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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 22:11

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Avec Aramaki, on sait un peu à quoi s'attendre. Ayant enchaîné les productions animées japonaises en poussant toujours plus loin son perfectionnement technique (on lui doit la série des Appleseed, qui marque déjà son appauvrissement scénaristique du premier au second volet), il a récemment accouché du revival inattendu Starship Troopers Invasion, en trahissant l'esprit de la saga originale pour livrer un space opéra aux morceaux de bravoures dantesques, reliés par un scénario proche du ridicule. On pouvait donc avoir quelques craintes. Mais Albator, c'est un esprit ! Il doit y avoir encore des fans dispersés dans le monde, des gens pour y croire, et pour faire gaffe à ce que le film ne se chie pas... Résultat des courses : dans la tendance.

L'histoire : après avoir épuisé les ressources potentielles de l'univers, 500 milliards d'êtres humains tentent de revenir sur Terre. Cette situation crée une guerre interminable, jusqu'à ce qu'un force armée nommée GAIA s'approprie la planète et en interdise l'accès à quiconque. Après une éprouvante bataille pour la reconquérir, un pirate de l'espace nommé Albator fait son apparition et jure d'entraîner la chute de GAIA...

 

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Ah que c'est bon d'être un pirate de l'espace ! Autant dire que l'esprit d'Albator, flibustier du firmament, a de quoi séduire le spectateur et nous rappeler nos rêves d'abordages à l'ampleur de cargo spatiaux entiers ! Je le précise tout de suite : je ne connais rien du matériau original, ni ne me suis documenté sur le sujet. En temps que tel, ce film est une véritable révolution technique. C'est, avec Les Chroniques de Riddick, le seul à faire prendre corps à un univers pareil, et ici, l'ampleur des effets spéciaux le place largement au dessus de son concurrent d'un point de vue technique. Eblouissant d'un bout à l'autre, chaque séquence spatiale se révèle être un bonheur pour la rétine, et forcé l'on est de constater que la 3D a été pensée en conséquence. On n'a pas vu de guerre spatiale plus impressionnantes depuis le 3ème épisode de Star Wars. De quoi se gaver la rétine jusqu'à plus soif. En soit, le film n'a pas volé l'appréciation de Cameron. Il l'endosse d'ailleurs avec une gênante facilité, car les défauts qu'un tel juge implique sont aussi présents. Encore davantage que Gravity, Albator est un gouffre scénaristique bourré de problèmes qui agace régulièrement le spectateur un temps soit peu exigent. L'adage voulant que l'accomplissement technique passe par un renoncement total d'ambitions de cohérence est hélas confirmé par Albator, au delà même du divertissement.

 

medium-127280.png

 

Dans l'optique de suivre l'histoire d'un corsaire de l'espace, on voulait deux choses : un esprit de piraterie et des scènes d'action dantesques avec de l'abordage. C'est tout ! Pour l'esprit pirate, ça commence bien dans les 10 premières minutes (le coup de la planche, où les pirates laissent les candidats dire un mot pour appuyer leur demande, et où les honneurs et l'argent se font exécuter. Et que répond notre héros ? La liberté ! Et on le sauve pour une connerie pareille) et ça retombe comme un soufflet aussi sec. La liberté, mais quelle connerie dans un pareil contexte ! Fallait répondre "le capitaine !" et là on était bon, mais non. Et après une éblouissante scène d'abordage de vaisseau ennemi (conclue en 3 minutes une fois l'attaque finie), on lance le scénario : on dépose des bombes à neutrons dans différents points de l'univers pour faire bugguer le temps et revenir en arrière... Hu ? Mais c'est quoi ce plan de merde ? Bon, allez, pas grave ! Au moins on va voyager dans l'univers. Une séquence nichon numérique et fesse numérique, check ! Une blonde avec armure bonnet D qui porte des combinaisons spatiales moulant son string plus tard, l'histoire n'a pas beaucoup avancée. Et alors que la bataille finale s'annonce, les failles apparaissent. L'incapacité totale du scénario à insuffler la moindre émotion quelque soit le personnage en question (le passé d'Albator... miné par la bêtise de ses décisions et l'absence totale de spontanéité de ses réactions, le héros girouette qui ne semble pas avoir la moindre conviction et qui change sans arrêt d'avis), la lourdeur des symboles (bon sang, cette fleur à la con...), les incohérences multiples (les gardes de GAIA voient un garde qui va droit vers les cellules des prisonniers sans répondre à leurs injonctions et se disent juste qu'il est bizarre), le film prend le vide de toutes parts, et jamais ne semble vouloir changer son cap. En fait, il y a tellement d'incohérences (le flash back donnant des infos sur le héros et sa famille, d'une débilité sans fond (des ampoules qui explosent tout un building...)) qu'à moins de renoncer à réfléchir, le film décevra continuellement. Jusqu'au final d'une connerie abyssale, emmerdant la logique jusqu'au bout pour tenter d'emporter le morceau sur le tard avec un esprit pirate mort il y a plus d'une heure déjà. Au vu de la perfection technique de l'ensemble, le résultat n'en est que plus frustrant, et le bilan si désespérément évident, qu'Albator déçoit les maigres attentes qu'on avait placé en lui. Merde, Aramaki, quand vas-tu enfin t'acheter un scénariste compétent ?

 

1,7/6


2013
de Shinji Aramaki
avec Shun Oguri, Haruma Miura

 

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commentaires

Jerome 13/04/2017 22:30

Ayant visionné le dessin animé, j’avais hâte de découvrir le film d’animation. Néanmoins, j’étais un peu déçu après l’avoir vu. Malgré les images époustouflantes, je trouve qu’il manquait beaucoup de détails clés dans le scénario.

Xelloss 29/01/2014 10:27

Je comprends pour le Rock Jap'...
Etrange cependant, je trouve que les musiques d'Appleseed (1er) sont justes et bien trouvées

Bon, mon jugement ne doit pas valoir un cachou vu que je suis ultrafan de FLCL et du groupe The Pillows XD
Pour ce qui ne connaissent pas FLCL, l'épisode 1 vous donnera une bonne idée de ce que la drogue peut faire XD
=> je ne sais pas ce qu'ils ont pris mais j'en veux !!!

( http://www.dailymotion.com/video/xz76jr_flcl-1-fullanimes-free-fr_people ) VOSTFR, cela va de soit

Xelloss 28/01/2014 11:29

Mêm' pas en rêve, tu la gobe, la fleur !
je l'ai déjà digérée et ch[CENSURE], moi, la fleur !
J'l'ai tellement mastiqué que j'en ai vomi des arc-en-ciel
JE CH[CENSURE] SUR LES FLEURS-TROP-MIGNONNES, MOI !!!
AU CHIOTTES LA NATURE ET VIVE LE MORDOR !!!
(gniarf gniarf et compagnie)

hem hem... bon
Restons Zen XD

Question musique, celle d'Appleseed (premier du nom) est un petit orgasme auditif.
Albator m'a tellement déçu question image (faute incombe au ciné, pas à Shinji) que je n'ai même pas retenu la BO.

En fait, je n'arrivait pas à l'entendre à cause des commères qui jacquetaient à l'écran.

Que des persos parlent beaucoup, j'suis pas contre.
Et pour cause, je suis un fan de la saga Black & Mortimer... Peut être la seule bd au monde où il y à quelques dessins entre les bulles... XD
C'est dire.

Mais là...

JE CH[CENSURE] SUR LES COMMÈRES QUI...


Bon, j'vais m'faire Wall-E !
Un bon film muet, ça va ma calmer les nerfs !
(Et si ça suffit pas, je ressort Charlot du tiroir XD )

voracinephile 28/01/2014 17:59



Appleseed, premier du nom ?


Je te recommande de le revoir. Si je continue à l'estimer comme un aboutissement passionnant de SF (hélas pas toujours finement exploité), les musiques m'ont gâché chaque scène d'action, et le
remplissage est parfois très laborieux. Le rock japonais, à moins d'aimer vraiment, c'est assez crispant à la longue...


On est d'accord ! Vive le muet !



Xelloss 27/01/2014 11:45

AAaAaaaARRRrrRGGGGgg !

J'ai regardé le trailer au moment même où mes espions Bothan m'ont dit que Mr Appleseed allait nous mettre ses gros doigts bouinés sur Albator.
Yes !
Pas encore remis de la claque que m'a collé le court métrage "Le paquet" sur l'univers Halo, je me prépare en conséquence à en prendre plein la tronche dans mon fauteuil de cinéma.

Il va sans dire que gamin, je me suis farci tous les Albator et Galaxy Express 999 (en VF car les chaines pensaient que les gosses ne savaient pas lire une VOSTFr)

Et là, mis à part une brève allusion du type clin d'oeil fugace, on n'a pas grand chose à se mettre sous la dent.
ah, si... comme dans tout bon vieux animé Jap', ça cause, ça cause et ça cause même quand ça cause

hem, hem...

VOS GUEULE LES MOUETTES, LA MERE EST BAAaaaAaaaSSEUUU !! (tousse tousse)

Excusez-moi...

Nom de Zeus, que ça papote dans ce long métrage...
Aramaki, reprend ton Bluray d'Appleseed (le premier, hein... l'autre ne mérite pas de vivre) et regarde ce qu'est un bon scénar.

Pèle mèle, les deux trucs qui m'ont gavé :
Pour commencer, la même chose que Voracinéphile concernant le ... euh... scénario... et l'image sombre, mais ça, on le verra par la suite.

Pourtant, je ne suis pas difficile et quand un film vous met une tarte visuelle, je pardonne le scénario.
La preuve, je suis un tout petit (sic) fan d'Avatar et Pacific Rim pour ne citer qu'eux.
Mais là...

Bon, heureusement que mes yeux ont totalement assomé mon cerveau pendant le visionage.

C'est beau, beau et re-beau par derrière.
j'était très sceptique par la phrase de JC tronant en haut de l'affiche mais force est de reconnaitre que Mr-Chaton-Bleus est dans le vrai.
Ca claque sa mouette en pleine mere ! (ou j'en ai des expression stupides XD )

Pourtant (oui, j'aime bien ce mot) que la projection était désastreuse.
Messieurs les gens qui faites office de projectionnistes au Multiplex de Brest, un projo qui est utilisé pour afficher un film en 3D est SURLUMINE de 15 à 30% crénomdedieu !
Oui, je sais que ça bouffe le xénon et réduit sa durée de vie !
Mais descendez de votre cabine et posez vos fessiers dans un fauteuils !

Il me semble judicieux d'apporter explication quand à cet accès soudain et volontaire de colère.
Albator est un film sombre (un peu par son histoire mais pas beaucoup, faut pas pousser) du verbe sombre.
ajoutez à ça la sombritude générée par la paire de lunette que vous portez et vous obtener un film noir.

je ne suis pas une tarlouze d'Elfe et n'ai pas la nictalopie de dotation, alors, je vous dis "ZUT" :P

Et deuxièmement, quand je vais voir un film, je laisse mon aspirateur à fantôme dans mon casier au 14 North Moore Street.
Bref, une scnéance qui démarrait mal avec un ghost de l'image à faire fuir le plus téméraire des chasseurs de fantômes.
(Youpikaï, avec une image sombre et un tel dédoublement, ça va être fun...)

Ce ne fut pas trop désastreux car mis à part quelques plans "ghostés", le reste du film ne permettrait pas le ghost, donc, claque visuelle quand même !

Une chose est sûre, même si un coffret ultime avec la maquette de l'Arcadia sortait, je ne le prendrai pas et me contenterai du Bluray simple.



Shinji, pour le long métrage de Halo... emboche de Vrais scénaristes s'teuplait XD

voracinephile 28/01/2014 00:24



Je l'ai attendu, cet Albator... Je l'ai espéré tellement, j'ai tellement eu d'espoir quand j'ai appris sa sortie en salle. Mais hélas, je suis rentré dans une phase de modération des talents
d'Aramaki (compétant uniquement pour la technique, ses scénarios s'appauvrissant à chaque nouvelle tentative, et les bandes originales inaudibles des Appleseed). Et Albator souligne vraiment ce
qu'il y a de pire chez lui. Incohérences multiples, scénarios ridicules, personnages inconsistants, aucun sentiments, Albator qu'on pourrait réduire à "oups, j'ai cassé la Terre."...


Malgré la claque visuelle, ma séance a été complètement gâchée par ces impairs. L'incompétance scénaristique d'Aramaki devient trop évidente, ça finit vraiment par lasser. Il réussit même à
foirer l'euphorie de la plus grande bataille spatiale jamais vue depuis Star Wars épisode III ! Et je ne parle pas de la fleur à la con... Gnaaaaaaaa ! Mais je la déracine ta saloperie à pétales
! Je la mange !


Un retour bien piteux, heureusement que les décors suivent. Je l'achèterai aussi, mais j'attendrai carrément les soldes...



Kapalsky 12/01/2014 11:01

Cas classique de la forme qui prend sur le fond... En tout cas n'étant pas familier de l’œuvre d'origine je ne peux pas dire que j'aie été très décu, mais en tant que film d'Aramaki on en attendait
un chouia mieux quand même.

Et puis gros LOL lors de certaines scènes, notamment celle du passage tahiti douche au ralenti. :D

voracinephile 13/01/2014 08:49



Ah, le fameux plan nichon numérique complètement inutile, mais il fallait montrer les seins de la blonde parce qu'on est toujours un peu japonais dans le fond (le téton, oui, mais en numérique
!).


J'imagine que ma déception vient beaucoup de l'usure provoquée par Aramaki, que je suis depuis Appleseed et qui se révèle toujours incroyablement prévisible... Starship Trooper 4 en porte aussi
les stigmates.



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