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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 19:19

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On connaît le style Dupontel quand ce dernier passe aussi derrière la caméra. Affectionnant la comédie un brin absurde avec une petite portée sociale gentiment de gauche (Enfermés dehors, le culte Bernie, le mineur Le vilain…), il a toujours conservé un certain style en marge des canons habituels, préférant l’humour cartoonesque à celui d’un Chabat (qu’on peut également appeler « humour canal + »). Avec 9 mois fermes, il revient plutôt en forme avec des airs de sales gosses pour venir égratigner le marbre des palais de justice, avec des personnages toujours aussi décapants.

L’histoire : une jeune juge aux mœurs détestant la famille et ne vivant que pour son travail découvre qu’elle est enceinte. En effectuant un test de paternité, elle découvre que le père est un criminel actuellement sous les verrous pour une affaire particulièrement sordide.

 

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Dupontel le sale gosse revient avec une comédie plutôt engagée ici, puisqu’il s’agit d’une parodie judiciaire plutôt bien menée, et surtout avec des personnages intéressants. L’héroïne et sa vision de la vie effrayante mais complètement logique vue sous l’angle de son travail (« La famille est une tragédie écrite par les parents et jouée par les enfants. » Chaud…), est une femme indépendante qui méprise totalement les hommes et qui voit chaque nouvelle année comme un nouvel arrivage de dossiers et de délits en tout genre. C’est alors que l’improbable se produit, dans une ellipse digne d’un very bad trip (aïe), mais aux conséquences scandaleusement amusantes. En effet, 6 mois après le nouvel an fêté au Barreau (avec la statue de la justice salement défigurée pour l’occasion), elle découvre qu’elle est enceinte, et qu’elle a dépassé le délai légal d’avortement. Il s’agit donc de retrouver le père, campé par un Dupontel avec une vraie figure de tolard et dont le passé criminel laisse notre petite juge complètement anéantie. Si l’histoire est pleine de bons sentiments et que nos personnages finissent par se rapprocher (en fait, au cours d’une phase de détention où Dupontel, en cavale, séquestre chez elle notre juge et son moutard), le film aborde tout un tas de phénomènes en lien avec la justice (en les caricaturant avec insistance et précision). Notre juge, pour garder à disposition le père hypothétique, lui colle 3 affaires non élucidées sur le dos, le juge chargé de défendre Dupontel est un incompétent notoire alors que celui de l’accusation ne va pas chercher plus loin que les éléments qu’on lui apporte (en plus d’être un connard fini), l’acharnement médiatique dont est victime le personnage de Dupontel alors que son procès est toujours en attente… C’est indéniablement sur ce genre de « petites touches » que 9 mois plus tard marque des points et se façonne un agréable capital sympathie. En plus de ses protagonistes principaux plutôt intéressants car authentiques et toujours attachants dans les situations absurdes qu’ils traversent. Dupontel étant un sale gosse, il ne peut également s’empêcher de tenter des gags qui rayent la peinture, comme les explications gores du fait divers dont est à tort accusé Dupontel (une reconstitution des faits absurde où le vieux s’automutilerait avant de lui faire porter le chapeau) ou une juge mimant une fellation en pleine séance de tribunal. Un peu de provoc facile, mais si inhabituelle pour une comédie française qu’on se prend au jeu, et qui finalement hisse 9 mois plus tard au dessus de bon nombre de comédies françaises. Un succès gentiment mérité.

 

4,5/6


2012
de Albert Dupontel
avec Sandrine Kiberlain, Albert Dupontel

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commentaires

borat8 23/10/2013 23:16

C'est surtout le begaiement pas possible qui est jubilatoire. Cela me fait penser à un gag des Guignols entre PPD, Jacques Santini et Fabien Barthez. Le présentateur et le gardien de but devaient
trouver la fin de la phrase de Santini qui mettait trois jours à dire une phrase. On en est pas loin du tout dans le Dupontel. Clairement je veux bien voir des comédies de la trempe de celles de
Dupontel.

borat8 23/10/2013 21:52

Avec Dupontel à la réal, on se dit tout de suite que cela va être d'un niveau au dessus de la normale. C'est même son meilleur film depuis Bernie. Un vrai bonheur à la Tex Avery qui est d'une
rigolade assurée et le casting est génial. J'adore particulièrement Nicolas Marié et son foutu bégaiement devant Dupontel.

voracinephile 23/10/2013 22:01



Oh oui, qu'est-ce qu'il m'a fait rire avec ses arguments à la con pendant le procès final... Vraiment, Dupontel a bien réussi question comédie, fort probable que je l'achète à sa sortie. Il m'a
un peu rassuré sur la qualité de nos production, on manque simplement de gens de sa trempe...



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