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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 19:01

http://sortie-cine.fr/affiche/affiche-du-film-17-ans-encore

 

Les habitués du blog savent combien j’apprécie les films tournés en mode Disney Channel, à savoir des endives aux cheveux laqués métrosexuels qui flirtent gentiment entre eux en donnant des leçons de morale au public. Des Jonas Brothers (Camp Rock) à Tisdale (High School Musical 2, Sharpay’s fabulous adventure), je bouffe régulièrement des heures de bobines avec un plaisir masochiste, sombrant probablement dans la folie quand on constate quelle mécanique étriquée régit le monde des héros de Disney. Mais Disney n’est hélas plus le seul à produire des navets de ce calibre. La twin m’a récemment impressionné avec le puant Percy Jackson, et c’est maintenant au tour de la New Line de m’épater avec 17 ans encore, un produit gluant qui m’a éclaboussé de sa guimauve tiède comme rarement un film avait su le faire.

L’histoire : Mike O’Donnel est un jeune homme physiquement parfait, intelligent et sportif (le basket lui permettrait de s’inscrire dans une université prestigieuse, encore un fonctionnement américain que j’ai du mal à interpréter), qui a pour petite amie la plus belle fille du lycée. Il est ami avec un môme de 10 ans de moins que lui qui joue aux jeux de rôles. Mais avant le match qui va décider de la suite de sa vie, sa petite copine lui annonce qu’elle est enceinte.

 

http://media.zoom-cinema.fr/photos/7073/-zac-efron.jpg

 

Attention, objet dégoulinant en vue ! 17 ans encore, c’est une belle tranche de Zac Effron balancée à la gueule du spectateur. Le pire étant que le film semble avoir une réputation de comédie correcte, probablement parce que ceux qui l’ont vu pensaient à autre chose pendant la projection. C’est simple, le film est insupportable dès ses 5 premières minutes. Faisant de nombreux ralentis sur les pectoraux suants de Zac Effron en maillot de sport, le spectateur masculin se sent un peu exclu du spectacle (à moins qu’on apprécie les jeunes pubères en tenue légère). Et là, le match de basket qui va lui ouvrir les portes de l’université va commencer. On a droit à un numéro de Pom-pom girl tout ce qu’il y a de plus agaçant, puis d’un coup, on ne sait pas pourquoi, Zac Effron se met à danser avec elles pour faire le beau devant tout le public qui l’acclame, notamment un obèse déguisé en indien qui se met lui aussi à danser. On délaisse rapidement la comédie musicale pour s’attarder sur une conversation entre Zac et sa copine. Et ce qu’elle lui dit lui retourne la tête pendant tout le match qui suit (il faut dire que son hésitation ne l’handicape pas beaucoup, les joueurs autour de lui faisant de la figuration, agitant les bras pendant 10 secondes devant lui avant de se pousser du cadre parce qu’ils gênent dans le plan. Puis Zac abandonne le match pour aller rejoindre la femme de sa vie. 20 ans plus tard, il a tout raté. Il a divorcé, se fait tenir la chandelle par son pote qui a prit trente ans, mais qui est rester au même stade mental. Il est devenu un geek de 30 ans, relou comme pas possible tant le cliché agace. Zac adulte (Matthew Perry – J’ai faim depuis que Friends est bouclé) bosse dans un cabinet de production de viagra (encore de la sexualité ! La thématique du film est là). Et vu qu’il est le seul garçon du staff avec le boss, il ne reçoit jamais de promotion (son tour de poitrine ne convenant pas). S’ensuit une enguelade nanarde avec son patron, suivi d’une séance dans l’ascenseur où on constate que des femmes de 30 ans sont des gamines de 10 ans dans un corps adulte (ces caractères de chipie sont à baffer). Puis après une journée de merde complète (son épouse passe ses affaires au broyeur avant qu’une de ses copines n’arrive pour proposer des mecs à sa femme), notre Mike voit un vortex depuis un pont et tombe dedans. Il se réveille alors avec le corps de Zac Effron. Stupeur ! S’ensuit une scène de baston à base d’armes moyenâgeuses non-sensique où on essaye de nous faire rire parce que le geek de service ne reconnaît pas Mike jeune. Je suppose que vous aussi, vous cherchez à tuer des individus inoffensif à l’épée quand vous ne les connaissez pas. Puis ils passent au sabre laser avec un tel anachronisme que la scène en devient pathétique. Puis le film s’accélère, notre Zac retourne à la fac relooké comme un fan de hard rock tendance endive délavée, et se fait inscrire comme élève pendant que son pote drague lourdement la directrice de l’école. Et quand je dis lourdement, le mot est faible. Chacune de ses tentative semble être un suicide authentique, mais vous pouvez être sûr que la directrice va finir dans son lit avec des prothèses d’oreilles pointues (mais baiser une elfe, ça doit être le fantasme de tous les geeks, qui doivent vouloir s’envoyer en l’air avec toutes les créatures magiques de leur univers). Mike, qui ne voyait pas ses enfants en dehors des sorties autorisées par le juge et qui avait un comportement ultra pas mature avec eux, peut alors les voir évoluer dans leur quotidien. On notera au passage sa transformation vestimentaire, qui passe du gothique soft au look Ray ban aviateur, sorte de sosie du Tom Cruise de Top Gun avec la veste en cuir et la Porsch carrera qui va avec (sans qu’on sache vraiment d’où elle vienne, d’ailleurs). Et là, il constate que sa fille sorte avec le beau sportif con de l’école, et que ce dernier martyrise son fils. Pas content, le Zac. Alors il se lance dans une attaque morale confondante de connerie, qu’il essaye de bâtir comme une argumentation naveteuse de premier ordre : 1) t’es une fiotte, 2) t’es un con, et 3) petite bite ! Bravo Zac, tu l’as ridiculisé, le problème, c’est que tous ces arguments s’appliquent aussi à toi, vu que tu étais exactement comme lui à son âge. Mais la morale n’est pas encore donnée. On a bientôt le cours d’éducation sexuelle, où notre Zac prône l’abstinence avec une telle foi en cette méthode qu’on a du mal à comprendre pourquoi il ne dit pas qu’il est catho tradi. Il est tellement convaincu de la méthode qu’il appelle tous les élèves à ne pas prendre de préservatifs, parce qu’on fait l’amour uniquement pour avoir des enfants (donc, l’avortement est hors de propos !), pour sentir cette petite vie qui gigote dans ses entrailles (montée des violons pendant que les filles pleurent en écoutant ce discours). Et finalement, les filles dégoûtées remettent toutes les capotes dans le panier de distribution, qui atterrit sur la table du méchant sportif. Sa dernière intervention est à ce titre un régal, ce dernier lançant un « Super, ça en fait plus pour moi ! » en remplissant son cartable, avant d’ajouter « Juste assez pour le week end » en embrassant la fille de Zac. Ce dernier lance alors une bagarre… mais il a le dessous et se fait rétamer. Au passage, on apprends que le blond sportif méchant a fait de la prison. Au final, on voit vite où la morale veut en venir. Le blond est médiocre, il risque de ne pas avoir d’avenir brillant, alors il faut le plaquer et le laisser dans sa merde parce que c’est un cliché, alors que Zac Effron a tout compris à la vie, lui qui a réussi à finir au fond du trou à 35 ans. Les spectateurs se prennent donc leçon sur leçon, le mépris constant instillé par le film à l’égard des échecs étant finalement assez vomitifs, les héros étant eux même des loosers, mais héroïques. Voilà comment ça fonctionne dans ces films, il suffit que la caméra s’intéresse à vous pour que votre vision du monde s’impose comme une vérité dogmatique applicable dans l’instant. Depuis Sharpay’s fabulous adventure, je n’avais pas vu de telles conneries affichées en grand par un film. Chapeau, je crois que Zac Effron vient de gagner ses galons de naveteur de premier ordre !

 

-20/6 mais un 19/20 naveteux.

 

2009
de Burr Steers
avec Zac Efron, Matthew Perry

 

http://media.zoom-cinema.fr/photos/7073/zac-efron-et-le-ballon-de-basket-ball.jpg

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Published by voracinephile - dans Navet (prétentieux)
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commentaires

alice in oliver 04/04/2012 00:13

merci, c'est vraiment très sympa !

voracinephile 04/04/2012 16:39



^^ à très bientôt sur Naveton !



alice in oliver 29/03/2012 14:04

il va peut-être falloir que je révise la portée de mon blog, tellement médiocre qu'il finit par emporter certains esprits amateurs de nanardises

voracinephile 31/03/2012 19:41



^^ Tu tiens avec tes nanars un public fidèle !! Inutile de changer ton menu pour moi, je suis déjà carrément satisfait !



alice in oliver 28/03/2012 08:29

grosse purgeasse qui a non seulement la couleur mais également l'odeur

voracinephile 29/03/2012 11:59



^^ Merci encore à l'article sur naveton, qui m'a carrément motivé pour me visionner la purge. Ah, c'était du lourd !



Ze Ring 28/03/2012 00:51

C'est très très mauvais... Mais je dois bien avouer avoir été pris d'un fou rire complètement inattendu lorsque son pote se met a causer elfe. Y a quand même deux trois gags marrants dans ce petit
film de merde ^^

voracinephile 29/03/2012 11:47



N'est-ce pas ?^^ Moi qui suis accro à ce type de navet, j'ai été royalement servi ! Enormément de vannes miteuses, de la bonne morale à foison. C'est vrai que son pote cause elfe à un moment !
Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour attirer les geeks dans les salles ! Doit y avoir un gag ou deux sympas (surement, tout ne peut pas être mauvais) mais pour le souvenir que je vais en
garder...



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