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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 12:14
La confusion des genres

La confusion des genres est un film typiquement français dans la forme, puisqu’il s’agit d’un drame psychologique qui s’attache à dépeindre cette incertitude moderne liée à l’amour. Comme il s’agit d’un sentiment dont les critères varient entre chaque individus, il ne peut plus être rattaché à un type de relation en particulier. Homo ou hétéro, chacun prend où il cherche, où il trouve aussi, avec de cruels dilemmes à la clef.

L’histoire : Alain, quarantenaire, est avocat. Ses errances sentimentales parasitent continuellement sa vie, débordant dans son travail et dans ses relations multiples...

La confusion des genres

Assez gros film que cette confusion des genres, qui avec ses nombreux personnages secondaires s’amuse à nouer et dénouer sans arrêt des relations pour en saisir chaque aspect. Notre protagoniste, avocat au barreau de la défense, entretient donc deux relations, une avec sa collègue de travail, platonique et tendue, mais qui a des chances de perdurer via la perspective du mariage. L’autre avec un jeune étudiant totalement amoureux de lui. Et voilà qu’il est placé sur une affaire avec un trentenaire récemment emprisonné qui le fait littéralement fondre sur place. Sur ce terreau, chaque relation est suivie avec attention. C’est essentiellement le doute qui transparaît dans chacune. L’assurance d’être amoureux n’existe plus. Elle s’est évaporée dans la modernité, chacun écoutant davantage ses sentiments, qui sont tout aussi volatils et éphémères. Plus personne ne tient à se contraindre, fuir le malheur et la tristesse restent une priorité. Mais lorsqu’il faut faire des gestes d’engagement, pour montrer qu’on s’investit dans la relation, comment fait-on ? C’est cet aspect particulier du film qui a surtout attiré mon attention, puisqu’il change selon chaque relation entretenue. Avec de pures séquences de cinéma à la clef (la célébration du mariage où notre protagoniste déclare ne pas aimer sa promise, et qui se laisse convaincre par l’assistance de le faire tout de même, l’étrange ballet à trois dans la salle de parloir…). Une relation de raison avec la femme (stabilité, fonder une famille), une relation d’assurance avec l’étudiant (se savoir aimé et succomber, se laisser aimer), et une relation d’amour active avec le prisonnier, qui lui n’en a évidemment rien à foutre, et qu’il exploite pour se faire rendre des services (en l’occurrence, obtenir une visite de la femme sur qui il a flashé, qui elle se moque de son sort). La confusion des genres est cruelle, avec discernement puisqu’elle expose des maux d’amour réels. Un ballet constant de flirt et de sur-place, où chacun aimerait que les choses restent pareilles, qu’on puisse enfin s’adapter et trouver un équilibre. Mais à l’image de la vie, les sentiments changent eux aussi sans cesse. Alors on laisse tomber tout lien social en suivant simplement ses envies, ou on se pose des contraintes qui créeront des cohésions, tout en détruisant des opportunités. Maudits choix, qui doivent être fondés sur des éléments aussi intangibles et instables que les sentiments. Où les preuves d’aujourd’hui sont réfutées le lendemain…

2000
de Ilan Duran Cohen
avec Pascal Greggory, Nathalie Richard

4.9/6

La confusion des genres

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