Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 20:21
Gone girl

Avec Gone Girl, Fincher renoue avec le thriller démonstratif et totalement divertissant. Loin de tout zodiac interminable, il propose une situation simple, d’abord ambigüe, puis qui choisit de tout retourner au tiers du parcours pour donner dans un registre autrement plus stimulant. Depuis Panic Room, on n’avait pas été aussi enthousiaste.

L’histoire : Au bout de 5 ans de mariage, Amy et Nick ne passent presque plus de temps ensemble. Mais le jour de leur anniversaire de mariage, Amy disparaît. Le FBI est bientôt sur l’affaire, mais plusieurs détails semblent indiquer une mise en scène.

Gone girl

Total divertissement que nous propose Fincher aujourd’hui, et qui marque sans doute un retour aux bons titres de sa filmographie (bien plus de relief que ses derniers travaux). Si la durée de deux heures et demie n’est pas sans rappeler un certain Prisoners, Gone Girl parvient à tenir la distance grâce à de purs artifices de divertissement. C’est en faisant muter son histoire, en dévoilant régulièrement ses partis pris et en développant de façon efficace ses arguments qu’il parvient à relancer l’intérêt, à densifier ses personnages, à relancer le suspense. La bande annonce n’annonçait que le premier tiers du film. Aussi se déroule-t-il en trois actes, chacun ayant ses mécanismes de fonctionnement. Dans le premier, nous sommes dans l’ambigüité, et l’essentiel de l’intérêt est retenu par le jeu de piste laissé par Amy, qui mène les enquêteurs à son journal intime (qui entrecoupe fréquemment le récit pour augmenter le malaise sur la vie de couple) et Nick vers sa potence, lui faisant accumuler les motifs de condamnation sur son passage. Le second est entamé par un twist monumental, et s’axe clairement sur des jeux de manipulation. Nick, descendu par l’opinion public, engage une bataille médiatique pour améliorer son image et soutenir sa vision des faits, tandis qu’Amy, dont le plan capote, se retrouve à improviser. En découle un savant jeu de dominos, assez imprévisible, et surtout conclu par une scène gorrissime qui, ma foi, devrait laisser un beau souvenir chez les cinéphiles. On grimpe sans arrêt dans les artifices de manipulation, et là, climax. Qui s’ouvre avec un humour assumé (l’insulte murmurée lors des retrouvailles) sur le trois acte, bref (une petite demi-heure), mais intense. C’est à ce moment là qu’on prend conscience qu’il s’agirait presque d’un remake de Basic Instinct, avec un Paul Verhoeven de la grande époque derrière les commandes. Bon discours sur la manipulation psychologique et personnage féminin massif, on a là une renaissance inattendue, et totalement jouissive. Quand on voit le dernier effort (assez pathétique) du hollandais, voir Gone Girl écrase le modèle. Vraiment, joli coup de la part de Fincher, sans doute pour l’un des films les plus marquants de l’année.

2014
de David Fincher
avec Ben Affleck, Rosamund Pike

5/6

Gone girl

Partager cet article

Repost 0

commentaires

titi70 23/02/2015 15:47

Je l'avoue, ce film ne m'a pas surprit. Déjà, j'ai trouvé que les réactions de Ben Affleck sonnait fausse dans la première partie. Aucun mari ayant tué sa femme n'agirait comme lui. J'ai donc rapidement deviné la "surprise" en seconde partie, et ce, bien avant qu'elle arrive. Fincher ne cherche pas à jouer la cohérence et c'est bien la le problème, car, tout est finalement téléphoné, à l'image de Rosamund Pike constamment dans l'exagération. Finalement, avec Gone Girl, David Fincher à signé un film machiste sur un pauvre petit homme martyrisé par sa cruelle épouse;

voracinephile 26/02/2015 17:09

^^ Tu es la seconde personne à me sortir exactement cette analyse, avec exactement les mêmes termes (homme frustré, femme follement possessive...). Je conçois qu'on puisse prendre les personnages pour des clichés (ils en sont, c'est évident, mais ils sont habités par une certaine cohérence, et les mécanismes qui dictent leur conduite, bien que téléphonés, jouent sur des concepts stimulants. C'est finalement que le concept soit poussé si loin dans la manipulation qui rend le film si excitant pour le public. C'est Basic instinct sans le poisseux du sexe. Je l'ai pris comme un simple divertissement (d'ailleurs, pendant le revisionnage, le rythme lent de la première partie montre quelques faiblesses), et dans ce registre, il s'est montré assez poussé (et surprenant, le parcours de Amy se révélant nettement moins prévisible que prévu).

Kapalsky 28/10/2014 09:45

Franchement, moi qui m'attendait au thriller réchauffé, je suis bien content de voir que Fincher joue un stratagème pervers pendant deux heures et demie. On se prend au jeu!

Princécranoir 18/10/2014 17:35

Grande réussite d'un Fincher qui se montre ici à la fois élégant et malin. Ton rapprochement avec Verhoeven (qui est, quoi qu'il en soit, un immense cinéaste) est très pertinent, et j'ajouterai même quelques "soupçons" hitchockiens sur une structure à la "Laura", ce qui ne gâche rien !

tinalakiller 18/10/2014 12:03

Une excellente adaptation du très bon roman de Gillian Flynn. La mise en scène est vraiment impeccable, les 2h30 passent très vite, le propos reste pertinent et les acteurs sont nickels.

borat8 18/10/2014 10:59

Quand on a lu le livre, on jubile à l'idée de voir une adaptation parfaite. Quand on est totalement vierge, on est subjugué devant une telle histoire sordide. David Fincher a réussi dans tous les cas son coup.

Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche