de home invasion plutôt stressante, vingt minutes de traque en pleine forêt avec des pièges à l’appui (même si l’usage de la caméscope en mode vision nuit faisait très peur de prime abord (et pas dans le bon sens du terme)) et un dernier acte énervé avec des campagnards rebelles. L’intrigue en elle-même est assez intéressante, dévoilant ses ingrédients au fur et à mesure avec un certain sens du rythme qui permet de ne jamais s’ennuyer. Mais la vitalité espagnole du film se ressent surtout au niveau de ses personnages. De sa peinture assez juste d’une adolescence marginale au portrait d’une mère de famille célibataire confrontée à l’hostilité des villageois, le film réussit à rendre tous ses personnages crédibles et à nous attacher à leur sort, ce qui n’était pas vraiment gagné d’avance au vu du matériau. En cela, Eskalofrio se révèle être un film d’épouvante adolescent très réussi et relativement ouvert au grand public, pour peu que celui-ci tolère de frissonner quelques minutes en découvrant une histoire qui parle d’autre chose que le dépucelage de ses protagonistes. Une perle rare.

 

4.8/6

 

2007
de Isidro Ortiz
avec Junio Valverde, Mar Sodupe

 

http://www.whatsyourbeef.net/wp-content/uploads/2011/11/eskalofrio-1b.jpg

Par voracinephile - Publié dans : Epouvante ( qui stresse)
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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 15:44

http://www.horrorstew.com/images/JeniferBox.jpg

 

Non, Dario Argento n’a pas fait que de la merde ces dernières années. Avec un Mother of tears qui annonçait la débâcle et un Giallo foiré dans les largeurs, on pouvait se permettre d’employer la formule. Mais il n’empêche que sa collaboration aux Masters of Horror a été bénéfique, ce dernier accouchant du meilleur épisode de la série (enfin, des épisodes que j’ai pu voir). Avec Jenifer, c’est une vraie petite réflexion sur un freak à laquelle se livre Dario, en contre-pied total aux habitudes du genre, et qui ne recule pas devant le gore et le sexe pour développer son histoire. Le dernier chef d’œuvre du maître à ce jour.

L’histoire : pendant son service, un policier abat un clochard tentant de découper une jeune femme en morceaux. La jeune femme en question, atrocement défigurée, semble avoir de graves problèmes mentaux, et est prise en charge par les services de santé du coin. Le policier s’intéresse alors de près à elle.

 

http://s.excessif.com/mmdia/i/59/3/moh-jeniferhaut2-3620593hsvem_1731.jpg?v=1

 

Jenifer est tout simplement une réflexion brillante sur le Freak monstrueux, car il ne traite à aucun moment sa créature avec sympathie, mais il la filme toujours en insistant sur les sentiments qui animent les personnes qui l’entourent (et c’est bien là tout le côté pervers du film). Si Jenifer peut se révéler particulièrement efficace sur les fans d’horreur, c’est parce qu’elle joue sur un sentiment de faiblesse : la pitié. Jenifer a un corps de femme parfaite, mais a une tête de gobelin. Des yeux non humains, une bouche de carnivore, son physique viscéralement repoussant semble la condamner au mépris du monde (et d’ailleurs, à l’exception du héros, tous les autres acteurs ne cesseront de cracher sur sa laideur). Et ce sentiment de répulsion apparaît dès lors comme sain, puisqu’il est un avertissement sur la nature profondément destructrice de Jenifer. Aussi, la claque est grande pour ceux qui s’intéressaient d’abord à l’intérieur des personnes plutôt qu’à leur apparence physique. Car dans Jenifer, il n’y a personne de riche, de cultivé ou tout simplement d’heureux. Il n’y a que de vagues instincts animaux, et une absence totale de volonté. Si quelques vagues sentiments sont abordés par le film (la jalousie par exemple ou l’empathie pendant les crises de nerfs du héros), Jenifer est un monstre et elle agira toujours comme tel, inéluctablement. Jenifer, c’est une romance perverse, une histoire d’amour utopique, illusoire qui ne profitera jamais à notre héros. Sa pitié pour Jenifer est constamment exploitée, savamment entretenue par la créature (qui avec des gestes grossiers parvient à toujours s’attirer la bienveillance de notre flic), et bientôt transposée sur un registre sexuel qui ma foi se révèle viscéralement scandaleux, mais qui passe sentimentalement assez bien. Avec une sexualité animale, Jenifer parvient à se faire accepter et protéger par le héros, et cela au détriment de toute sa vie. Et le film de nous achever en concluant sur une boucle magnifiant le message du film et expliquant comment Jenifer a pu survivre en société pendant toutes ces années. A vrai dire, le seul gros regret qu'on puisse formuler, c'est que la patte d'Argento ne transparaît jamais vraiment dans le projet, qui formellement ressemble en tout point à un film de commande (ce qu'il est à la base). Après, la boucle finale un peu facile, le mécanisme est arrangé, mais ce monstre mangeur d’homme, au mode opératoire aussi simple qu’efficace, a tout pour baffer le fan de genre et pour l’envoyer dans les cordes. Avec un thème composé par Claudio Simonetti, Jenifer demeure un recommandable du réalisateur, qui parvient à nous prouver qu’il a encore le potentiel de livrer un bon film.

 

4.7/6

 

2005
de Dario Argento
avec Steven Weber, Beau Starr

 

http://images-srv.leonardo.it/progettiweb//blog/jenifer_390.jpg

Par voracinephile - Publié dans : Epouvante ( qui stresse)
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  • Je suis étudiant en Chimie, j'ai 22 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (plus marginal que grand public). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

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