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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 21:57
Cage de cristal

Cage de cristal est un petit thriller espagnol qui ne paye pas de mine question popularité (film quasi-inconnu) mais qui contient pourtant bon nombre d’ingrédients sulfureux qui ont tout pour interpeller le spectateur. Psychologique, dérangeant à plusieurs reprises, et disons le, carrément tordu dans son postulat, Cage de cristal est une vraie petite surprise dans son genre, qui se paye en plus le luxe d’une ambiance visuelle glaciale tout à fait de rigueur.

L’histoire : Dans une famille où le père, tétraplégique suite à une tentative de suicide, est maintenu en vie dans une machine enfermant totalement son corps, un jeune aide soignant propose ses soins. Cédant à l’insistance de son mari, la femme accepte de laisser s’installer le nouvel arrivant. Commence alors un étrange jeu à la dimension sexuelle explicite…

Cage de cristal

Ce film est un combo de thématiques sulfureuses, qui en s’arrangeant sous la forme d’un divertissement très bis (le concept même de la cage en verre est bancal, mais il fallait trouver un prétexte pour justifier l’incapacité à réagir sans jamais pouvoir échapper à son rôle de témoin). Car c’est sur cette relation de dépendance du malade à son personnel soignant que le film s’appuie, poussant le vice toujours un peu plus loin dans ce que le beau Angelo prépare comme surprises à son patient. Ne retenons pas la surprise davantage, ce combo, c’est Nazi + Voyeurisme + Pédophilie + Homosexualité. Bam dans ta face ! Pendant la seconde guerre mondiale, notre père de famille a trempé dans des affaires vraiment louches d'expérimentations sur enfants (exposée en scène d’intro, la dimension pédophile est frappante), et à la suite d'une tentative de suicide qui l'a laissé paralysé, il n’a jamais été aussi vulnérable. C’est dans ce contexte qu’Angelo, témoin de la scène et aujourd’hui adolescent obsédé par ce personnage, et désireux de se rendre indispensable à ses yeux, quelques soient les moyens nécessaires. C’est un personnage d’horreur-fantasme, qui ne cesse d’alterner entre satisfaction de ce qu’il pense être les désirs de l’autre, et vengeance vicieuse quand les réactions de ces derniers ne cadrent pas avec ceux qu’il espérait. Exprimant lui aussi des désirs pédophiles à un degré qui surpasse le maître, le jeu de voyeurisme qu’il impose à sa victime devient vite insoutenable, sans qu’une issue s’offre pour sortir du cauchemar. C’est aussi ce côté huis clos qui donne à Cage de cristal son atmosphère si étouffante. Après bien profité de sa santé pour assouvir ses pulsions, le fasciste anciennement pédophile se retrouve complètement inapte à se défendre, sous le regard de sa famille, et même menacé par elle (supportant de moins en moins son mari, sa femme joue à plusieurs reprises avec sa vie). Il n’y a aucun échappatoire, pas de refuge possible. Quand le film commence, c’est pendant une heure quarante et il ne lâchera rien d’ici là. On nage en pleine immoralité, ce qui était tout bonnement imprévu, et carrément efficace pour un film de cette trempe. Plutôt efficace dans son dosage des éléments malsains, on lui pardonnera un jeu d’acteur parfois un tantinet trop appuyé, le climat psychologique un peu bancal (le pédophile réagit parfois de façon contradictoire entre sa honte et ses tiraillements, sans que le spectateur parviennent à ressentir ce qui l’anime réellement), quand on constate qu’il exploite ses arguments en voulant faire avancer son récit. Bonne petite surprise, à découvrir d’urgence.

1987
de Agustí Villaronga
avec Günter Meisner, David Sust

4,5/6

Cage de cristal

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commentaires

Vince12 31/10/2014 18:19

Tiens intéressant celui là

Voracinéphile 31/10/2014 21:56

Extrêmement intéressant. Je n'avais pas trouvé de films extrêmes de ce calibre depuis bien longtemps, pour le coup, son climat à l'ancienne et le malsain psychologique offrent de beaux moments de malaises, pour notre plaisir sadique... Sans doute est-il un peu gratuit, mais ses mécanismes psychologiques et son jusqu'auboutisme tranchent avec les habitudes.

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