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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 10:24

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Avec A serious man, les frères Cohen s’adonnent à un genre qu’ils maîtrisent parfaitement : la comédie dramatique. Prenant pour contexte une communauté juive et dépeignant merveilleusement les enjeux d’une vie qui bascule peu à peu vers une totale absence de contrôle, A Serious Man est un condensé du style des frères Cohen, avec cet humour plus amer qu’acide qui, ici, m’a fait jubiler sans me faire rire. Une nouvelle dimension  humoristique à lui tout seul, loin de l’absurde d’un Fargo ou du suspense d’un No Country for old man.

L’histoire : Larry, professeur mathématique juif d’une quarantaine d’année, voit sa vie partir petit à petit en cacahouète, alors qu’il n’a jamais rien fait, et que c’est ce que tout le monde lui reproche.

 

a-serious-man1.jpg

 

Pas de doute, on tient là l’un des films les plus représentatifs de l’esprit Cohen, dans la mesure où il parvient à rendre chacun de ses moments comiques dramatiques. Mais quand on vous dit dramatique, c’est qu’il y a vraiment une notion de pathétique qui s’insère dans le récit, le personnage principal se faisant sempiternellement marcher sur les pieds. Après une intro what the fuck comme il se doit, on se lance dans la triste vie de Larry, qui commence déjà avec sa femme qui lui demande le divorce du jour au lendemain. La nouvelle tombe comme une tuile, mais elle ne surprend pas, vu la mollesse du personnage (c’est vraiment une sorte de monsieur tout le monde). Sans cesse, le film rajoute des couches, augmentant les problèmes de notre bonhomme au-delà de l’humainement supportable. Mais il le supporte en se promettant d’aller voir le rabbin pour lui demander conseil. Le caractère idolâtre des rabbins est d’autant plus un régal qu’ils deviennent en quelque sorte des sorciers des temps modernes, illustrant une sorte de « superstition moderne » où tout irait mieux d’un coup de Thora et d’une bonne petite parole. Aussi, les séquences avec les rabbins, démesurément sacralisées, sont des merveilles d’humour absurde tellement nos guides spirituels noient le poisson, avec des anecdotes tellement absurdes qu’elles cernent à elles seules l’incapacité de l’être humain à aider son prochain comme il le souhaiterait. En fait, la rébellion, le film ne la cherchera qu’une dizaine de minutes dernière un ouinje, ce qui contribue assez bien à l’optique frustrante du film (impossible de se diriger, alors se laisser dériver…). Je retiens pour ma part l’hilarant épisode de l’enveloppe passée sous le bureau par un chinois, épisode d’autant plus drôle qu’il nous emmène dans une direction insoupçonnée et politiquement très incorrecte. Et comme c’est un fait qui touche le milieu étudiant, j’apprécie, en cette belle période de ma vie… Au risque de me répéter, le sel de cette comédie vient donc de cet humour toujours aux dépends de notre personnage principal, qui regarde sa vie fuir entre ses doigts sans pouvoir la retenir…Excellente copie.

 

5/6

 

2009
de Joel Coen, Ethan Coen
avec Michael Stuhlbarg, Sari Lennick

 

http://1.bp.blogspot.com/_Rt2WhktEtJA/SwrbQzyZuRI/AAAAAAAAEx4/uhuqLY9RrMw/s1600/A_Serious_Man.JPG.jpeg

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commentaires

princécranoir 14/03/2013 13:04

J'ai également adoré l'humour hermétique de ce "serious man" et je ne suis pas loin de partager l'avis de ton prof de ciné (même s'il est difficile de trancher parmi les meilleurs Coen). Pour
l'anecdote, j'adore la mention à la toute fin du générique qui dit qu'aucun juif n'a été maltraité pendant le tournage.

voracinephile 14/03/2013 14:09



^^ Ah, un partisan du style Cohen ! Excellente anecdote en effet, je l'ai moi aussi remarquée pendant que j'écoutais la musique du générique. Un ultime trait d'humour, et un excellent film
(impossible de trancher entre comédie ou drame).



Vince12 13/03/2013 18:31

Oui déjà je ne placerai pas un Fargo ou un No country dans un top 5 malgré le fait que j'adore ces deux films.

voracinephile 14/03/2013 09:42



Moi non plus. Si je reconnaît aux Cohen d'avoir trouvé un style qui leur est propre, et qui fait des merveilles (on est autant dans la comédie que dans le drame), il faut être partisan pour
adorer, sinon, bon film, mais qui ne marque pas vraiment. En dehors de la sensation de liberté que m'avait procuré No country for old man, je ne me souviens plus de la moitié de l'histoire...



Vince12 13/03/2013 14:19

Tiens je connais pas du tout ce cru des deux frangins

voracinephile 13/03/2013 18:29



Mon prof de cinoche le classe dans son top 5... Perso, je suis très loin de cet avis, mais c'est probablement l'un des meilleurs des frères Cohen, en tout cas un de ceux où leur style est le plus
exprimé.



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