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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 10:11
Party Monster

Party Monster est un biopic punk assez maousse pour ses excès et le faste du phénomène qu'il représente. Avec un Macaulay Culkin qui brise son image et un Seth Green en roue libre, l'orgie de glamour vendue par l'affiche en fait un rendez vous de freaks gay friendly qui se donne un côté punk qui en fait un rival assez redoutable de Spring Breakers. Excès et crise existentielle au menu.

L'histoire : Michael débarque à New York sans moyens ni logement, avec la ferme intention de s'implanter dans le monde de la nuit. Formé par James, un jeune homosexuel excentrique financé par ses parents, il parvient à gagner la confiance d'un directeur de boîte de le laisser organiser des soirées.

Party Monster

Véritable plongée punk dans l'univers des boîtes de nuit, Party Monster a dans l'idée de faire à la fois une oeuvre générationnelle, un biopic fantasmé et un film punk. Punk sur les questions de la drogue et de brûler la chandelle par les deux bouts. Car c'est finalement cet aspect qui est fascinant. Cette persistance dans la superficialité et l'irresponsabilité, en promouvant une attitude sans concession, autodestructrice, qui mène cependant à une gloire instantanée. Le buzz de la nuit, une admiration dans la fièvre de la dance. Michael a déjà cette idée en tête, sans pour autant connaître les modes du glamour. Pour toute famille, une mère ultra laxiste qui accepte les frasques de son fils et participe aux soirées qu'il organise (jubilatoire séquence où elle raconte sa première prise de drogue à la télévision), et l'assurance de vouloir faire ses preuves. Et toujours ce matérialisme qui se manifeste dans toutes ses relations sociales. Séduisant son petit copain à coups de tickets conso, en concurrence chic avec James à chacune des soirées, c'est une surenchère constante dans la frivolité, et dans le cynisme quand les conséquences en sont évoquées. Car la fête répond à une ivresse instantanée et ne doit souffrir d'aucune limite. Les followers qui déménagent pour venir aux fêtes de new york et finissent à la rue, les descentes de police pour chopper du camé... Le film capte à la fois la vacuité du concept et son potentiel magnétique, avec même quelques bonnes séquences de cinéma (la commande au fast food, la fameuse "money, success, fame, glamour" bien qu'avortée) qui font preuve de l'empathie nécessaire pour capter l'euphorie. Et les errances des personnages dont le matérialisme s'exprime à chaque instant. La formule d'excès et de débauche est classique, sans surprise, fonctionnelle sans en mettre plein la vue. Le jeu d'acteur a en revanche visé dans la bonne catégorie, à savoir la référence décalée. Seth Green tape pile dans ce registre, et la performance de Macauley en totale roue libre (son costumier devait être mort de rire à chaque essai). Et pour les hard core, on mentionnera Marilyn Manson dans le rôle d'un travelo dégueulasse camé jusqu'aux yeux. Un petit moyen de doper le buzz logique sur ce film, qui surpasse largement Spring Breakers sur le terrain de la fête qui dégénère. On regrette simplement de ne pas avoir passé davantage de temps dans le hype et la surenchère, et c'est là qu'on devine la limitation des moyens du film (d'autant plus que la photographie n'a pas le côté saturé qu'il aurait fallu privilégier). Reste un bon petit drame, qui consacre la superficialité et lui offre toute la place qu'elle pouvait prendre.

2003
de Fenton Bailey, Randy Barbato
avec Seth Green, Macaulay Culkin

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commentaires

Kapalsky 11/03/2015 14:24

Money, Success, Fame, Glamour! (merde j'ai la musique qui me revient en tête)
Sacré film en effet, qui renvoie les "Spring Breakers" et autres films de cet acabit au placard!
Je regrette même de ne plus voir Seth Green faire autant de films déjantés, il doit être trop occupé avec sa série remarque :p

voracinephile 18/03/2015 17:44

Tu parles de Dads ? Plus trop de nouvelles de Robot Chicken pour ma part, j'ai abandonné à la quatrième saison. A force de faire du bullshit, j'ai commencé à trouver le tout redondant, alors que les trois premières saisons contiennent des morceaux de bravoures vraiment réjouissants. Comme toi, j'aimerais le revoir en vrai, mais bon, les prods déjantées se font plus rares...

Vince12 28/02/2015 08:43

L'ambiance a l'air clairement déjanté, mais perso ça ne me tente pas forcément au vu du scénar

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