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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 15:15
Lucy

Ah, ce bon vieux Luc Besson… On l’a tellement roulé dans la boue avec ses productions foireuses, ses scripts d’alcoolos et ses réalisations foireuses. Un vrai dézingage, pire que Jean Pierre Jeunet, auquel je ne m’étais pas privé de participer. Néanmoins, Malavita, dernier en date, avait le mérite de remonter au niveau d’une petite comédie potable, avec un argument commercial (de Niro, dont les années de talent sont passées) et un zeste d’action. Et avec Lucy, il se frotte au genre SF fantastique, dans un mélange de genres aussi bancal que frondeur. En résulte un retour majestueux vers les bas fonds de sa carrière.

L’histoire : Lucy, junkie sans consistance, est séquestrée par un gang chinois pour jouer la mule et transporter dans son ventre un paquet de drogue expérimentale. Mais lors de sa réception, le paquet éclate, la transformant en X men.

Lucy

Bon, voilà un film qu’on peut très bien juger sur sa bande annonce. Toutes les tares y étaient déjà présentes, mais maintenant, c’est officiel, on peut critiquer. Pas de gloire à critiquer monsieur Luc Besson (on tire sur l’ambulance), mais quand on a envie d’un navet de première, le savoir toujours en service fait plaisir. Ici, Luc Besson touche au matériau de la drogue qui donne des pouvoirs magiques, mais veut à tout prix donner une explication scientifique intéressante. Et pour cela, il se base sur la théorie du cerveau. En effet, le film ne cesse de nous comparer au genre animal, histoire de bien souligner que le 15% qu’on utilise nous a permis d’accomplir de grandes choses, et que le dauphin à 20% a un système de sonar naturel surpassant nos technologies. Partant de là, que serait-on capable de faire ? Et bien Luc répond à sa façon : on devient des X men. Rendez vous compte qu’une fois le paquet de drogue éclaté, notre héroïne à 20% monte sur les murs, défie la gravité, contrôle les champs magnétiques (donc elle a le wi fi, accède à internet, pirate les périphériques via la pensée) et a des aptitudes télépathiques. What the fuck. On n’avait pas vu de personnage principal aussi cheaté depuis l’Alice de Paul W. S. Anderson ! Une petite contrepartie toutefois : elle pense mourir dans les prochaines 24 heures à la vitesse à laquelle son corps fonctionne. Lucy (son nom est évidemment mis en comparaison avec la première humaine exposée dans les musées) se met donc à la poursuite de ses agresseurs, à rechercher les paquets de drogue restants et à échanger avec Morgan Freeman, scientifique accessoire inutile qui nous sert ses hypothèses scientifiques à grand renforts de stock shots d’animaux (les assertions sont particulièrement pesantes dans le début du film, où le concept fait très valeur ajoutée).

Partant de là, on sait qu’aucune cohérence ne sera possible (elle lit les conversations de téléphone portable, elle voit des champs d’énergie autour des végétaux, elle parle chinois d’un coup, sans jamais avoir appris la langue…), donc on se contente de regarder, et question rythme, le film se révèle efficace, avançant sans arrêt à tambour battant. On mentionnera quand même la scène où Lucy, dans un bloc opératoire, abat sans sommation le patient en train d’être opéré, jette son corps à terre et force le personnel à l’opérer, en prétextant que « il était condamné de toute façon, le cancer avait pénétré dans les vertèbres ». Je passe sur la série de rebondissements débiles qui fait le développement pour sauter directement à la fin. Car le scénario part tellement en couille qu’on se doit de le mentionner. A 80%, Lucy vomit des éclairs par la bouche, se transforme en blob et crée de la matière. A 90%, elle se met à voyager dans le temps, mais c’est foireux. Alors qu’elle annonçait il y a quelques minutes que seul le temps permettait l’existence de la vie, la voilà qui se met à voyager physiquement dedans (les gens la voient) sans dommages, et tout en restant assise sur sa chaise dans la pièce initiale. Et elle remonte jusqu’au crétacé, venant dire bonjour à un vélociraptor… Putain, Tree of life avait vraiment marché, Besson s’est dit qu’une expérimentation à la mord-moi-le-nœud pompant Malick, c’était l’idée de génie, la cerise sur le gâteau. Pendant les 10 dernières minutes, Luc Besson se prend vraiment pour Terrence Malick, et tente une expérimentation qui part complètement en couille ! A 99%, Lucy se met à voyager dans l’espace, voit la galaxie défiler, et des tas d’astéroïdes foncent vers elle, tout cela ayant la forme d’un ovule entouré de spermatozoïdes ! Besson fait de la merde jolie, et se prend pour un génie ! Enfin arrive le 100%, et là c’est… « Je suis partout ! » Waow, Dieu est une blonde avec un cerveau ! Alléluia ! Tu l’as fait, Luc ! Et les scientifiques héritent quant à eux d’une clef usb formée de matière noire, alors que l’ordinateur hyper sophistiqué de Lucy se désagrège (pouvait pas faire évoluer l’informatique également ?). Bref, Lucy, c’est l’extrapolation complètement absurde d’une théorie assaisonnée à la sauce Besson, qui plus est avec une blonde qui utilise à fond son cerveau. Entrainez vous, parce que les X men recrutent, et que tous ces petits mutants sont des minables 30%. Quant à Terrence Malick, j’espère qu’il a de l’humour quand il verra comment on plagie ses œuvres…

2014
de Luc Besson
avec Scarlett Johansson, Morgan Freeman

1/6

Jamesluctor ose critiquer les blondes ! Sale misogyne rétrograde, va !

Jamesluctor ose critiquer les blondes ! Sale misogyne rétrograde, va !

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commentaires

2flicsamiami 18/09/2014 16:13

Luc Besson, quel féministe quand même...

Voracinéphile 21/09/2014 22:22

Pas été aussi impressionné par une femelle depuis Resident Evil Retribution !

borat8 14/09/2014 18:16

Du très gros navet entre le prétentieux pompeux (on va piller chez Malick pour The tree of life et Zemeckis pour Contact tout en sortant un discours débilos et partir dans des CGI souvent foireux) et la loufoque bourrin à se pisser dessus (CGI foireux encore une fois la palme à Lucy qui fait valdinguer des bonhommes au plafond). Mais le plus drôle c'est que le film accumule les excentricités avec une bouffonnerie grandiose. Que ce soit la poursuite à Paris renvoyant à Taxi avec une voiture qui valdingue alors qu'elle n'est pas du tout dans la direction de Lucy (faux-raccord!), les inserts animaliers qui doivent faire rire tous les fans d'Ed Wood (moi compris), Lucy qui n'est jamais attachante mais accumule les conneries ("maman je ressens tout!" faisant presque référence aux conneries que peut raconter à longueur de films et interviews Marion Cotillard; le passage dans l'hôpital avec comme moral "c'est pas grave s'il est mort il avait une tumeur" What?!; elle surfe vite sur le net mais si tu n'as pas de réseau tu pourras toujours taper vite, cela ne marchera pas!). En fait je suis entre la consternation gênante où tu te mets face palm sur face palm et l'hilarité chronique devant certaines conneries exposées. On se croirait parfois dans un remake encore plus con de Commando: comprenez
-un personnage indestructible
-qui défonce la gueule de minorités particulières (sud-américaines autrefois, asiatiques aujourd'hui)
-et conduit vite.
Pour rebondir sur ce que dit Vince, il est incroyable de voir à quel point je ne suis jamais d'accord avec le Fossoyeur de film. Et là pour Lucy c'est bel et bien le cas.

tinalakiller 14/09/2014 02:18

Bon je l'ai enfin vu et c'est vraiment une belle daube. Je ne sais pas ce qui m'a le plus consterné entre le fait que Besson se prenait pour Kubrick et Malick, la rencontre foireuse entre les deux Lucy, Lucy qui saute de partout lorsque sa drogue explose dans son corps ou les théories foireuses sur le cerveau...

Voracinéphile 21/09/2014 22:16

Au moins, le pot pourri que constitue ce film était surprenant. Pas fonctionnel un instant, mais amusant. C'est vrai que le passage dans la cellule était particulièrement gratiné question fou rire et bordel visuel. Il faut le revoir avec Better off alone en arrière plan sonore, et on perçoit de nouveaux messages dans le film...

Vince12 07/09/2014 20:30

James, tu as vu l'après séance du fossoyeur. Lui dit l'avoir assez bien aimé et je te renvoie à sa vidéo qui devrait t'intéresser.
https://www.youtube.com/watch?v=tV5CM-LNXOg

Voracinéphile 21/09/2014 21:50

Oui, évidemment. Je m'attendais à ce qu'il le démonte et... il a aimé. XD J'étais vert. Mais j'ai compris sa vision et j'en tiens compte maintenant dans ma compréhension du phénomène. C'est d'ailleurs assez intéressant, même si ça n'enlève pas les tares que je lui trouve. C'est déjà moins rageant que Expendables 3, alors, mon avis mérite peut être d'être un peu nuancé. Il reste assez négatif, mais l'originalité devrait peut être contrebalancer un poil

Xelloss 03/09/2014 10:32

Nom de Zeus, ça va être difficile pour moi de parler de ce film...
Bon, soyons clair, ça ne risque pas d'être objectif à cause d'une chose : La Cité du Cinéma
Parce que quand un gus veut autant redonner ses lettres de noblesse au Cinéma Français, je dis que le bonhomme roxx dur ;)

Pour ma part, j'ai aimé Luci (pas au point de verser une larme comme l'ami Durendal XD)
Et ça tient à peu de chose : La Bande annonce
Pour celle-là, j'ai poussé le vice jusqu'à me boucher les oreilles car après la belle blague de la BA de Dragons, ("une mère n'oublie jamais son enfant"... AARRGG !) je ne voulais pas être spoilé par l'audio.
Résultat ?
Avec aucune info sur le film et un synopsis Allociné simplissime : "A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités.", on peut dire que j'ai intégralement découvert le film en salle.
J'étais loin de m'imaginer que ce soit la drogue qui fut l'élément déclencheur XD
Mais surtout, j'étais loin de m'imaginer que les "pouvoirs" générés par ses "capacités intellectuelles infinies" puissent la transformer en X-Men Oo
Du coup, double bonne surprise surtout que certains plans sont juste là pour le syle et le visuel (Du Besson, quoi XD )

Passons à l'histoire... C'est de la bonne SF comme je les adore.
Le concept est impossible à vérifier car nous n'avons pas les outils actuellement, donc, si on passe le pacte avec le film, on peut "croire" à ce qu'il nous montre.
A "X" pourcentage, elle peut défier la gravité, manipuler le temps et l'espace ? okay.
Le truc dingue c'est que le film y va à fond et nous balance la fin la plus dingue depuis H2G2...
La réponse à la vie, l'Univers et tout le reste sur une clé-usb-de-l'espace ?
(oui, parce qu'il y à des étoiles DANS l'chtogno XD )
j'en veux ! J'en veux !
Et je suis même certain que lorsque Freeman connectera le bouzin à son pc, il y aura un énoooorme 42 affiché XD !

En tout cas, ce truc, comme le reste de la filmographie de l'animal est esthétique et visuel.
Entre Le 5e Element, Jeanne d'Arc et Adèle, il y a une chose sur laquelle ont est sûr, c'est que l'ami Besson fait du visuel XD (mais c'est ça, le Cinéma ^_^)

Là où je rage, c'est que comme pour Transcendance, le film ne va pas (à mes yeux) assez loin.
Fan des docus' scientifiques avec Freeman et des trucs comme Ghost In The Shell, j'adore ces histoires mettant en scène des "Humains Augmentés".
Mais bon, je relativise car plus gratiné, le film aurait perdu pratiquement tout le public XD

@ Borat8, les Bandes annonces... Grrrr
Une chose à savoir sur les BA : Les effets visuels sont parfois incomplets !
Pour une BA, certains effets ne sont pas "beaux" car les séquences ne sont pas dans leurs versions finalisées.
On le voyait sur les premières BA du premier volet "Le Hobbit" mais encore plus sur le plan de fin du film avec le dragon et les pièces qui étaient franchement pas belles.
(Celle du premier Matrix est assez gratinée dans son genre quand on compare les plans de la BA et ceux du film ;) )


=> C'est normal que l'on ne puisse plus agrandir la zone d'édition comme auparavant ?

Du coup, si vous n'avez pas vu la bande annonce (assez improbable), allez le voir, ce truc à le potentiel de vous surprendre ;)

Voracinéphile 21/09/2014 21:31

Ah la la... C'est fou, le nombre de gens biens qui ont aimé ce film... Je tiens compte de l'opinion de ceux qui ont tenté de le défendre (notamment celle du fossoyeur de film (en revanche, je n'aime pas du tout Durendal), essentiellement sur l'originalité et un certain foisonnement.

Pour ce qui est de la SF, c'est juste incohérent. Ce n'est pas une question de ne pas avoir les outils pour mesurer l'intelligence, c'est que la théorie de base est affligeante d'un point de vue scientifique. Se baser sur l'exemple du dauphin pour bâtir sa théorie, déjà, c'est naze, et surtout, le dauphin a un organe qui lui sert de sonar, c'est pas son cerveau qui le fait par magie...

Après, le film essaye de donner le vertige avec ses sauts dans le temps et l'espace, et il y avait de l'ambition, là...

borat8 15/09/2014 13:09

Franchement les CGI sont aussi lamentables dans la bande annonce que dans le film donc oui c'est toujours d'une certaine laideur.

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