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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 20:44
American nightmare 2 : anarchy

American Nightmare (aka The purge) était un film avec un sacré potentiel qui restait sous exploité. L’accession au rang de saga avec l’arrivée d’une suite plus ambitieuse (étendant son concept au-delà des limites de la simple demeure) était une assez bonne nouvelle, dans la mesure où le concept pouvait prendre une ampleur dépassant de très loin son modèle. J’y croyais, à cette purge anarchiste. Bien mal m’en a pris…

L’histoire : une serveuse mexicaine et sa fille politisée, un mystérieux inconnu sur-armé, un couple au bord de la rupture se retrouvent dehors pendant la nuit où il ne fallait pas.

American nightmare 2 : anarchy

On ne va pas reprendre les éloges sur le potentiel énorme d’une idée de légaliser le crime durant une nuit aux USA, il y a tellement de bonnes idées sociales qui en découleraient qu’on valide direct n’importe quel projet allant dans ce sens. Ici, la multiplicité des personnages principaux, ainsi que le cadre urbain de la purge nous promettaient un survival riche en rebondissements, tout en se frottant à des sujets sociaux. Encore aurait-il fallu que le scénariste s’y attaque avec subtilité. Car c’est bien là que le bas blesse. L’introduction, meilleur passage du film de très loin (personnages plutôt bien introduits, différentes menaces potentielles qui se profilent avec des figurants patibulaires encore tenus par les laisses de la loi en attendant que commence la nuit de purge), a le don de planter des thématiques fortes (lutte des classes, enjeux politiques derrière la purge, détails qui la rendent crédibles (banques vidées, barricades plus ou moins efficaces, et ses étranges balets de camions chargés de militaires surprotégés s’attaquant à des immeubles entiers), en bref tout ce qu’il fallait pour faire décoller le film et l’élever à un rang de brûlot politique, malgré sa ratification -12 ans (autant dire que le gore du premier épisode est considérablement affadi). Mais comment retenir sa rage de voir tout ce potentiel gâché par un film qui finit par s’embrigader dans un des aspects les plus caricaturaux de la situation créée par la purge, et surtout, pour notre plus grand malheur, d’en prendre un parti démagogique au possible. Peu à peu, malgré les multiples digressions à base de suspense et d’action, le chemin qui se trace est aussi clair qu’atterrant : la purge, c’est le moyen pour les riches de tuer les pauvres. A croire que le 1% n’ait pas déjà assez de phagocyter les richesses du monde qu’ils doivent en plus soulager leur psychopathie latente (l’argent corrompt et vous transforme en requin sanguinaire) en trucidant des pauvres (pour de l’argent, du coup). Oh, certes, il y a quelques petits personnages qui montrent les tiraillements intérieurs dans les classes (le voisin lubrique, les petits gangs rabattant le gibier pour le livrer sur un plateau d’argent aux richards), mais c’est bien à cette réduction des enjeux que le film se livre. Pire même, il se range du côté des pauvres, sous le commandement d’un négroïde à lunettes absolument imblairable, qui enchaîne conneries sur conneries dans ses spots publicitaires (je le voyais dès l’introduction comme un agitateur tentant de plaquer sur la Purge ses propres idées politiques (un des risques sur internet quand on se calque sur des sources alternatives d’informations sans les remettre en question) histoire de former une mini armée ayant pour but de trucider les riches pour s’approprier leurs richesses, c’est dire ma rage en me voyant obligé d’adhérer à sa cause). Tout, dans la conclusion, confine au pathétique, rabaissant les ambitions à un duel presque indigne d’un Elysium, dont la plus grande connerie consiste à manifester contre la purge… en purgeant les riches. L’épilogue a beau essayer de relancer un message social fédérateur au premier degré (qui peut donc facilement passer pour un cliché agaçant), la dernière révélation qu’elle nous fait explose à nouveau les quotas de connerie politique, à savoir que c’est le gouvernement qui purge les indésirables, essentiellement dans les logements sociaux, histoire de maintenir les quotas. Mais tout ceci est aberrant. Si le film faisait le moindre effort pour rendre ses idées crédibles (en prenant ces éliminations visées sur des critères de dépendance aux allocations, sur les hôpitaux… là, on aurait des éléments terrifiants retournant la bureaucratie contre ses usagers (un sujet excellent pouvant parler du patriot act de façon déguisée), on pourrait adhérer à une révélation nazie de cette taille, mais là, c’est juste impossible. Tout comme il est aberrant de croire que le gouvernement enverrait ses propres agents faire le boulot (les compagnies privées qui sous-traitent, c’est quand même plus discret…). A force de raccourcis et de simplifications, American nightmare 2 s’enfonce dans la connerie et accouche finalement d’un simple film bis. Certes, le suspense fonctionne gentiment pendant quelques scènes et les parcours en ville procurent leur taux d’adrénaline. Mais les grosses couilles reviennent régulièrement (le héros surarmé aide les autres personnages parce que, il continue à les protéger après le tour de cochon qu’on lui a fait, les snipers sur le toit ne tirent pas un seul coup, la fille nous casse régulièrement les couilles avec ses revendications politiques communistes), et quand arrive la scène du music hall, où les riches tout sourire font monter les enchères pour se payer une chasse au pauvre en mode laser game version purge, c’est plus possible. Les espoirs s’effondrent, les maigres restes (luttes internes, individualisme d’autant plus fort qu’il s’agit de survie, sous texte politique…) s’envolent et seul la merde semble s’être incrusté. Reste les scènes urbaines, au suspense parfois efficace. C’est d’autant plus glaçant quand nos personnages passent devant le cadavre d’un trader mis en pièces devant sa maison, à peine gratifié d’un « il l’avait sans doute mérité ».

2014
de James DeMonaco
avec Frank Grillo, Carmen Ejogo

1/6

American nightmare 2 : anarchy

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