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Samedi 25 mai 2013 6 25 /05 /Mai /2013 14:48

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Avec Boogie Nights, on est en plein dans le cinéma de Paul T. Anderson, qui reprendra d’ailleurs l’essentiel du casting de ce film pour réaliser son chef d’œuvre Magnolia. Ici, notre bonhomme s’attaque au délicat visage de la pornographie, sous genre cinématographique méprisé et pourtant, qui a très tôt vu le jour (tout comme, d’une certaine façon, les nus avec la photographie et la peinture). Et comme toute histoire traitant du cinéma, il se situe dans une période de changement, prenant pour charnière le basculement des années 80 et l’appauvrissement dégradant de ce secteur. Un petit coup de poing dans son genre.

L’histoire : Eddie Addams rêve de célébrité, mais il ne s’est jamais découvert d’autres talents que de savoir se servir de son anatomie. Désireux de percer dans le métier, il s’associe avec Jack Horner et commence à acquérir une flatteuse réputation dans le domaine de la pornographie.

 

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J’ai découvert ce film suite aux articles parus sur Naveton et Cinéborat, et nos cinéphiles avaient eu du flair, puisqu’il s’agit d’un nouveau petit cyclone cinématographique, qui s’attaque à tout un pan de « sous – culture » qui a depuis évolué vers une grande déchetterie dans laquelle certains tentent encore de s’en sortir, sans succès. Boogie Nights est un drame qui revient donc sur la gloire fastueuse du porno, ici à la fin des années 70 (pour rappel historique, notre bien-nommée Emmanuelle a sévie pendant cette période). Le porno bénéficie alors de sorties en salles de cinéma, et les réalisateurs ont des scénarios quand ils tournent. En prenant l’angle d’un jeune étalon débutant, le film nous fait donc découvrir l’univers des tournages porno, avec une petite dose de trash pour la façon crue dont nos acteurs abordent le sexe, mais qui affiche un certain respect. Si un certain mépris se sentait déjà dans l’esprit « public », le genre était encore respecté, et les ambitions étaient à la hausse. Il est en effet assez gratifiant que derrière la fesse et le nichon, Jack Horner essaye de faire du cinéma, qu’il essaye de retenir son public un peu plus longtemps qu’après le premier orgasme. Et sur la phase ascendante du film, il y a en effet cette amélioration, cette envie de faire un film, qui prend le dessus. Mais la success story est évidemment de courte durée, car arrive avec l’avènement des années 80 la généralisation de la VHS, et la disparition progressive des salles réservées au genre. Comme le dit Jack Horner « Si tous les gens disent que c’est de la merde, et que ça ressemble à de la merde, c’est parce que c’en est. ». Avec diminution vertigineuse des budgets, amateurisme (n’importe quel glandu peut en réaliser), mépris total de la qualité et des spectateurs. Le constat est d’autant plus accablant que l’industrie porno n’a pas changée depuis, remuant la fange de la médiocrité et nous la resservant sans cesse. La morale sentencieuse se fait d’autant plus dure qu’effectivement, la qualité disparaît complètement au fur et à mesure que les années passent et que les productions interchangeables s’enchaînent. La performance prime sur le plaisir, et l’approche même du sexe en société change, comme le prouve l’odieuse séquence en limousine. Plus aucune notion de respect, car l’industrie n’a plus rien de respectable. Tout le monde est là pour bouffer un truc réchauffé, des acteurs aux spectateurs. Les descentes aux enfers sont vertigineuses, les chocs sont rudes, la vérité est là. Et les excellentes performances d’acteurs (quoique moins éclatantes que dans Magnolia) magnifient le spectacle, nous offrant un drame d’une belle intensité. Toutefois, le final se révèle plus léger que prévu, en offrant une seconde chance à plusieurs personnes notamment, ce qui permet quand même de respirer un peu après un aussi dur constat. Plan final qui dévoile enfin l’objet du film, et qui par la seule force d’une image, parvient à marquer durablement le spectateur. Un vrai grand film !

 

5,3/6


1997
de Paul Thomas Anderson
avec Mark Wahlberg, Burt Reynolds

 

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Par voracinephile - Publié dans : Drame (chanter sous la pluie)
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Samedi 25 mai 2013 6 25 /05 /Mai /2013 14:38

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Pour continuer dans le rayon série Z, parlons aujourd’hui d’un produit hyper bizarre qu’on voit très rarement : le Z tellement ambitieux qu’il en devient génial tellement il n’est pas thuné. Flirtant ouvertement avec le nanar tellement son sérieux contraste avec le cheap de sa facture technique (un film sans pognon entièrement tourné sur fond vert, c’est dire…), Manborg est une sorte de curiosité aussi indigeste que foutraque, un OFNI assez abracadabrantesque depuis la dernière tentative d’Astron 6, à savoir le sympathique Father’s day.

L’histoire : Pendant la guerre de 39/45, les nazis reçoivent l’appui du comte Dracula et de ses sbires morts vivants. Un soldat, tué sur un champ de bataille français, a le temps de voir son frère se faire couper en deux. Il se réveille des années plus tard dans le corps d’un cyborg dans une cité futuriste dirigée par les nazis et le Comte…

 

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Devant un pitch aussi frapadingue, dur de garder son sang froid. D’ailleurs, c’est le style même des réalisateurs qui provoque la polémique avant cette effervescence conceptuelle. Pour ceux qui ont vu Father’s day (et je crois que je me mets donc à me parler), les 15 dernières minutes en enfer étaient un florilège d’incrustations plus foireuses les unes que les autres. Et bien ici, c’est la même chose, sur une heure et demie. Les mouvements hachés, les incrustations visibles, les couleurs flashies et l’absence de cohérence ou d’harmonie dans les différents décors et ambiances jouent avec la patience du spectateur, qui se fatigue assez vite devant un objet aussi nerveux et aussi clinquant. La pauvreté devient clinquante sous nos yeux, tellement elle est soulignée sans finesse. Aussi, Manborg est épuisant, de par son style et sa rudesse. A cela vient se rajouter une nanardise quasi omni présente, si l’on en juge par les dialogues qui jalonnent le récit (« You ! Stop ! » « Nooooooo ! » ou encore « Can you hear me ? » avec le type juste en face « YEEEEEESS ! »), les personnages improbables (un chinois déguisé en Tekken qui parle avec une voix grave absolument anachronique), les situations ridicules (le méchant nazi zombie qui drague pendant tout le film la sœur d’un des héros)… Quand dans un combat, un personnage lance un Nunchaku pour transpercer ses ennemis, on sait qu’on est dans un nanar volontaire. Complètement attardé dans les enchaînements du script (un méchant devient gentil en claquant des doigts), Manborg est aussi boulimique en termes de richesse, puisqu’il ne cesse de donner dans la surenchère bien au-delà de ses moyens. Combats en arène contre des robots façon Star Wars, course poursuite en bottes fusées dans une cité futuriste, cyborgs gigantesques (en pâte à modeler animés image par image)… Il ne recule devant aucune excentricité et cela pour faire le projet de Z le plus indigeste de son époque. Tous les curseurs sont tellement poussés à fond (trop nanar, trop ambitieux, trop agressif, trop quoi…) que le spectateur finit carrément sur les rotules, assommé par un spectacle qui pompe l’énergie aussi facilement que le comte Dracula. Le résultat est donc en demi teinte, et tient du jamais vu. Suicide autoproclamé pour les auteurs, et une curiosité étrange pour nous autre cinéphiles, pour peu qu’un concassage cybernétique ne vous effraye pas.

 

3/6


2011
de Steven Kostanski
avec Adam Brooks, Meredith Sweeney

 

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Par voracinephile - Publié dans : Nanar (modeste)
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Samedi 25 mai 2013 6 25 /05 /Mai /2013 14:30

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Le cinéma de Baz Luhrmann a au moins pour lui la constance, puisqu’en l’espace de 3 films, le bonhomme a complètement dévoilé les tendances qui l’animent (à savoir la fiesta, la romance et un soupçon de drame pour se donner des airs de chefs d’œuvre). Après l’anachronique Roméo + Juliette et l’éreintant Moulin Rouge, le voilà qui revient avec un grand classique de l’histoire du cinéma : The Great Gatsby. Usant toujours d’un kitch assez plaisant pour l’œil, il s’attaque ici à son œuvre la plus dramatique, et indéniablement sa meilleure.

L’histoire : un jeune trader surfant sur la réussite économique des années 30 loue une maison voisine d’une gigantesque demeure où vit un certain Mr Gatsby, qui tous les week end donne de gigantesques réception auxquelles tout le monde s’invite.

 

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Je profite de ce début d’analyse pour rappeler que je ne suis pas un fan du cinéma de Baz Luhrmann, essentiellement pour une question d’anachronisme assez gênante, le bonhomme ayant tendance à mettre du rock dans les folies bergères ou des tubes sur des images des années 30. Une conception du cinéma pour le moins personnelle, donc. Mais ici, le réalisateur fait de sincères efforts de sobriété, en enlevant notamment toutes ces excentricités comme la pub pour l’absinthe dans Moulin Rouge, le genre de séquence what the fuck qui pourrissaient le spectacle. Aux anachronismes musicaux près, la mise en scène est soignée, on manque un peu de retenue par endroits (la beuverie dans l’appartement), mais les lieux de tournages sont éblouissants, et oui, les fêtes sont un plaisir pour l’œil (quoiqu’on ne les montre justement pas assez). Le vrai problème de The Great Gatsby réside autre part : dans sa propension à glorifier le vide et à le sertir d’un écrin bien trop clinquant. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire originale, Gatsby donne des fêtes grandioses dans l’espoir d’y croiser un soir un amour perdu, qui vit cependant dans la maison juste en face du manoir, séparée par un bras de mer de quelques miles. L’occasion de faire une belle séquence où Gatsby tend la main vers la demeure de son amour de jeunesse, mariée aujourd’hui à un riche héritier qui la trompe à tout va. Les ingrédients du drame sont là, mais tout est ridiculement simple. Rendez vous compte que cela prend une heure et demi à Gatsby rien que pour embrasser Carry Mulligan. Tous les éléments dramatiques s’enchaînent avec une lenteur confinant à l’ennui, quand on ne se perd pas dans des dialogues injustement complexifiant, qui tentent de donner du volume à des enjeux d’une platitude effrayante (Gatsby va-t-il réussir à tremper son biscuit ? La jeune femme va-t-elle enfin dire quelque chose à son mari ?). Gatsby, c’est le drame d’un riche tellement riche, mais l’argent n’est rien en face de l’amour, et il est si timide, ce grand Gatsby… La romance s’étend d’une façon très artificielle, et les enjeux dramatiques s’enchaînent au final trop vite, avec un accident de voiture aussi brutal que volontairement pathétique, faisant basculer d’un coup le récit dans une noirceur pas vraiment méchante. Encore une fin tragique histoire de dire qu’on vient de voir un chef d’œuvre, mais le spectateur n’est pas dupe, il faut un peu plus que des mots de cœur d’un richard parvenu pour nous émouvoir à chaudes larmes. Toutefois, il est important de relever l’excellent numéro d’acteur, qui malgré la naïveté de leur rôle, s’en tirent avec les honneurs (je pense surtout à Joel Edgerton). Un film pas très convaincant donc sur le plan des sentiments (c’est l’anesthésie générale sur 2h20, mais on ne tombe pas trop dans la niaiserie), mais qui compense avec une facture visuelle assez jolie.

 

2,5/6


2013
de Baz Luhrmann
avec Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire

 

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Par voracinephile - Publié dans : Drame (chanter sous la pluie)
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Jeudi 23 mai 2013 4 23 /05 /Mai /2013 18:19

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Retour chez notre boîte de production favorite, la Troma Team Release, avec un de leurs vieux crus que je viens de découvrir : Combat Shock. Série Z complète jouant sur les terrains d’un Rambo dont il est une version à la fois cheap et cruelle (d’une certaine façon plus « réaliste » dans sa cruauté), Combat shock est un film sans concession qui parvient à tenir ses objectifs, à savoir un récit perturbant et sans concession de vétérans du Viet Nam abandonnés à la vie civile après usage.

L’histoire : Un vétéran du Viet Nam, marqué part les évènements qu’il a vécu, tente de survivre dans une banlieue américaine, faisant face aux gangs et ressassant sans cesse le passé.

 

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Malgré la facture de série Z qui se sent d’un bout à l’autre du film (la jungle fait très « terrain vague », les explosions sont des pétards un peu enterrés, le bébé est une marionnette en plastique hideuse…), le sérieux qui imprègne le film fait immédiatement penser à Apocalypse Now, comme en témoigne la voix off de notre personnage principal qui ressasse ses pensées façon seul contre tous, film dont l’état d’esprit n’est pas si éloigné de ce bel essai de Buddy Giovinazzo. Commençant avec une pérégrination de notre héros en territoire ennemi, le film donne donc dans la description du conflit sous angle halluciné, posture « classique » depuis le chef d’œuvre de Coppola, mais toujours efficace comme en témoigne ce film. Si, malgré ce sérieux, le côté Z peut un peu décourager niveau scènes guerrières (malgré des plans gores à la hauteur), le film prend davantage de poids avec le retour à la vie réelle. Prenant place dans une banlieue en décrépitude, nous retrouvons notre héros marié à une souillon qui le harcèle constamment pour trouver de la thune pour le ménage, avec un bébé d’une laideur assez terrifiante (je pense que c’est le faible budget qui est en cause, mais il n’est pas interdit d’y voir un hommage (involontaire) à Eraserhead). Et quand il sort de son appartement, ce sont les gangs qui viennent le dépouiller, la zone pour les promenades. La seule personne qui semble finalement proche de lui est un autre vétéran, qui sombre lui dans l’enfer de l’héroïne façon Requiem for a dream (avec une gangrène qui commence à s’installer). Niveau glauquerie, on en a pour notre argent, et le film ne cesse de s’enfoncer dans les abîmes de l’inéluctabilité, rien ne venant aider notre vétéran à s’en sortir. Aucune chance, de rares tentatives qui échouent lamentablement… Et ce traumatisme qui revient continuellement à la charge, culminant jusque dans la séquence décisive où notre personnage récupère une arme. Ne sacrifiant jamais le dramatisme de sa violence (chaque mort est un coup dans l’estomac), Combat Shock se hisse d’un coup dans la classe des films qui remuent, comme Taxi Driver ou encore Dead Man Shoes. Et cela sans la moindre prétention, c’est même contre toute attente que le film prend cette ampleur, animé d’une rage peu courante pour du petit budget. Film marquant oublié, Combat Shock est une petite révélation en soit, même si les ingrédients qu’il manipule sont classiques, connus, et qu’ils ne surprennent pas. Mais la violence du ton employé et l’absence de concession (le drapeau américain en prend un coup, avec un final traumatisant) en font presque une œuvre majeure. Un miracle, en somme.

 

5/6

 

 

1986

de Buddy Giovinazzo

avec Ricky Giovinazzo, Veronica Stork, Mitch Maglio

 

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Par voracinephile - Publié dans : Drame (chanter sous la pluie)
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Jeudi 23 mai 2013 4 23 /05 /Mai /2013 17:53

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Interdit aux moins de 18 ans

 

Histoire de s’encanailler avec des curiosités exotiques underground, j’ai pu, grâce à de nouveaux contacts rencontrés sur le forum Sadique Master, visionner l’étrange objet Visions of Excess. Derrière ce titre racoleur, une vidéo-reportage sur une soirée évènement underground où plusieurs artistes underground se livrent à des numéros de performances. Définitivement underground, un peu SM et pas très recommandé aux personnes ayant les nerfs sensibles.

Le sujet : Plusieurs performances d’artistes comme , réunis pour une soirée SM pour le moins corsée…

 

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Autant l’écrire tout de suite, on nage ici en pleine déviance, aussi, les âmes sensibles ou peu intéressées par l’exotisme devront abandonner ici même la lecture de cette chronique. Personnellement, le milieu SM étant lui aussi assez discret, l’intérêt que je lui porte est de l’ordre de la curiosité (même si j’ai pris beaucoup de plaisir à me faire souffrir avec un DVD de Baby Sittor et de Banlieue 13…). Pour les rares qui se demanderaient à quoi ressemble un évènement SM en vrai (et pour les intéressés aussi, y a pas de raisons, si ça peut faire le buzz !), Visions of Excess donne une illustration assez claire, et attendue pour ainsi dire. Avant de commencer la vidéo, je m’attendais à une sorte de sex tape un peu épicée, et en règle générale plus raffinée que les pornos de base qui gangrènent le milieu (avec peut être des séquences choc pouvant donner un aperçu de l’Enfer…). Au final, c’est fluctuant. La qualité des « performances » varie énormément en fonction des artistes, qui vont du fétichisme séduisant à la vulgarité provoc de bas étage. En passant évidemment par une prétention artistique assez hallucinante d’égocentrisme au vu de certains numéros, comme un transsexuel faisant un discours visiblement engagé sur sa dernière toile (David Hoyle), ou un skin head qui se masturbe dans une tête de mickey avant de prendre la pose que l’on peut voir sur l’affiche de la vidéo (Lee Adams). What the f*ck correspond davantage que le mot « art ». Il y a aussi le what the f*ck gentillet, comme un type tatoué à poil qui fait de la balançoire sur une jolie musique, ou encore le petit numéro de Bruce Labruce qui nous refait le coup des zombies gay (espérons qu’il innove un peu question concept). Le pire reste les numéros de performance anatomiques, qui sont dignes de la séquence anale de Pink Flamingos. Mais sérieusement, c’est de ce niveau, avec crachat d’eau par… Bref, pas de descriptions. Quand on plonge dans la déviance, il faut décidément en prendre pour tous les goûts, même les plus inavouables (le plus perturbant de l’affaire, ce sont les applaudissements enthousiastes de l’assistance). Il y a aussi le petit passage musical de SmaxXx, très peu marquant pour la neutralité de ce qui est représenté (heureusement, on est encore traumatisé par le gars qui viole des plats de légumes verts). Au final, peu de SM, beaucoup de prétention, des performances anatomiques à la vulgarité affolante et une ambiance très inégale. Des visions infernales que j’attendais, seulement 3 numéros essayent de les concrétiser. Ron Athey en ouverture avec une sorte de parodie féminine qui vire sur de la séance de frottage sur miroir assez terrifiante (avec un côté fétichisme de l’image donc), un petit intermède de Dominic Johnson agréable pour son éloignement avec la sexualité au profit d'une douleur assez austère, et le final de Suka Off, qui offre en 7 minutes tous les ingrédients qu’on adore dans Hellraiser II (quoique, on pourrait aussi penser à The Cell et au psychopathe dans sa salle de trône). Le meilleur numéro (complètement fétichiste, et le plus esthétique de l’ensemble) pour la fin, donc. Voilà qui clôt un bilan assez mitigé pour une soirée de performeurs SM, dont la qualité varie énormément en fonction des goûts et des ambitions artistiques (franchement, quand dans une performance, une femme nommée Mouse s’amuse à se brûler avec un gâteau d’anniversaire, qu’est ce qu’on peut trouver à dire…). Tout dépend de ce que l’on venait chercher pendant cette soirée, dans mon cas, les attentes de raffinement ont été plutôt déçues… Pas vraiment surprenant, mais l’exotisme est parfois de mise, même si il reste essentiellement d’ordre visuel (le dernier numéro est un plaisir pour l’œil, pas davantage). Mention spéciale à Flawless Sabrina, tout simplement terrifiante dans l’éclairage vert astucieusement installé pour l’occasion…

 

****/6

 

2009

Par voracinephile - Publié dans : Documentaire (la réalité sur vos écrans)
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  • voracinephile
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  • Etudiant cinéma original conformiste
  • Je suis étudiant en Chimie, j'ai 23 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (plus marginal que grand public). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

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