Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 15:19
It follows

It follows est un petit film d'horreur qui bénéficie d'un buzz assez exagéré, bien qu'on comprenne le contexte de sa sacralisation (petit film d'horreur indépendant, joli portrait d'adolescent...). C'est donc sur le terrain de la surprise que nous sommes sensés nous être aventuré. Pour un résultat qui laisse finalement plus mitigé qu'autre chose.

L'histoire : une jeune fille sort avec un gars craquant, qui lui explique une fois l'acte consommé qu'une créature va la poursuivre jusqu'à ce qu'elle la rejoigne pour lui régler son compte.

It follows

Slasher étudiant qui donne immédiatement dans le fantastique à l'ancienne, It follows aime donner dans l'ambiance, et cela se ressent. Que ce soit par ses banlieues automnales empruntées aux Griffes de la nuit (vous avez noté le numéro de la maison dans l'introduction ?) ou ses programmes télé vintage des années 50, le film brise la cohérence temporelle. Pourquoi ? Pour rien. Ca marche cependant. On passe ensuite à la présentation de notre étudiante, appuyée par une jolie photographie. Et la mécanique s'enclenche. Ce qui est assez intéressant, c'est qu'on note souvent des remarques qui réfutent le côté horrifique du film en disant qu'il ne fonctionne pas. C'est faux. Les premières apparitions de la créature sont un modèle d'efficacité. En particulier la scène de home invasion, particulièrement réussie et stressante. Le concept est bien exploité (même si il n'exploite pas tout). La séquence finale dans la piscine municipale est elle aussi intéressante, mais hélas, l'impact en est amoindri par une faute de mise en scène (l'identité physique prise par la créature, dévoilée seulement après). Néanmoins, la caractérisation des personnages ne faiblit jamais, ils méritent tous notre intérêt, et ce sont eux qui amorcent le prétendu discours sur la sexualité. En effet, pour faire le buzz et dire qu'on parle des étudiants, faut parler de sexe. On loue Larry Clark pour cela alors qu'il est un exemple même du genre underground fermé au grand public. Et ici, qu'est-ce qu'on dit sur le sexe ? Ben... on sait pas trop. La créature est liée à l'idée, mais on ne sait pas pourquoi, les relations entre les protagonistes sont bien exposées sans qu'elles mènent à l'illustration précise d'une idée (certains ont un charisme sexuel qui leur ouvre des cuisses, les autres prennent leur ticket d'attente...). Au final, It follows reste constamment dans le flou. Et c'est ce manque de parti pris qui finit par lui nuire, car à la longue, il souligne combien son contenu est une beaudruche. Avec des qualités formelles évidentes, mais qui ne mène à rien. On peut néanmoins ne mener à rien et être divertissant, mais alors, c'est le buzz et ses prétentions qui étaient malvenues (ce n'est pas la première fois qu'on surestime le genre. Et donc, à sa tiédeur thématique, on pourra sans doute lui préférer le DTV Inside, film fort peu connu et pourtant étonnamment proche en termes de mécanique de It Follows (un sort qui forçait une personne à se suicider et contaminait le premier témoin de la scène, en prenant la forme de sa propre apparence physique), qui assurait son fond avec des cathos intégristes et une lignée de sorcière jouant le rôle de mouton noir... Cliché, mais sans zone d'ombre, et efficace émotionnellement. Ici, le sentiment de superficialité culmine, réhaussé par un épilogue absolument mauvais, qui bâcle totalement sans donner le petit frisson qui s'imposait. Une excellente bande originale ne compensera jamais vraiment un script faiblard, aussi, il y a fort à parier que si suite il y a, le pompage d'Hidden s'imposera de lui-même...

2014
de David Robert Mitchell
avec Maika Monroe, Keir Gilchrist

Partager cet article

Repost 0
Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
commenter cet article

commentaires

princécranoir 24/03/2015 19:26

Te voilà obligé de défendre ce film d'horreur assez moyen face à une Tina furibarde ! Bon courage. Sinon, tu as parfaitement identifié dans ton excellente chronique les points forts et les faiblesses d'un film qui n'en demeure pas moins plaisant. Tu as raison de noter l'efficacité redoytable de la scène de home invasion, parfaitement maîtrisée. Tu oublies de mentionner le background urbain qui a son importance, et qui donne une couleur sociale au propos. C'est intéressant de voir après le Jarmusch à quel point la cité fantôme de Detroit inspire l'imagination des cinéastes. Malheureusement, Mitchell ne sait pas trop comment relier ça à son histoire de malédiction spectrale et virale.

tinalakiller 25/03/2015 22:17

Furibarde ahhah je passe pour une grosse hystérique qui pète un câble quand elle regarde des films lol

tinalakiller 21/03/2015 15:19

Heureusement qu'elles ne sont pas potiches, ça m'aurait achevée...

Elle baise en sous-vêtements... Et quand je te parle qu'elle est dénudée, c'est en dehors des scènes de sexe ! D'ailleurs, j'ai trouvé ces scènes de sexe toutes très froides...

Et pourquoi serais-je passée à côté de ce film ? Pourquoi ne pas accepter que je ne l'ai pas réellement aimé et qu'il est possible qu'il y ait des défauts ?

Ah bon, c'est un twist ? Bah alors il est loupé ! Et puis tous ces mecs qui veulent coucher avec elle alors qu'ils savent pertinemment qu'ils vont avoir cette chose (et donc crever), ils sont complètement cons ! Je suis désolée, je vois un mec qui me dirait des choses étranges du genre "si je te refile, tu crèves", je ferai tout sauf coucher avec lui !

C'est vrai que ça reprend bien le schéma des autres films d'horreur. Sauf que je serai mère de famille et que je verrais ma fille moitié à poil sur la pelouse en train de chialer, comment dire, elle m'aurait vu deux minutes... Après, je vois où ça veut en venir, mais là est-ce vraiment crédible de ne pas voir à ce point de parents ?

borat8 21/03/2015 15:27

Bah c'est le but du film. Mitchell ne cherche pas le sexy et encore moins l'érotisme. C'est à l'image du propos plus vite tu baise plus tu te débarasse du it.
Je renvoie à ce que j'ai dit que ce soit le fait que la chose attend parfois plusieurs jours avant de revenir à la charge. Quand un mec est montré impuissant ça rigole mais la ça choque. Hé bé... il n'en faut vraiment pas beaucoup pour crier scandale.
He bien non puisque le dernier croit que it est parti et il aime la fille. C'est tout le contraire du voisin qui voyait seulement un moyen de baiser.
Mais ils ne sont pas là! Les seuls adultes que l'on voit sont des flics. Ces jeunes sont à l'image de Detroit : laissés à eux même.

tinalakiller 21/03/2015 11:56

A Borat :

Justement, j'en ai ras-le-bol de ces clichés sexistes dans les films d'horreur et les slashers, bordel, les choses peuvent changer !
Ca fait vraiment longtemps que j'ai pas vu Scream, il faudrait que je le revoie tout court (mais à l'époque, ça ne m'avait pas autant choqué et puis l'héroïne n'est pas non plus dénudée dans mes souvenirs).
Mouaaais... Pas convaincue, vraiment. D'ailleurs pas compris qu'une fois qu'elle a refilé la chose à son bellâtre comment elle peut encore la voir, le discours est assez flou. Et pourquoi cette chose ne vient jamais quand elle est à l'hôpital ? (d'ailleurs, ces jeunes sont SOUVENT à l'hôpital et ça n'inquiète personne). Comment ça se fait que la chose ne rattrape pas la fille quand elle a son accident de voiture qui a lieu peu de temps après la scène qui se déroule à la plage ?
Veinard pour l'éclipse. Je crois que chez moi l'exposition était autour de 60% si je ne dis pas de bêtises.

borat8 21/03/2015 15:12

Je vois pas où est vraiment le pire dans ce film. Encore une fois je vois bien pire dans des blockbusters. On fait un procès d'intention d'une débilité affligeante pour quoi? Des vêtements! Si encore c'était une potiche mais même pas.
Elle n'est pas dénudée mais elle baise. Et Neve Campbell n'est pas morte dans le film.
C'est un twist! C'est pour montrer qu'elle n'a rien perdu et l'a refilé à son pote! Montrer que leurs morts sont inévitables et programmées.
Cela prouve que tu es passée à côté. Il y a des temps de stagnation avant que la menace ne revient. C'est pour cela que le voisin ne meurt pas tout de suite. Tu remarqueras aussi qu'il n'y a aucun parents dans le film comme dans Les griffes de la nuit ou Scream où ils n'aidaient pas leurs gosses, étaient absents ou ne les comprennent pas. C'est le même schéma ici.

tinalakiller 21/03/2015 00:08

C'est vrai qu'il y a déjà de ça dans les slashers et dans certains les filles sont hyper dévêtues mais dehors tu vois le soleil qui brille, tu te dis "bon elles crèvent de chaud". Mais là limite il pleut et elles sont à poil ! Bon ça m'a interpeller ! Justement, le message dans les slashers est un peu puant sur le principe, c'est du genre "le sexe c'est le mal". Le problème, c'est que je ne sais jamais si le message est conservateur ou si au contraire c'est un message contre les conservateurs.
Je sais qu'on ne peut pas refaire le film mais pendant le film, je n'ai pas pu m'empêcher de me dire "pour se débarrasser de cette chose, pourquoi elle ne met pas de capotes ou qu'elle fasse quelque contre ?". Je comprends la démarche mais honnêtement, je pense qu'elle ne fonctionne pas.
Ahaha mon dieu cette éclipse t'a inspiré, ça doit être marrant à voir (le dessin, pas l'éclipse). T'as réussi à voir cette éclipse au moins ? (Non, parce que perso, j'ai pratiquement rien vu et il pleuvait en plus, pas top tout ça).

Pour le dessin c'était pour parler de l'éclipse d'aujourd'hui. Le mec est en caleçon et observe la lune avec des lunettes et chante "Le soleil a rendez vous avec la lune" et la fille lui répond "Mais ma lune ne le sait pas et mon soleil attend" totalement nue! C'est cocasse mais pas sexiste puisqu'en l'occurrence le con dans l'histoire c'est le mec!

borat8 21/03/2015 01:43

Pas forcément regarde Scream il n'a pas l'air de faire une chaleur à crêver non plus. Pas forcément mais c'est un vrai cliché du genre et qui revient systématiquement au même titre que dans les giallos la femme est toujours poursuivi par un tueur.
Mais elle ne peut pas car la créature se nourrie du sexe pur à proprement parler, preuve en est la scène avec le voisin. Tout est résumé dans cette scène pas besoin de plus.
Oui j'ai pu la voir une fraction de secondes n'ayant pas de lunettes pour. Pour chez moi l'exposition était à 75% et aucun nuage à l'horizon, ciel totalement dégagé.

tinalakiller 20/03/2015 23:26

(Je ne sais pas pourquoi je n'arrive à te répondre directement, bon du coup new message)
A Borat :
Pour la fille qui court en talons, au début, c'est non seulement ridicule mais c'est limite impossible sans tomber... Et puis quelle meuf se réveille en prenant ses talons !? WTF.
C'est sûr qu'on n'est pas dans du Michael Bay (I hate this guy) mais je comprends ce ressenti car le propos du film n'est vraiment pas clair, ça part dans tous les sens ! Et pareil pour ceux qui disent que le film a un propos douteux, anti-sexe (cf : voir le billet de Marla's Movies). Pourtant, je ne pense pas que le film le soit mais c'est vrai qu'en sortant de la fille, je ne savais pas trop quoi en penser. Et justement, pourquoi ça serait une évidence de voir des filles dévêtues dans des slashers ?
Il y a également un truc qui m'a gêné dans le film, c'est que le film parle de cul tout le long et on comprend qu'il s'agit probablement d'une métaphore des MST. En revanche, on ne parle jamais de contraception (ok, certains jeunes sont inconscients mais il y en a aussi beaucoup qui sont obsédés par ça).
Huuum quel était l'intérêt de ce dessin coquin ? :D

borat8 21/03/2015 00:00

Oui j'ai pensé exactement la même chose. Je ne trouve pas qu'il est anti-sexe tout comme Black Hole juste que le sexe est un vecteur vers lequel la malédiction se propage. Soit un facteur qui revient souvent dans les slashers donc cela me paraît logique. Regarde le premier Freddy. La fille baise avec son compagnon puis meurt après l'acte en rêvant.
Parce que c'est un cliché type preuve en est c'est dit dans Scream par le personnage de Randy (et ça date de 96 hein?); si tu couche tu as plus de chance de mourir que le personnage vierge.
La contraception n'est pas le sujet du film surtout que le film est assez intemporel, certains passages rappelant les 80's tout en ayant des éléments 2000's. C'est vraisemblablement ce que voulait faire le réalisateur. Ensuite dans Black Hole il n'y avait pas de contraception non plus même si on était dans les 70's. Et dans les slashers à part peut être Halloween 5 (et encore le mec meurt en plein coït) j'ai rarement vu des couples mettre des capotes.
Pour le dessin c'était pour parler de l'éclipse d'aujourd'hui. Le mec est en caleçon et observe la lune avec des lunettes et chante "Le soleil a rendez vous avec la lune" et la fille lui répond "Mais ma lune ne le sait pas et mon soleil attend" totalement nue! C'est cocasse mais pas sexiste puisqu'en l'occurrence le con dans l'histoire c'est le mec!

Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche