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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 19:13
Rec 4 : apocalypse

Après la débandade au sens figuré de Rec 3, on n'attendait vraiment plus grand chose de cette saga qui avait décidément bien du mal à tenir sur la longueur. Ce qui était déjà exténuant, c'est que Rec 4 avait été annoncé en même temps que Rec 3, et donc avait des airs de catastrophes inéluctable. Balaguero a entre temps accouché de Malveillance, un des meilleurs thrillers en huis clos jamais conçu et un sacré morceau dans sa filmographie. On avait encore quelques doutes, même si la bande annonce augurait du pire. Et effectivement, le pire est arrivé...

L'histoire : Angela et plusieurs survivants des forces militaires envoyées pour nettoyer l'immeuble se retrouvent mis en quarantaine dans un laboratoire embarqué sur un cargo de pêche, sur lequel il devient vite clair qu'il se passe des trucs louches dans la cave.

Rec 4 : apocalypse

Un film me revient soudainement en mémoire, je l'avais découvert il y a longtemps, vers mes 15 ans, sur M6 en seconde partie de soirée... Spiders 2, le retour des araignées géantes. Ma firme favorite Nu Image, mes chouchous, me redonnaient une dose de série Z avec un couple recueilli sur un cargo expérimental où un scientifique nanar absolument irrésistible (« Vous êtes en bonne santé. Très beau spécimen. » « Spécimen ? » « Jargon médical ! » nous gratifiait-il d'un clin d'oeil complice, on t'a repéré mon loulou, on sait ce que tu trafiques ici !) Nous n'aurons pas droit ici aux mêmes excès malicieux. Affublé d'une direction artistique proche du néant (c'est limite une série Z, qui sort au cinéma, un DTV indigne en tout cas de figurer ne serait-ce que dans les rayons nouveauté des magasins), étalant une trame insipide mainte fois vue et revue (au lieu de libérer le virus dans les rues, on se retrouve en quarantaine sur un bateau avec une trentaine de personnes, waow!), on se bouffe un nombre assez incroyable de clichés du genre zombie contamination (recherche du patient zéro pour faire un antidote alors qu'on sait que ça ne fonctionne pas ainsi), à savoir des patients rescapés qui sont retenus contre leur gré et veulent en savoir davantage sur ce que trafiquent les scientifiques. Mais c'est totalement sans surprise, et en plus de cela, le jeu d'acteur se révèle désastreux. L'actrice jouant Angela montre bien qu'elle n'a rien d'une actrice, elle joue mal à absolument tous les niveaux, que ce soit la peur, la rage, le doute, elle semble toujours à côté de ses pompes. Et son compagnon musculeux, faible ersatz de Dwayne Johnson, roule des pecs sans jamais faire un effort d'implication (mais regardez le jouer le possédé pour comprendre à quel point il s'en fout !) Plus que jamais, Rec 4 est l'incarnation même de la capitalisation sur un titre de licence, sur laquelle plus aucun effort n'est fait car son titre fera toujours vendre de toute façon, peu importe la médiocrité du produit fini, on la joue à l'esbrouffe et même si ça s'essoufle vite, on aura de toute façon amorti. Mais c'est honteux pour Jaume Balaguero d'en arriver à un tel niveau. Quand les expérimentations animales du virus donnent un résultat aussi laid à voir et aussi mal exploité (la partie dans les cales, absolument nulle), que les effets gores deviennent des giclées de sang numérique et que l'on est rabaissé à des enjeux surfaits (le remake d'Hidden, insupportable quand on voit la facilité à laquelle s'abaisse le script). Et tout ça pour déboucher sur une fin aussi merdique ! Les héros sautent dans la mer, pas les zombies parce qu'ils ne sautent pas même si ils les suivaient (mais ils courent moins vite qu'un obèse et une endive rachitique), qu'on a un poisson mutant et un gag digne de very bad trip comme chute finale, ce n'est même pas le rire qui vient à l'esprit. Plutôt le désastre, en espérant que Balaguero ait une excuse en béton pour être tombé à un tel niveau de nullité. Infréquentable.

2014
de Jaume Balagueró
avec Manuela Velasco, Paco Manzaned

0,6/6

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Published by voracinephile - dans Navet (prétentieux)
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commentaires

Kapalsky 05/12/2014 12:00

Exactement! J'avais l'impression de me retrouver devant un DTV vite fait. Le cinéma espagnol nous avait habitué à mieux dans le genre. Faut pas trop baisser sa garde...

Voracinéphile 11/12/2014 23:38

Les aléas de l'exploitation économique sans âme... C'est la crise aussi en Espagne (je parlerai bientôt de Automata et de son univers bradé...

borat8 28/11/2014 22:54

Hé ben... Je crois que j'ai bien fait de ne pas m'y être précipité. D'ailleurs quand j'ai vu l'affiche dans mon kiné je me suis étonné de sa programmation. J'avais complètement zappé sa sortie!

Voracinéphile 01/12/2014 19:07

Quand tu vois la bande annonce, pas étonnant qu'ils n'aient pas fait non plus une grosse campagne marketing. Parfois, une sortie surprise peut aussi faire décider les gens au dernier moment, avant qu'un mauvais buzz ne commence à se mettre en marche...

titi70 28/11/2014 11:38

Je l'ai raté au ciné, celui et ça me fait bien ch.... d'autant que c'est la seul film sortit au ciné récemment qui m'attirait. Quant il va sortir dans les bacs, sur que je ne vais pas faire la même erreur.

Voracinéphile 01/12/2014 19:06

Nous en reparlerons à ce moment là ! Je n'essaye pas de t'en dissuader, je sais combien tu aimes les petites séries B d'horreur. J'ai juste prévenu :)

alice in oliver 28/11/2014 11:10

Il fallait s'y attendre: le 3e opus avait annoncé la couleur. La saga était définitivement tombée dans l'exploitation bas de gamme. Bref, pour ce 4e opus, ce sera sans moi

Voracinéphile 01/12/2014 19:05

Rester à distance serait sans doute le meilleur moyen de ne pas chopper d'herpès oculaire. Je me rince les yeux à l'alcool depuis la séance.

Vince12 27/11/2014 20:36

Comme dirait mémé: "HIIIIIIIIII quelle idée !!!!"

Voracinéphile 01/12/2014 19:03

Indécent d'oser nous avoir sorti pareille merde au cinéma. Le pire, c'est que j'ai eu des débats avec des personnes qui le trouvent bon !

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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