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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 18:28

alice-affiche.jpg

 

 

Alice de Svankmajer est une petite rareté fantastique, une adaptation du récit de Lewis Caroll tournée à une sauce anti-spectaculaire très innovente pour l’occasion. Si Burton se lance dans le tout numérique avec son adaptation de la suite du conte (du Disney aussi fastueux que volatil), Svankmajer utilise quant à lui la technique du stopmotion pour donner vie à ses créatures, et donne au conte un visage plus proche de la réalité, et également plus cohérent avec les univers enfantins relatifs à de tels récits.

L’histoire : Alice, seule en train de jouer dans sa chambre, voit le lapin empaillé de sa commode s’enfuir. Se mettant à le poursuivre, elle explore alors son univers quotidien sous un angle complètement différent.

 

Alice-photo-5.jpg

 

Le principal atout de cette adaptation d’Alice, c’est son esthétique, qui prend à contrepied l’ensemble des œuvres qui ont été adaptées pour le cinéma jusqu’à lors… En effet, dès que l’on parle d’Alice et de son rêve merveilleux, on nous sort des décors psychédéliques, surréalistes, bourrés de couleurs, des lieux gigantesques, disproportionnés, féériques… Le film de Burton en est le plus fourni exemple, repoussant sans cesse les limites de son univers en le colorant avec tout un tas de personnages et de visions gothiques. Ici, ce n’est pas le cas. En effet, les enfants ont du mal à imaginer autre chose que ce qu’ils voient. Ce ne sont pas des concepteurs, ils ne font au maximum que détourner des choses qu’ils ont vue et s’en servent pour se façonner un univers (d’où l’importance d’enrichir au maximum leur culture pendant leurs jeunes années, avec la lecture, des films bien sélectionnés et peut être quelques voyages). Et cette version d’Alice se déroule essentiellement dans des lieux communs. Il n’y a rien de surréaliste, de réellement onirique là dedans. Tout n’est qu’objet du quotidien détourné, animé, qui vient alors remplacer les différents éléments du conte de Lewis Caroll. La chenille devient une colonie de chaussettes qui se cachent dans les trous du plancher, la reine de cœur provient d’un jeu de carte commun, comme tous ses sujets, le lapin est un cadavre empaillé qui ne cesse de répandre de la sciure de bois partout où il passe… Si le Alice de Svankmajer est inscrit sous l’appellation de film pour enfant, les multiples symboles qu’il utilise renvoient davantage à l’univers enfantin, et seront davantage appréciés par les adultes, qui retrouvent une multitude d’objets iconiques ayant marqué leur enfance. Feuilles mortes, encre, salle de séchage de linge… La banalité des lieux (et leur relative insalubrité) ne nuit pas à l’ensemble, au contraire, l’esthétique est bien là, et donne à l’univers d’Alice un visage plus rationnel, plus spontané que les visions sucrées et guimauves habituellement servies. Une curiosité au final très intéressante, mais anti spectaculaire (aucun dialogue (c’est Alice qui fait parler les personnages), aucune musique) et à l’onirisme réaliste en dehors des sentiers rebattus…

 

4,5/6


1988
de Jan Svankmajer
avec Kristyna Kohoutova

 

alice.jpg

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commentaires

lapin gris 04/05/2013 23:14

innovente > innovante

voracinephile 04/05/2013 23:48



Cool, un correcteur d'orthographe ^^ Merci d'avoir relevé, je vais rectifier cela.



borat8 24/04/2013 19:29

Oui un peu pareil. La même aventure mais de manière différente.

princécranoir 24/04/2013 14:50

En voilà des bons scénars de films à tourner avec toutes ces peluches Borat ! On n'est pas bien loin de l'esprit Svankmajer en vérité.
Son idée était de faire témoigner les objets à l'image, nous faire ressentir leur vécu grâce à la magie du stop-motion. ça donne en effet des choses assez étranges, parfois même assez
déstabilisantes (l'espèce de gelée de clous dans laquelle Alice met les doigts). En tous cas, une version vraiment alternative d'un conte déjà un peu tordu, écrit par un type qui ne l'était
d'ailleurs pas moins.

voracinephile 25/04/2013 07:54



Oh, pour le coup de la gelée, la naïveté de cette image enfantine m'a plu. Les adultes n'arrêtent pas de dire qu'il ne faut pas manger trop de confiture, alors, Alice imagine quelque chose de
désagréable avec la confiture et ce qu'elle connaît. J'adorais les punaises aussi quand j'étais jeune, très bel objet permettant de faire des tas de choses, cette image providentielle est
frappante.



borat8 24/04/2013 01:25

hahah! Je faisais pareil pour Barbie mais avec les cadeaux Happy meal!lol Moi j'aimais surtout les figurines, les voitures et les peluces. Une fois j'avais essayé de refaire la poursuite de Matrix
Reloaded avec mes voitures et mes figurines. C'était assez amusant mais là où j'y allais franco c'est avec les peluches où je faisais des histoires de pirates (bien avant Pirates des Caraïbes) sur
mon lit et parfois sur le sol!lol

voracinephile 24/04/2013 18:35



Oh là, nous voilà repartis en enfance ! Je ne vais as refaire tous les films que je me faisais avec mes jouets, mais j'en inventais plusieurs par jours. Je m'en souviens d'un que j'avais rejoué
chaque jour pendant une semaine afin de le filmer, et à chaque fois l'histoire changeait, il ne se passait plus la même chose, j'oubliais où j'en étais... Il y avait aussi le jeu des legos,
empiler un max de truc jusqu'à ce que ça s'effondre... La tour de Babel revisitée par les mômes de 5 ans...



borat8 23/04/2013 22:30

Petit canaillou! Tu faisais des jeux douteux hein?! Moi c'était plutôt figurines avec Star Wars!

voracinephile 23/04/2013 22:45



J'avoue, je déshabillais les poupées barbies de ma soeur pour apprendre comment c'était l'anatomie féminine. Mais j'avais de gros complexes à cause de Ken, dont l'anatomie ne me correspndait pas
du tout...



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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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