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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 10:19
Wall street 2 : l'argent ne dort jamais

Une petite irrégularité me force à traiter une suite avant son prédécesseur (qui d'ailleurs le surpassait), avec la promesse de rattraper la bévue très vite. Il s'agit de la saga Wall Street d'Oliver Stone. Courageux et plutôt habile dans les années 80, assez opportuniste en revenant en 2010, j'étais plutôt agacé en commençant la séance. Et par de petites touches, le film commence à remporter mon adhésion, puis mon intérêt. Jusqu'à la révélation du final.

L'histoire : alors que Gecco sort de prison pour ses frasques bancaires, sa fille coule des jours heureux à New York, en couple avec un trader protégeant les intérêts d'une filiale développant des énergies propres. Mais sa compagnie bancaire subit bientôt un OPA qui la dissout totalement et entraîne le suicide de son directeur.

Wall street 2 : l'argent ne dort jamais

Oliver Stone est un cinéaste que j'ai toujours apprécié dans les années pré-2000. Bons films, engagements politiques courageux, volonté de décrypter les systèmes et mécanismes, il est l'équivalent de Scorcese, parfois frileux (le timide JFK), mais toujours avec cette authenticité nécessaire pour immerger son public. Son premier Wall Street avait bon goût lui aussi, la foi candide découvrant peu à peu les impacts des manipulations bancaires sur les côtes en bourses. Wall Street, l'argent ne dort jamais, reprend sur ces bases, en considérant déjà que nous avons des bases en économie, ce qui nous fait plaisir car on se sent déjà en confiance. Et c'est par sa science de la transition et de l'usage du langage cinématographique que Wall Street 2 a réussi à me convaincre. Un travelling en rotation en plein centre ville s'élevant vers la cime des grattes ciels soulignant le merveilleux pouvoir de croissance. Des enfants jouant dans un parc à faire des bulles. L'argent qui s'interpose dans le couple... Les images sont claires, bien dosées, le cinéma à l'ancienne qui cherche encore à être intelligent sans avoir à beaucoup parler. Et le charisme trompeur de Gecco, toujours campé par le splendide Michael Douglas qui n'a rien perdu de son petit sourire carnassier, peaufinant son image de repenti pour mieux manipuler le monde qui l'entoure. En cela, Wall Street 2 pose largement des bases intéressantes. Le problème, c'est un peu cette histoire de vengeance bancaire. Après une petite qui tournait au cauchemar dans le premier, nous en avons une grosse, certes plaisante pour l'adversaire en titre (Josh Browlin en requin sec et intraitable), mais qui s'étend bien trop pour être honnête. Etaler serait un verbe plus approprié. Et au final, ça parle beaucoup mais ça bouge peu. Alors, on prend notre mal en patience. Et ça commence à redevenir intéressant sur la fin, quand certains petits masques volent. Et là, la chute. La purge totale. Le happy end. Oliver Stone fait un happy end sur la bourse. En fait, ils sont humains ces banquiers. Un peu vaches entre eux pour rafler quelques centaines de millions, mais rappelez leur quelles sont les valeurs de la famille, et leur coeur se remet à battre. Autant, je ne suis pas contre une humanisation (vu combien on s'est évertué à représenter le corps de métier comme de la merde), autant un truc pareil, c'est se foutre de la gueule du monde. Je comprends dès lors pourquoi le film s'est fait pourrir et trône avec une simple moyenne malgré sa construction virtuose. Mais bon, Oliver s'est grillé avec World Trade Center. Depuis, peut-on espérer autre chose que quelques reflets de ses anciens talents ? Alexandre avait au moins l'ambition de pousser la fresque historique dans de nouvelles directions, aussi moches soient-elles (les scènes de bataille, les décors numériques...). Wall street 2 n'est donc pas très utile, mais plutôt agréable à suivre. Seules ses 5 dernières minutes lui valent la damnation éternelle.

2010
de Oliver Stone
avec Michael Douglas, Shia LaBeouf

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commentaires

Vince12 26/02/2015 18:20

Je trouve que le premier était intéressant mais trop en retenue (enfin vous me direz ce n'est certainement pas d'Hollywood qu'il faut attendre un film sur la réalité de Wall Street). Stone est pour moi un paradoxe. Je n'ai jamais considéré son cinéma comme réellement subversif comme le pensent beaucoup de gens. Même des Platoon, Tueurs Nés, JFK ou autres. Il a même donné dans la propagande avec World Trade Center. Par contre le mec dans ses interviews ne mâche pas ses mots et n'hésite pas à sortir des trucs vraiment couillus. J'adore ces analyses sur la politique mondiale, il est souvent dans le juste et n"hésite pas à dire les vérités qui dérangent. Malheureusement ça ne se retrouve pas vraiment dans son cinéma. Je pense que c'est d'ailleurs plus la faute d'Hollywood que la sienne. Tour ça pour dire que je ne suis pas intéressé par ce film là

tinalakiller 19/02/2015 19:53

Pas vu et honnêtement pas trop envie de le voir (rien que le fait de voir LaBeouf sur l'affiche, bordel, ça me fait fuir). Déjà, je ne suis pas une grande fan du premier Wall Street et je n'ai pas du tout aimé Margin Call. Je crois que j'ai un problème avec les chiffres et tout ça.

tinalakiller 26/02/2015 18:53

Hum je ne connais pas ce film de Uwe Boll, même pas de nom (c'est diiingue comme ça ne me tente pas).
Justement Margin Call était presque trop réaliste, c'est vite du charabia ! Le seul moment qui sort un peu de cet univers ne m'avait également pas convaincu (alors le méchant Kevin Spacey qui est triste parce que son gentil chien meurt).

voracinephile 26/02/2015 16:52

^^ C'est peut être ça ! Dans ce cas, tu préfèreras surement le loup de wall street ou peut être assault on wall street de Uwe Boll (moralement un peu douteux, mais mieux conçu que prévu). J'ai eu du mal au début avec Margin Call, mais une fois le jargon bouffé, le film devient réaliste et assez intéressant. Aucun n'a pour le moment atteint un réalisme pareil, hormis les documentaires.

borat8 18/02/2015 17:24

Inutile ne raconte rien et ça joue mal. Stone s'est raté avec un sujet comme la crise en ligne de mire. Avec moins de pognon Margin call a fait mieux.

borat8 19/02/2015 22:25

Rien de nouveau c'est le même schéma que le premier. Voilà cabotinnage plus qu'autre chose. Margin call ne m'a pas paru compliqué.

voracinephile 19/02/2015 19:15

Oh, ne raconte rien... Rien de réel en effet, mais les règles sur lesquelles il s'appuie le sont. Le premier suivait un schéma similaire, servant plus à découvrir le milieu qu'à représenter des crises réelles (car il n'y en avait pas dans l'original). Mais ici, le film finit par traîner en longueur tout en faisant preuve d'intelligence, et là, c'est le drame ! Tu l'as trouvé mal joué ? Certes, pas de performance d'acteur, mais le cabotinage de Douglas me fait toujours sourire.
Margin call est bien au dessus, je suis d'accord. D'ailleurs, il est assez dur à pénétrer pour son jargon bancaire qui n'est pas simplifié, mais effectivement, il a fait du bon boulot question fidélité.

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