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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 11:43
Only lovers left alive

Only lovers left alive m’a été recommandé à plusieurs reprises, et bon, comme j’avais vaguement entendu des rumeurs de vampires, j’ai fini par me laisser tenter. Grand bien m’en a pris, il s’agit d’un des films d’ambiance les plus soignés de 2013, choisissant de placer son intérêt non pas dans son scénario, mais tout ce qu’il y a autour. Un film bancal, mais penchant du bon côté.

L’histoire : Un couple de vampire, séparé depuis plusieurs siècles, se retrouve pendant quelques jours…

Only lovers left alive

Malheureusement pour les amateurs de rebondissements, Only lovers left alive est presque lacunaire question histoire. Tout au plus celle-ci se mettra-t-elle un peu à bouger quand nos amants s’aventureront au dehors du quartier de Detroit où ils ont établis leur repère. Pour aller chercher qui a piraté la musique d’Adam, notre vampire dark funèbre. Waow. Ce qui nous amène au premier point qu’il faut accepter d’office avant d’apprécier le film, il ne raconte rien, et se révèle d’une vacuité assez colossale, car il ne se repose sur rien de connu ou d’entraînant question genre vampirique. Au contraire, il mise tout sur son ambiance, qui souhaite rendre mélancolique au possible. Et cela passe essentiellement par sa bande originale, qui pour le coup a été particulièrement travaillée, associant des musiques d’ambiance orientale avec des rocks psychédéliques en passant par quelques morceaux funèbres… Le mot qui conviendrait sans doute le mieux pour dépeindre le film serait langoureux. On attend en compagnie de ces vampires que le temps passe, et nous avons par là même un goût de l’immortalité, saveur aigre-doux (qui passe par l’évolution du style musical d’Adam, les nombreuses anecdotes qu’échangent les vampires sur le pouvoir de corruption du temps (le théâtre du Michigan)). La romance mise en scène est de toute façon éternelle, mais c’est la condamnation à voir le monde changer qui imprègne nos suceurs de sang, devenus presque pacifiques avec le temps pour gérer leurs appétits. Avec la bande originale, c’est l’esthétique qui est évidemment peaufinée avec grand soin de détail, à l’image des plans circulaires de l’introduction du film, souhaitant immédiatement planter l’ambiance qui nous enveloppera complètement. Si on omet la digression grinçante de la sœur d’Eve, à savoir Ava (seul élément gâchant à dessein l’harmonie), Only Lovers est un sans faute dans son rayon, qui pêche seulement par sa légèreté. On peut facilement établir un parallèle avec les vampires raffinés des Prédateurs de Tony Scott (le seul film vampirique qui misait lui aussi davantage sur l’ambiance, tout en se révélant beaucoup plus conséquent dans son histoire et sa passion amoureuse), qui toutes proportions gardées, est un lointain cousin, qui était aussi allé au bout de son trip. Film atypique et intéressant qu’Only Lovers…, hélas, il eut fallût un peu plus pour pleinement décoller.

2013
de Jim Jarmusch
avec Tom Hiddleston, Tilda Swinton

4,5/6

Only lovers left alive

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commentaires

Onyx 29/11/2014 15:05

J’ai attendu ce film avec beaucoup d’impatience mais j’ai été très déçue. La bande-son m’a fait cruellement souffrir, il s’agit bien sûr de mes goûts personnels, mais j’ai trouvé le fond sonore très pauvre. Une ambiance (musicale) mélancolique, oui, mais une ambiance répétitive et plate ? Non. Ensuite, le film suggère beaucoup mais il n’apporte pas de réelles questions/réponses. C’est extrêmement frustrant. Je vais sans doute paraître dure, mais il ne suffit pas de voir des personnages flâner d’un air « constipé » à travers des ruelles sombres pour faire un bon film de vampire. Sans tomber dans de la philosophie barbante à la Anne Rice (après sa trilogie sur Lestat qui était génialissime, elle a commencé à s’essouffler, comme avec « Armand le vampire », par exemple), ils auraient quand même pu pousser plus loin le « dilemme » du vampire (l’immortalité, quand même, ce n’est pas rien). A la place, on a eu droit à des soupirs…et à des soupirs. Très « you know what I mean », très anglophone en somme…

Voracinéphile 01/12/2014 19:14

La bande son m'a beaucoup surpris, et je dois dire qu'elle a été un gros point fort de mon côté (elle est tombée pile à une période pendant laquelle je recherchais des musiques un peu expérimentales). Les mélodies mélancoliques jouent souvent sur de la répétition, et je ne m'y connais surement pas assez en musique pour analyser le phénomène. Mais elle ne m'a jamais semblé agressive, elle se fondait dans l'arrière plan. On en revient à mon début d'article, à savoir accepter la vacuité du scénario. Je suis inconstant sur ce point, tantôt ça marche (les films de Refn), tantôt je m'y refuse (Gus van sant, 2001 l'odyssée). Et ici, curieusement, je me suis laissé sombrer. Mais j'ai mis un certain temps à me décider si je la jouais enfiévré ou si le vide méritait de sabrer le fragile équilibre.

Vince12 09/11/2014 19:42

Un film de Vampires moderne anti-Twilight ? Visiblement côté scénario on se sort pas des entiers battus, mais si l'ambiance est bonne. En plus de la part de Jim Jarmusch

tinalakiller 08/11/2014 01:20

Raaaah mon dieu j'ai détesté ce film, j'ai agonisé d'ennuis ! Pourtant j'aime bien Jarmusch, il y a des choses bien dans la mise en scène mais c'est tellement prétentieux et délirant de bêtises !

tinalakiller 09/11/2014 12:13

Je l'ai trouvé prétentieux car j'avais l'impression que Jarmusch nous disait "ouais moi je peux faire un vrai film de vampires, d'amour et de rock'n'roll, vos gueules bande de nazes" (je sais qu'il se passe beaucoup de choses dans ma tête quand je regarde un film). Ses délires sur Marlowe, ses plantes en latin, les dialogues sur le rock ("ouais je fais trois accords") ou sur le problème de l'eau à la fin du film (je crois que c'est ça qui m'a achevée) rendent également le film très prétentieux.

Voracinéphile 09/11/2014 00:41

Prétentieux ? Je comprends qu'on s'ennuie devant, mais le film ne m'a pas semblé revendiquer davantage que sa simple facture de film d'ambiance. C'est beau et agréablement léger, sans réinventer ni donner dans l'horreur. Une inoffensive oeuvre d'esthète, ni plus ni moins...

Princécranoir 07/11/2014 18:32

Lire cette évocation de très beau voyage au bout de la nuit me renvoie de très beaux moments passés à rouler dans les friches de Detroit, à se goinfrer de belle musique dans les rades de Tanger, à partager le spleen millénaire de ces créatures superbes. Bien beau film il est vrai.

Voracinéphile 09/11/2014 00:39

J'avais un petit sentiment de culpabilité et un devoir d'amendement sur le thème des vampires, ça a été une bonne occasion de renouer avec le genre. Dommage qu'il n'y ait pas eu davantage d'histoire (et que le mot spleen n'entre définitivement jamais dans mon vocabulaire). Un état blasé plutôt bien retranscrit et qui m'a gentiment happé, sans aller beaucoup plus loin.

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