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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 14:08
Hannibal - Saison 2

Après une saison 1 qui évitait la catastrophe par une direction artistique de haute volée, Hannibal revient pour une saison 2 riche en évènements. C’est dire si j’y allais à reculons, craignant de retrouver la même formule qui avait suscité tant d’adhésion (Hannibal reste l’une des séries les plus populaires du moment). Mais comme on savait d'entrée que cette série carbure à l'esbrouffe, y retourner ne coûtait pas grand chose. Et surprise, la digestion est plus affirmée, les pistes davantage exploitées, et, miracle, le scénario parvient à me faire virer de bord et rentrer dans le camp des défenseurs. Alléluia !

L’histoire : Will Graham est en institution psychiatrique, sous la direction de Chilton. Hannibal continue à effectuer sa thérapie sur lui malgré ses soupçons. Alors que l’un cherche les failles, l’autre tente de le rallier à sa cause.

Hannibal - Saison 2

Un petit bijou que cette série, qui assume enfin finement sa réadaptation du mythe (la saison 1 était beaucoup trop brutale sur le terrain de la destruction du mythe, elle a fait les frais de ce trop grand écart initial) et exploite avec une subtilité bien plus lecterienne les éléments qui s’offrent à elle. Et curieusement, si elle utilise presque autant de psychopathes différents que la première saison, elle les exploite un peu plus, en tout cas en leur donnant un petit rôle à jouer dans la relation Graham-Lecter. Je trouvais la première saison chiante au possible car la situation entre les personnages était statique, et que rien ne se passait de significatif, où la psychologie était mimée avec une lourdeur pachydermique. Surprise, si c’est parfois le cas, la série se veut plus fine dans sa gestion des personnages, et surtout, il s’en passe, des trucs. Entre Will qui sympathise avec un aide soignant pour stopper Lecter, Hannibal qui recontacte d’anciens patients pour leur donner des petites missions, leurs thérapie et l’évolution radicale de leur relation (le fer de lance de cette saison 2, celui qui a achevé de me convaincre), presque tous les épisodes participent à cette avancée. Concernant le glauque psychopathique en revanche, la réalisation se montre là aussi complaisance, préférant du gore raffinée très exploitation plutôt que la décence. Mais curieusement, cette exploitation s’inscrit mieux dans le contexte. Il n’y avait aucune moralité dans la première saison, pas davantage dans cette deuxième, mais les enjeux y sont plus affirmés, plus intéressants aussi. A l’exception de quelques aberrations attendues (un homme-ruche, une sculpture humaine à l’issue heureusement lecterienne…), ils sont plus simples et un peu plus consistants (le raffinement étant réservé au bon docteur, dont on se demande toujours où il trouve le temps de réaliser des travaux pareils !). Curieusement, Hannibal se teinte aussi d’une légère dimension gay (par l’intermédiaire de tensions sexuelles explicites et de mises en scène connotées pendant plusieurs séquences clefs (à la piscine, après la libération de Will…), qui rajoute une petite couche de fantasme inattendue de la part du bon docteur (la dimension sexuelle est absente des films, elle s'intègre ici plutôt habilement au récit, nuancée par l'aventure entre Hannibal et Alana Bloom). Mais c’est aussi dans sa relecture des personnages secondaires que l’ensemble m’a conquis. Le docteur Chilton quitte sa carrure de connard bouffi d’auto-suffisance et devient même un personnage attachant, trop enfermé dans ses schémas psychologiques, mais apte à avoir ses propres soupçons. On notera aussi le nouveau Masson Verger (et son amusante manie de déguster des cocktails aux larmes), et sa sœur margot, qui avait été éjectée des films par manque de temps. L’occasion de planter une cruelle relation dont l’accomplissement (en tout cas dans cette saison) sera une reproduction quasi à l’identique (et beaucoup plus gore) de l’épisode des mutilations de Masson. Curieusement, la série brode un canevas avec des bribes des écrits respectés ou ajournés, et parvient à un résultat plus cohérent, plus dense aussi. Pour son sens de l’ironie chère à Hannibal, pour la culminance de la relation Graham-Lecter (dont on sent enfin presque les yeux briller pendant les dîners) et ce grand final d’une violence estomaquante, la saison 2 d’Hannibal marque d’énormes points (compensant largement les tares qu’elle avait affiché lors de la saison 1), et basculant dans le camp des séries à suivre.

2014

avec Hugh Dancy, Mads Mikkelsen

4/6

Hannibal - Saison 2

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commentaires

2flicsamiami 12/10/2014 09:36

Même si j'avais plutôt apprécié la première saison, j'ai maintenant hâte de découvrir cette seconde cuvée.
Pour le cryptage gay dont fait l'objet Hannibal, cela transparaissait de manière sourde dans le film Hannibal par la relation qu'il semblait entretenir avec Mason Verger.

Voracinéphile 17/10/2014 01:33

Dans Hannibal de Scott, ça ne m'avait jamais effleuré. Mason avait cette dimension, c'était évident (en plus de ses attirances pédophiles). Le docteur semblait à l'aise dans l'ambiance, avant de faire preuve de sa... mordante ironie :). Là, Hannibal prend carrément part à l'ambiance. C'est manifeste. Trop pour que ce soit un simple hasard (en même temps, la relation Graham/Lecter a toujours été au centre, elle prend ici des tournants capitaux).

titi70 11/10/2014 18:04

Je suis curieux vis à vis de cette série. Il faudra que je la tente un jour.

Voracinéphile 17/10/2014 01:28

Aucune comparaison possible avec les film, le mieux est d'essayer de la prendre à part, et surtout, de se défaire de toute notion de psychologie...

référencement paris 10/10/2014 09:01

Je vous encourage à écrire d'avantage ! Merci pour cet article , je partage et recommande !
N'hésitez pas à visiter ma page !

Vince12 09/10/2014 20:24

Malgré ta chro, je dois avouer que je suis pas tenté. Marre qu'on veuille à tout prix chercher les origines, surtout pour nous ressortir souvent le même débat.

Voracinéphile 17/10/2014 01:27

Oh, j'ai fini par faire mon deuil du véritable Hannibal (la saison 1 en a payé le prix). Avec ce nouvel Hannibal, dont on sent parfois une petite folie, c'est surtout le petit jeu de manipulation qui prend des atours beaucoup plus concrets que les interminables bavardages de la première saison. On se divertit vraiment ici, même si plusieurs aspects restent encore désagréables (purée, cette musique de merde !)

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