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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 15:44
James Bond : Pierce Brosnan
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James Bond : Pierce BrosnanJames Bond : Pierce Brosnan

La saga James Bond a acquis une telle renommée qu'elle constitue à elle seule un canon du genre cinéma d'action, qui se révèle très intéressant à étudier pour son évolution chronologique et ses grandes variation de qualité. Succédant à Timothy Dalton (moyenne performance malgré le notable Permis de tuer), il est lancé en 1995 avec Golden Eye, marquant à plusieurs niveaux. C'est sur la suite en revanche que viendront les critiques, notamment avec le cas Le monde ne suffit pas. Une injustice quand on le redécouvre aujourd'hui, ce dernier offrant bien plus que Demain ne meurt jamais et Meurs un autre jour, qui compte parmi les pires de toute la saga. Retour sur une séquence polémique...

James Bond : Pierce Brosnan

Golden Eye (1995) : Lancement de folie pour Pierce Brosnan, qui bénéficie du rôle titre dans l'un des opus les plus salués de la saga. A raison, déjà pour son script plutôt original fonctionnant encore sur quelques bases de la guerre froide avec un sens assez aigu du suspense, le ton alternant entre sérieux (le final, le vol du réseau satellite...) et foutraque (la course poursuite en char d'assaut). Peu importe que ce soit toujours plus gros (l'introduction), l'équilibre est trouvé, le film parvenant parfaitement à s'intégrer dans sa décennie en termes de style, l'exemple marquant étant la présence d'Eric Sera à la bande originale. Malgré les déboires de post production (il paraît qu'il aura fallu pomper les musiques de l'opus précédent pour combler les lacunes de partition), son style imprègne considérablement le film, alternant avec le lugubre (toutes les scènes satellitaires) et le rythme musclé du thème des scènes d'action qui envoie clairement de la pression. Efforts également du côté des méchants, avec un 006 roublard et interprété efficacement par Sean Bean, escorté pour le coup du parfait exemple de la méchante marquante, la grosse salope sadique qui étouffe ses victimes au cours d'étreintes mortelles. Mêlant constamment mort et libido, achevée avec une blague parfaitement dans le ton nanar qu'on attendait, elle assure le spectacle avec jubilation et efficacité. Enchaînant régulièrement les séquences d'action sans endormir pendant les explications de circonstances. Même dans la façon dont il gère les gadgets, le film est doté d'intelligence. La simple séquence du stylo illustre la gestion maligne des quelques petits trucs utilisés ça et là pour doper le suspense en respectant l'esprit de la saga. Avec en plus une associée enfin utile avec ce petit charme russe qui lui donne immédiatement un plus sur la standarde james bond girl. Et à titre personnel, l'usage régulier de maquettes pour les effets spéciaux a gagné ma sympathie. Quant à la performance du Pierce, le rôle lui va comme un gant, le naturel de sa carrure de héros parlant de lui même, en smoking ou en simple blouson de para. Un baptême du feu tout à fait concluant.

1995
de Martin Campbell
avec Pierce Brosnan, Sean Bean

James Bond : Pierce Brosnan

Demain ne meurt jamais (1997) : On tombe de trèèèèèès haut ! Ridicule dès son introduction, on sait déjà qu'on va être mort de rire pendant la séance, mais pas forcément parce que c'est un bon film. On retrouve les excès d'un Moonraker, sans en atteindre toutefois la nanardise (le panache de ce dernier est sans égal). Dès les 5 premières minutes, Pierce Brosnan se fait étrangler dans un cockpit, pilote un avion de chasse sans les mains en évitant un missile numérique dégueulasse avant de flinguer les ennemis à coup de sièges éjectables. Du Bond bigger than life incapable d'être sérieux qui va constamment étaler sa médiocrité, avec qui plus est un des méchants les plus ridicules de la saga. Enfin bon ridicule, c'est sur qu'un Goldfinder ne l'était pas beaucoup moins, mais il y avait une certaine classe... En fait non, ce mégalo qui décide de trucider des innocents pour créer des conflits et les filmer pour faire du buzz sur ses réseaux de communication, c'est au niveau de la saga question finesse. Mais qu'est-ce que ça en devient lourd. Il n'y a pas la moindre surprise, à aucun moment. C'est un déluge gras de pyrotechnie gratuite qui enchaîne les péripéties clichées sans jamais chercher à faire le moindre effort de tension ou de suspense, parce que c'est James Bond, mec ! James arrive à un endroit, fait son enquête, des méchants arrivent pour le tuer, mais James, avec ses gadgets, les tue avant. Et c'est ce schéma qui se répète 3 ou 4 fois, à chacun des temps forts en fait. Et voilà que la femme du méchant a connu James, et qu'elle craque à nouveau pour sa gueule, alors le méchant il la tue, et faut la venger... Il faut quand même noter que le méchant est ici interprété par Jonathan Price, un acteur que j'apprécie beaucoup. Qui fait ici un cabotinage bien poussé particulièrement lourd sur la longueur. Inutile de dire combien la dénonciation qu'il est sensé véhiculée est ridicule et en dehors de toute réalité, ce n'est pas la mission d'un Bond de toute façon (quoique certains se sont révélés beaucoup plus subtils dans la gestion de leur contexte). Mais en montrant dès la fin du générique sa façon de procéder, il n'y a plus la moindre découverte possible. Et puis normalement, il faudrait une heure au MI6 pour en déduire que le premier informé était forcément au courant que ça allait se produire, et hop, affaire réglée sans gadget et explosions... Quant à la deadline de 48 heures, elle comprime les enjeux avec autant de saveur qu'un Quick'n toast, marquant un peu plus la catégorisation de produit consommable de l'engin en cherchant à créer artificiellement un rythme qui n'existe pas. Tout le monde semble l'avoir oublié, et ce n'est vraiment pas un tort. Pierce aura beau jouer la carte de l'assurance dans la peau de l'agent secret, la direction d'acteur laisse tout le monde partir en roue libre, à l'image de cet homme de main, tout juste sorti de Beowulf (celui avec Christophe, le meilleur).

1997
de Roger Spottiswoode
avec Pierce Brosnan, Jonathan Pryce

James Bond : Pierce Brosnan

Le monde ne suffit pas (1999) : Avec Golden Eye, la plus connue des contributions de Pierce à la saga, épaulée par la belle Sophie Marceau, qui trouve un rôle cliché finalement fonctionnel (qui prendra enfin toute sa dimension pendant la séquence de la chaise, malheureusement tardive, qui n'éclipse pas la petite romance occupant la première heure et demie). Robert Carlyle se contentera efficacement d'être un petit personnage indestructible qui fait finalement le poids dans son rôle. Le film se paye même le luxe, disons le, du meilleur générique de la saga Brosnan, que ce soit la musique ou la cohérence de l'esthétique jouant avec les textures du pétrole. Le gros problème de cet opus, c'est son rythme. Clairement en dents de scie malgré les efforts que fait l'introduction (plusieurs séquences rythmées, malgré l'idiotie du script concernant le mystérieux tueur). Mais quand il s'agit de présenter les personnages, difficile de sortir des clichés tout en jouant le suspense. Ce dernier fait encore une fois défaut dans une grande majorité du film, mais le quotas d'action se révèle plus ambitieux. Entre la course poursuite en ski, l'attaque du centre de stockage militaire et l'intervention dans le pipe line, le développement se suit assez bien, ouvrant sur un final plutôt ambitieux qui lui, offre un peu de spectacle. Inattendue et plutôt bien gérée, la conclusion rehausse le niveau, assez pour rendre le film tolérable. Surement que les clichés rebuteront toujours les cinéphiles puritains, mais Le monde ne suffit pas est loin d'être le four qu'on nous décrit souvent. Qu'on se rassure, sa suite se chargera d'enterrer définitivement Pierce.

1999
de Michael Apted
avec Pierce Brosnan, Sophie Marceau

James Bond : Pierce Brosnan

Meurs un autre jour (2002) : Dernière contribution du Pierce, et on remercie grandement les producteurs de s'être arrêté là. S'enfonçant dans les abîmes du ridicule dès l'introduction (l'arrivée en surf sur les plages de Corée du Nord aussi furtive qu'une fanfare de quartier), ce James Bond se caractérise par la réalisation peu inspirée de Lee Tamahori, qui parce qu'il est asiatique, pompe le style de John Woo, mais une fois qu'il s'est importé sur le sol américain. Si la course poursuite en aéroglisseur est plutôt bien retranscrite, le générique est un supplice chinois. Quelques belles images (et surtout une cohérence dans ce qu'il représente, une première) sur une musique dégueulasse, sorte de techno pop immonde qui ruine toute tentative d'espoir. Avec une caractérisation du méchant parfaitement ridicule (le combat à l'épée qui n'en finit plus), le film se plante totalement avec sa surenchère technologique qui fait de James Bond un assisté (voiture cheatée, batterie de gadgets étalée plus que de raison...), et surtout de la surenchère numérique qui a totalement enlaidi le film. Il suffit de regarder les séquences d'explosion (comme la finale de l'avion, l'interminable poursuite avec le rayon de soleil...) pour que la laideur des CGI saute aux yeux et discrédite déjà ce style expédié, qui affadit considérablement sa mise en se reposant énormément sur la post production pour suggérer l'ampleur qui n'apparaît jamais sur le plateau. Soit, on est d'accord, le palais des glaces qui fond, c'était marrant. Mais qu'est-ce que ça en devient moche quand on a droit à un combat entre bagnoles tourné comme un fast and furious du pauvre ! Inutile de dire que la portée sentimentale est totalement inexistante, et pourtant, le film la joue à plusieurs reprises, histoire de faire avancer le script. Mais rien n'y fait, la fadeur du programme et sa totale absence de style personnel tue toutes les tentatives de sérieux. Alors on ricane quand les filles s'arrachent leur vêtements pour le combat final, mais on ne sera pas dupe. C'est la décadence des années 2000 façon Charlie et ses drôles de dames, et les tendances étant ce qu'elles sont, normal qu'on essaye de nous faire manger la même soupe. Heureusement, Bourne arrive peu de temps plus tard, et le sérieux premier degré marche si bien que James, lui aussi, devra faire peau neuve et se conformer au gabarit Jason Bourne, accouchant d'un Casino royal remontant d'office dans les cimes de la saga.

2002
de Lee Tamahori
avec Pierce Brosnan, Halle Berry

James Bond : Pierce Brosnan

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commentaires

nicos31 15/04/2015 09:26

Malheureusement pour Pierce Brosnan il ne bénéficia pas des meilleurs condition dans ses james bond et pourtant il avait tous ce qu'il fallait pour bien incarner le personnage. A part Goldeney il est vrai que les trois suivants allait être la dégringolade même si je trouve que c'est avec "Le monde ne suffit pas" que Brosnan fut le plus mal loti.

2flicsamiami 09/04/2015 19:01

Beaucoup d'affection pour Goldeneye grâce (ou à cause) de son adaptation virtuelle sur le 64 bits de Nintendo, aussi parce que je suis grand amateur de la partition électronique et rafraichissante d'Eric Serra (et parce que le film pète bien sa maman). Concernant Demain Ne Meurt Jamais, je trouve qu'il n'est pas si mauvais que cela en comparaison de ses deux suites, même si, en effet, c'est un peu tiré par les poils du torse de Brosnan (même si, dans l'absolu, la megalomanie des networks d'information n'est pas totalement improbable). Après, on s'enfonce dans la médiocrité, et je dois reconnaitre que Meurs Un Autre Jour, dont je me suis gargarisé de ses incroyables scènes d'action étant adolescent, est un beau navet.

Pierce Brosnan faisait un parfait James Bond, mais n'a pas eu les films que son charisme méritait.

borat8 28/03/2015 20:51

Les films étaient mauvais en dehors de GoldenEye mais Pierce Brosnan assurait. GoldenEye est efficace mais a plusieurs défauts à l'image de la James bond girl fade, le sidekick du méchant campé par Alan Cumming que tu es bien content de voir mort, le placement Perrier délirant et la musique d'Eric Serra soulante. Reste le générique sonnant la fin d'une ère (et puis Tina Turner) et Sean Bean.
Demain ne meurt jamais tombe en revanche dans le script balourd et notamment avec ses méchants ridicules (Jonathan Pryce qui fait du kung fu berk!). Michelle Yeoh fait ce qu'elle peut pour sauver les molles scènes d'action. Seul le passage à moto est vraiment de qualité.
Le monde ne suffit pas commence bien malgré un beau faux raccord. Puis générique de Garbage. Puis Sophie Marceau. Puis Robert Carlyle monolithique. Puis Denise Richards. Fuck yeeah! Le pire des 4 car le scénar va vraiment dans le nawak total.
Meurs un autre jour se suit correctement mais trop racoleur. Ça tape à l'oeil, bourré de cgi douteux, rebondissements à la bon, Toby Stephens ridicule.

Vince12 28/03/2015 14:46

Tout comme Tina, je pense que Brosnan avait la classe et le panache pour être James Bond. cependant les films ne sont pas terribles en eux mêmes.

titi70 28/03/2015 14:15

Je n'ai vu que Goldeneye et j'ai le souvenir d'avoir bien rit devant ce nanar, rien que la scène ou Brosnan fonce avec un char en se faisant tirer dessus de partout et que son brushing reste impeccable, quel poilade.

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