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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 11:57
Le labyrinthe

J’avais quelques espoirs sur Le Labyrinthe, essentiellement pour son terrain de jeu qui s’annonçait costaud et plutôt bien réalisé. Rien de tel qu’un casse-tête grandeur nature pour se rappeler des joies de résoudre des casses têtes, voire même les labyrinthes en champ de maïs qu’on a pu faire étant jeune. Mais l’essentiel du casting a moins de trente ans. Et il y a une fille au milieu. Et on se rend compte que c’était pas la peine d’espérer.

L’histoire : Depuis trois ans, chaque mois, de nouvelles recrues sont envoyées au cœur d’un labyrinthe. S’étant organisés pour survivre, la communauté strictement composée de jeunes beaux garçons vigoureux (sauf un petit gros moche et immature) s’échine à chercher la sortie, en inspectant régulièrement le labyrinthe, qui change régulièrement de configuration.

Le labyrinthe

Messieurs les producteurs, avouez que vous réclamiez une bifle en nous sortant un truc pareil dans les salles. Avouez ! Si le public ado est assez neuneu pour ne voir que les époustouflants décors du films, je pense que vous vous mettez le doigt dans l’œil. Car voilà, le Labyrinthe n’a pas à un seul instant la moindre cohérence. Il est même truffé d'erreurs, à un point qu’on se casse davantage la tête pour les trouver que pour résoudre les énigmes, puisqu’on a compris que sans logique, c’était pas la peine de se casser la nénette, le film fera de toute façon n’importe quoi. C’est Resident evil meet Cube, en passant par Sa majesté des mouches (les lances) et Hunger games. Et on n’a jamais le meilleur des 4… Notre héros arrive donc dans le labyrinthe. Dès le début, la communauté se fout de sa gueule, le personnage de Gally le provoque gratuitement, on l’enferme dans les cellules. Puis on lui donne les règles : 1) Tu fais ton boulot (OK, sauf qu’il veut faire coureur (explorateur de labyrinthe), et que ces derniers finissent par ne plus rien branler au bout de 3 jours, véridique, ils ne veulent plus travailler). 2) Tu ne frappes pas ton prochain, on est une communauté basée sur la confiance (Règle déjà violée dès le début du film, dans les 5 premières minutes, et constamment bafouée). 3) T’as pas le droit d’aller dans le labyrinthe. Pourquoi ? Parce que ! Mais bande de cons ! Comme si ne pas répondre aux questions allait provoquer davantage de crainte que de curiosité ! Déjà, ça commence mal. Ensuite, notre héros maigre mais athlétique (il courre) sympathise avec un petit gros morveux, exactement le même que dans Sa majesté des mouches, mais sans lunettes. Sans intérêt aussi, il ne sait ni courir, ni n’a assez de force pour participer aux travaux du village. Et il se révèle d’une immaturité assez frappante. En fait, je l’appellerai Cartman, en hommage à son tour de taille (désolé, mais ce personnage a autant d’intérêt que le sidekick de Judge Dredd, et encore). Bref, notre héros se met vite fait à désobéir et à aller dans le labyrinthe, et là, il découvre les griffeurs, des monstres mi robot, mi organique. Et ça ne semble déranger personne, qu’une partie d’eux soit des robots ! Ca arrive régulièrement, de voir un écureuil avec une prothèse de canon dorsal ou un poisson à hélice ! Ils prélèvent sur un cadavre une pièce qui sert de clefs, et des portes commencent à s’ouvrir dans le labyrinthe. Halleluya ! C’est alors que les révélations tombent. Depuis 3 ans, des gens savent qu’il n’y a pas de sortie, mais on n’a rien fait de nouveau. Pardon ? Ben ouais, les bloqueurs ils sont forts et cons dans leur tête, ils veulent rester ici et faire une société civilisée, ils ont trop peur du labyrinthe pour sortir et ils nous tapent si on le fait. Plaît-il ? Une fille vient d’arriver dans le camp et elle ne sert à rien. Mais on ne veut pas la violer, c’est juste qu’elle est différente, et que comme elle a dit ton nom (notre héros s’appelle Thomas, au fait), ben on est vachement jaloux alors on va te taper. Pfffff. Et ceci est un film psychologique ! Le héros avoue à ses potes avoir participé à l’expérience dont ils sont victime, et ils lui répondent « t’inquiètes, c’est du passé, on est tous dans la même galère maintenant. » Nan mais what the fuck ? Personne ne réagit comme ça ! Alors, à la fin, quand un personnage enfermé dans le labyrinthe apparaît sans raison dehors, on n’est même plus surpris. On applaudit même quand il bute enfin Cartman, qui avait réussi à soulever sa graisse qu’on ne sait pas comment. Quelques minutes agaçantes où on est sensé pleurer sa mort, mais le mauvais jeu d’acteur rend l’instant hilarant, et on passe à la phase deux. Le film nous confirme donc que c’était une expérience psychologique qui devait créer des survivants, et là, on part pour une arène de jeu plus grande, à savoir la ville en ruine de Resident Evil 3. On nous annonce une suite ! Carrément ! Ben fallait le dire tout de suite, on aurait attendu l’épisode suivant ! Quand je pense qu’il est apparemment meilleur que The Giver, je sens que la SF pour ado, je vais vite fait abandonner. Putain, rendez nous Ender !

2014
de Wes Ball
avec Dylan O'Brien, Aml Ameen

1/6

T'as oublié quel est ton vrai prénom, cartman...

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Published by voracinephile - dans Navet (prétentieux)
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commentaires

Vince12 31/10/2014 18:59

Ta chro rejoint ce que j'en ai entendu.

alice in oliver 31/10/2014 18:14

clairement, je n'irai pas le voir au cinéma: la bande annonce n'était guère encourageante

tinalakiller 31/10/2014 17:10

Le film reste à peu près divertissant mais il comporte beaucoup de défauts. On ne voit pas tout le temps l'action à cause d'une caméra qui bouge trop et en plus les scènes en question se déroulent dans le noir, le casting est assez décevant (entre le héros et sa tête de moule, et l'autre avec sa tête de débile, bonjour) et franchement on ne comprend pas grand chose...

2flicsamiami 31/10/2014 14:16

Je vous trouve bien dur avec ce film qui se laisse très bien regarder et que je n'ai pas trouvé si illisible que cela. Je ne dis pas que c'est un grand film, mais en matière de film pour ado, je trouve qu'il se situe un peu au dessus du panier.

De plus, certaines incohérences que tu soulèves me paraissent pas toujours tenir debout. En effet, en quoi faudrait-il qu'ils s'étonnent de voir des tarentules robotisés ? Ils n'ont rien de plus bizarre que le vaste labyrinthe dans lequel ils sont enfermés. En quoi est-ce illogique de ne pas vouloir s'aventurer hors des murs du labyrinthe et bâtir une société dans le Bloc ? Il y a bien des incohérences (les diverses infractions aux règles énoncées, construire toute cette mise en scène uniquement pour tester un vaccin... mais bon, apparemment, là n'est pas la véritable raison pour laquelle les jeunes sont enfermés) mais elles résultent en grande partie des réponses qui restent en suspend.

Voracinéphile 06/11/2014 09:50

C'est évidemment possible de maintenir l'obscurantisme par la force, mais ici, ça n'apporte strictement rien, sinon ralentir le rythme en mettant des bâtons dans les roues au héros et à ceux qui essayent de faire avancer les choses.
Concernant la mystification de la menace (bien réelle car personne de vivant n'en a vu), j'ai repensé au Village de Shyalaman. Effectivement, on peut vivre dans un environnement similaire. Mais au village, ils ont un système de surveillance, des défenses, un protocole à suivre, et ils savent se défendre. Et lors des conseils de village, ils parlent de façon intelligente, la force n'est utilisée qu'en dernier lieu, et jamais pour mettre à mort d'autres membres de la communauté.
Pour l'exploration du labyrinthe, ils disent que ça fait plusieurs mois que quelques uns savent qu'il n'y a pas de sortie. Et absolument rien n'a changé. Déjà, une telle information va s'ébruiter tôt ou tard, les coureurs n'ayant pas leur mémoire effacée, ils se rendent compte aussi de la situation. Ensuite, même dans la discrétion, on tente quelque chose. Les griffeurs disparaissant pendant les journées, peut être qu'il serait intéressant de savoir où ils vont...
Quant aux chasseurs... Les coureurs se font descendre comme des lapins dès qu'un griffeur apparaît. Au bout de 2 ou 3 coureurs, on commence à chercher des moyens de les défendre, ou des protocoles pour attaquer. Dans cette optique, créer un corps de défenseurs /chasseurs serait plutôt intelligents, vu qu'ils seraient déjà aptes à protéger un peu le groupe.

Je suis surtout exaspéré de voir une psychologie qui ne fonctionne pas et un potentiel gâché par une histoire finalement très simple et prévisible. Sans parler de cette abominable conclusion qui s'aventure dans des banalités dignes de resident Evil retribution. Je serais moins intransigeant si j'avais la sensation qu'il y avait eu une certaine rigueur dans le projet. J'espère que le livre est meilleur, ça ressemble plus à un projet d'ado qu'à un début de saga de science fiction.

2flicsamiami 01/11/2014 09:39

Je comprend ce que tu veux dire. Cependant, ils connaissent la menace, tout le monde connait l'existence des griffeurs dans le labyrinthe (il n'y a qu'au héros qu'on fait des mystères pour je ne sais quelles raisons). De plus, pendant trois ans, les portes s'ouvrent chaque matin et se referment chaque soir, chaque mois ils reçoivent un nouveau venu et des vivres. Certains peuvent vivre dans un tel système, quand bien même elle repose sur des procédés mécaniques qui peuvent tomber en panne. De plus, ce sanctuaire est pour certains purement temporaire puisqu'ils cherchent à découvrir une sortie en cartographiant le labyrinthe. Et puis la situation n'est pas si désespéré que cela avant que le héros débarque dans le Bloc, ils s'en sortaient très bien jusque là. Ce n'est justement qu'au moment où l'organisation envoi un type un peu plus intelligent que la moyenne que la donne change. Enfin, je ne vois pas pourquoi former des chasseurs. Leur objectif n'est pas de chasser les griffeurs, mais de parcourir le labyrinthe aussi vite que possible avant la fermeture des portes. Dans ces conditions, cela me parait plus logique de savoir courir que de savoir chasser.

Je pense que ce qui te gêne le plus, c'est que ça soit les muscles qui maintienne cette communauté dans l'obscurantisme, et non pas le cerveau. Moi je pense que c'est possible, mais peut-être que je me trompe.

Voracinéphile 31/10/2014 21:53

Quand on connaît la menace, on peut rationnellement essayer de faire avec. Ils sont ici en terrain inconnu, soumis à des règles inconnues. Je comprends qu'on ait envie de se créer un sanctuaire, mais vu que la menace et l'enclos sont constamment mystifiés, c'est toujours la peur qui prime. Or ici, aucunes défenses à part une tourelle d'observation. Franchement, personne ne s'est jamais dit "et si la porte tombe en panne ?" en 3 ans ? Non, parce que des cons musclés te disent de ne pas poser de questions et de faire ton boulot. Cette communauté ne fonctionne déjà pas sur des bases logiques. Dans un climat où n'importe quoi peut s'abattre sur toi, j'ai tendance à dire qu'on essaye de sortir. C'est cet espèce d'espoir qui est entretenu avec les coureurs, qui sont sensés perpétuer l'espoir. Mais que dire quand tombe la révélation de l'absence de sortie ? Je comprends qu'on essaye de garder un équilibre, mais la situation est désespérée, faut se mettre à tenter autre chose, non ? Ben non. Heureusement que les créateurs du labyrinthes ouvrent enfin toutes les portes histoire d'abréger.
Je comprends pour la routine, c'est un fonctionnement classique, encore eut-il fallu que cette routine fonctionne, et ne soit pas guidée par des gros durs incapables de la moindre compréhension.
Dans Sa majesté des mouches, le fonctionnement est nettement plus efficace, mais le cadre est différent. Plutôt que de faire des coureurs, essayer d'entraîner des chasseurs m'aurait semblé une meilleure façon de faire face à la situation.

2flicsamiami 31/10/2014 18:42

"C'est illogique de vouloir rester au milieu d'un labyrinthe remplis de monstres agressifs quand on n'a pas le contrôle des portes menant à son sanctuaire" Pas plus que pour les centaines de milliers de personnes qui restent docilement à la merci de leur dictateur dont ils ne contrôlent pas le moindres sautes d'humeurs. La routine qu'installe un système rassure parfois davantage qu'un désir de rébellion.

Voracinéphile 31/10/2014 15:56

Aha, du débat !
Concernant la faune mi-robot mi-grosse bêbête, l'intervention régulière en termes de maintenance me semble assez logique, et par ce biais, il est évident qu'il s'agit d'une gigantesque expérience de laboratoire (mais on s'en doutait dès le départ).
C'est illogique de vouloir rester au milieu d'un labyrinthe remplis de monstres agressifs quand on n'a pas le contrôle des portes menant à son sanctuaire (franchement, ça se voit qu'ils sont complètement à la merci des monstres).
J'avoue que je suis extrêmement sévère, et que j'y met une dose de méchanceté gratuite. Sans le moindre remord. J'y ai vu pas mal de liens avec Resident Evil de l'ami Anderson, donc ça ne m'a pas aidé. Mais honnêtement, je m'attendais au moins à de la psychologie qui tienne un peu la route, et même pas. J'ai du mal à croire qu'on bâtisse une telle structure simplement pour financer une opération sociologique dont on ne nous donne même pas le but (ce vaccin... mais à qui veut-on faire croire cela ?). Certes, faut des prétextes pour donner corps à une histoire, mais quand ceux ci ne tiennent pas droit, c'est pas la peine d'essayer de nous vendre une histoire par dessus. Pose ta plume et réfléchis quelques années avant de venir polluer le marché parce que tu aimes les labyrinthes.

borat8 31/10/2014 13:01

Une grosse bouse qui augure une saga alignant les questions sans réponse. J'ai eu l'impression d'être dans Lost et ce n'est pas un compliment. Les acteurs sont mauvais, certains plans sont flous et la shaky cam est une horreur sans nom.

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