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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 19:52

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De l’avis général, voici le classement classique dans lequel apparaîssent les différents membres de la saga Alien (sans compter les Alien versus Predator) : Aliens / Alien le huitième passager / Alien 3 / Alien la résurrection. Un classement qui semble prêt à passer à la postérité tant les avis abondent dans ce sens encouragés par la popularité de Cameron qui a toujours été au top et dont l’opus donne ainsi « le ton », le juste niveau pour ce qui doit être la saga SF/Horreur la plus populaire au monde. Cependant, voici actuellement mon classement : Alien le 8ème / Alien 3 / Alien la résurrection / Aliens. Les détails suivent sans que je prétende imposer mes vues comme des faits établis (et je remercie particulièrement les articles de Videodrome/Zogarok qui m’ont apporté pas mal de pistes pour développer mes avis), en sachant que même le plus mauvais de ces 4 films demeure, de toute façon, un bon film de terreur/divertissement spatial.

 

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Alien, le huitième passager : En 1979 sort un film apparemment sans prétention, que personne ne prend vraiment au sérieux pendant la promo annonçant la sortie de la bête, tant le pitch semble classique : un vaisseau captant un appel de détresse sur une planète abandonnée réveille son équipage, qui décide alors d’aller jeter un coup d’œil. Classique en apparence, mais pas tant que ça. Si 2001 était une référence, il ne se confinait pas à l’intérieur du vaisseau spatial, nous faisant voyager sur la lune et nous offrant quelques sorties extra-véhiculaires mémorables. Ici, passé le premier acte du film qui nous fait rester quelques heures à la surface de la planète, le film est un véritable huis clos dont l’atmosphère devient de plus en plus pesante au fur et à mesure que la menace se précise (d’une créature s’attaquant apparemment à une seule personne, on en arrive à un monstre rapide, au physique étrange qu’on ne découvrira qu’au fur et à mesure des attaques (il sera dévoilé chaque fois un peu plus). Au niveau des designs, Giger réussit à donner vie à toute une partie de son univers (quand on connaît les dessins du bonhommes, on constate quand même que l’aspect sexuel a été beaucoup atténué (l’anecdote des œufs, qui devaient s’ouvrir comme des vulves, et qui finalement s’ouvriront simplement comme des fleurs), préférant lorgner vers les textures organiques torturées qui ornent beaucoup de ses créations. Cet univers étrange, graphique et somptueux (et s’intégrant parfaitement avec l’obsession de Ridley Scott pour la fumée), élargit considérablement l’univers Alien, proposant une race d’extra terrestre n’ayant rien à voir avec les Aliens (le pilote du vaisseau, qu’on espère retrouver dans le très attendu Prometheus) et soignant particulièrement les créatures qu’il nous offre (le face hugger, dont l’anatomie nous sera en partie dévoilée (pour les amateurs de maquillages, il s’agit essentiellement de fruits de mers, l’odeur était insupportable)). En termes de personnages, l’équipage est tout simplement parfait. Les deux mécanos sont les personnages cools de l’histoire (qui parviennent à rester suffisamment sérieux pour convaincre durant les scènes d’horreur), Dallas le capitaine de vaisseau est parfaitement crédible en chef d’équipe, Lambert, la scream queen du film, parvient à mettre en valeur la fragilité de son personnage (et dont à nous faire accepter ses fréquentes gueulantes), Ash l’officier médical est parfaitement ambigu jusqu’à ce que l’on dévoile sa vraie nature, quant à Ripley, qui ne vient la démarquer du lot, elle est simplement pilote. Sigourney Weaver joue ici la sobriété, et c’est bien ce qui permettra au suspense de perdurer jusque dans les dernières minutes. John Hurt, le seul acteur un peu connu de la production, est promptement sacrifié au cours d’une séquence maintenant devenue culte, mettant d’un seul coup une pression énorme sur l’équipage à présent en état de réelle menace. Cependant, par delà le simple récit de survie en milieu anxiogène et confiné, apparaîssent d’autres thèmes (la récupération du spécimen primant sur la survie de l’équipage étant le plus connu, la recherche primant ici sur les individus avec l’ordre spécial 937) ou la surveillance de l’équipage par un robot pour s’assurer de l’obéissance de ce dernier. Des thèmes à peine abordés, mais qui viennent densifier la matière qui s’agglomère autour du fil directeur simple qui happe le spectateur dans un cauchemar en pleine lumière (seule la séquence dans les conduits d’aérations joue sur les zones d’ombre). Quant à la séquence de carnage où notre héroïne décide d’abréger les souffrances des derniers membres d’équipage encore vivants, Alien le huitième passager se révèle d’une bonne efficacité, parvenant à trouver en ce moment précis un point culminant, qui vient renforcer un peu plus le caractère de Ripley, qui passe donc du rang de victime potentielle à une incarnation d’instinct de survie (elle n’hésite plus à tuer en regardant en face). En bref, Alien le huitième passager est incontestablement l’opus le plus efficace en termes de peur, qui parvient à trouver dans son cadre spatiale une ambiance dense et plutôt immersive (la science fiction reste ici très timide en termes d’explications, servant plus de contexte), le tout en s’offrant un univers graphiquement très riche (sans parler de l’incroyable dépaysement sur LV4-26, le vaisseau possède différents designs d’intérieurs qui viennent varier les ambiances (et offrir une multitude de recoins où la créature peut se tapir)). Un classique parfaitement indispensable, parvenu à transcender sa simple facture de série B en modèle ultime du genre.

 

6/6

 

1979
de Ridley Scott
avec Sigourney Weaver, Tom Skerritt

 

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Aliens, le retour : voilà un paragraphe qui va faire grincer bien des dents, puisque je considère l’opus de Cameron comme le plus faible de la saga Alien. Ce qui ne veut pas dire que je le déteste pour autant (en l’état, c’est même un très sympathique défouloir qui se lance dans de l’action-SF plutôt que de taper dans la peur). Mais les chroniques dithyrambiques fleurissant de toutes parts à son sujet, je m’attacherais surtout à l’attaquer sur ses faiblesses. En l’état, la première partie du film est plutôt réussie. Après la récupération de Ripley (en parfaite concordance avec le premier opus) et le lancement de la mission, la partie sur la découverte de Hadley Hope (la station coloniale contenant dans les 200 personnes) est remarquablement bien gérée (permettant déjà de planter un contexte horrorifique plutôt sympathique (aucun cadavre, mais des barricades défoncées, des explosifs dispersés un peu partout, des traces de lutte…). Le premier gros soucis de ce film reste ses personnages, presque caricaturaux dans leur rôle (Vasquez notamment, Apone en chef décidément très Ouh Ha). Seuls Hudson avec son cynisme et Hicks (qui parle peu) parviennent à tirer vraiment leur épingle du jeu en termes de « présence ». Rien à redire sur le synthétique Bishop qui se contente d’aider gentiment le groupe et d’étudier les aliens. Quant à Burt (le pourri du film, comme il y en a toujours un chez Cameron), il parvient de justesse à s’attirer nos foudres, même si sa fin est carrément expédiée et son action effleurant à nouveau le thème de la conservation d’échantillon sans aller plus loin. On reviendra à Ripley plus tard. Si le film était bon jusqu’à l’entrée des militaires dans le complexe terraformeur, la découverte du nid annonce déjà les tendances du film. Si la découverte des civils, le design poisseux du nid (camouflant parfaitement ses occupants) et la scène de sortie de l’embryon alien viennent mettre un peu de tension, la scène qui suit, sensée être un climax de terreur, est en partie ratée. Si le concept d’utilisation des caméras individuelles permet en effet de faire ressortir la débâcle et le sentiment de voir la menace s’abattre de tous côtés sans qu’on puisse la voir, c’est aussi parce qu’on ne voit rien. Pendant cette scène, Cameron multiplie les gros plans, les cadrages hasardeux, les actions hachées qui ne favorisent pas la lisibilité. Certes, le moment se veut anarchique, mais le montage ne rend finalement pas du tout justice à ces décors qui se mettent à grouiller d’aliens sans qu’on en voie finalement un seul (on voit des trucs commencer à bouger). Il faut attendre le retour au camion pour en voir quelques uns, et depuis, la tension est retombée. Commence alors la seconde partie, qui va essentiellement consister à attendre l’ennemi en préparant un minimum le terrain, puis en vidant les chargeurs dès que celui-ci apparaît. C’est du défoulement, l’action tenant en effet une belle part du récit. Mais cette formule continue ainsi jusqu’au retour de la navette, et devient rapidement redondante (les soldats se faisant avoir pratiquement un par un, quand ils ne se sacrifient pas en mode « on est foutu » alors qu’ils ont encore des bandoulières de munitions). Venons en maintenant à Ripley, la figure féminine du film. Ici, elle fait, de l’avis général, figure de la mère bienveillante qui va protéger Newt et devenir pour ainsi dire sa mère adoptive. Alors que la reine Alien fait figure de mère tyrannique. Bémol : je trouve que Cameron a plus le don pour citer des thématiques que pour les traiter en profondeur. Ici, Ripley devient la mère de Newt parce qu’elle est gentille avec elle, qu’elle lui donne un chocolat chaud et qu’elle vient vérifier que tout va bien quand elle dort. Soit, les instincts maternels de Ripley sont exposés de cette façon (mais à la limite, l’insistance de Ripley pour aller rechercher Newt au milieu du nid se révèle sans doute plus convaincant). Mais à aucun moment la reine ne prend une carrure de mère tyrannique. C’est tout au plus une grosse bêbête (au design joli, mais qui est véritablement la seule innovation du film avec le nombre d’Alien) qui voit l’intégralité de sa progéniture se faire griller par Ripley et qui vient réclamer vengeance. Il n’y a pas de symbolique profonde derrière l’affrontement final, juste une héroïne qui se bat avec le gros monstre dans un grand jouet (combat d’ailleurs à peine impressionnant, la reine étant à peine exploitée). Sans parler de l’issue du combat, presque nanarde pour l’accrochage à la jambe de Ripley et ressortant cette fin du premier en à peine différent (c’est juste plus gros). En l’état, l’esthétique froide de Cameron me laisse beaucoup plus froid que celle du précédent opus, ce dernier visant plus la fonctionnalité des appareils à la beauté de l’ensemble. Dégainant une puissance de feu qui tranche indéniablement avec son prédécesseur, Aliens est une suite fendarde qui tente de s’émanciper de son prédécesseur en jouant la surprise et l’actionner bourrin (plus populaire également) à l’horreur et au huis clos. Pour ma part, un cru honnête, mais des ambitions artistiques relativement peu épaisses, sacrifiées sur l’autel du divertissement maousse qui pourtant rechigne à s’assumer comme tel (sans doute envieux de l’aura de reconnaissance populaire du premier opus que rien ne prédestinait à une telle célébrité). Le moins bon, mais ce n’est pas une tâche non plus.

 

4.5/6

 

1986
de James Cameron
avec Sigourney Weaver, Michael Biehn

 

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Alien 3 : Voici certainement l’opus qui peut se vanter d’être le plus proche du premier épisode (retour de la terreur, ça fait du bien), en changeant pourtant la formule initiale. Des choix artistiques couillus, qui ont cependant entraînés pas mal de soucis pendant le tournage (inutile de revenir sur les aléas du scénario ou les obligations de conformation au cahier des charges) et qui ont déclenché des réactions très diverses à la sortie du film (Cameron, pour ne citer que lui, désapprouve totalement dès les 5 premières minutes). On sent déjà une volonté de s’émanciper des règles du prédécesseur en bousillant d’entrée de jeu tous les survivants du précédent opus à l’exception de Ripley, seule rescapée du crash de sa capsule de survie sur la planète Fiorina-6, une colonie pénitentiaire de haute sécurité où sont rassemblés de multiples criminels possédant des chromosomes double Y. Un ramassis de violeurs et de meurtriers, plus ou moins sains mentalement, qui possèdent un code barre tatoué à l’arrière du crâne. En termes d’esthétique, le film est lui aussi un peu hybride (à l’image de son alien) puisqu’il se déroule dans un immense complexe industriel, un dédale labyrinthique de couloirs couleur cuivre qui s’étendent sur des kilomètres, confinant la quasi-totalité de l’action sous terre. Un terrain propice pour un film de trouille (ou tout simplement un film de couloir réussi, qui parvient à faire stresser dans les coudes, les recoins, les conduits d’aération qui débouchent partout…) qui parvient à tirer une certaine ambiance de tous ces décors étonnants, qui donnent à nouveau une identité visuelle particulièrement présente au film en général. L’intégration d’une certaine forme de religion (bien qu’aucun nom ne soit vraiment formulé, les détenus parlant de Foi alors que Ripley prend peu à peu une forme christique (si ce n’est pas sa volonté, c’est par la force des choses) vient encore ajouter de l’atmosphère au climat ambiant (on ne parlera pas vraiment de métaphysique, le discours religieux restant très limité et n’empiétant jamais sur l’action). Pour Ripley, c’est un nouveau travail qui est fait autour du personnage, notamment dans sa relation vis-à-vis de l’Alien (les deux personnages semblent indubitablement liés au fil des films, et le lien devient ici d’autant plus viscéral que Ripley porte en elle-même le futur de la race Alien). Cependant, si elle a compris l’existence de ce lien (elle est annonciatrice d’un fléau qui s’abat sur ceux qui l’entourent, figure quasi-mythologique), elle le rejette et décide de s’en défaire. Cependant, et pas de son propre avis, elle est d’abord chargée d’éliminer le dernier représentant de la race Alien avant de se supprimer, et se faisant, de sauver le monde. Une figure du sacrifice hyper dramatisée qui vient compléter les tirades théologiques qu’on n’avait pu entendre, mais qui ne prend l’ascendant sur l’action. Ces figures viennent épaissir les personnages, mais l’action et la peur sont ici toujours délivrés (un peu lentement au départ) en suivant un chemin qui gère plutôt bien son rythme, qui ne cesse de grimper vers le climax attendu. Alien 3 est avant tout LA suite qui se confronte enfin directement à la convoitise de la Weyland Yutani pour la race alien , ces derniers lançant des ordres à propos de Ripley et montant une opération spécialement pour la récupérer, le créateur même des droïdes se déplaçant en personne. Si l’Alien incrusté dans beaucoup de plans rapides a parfois mal vieilli et que l’on relève quelques fautes de goût (le passage avec l’androïde Bishop qui demande l’euthanasie…), Alien 3 prouve qu’il est toujours possible de faire peur avec un seul Alien et qu’un réalisateur peut toujours imposer sa patte dans un univers à priori codifié par déjà deux films. Si le résultat a grandement divisé les fans, les ambitions sont là, et certaines des obsessions parviennent à faire mouche, en tout cas plus subtilement que les élans maternels de Ripley. Un sacrifice total de Sigourney Weaver, et un film nettement moins catastrophique que ce qu’on nous avait laissé entrevoir (malgré, bien sûr les difficultés précédemment évoquées). On préfère toutefois la version longue, qui si elle substitue une vache au chien hôte et élimine le jaillissement de la reine, clarifie beaucoup mieux le centre du récit (le passage avec le piège et les produits inflammables devenant beaucoup plus compréhensible). A mon avis, la meilleure suite d’Alien à ce jour.

 

5/6

 

1992
de David Fincher
avec Sigourney Weaver, Lance Henriksen

 

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Alien, la résurrection : Que les fans du 2 tempèrent leur colère en face de mon affront (assumé) de noter Alien 4 mieux qu’Aliens (l’insulte est grande, tant ce dernier opus se fait démonter sur des détails plus ou moins gros), mais m’est avis qu’on méprise bien trop injustement cet opus, encore exclu par certains de la trilogie. Déjà, en se basant sur la version longue, on constate que les ambitions du film de Jeunet sont bien loin d’égaler les ambitions (prétentions ?) de certains des opus précédents de la saga en s’assumant enfin comme une grosse série B thunée que les différents épisodes d’Alien ont toujours rechignés à être. Certes, motivée essentiellement par l’appât du gain en relançant cette saga lucrative (malgré l’échec commercial du 3), cette résurrection vient surtout pour prolonger le plaisir, nous offrir une dose de créature bigger than life bien plus satisfaisante que les précédents opus. Exemple même de la « beauferie » avec laquelle le film traite de son sujet : le générique d’ouverture de la version longue, qui s’ouvre sur la gueule dentée d’une reine… avant d’effectuer un dézoom pour s’apercevoir qu’il s’agit d’un insecte qu’un technicien écrase avant de se servir de ses entrailles comme projectile avec une paille, plan qui aboutit sur un travelling dantesque révélant la grandeur du vaisseau. Criminel de dépenser du fric pour faire un pareil « fake » ? Je dirais plutôt qu’ici, on sait au moins dans quoi on met les pieds. Je glisse en coup de vent sur le processus de clonage, formule ici complètement hors de propos (quoique, un doute persiste) qui sert vaguement de prétexte à la résurrection de Ripley et de l’Alien qu’elle porte en elle. Ici, les ambitions du film sont simple : transcender le cahier des charges en nous offrant la plus forte dose de créatures de la saga. Jamais les aliens n’ont été aussi beaux, aussi travaillés, aussi fluides dans leurs déplacement. La caméra s’attarde, les filme en pleine attaque, détaille leur anatomie. Un vrai régal pour les amoureux des créatures (vous étiez venus pour voir des aliens ou pas ?), d’autant plus que les décors sont particulièrement soignés. Sans forcément taper dans l’audace graphique, les éclairages magnifiques et le raffinement de certaines séquences (l’attaque en milieu aquatique, la loge royale…) viennent sublimer le spectacle, qui a rarement été aussi beau. Côté respect de la trilogie, le film traite constamment son sujet avec le ton décérébré et fun qu’il s’est promis de nous donner. On est dans un survival spatial, où l’on fait à peu près comme dans Alien le huitième passager, sauf qu’ici le vaisseau est beaucoup plus long à parcourir. Proposant un scénar sans une once d’intelligence et finalement efficace en termes d’action (aucun temps mort, mouvement quasi ininterrompu, fluidité et limpidité du récit, un parfait exemple du divertissement assumé), le film revendique jusqu’au son étiquette de divertissement de luxe, se fendant même de dialogues « humoristiques » qui fluidifient étonnamment bien les échanges et font mieux accepter les caractères badasses de nos compagnons de route. Plutôt que de prendre la saga de haut, Jeunet la prend par la ceinture, ce qui a le don d’agacer les fans de la mythologie de la saga (ce que je comprends, vu que j’ai fait moi-même partie de ce camp pendant plusieurs années), mais qui a le mérite de pouvoir s’autoriser beaucoup de chose dans un bestiaire horrorifique qu’on commençait un peu à connaître par cœur. En modifiant la génétique de la reine, on nous offre le New Born, une créature complètement marginale (rejetée en bloc par à peu près tous les spectateurs), qui tente d’apparaître plus complexe (le registre sentimental qui lui est prêté) que son rôle ne l’impliquait (elle sert finalement à refaire la fin du 1 (il n’y aura vraiment qu’Alien 3 qui proposera une issue différente) en mode gore, avec une fin tape-à-l’œil mais incontestablement jouissive). En termes d’effets spéciaux, ce dernier opus est un vrai catalogue de jouissance, cherchant à flatter les souvenirs du publics par de belles images et quelques choix intéressants (Ripley, ici en mode instinct animal, qui s’offre un caractère fort pour le moins inattendu et vraiment innovant), sans toutefois prétendre apporter un quelconque renouveau à la saga. Une chose qu’on continuera probablement à lui reprocher pendant encore longtemps jusqu’à ce qu’on le prenne enfin pour le produit de divertissement qu’il est.

 

4.5/6

 

1997
de Jean-Pierre Jeunet
avec Sigourney Weaver, Winona Ryder

 

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Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
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commentaires

hdef 16/09/2013 16:07

pas la même que moi non plus !!!

voracinephile 16/09/2013 20:08



Assurément ^^



hdef 14/09/2013 14:03

ça ne devait pas être des cinéphiles, alors :D

voracinephile 15/09/2013 23:29



^^ Il y a des cinéphiles de tous bois et de toutes essences... Pas la même que moi, visiblement ^^



hdef 10/09/2013 17:56

en fait semi-échec commercial...
400 M$ dans le monde et près de 2 millions d'entrées en France, pas si mal...

voracinephile 11/09/2013 20:05



En dessous des estimations je crois, il se rembourse correctement, mais on est loin d'un triomphe, et question réputation, c'est assez mitigé. Je me souviens de m'être fait hué par quelques
"cinéphiles" au rayon dvd en l'achetant dans un virgin...



hdef 09/09/2013 17:24

Le scénar, je ne l'ai pas du tout trouvé idiot, mais inabouti, oui, sur certain points (voir ma chron ici : http://www.allocine.fr/membre-Z20130605192328773766466/).
Sinon, fassbender est génial, par contre j'ai été moins convaincu par Rapace...

De toute façon, on s'attend à deux autres épisodes qui approfondiront peut-être les quelques zones de vide !

voracinephile 09/09/2013 20:04



Ah, tu confirmes la nouvelle d'un prochain opus pour compléter ? Je croyais que le semi-échec commercial de Prometheus avait ruiné les projets de suite et paralysé en partie le financement de
projets type SF horreur... Prometheus 2, je signe aussi sans hésiter.



hdef 06/09/2013 21:01

je crois qu'on est d'accord sur le III, et ça fait plaisir !
Le IV, je n'ai vraiment pas accroché, car vraiment, comme je te l'ai dit, tous les personnages sont peu recherchés, et le scénar un peu idiot, sur le fond !
PROMETHEUS est plus implicite !
Son script en forme de puzzle, avec la mort d'un ingénieur au début, puis tout une histoire d'archéologie qui se transforme en survival, avec des scènes ultra-flippantes, souvent pourtant assez
suggestives (l'accouchement, l'agression de deux chercheurs un peu idiots par une sorte de binz vert dans l'eau, la contamination et la mutation d'un des membres de l'équipe avec qui Noomi avait eu
des rapports sexuel, etc).
On se pose aussi la question du virus, de sa contamination, du fait que chacun suspecte l'autre, lorsque le spectateur sait qu'un des hommes de l'équipage est contaminé par on ne sait trop quoi, et
c'est ce putain de on ne sait trop quoi qui va entraîner le calvaire de Noomi !

Donc on a affaire à un film doublement horrible et flippant, où la contamination du virus se fait apparemment entre autres par les relations sexuelles...
Donc on peut y voir une allégorie sur le sida, très actuelle alors que tout se passe en 2094...

Bref, PROMETHEUS mérite au moins le quadruple de la note pour ALIEN IV, qu'il atomise en tant que films de SF, notamment avec cette scène où Fassbender jongle avec le système solaire, et en tant
que film d'horreur, pour les raisons que je t'ai dites !

voracinephile 07/09/2013 12:24



Tiens, tu as aimé Prometheus donc ? C'est mon cas aussi, au point de lui avoir mis 5/6 malgré ses nombreuses fautes.


Le scénar idiot ne gâche pourtant pas l'univers selon moi. Cette balade à travers tout le vaisseau permet de tout voir, et donne une liberté graphique vraiment enrichissante à cette suite
commerciale.


Concernant Prometheus, le mystère est gentiment cultivé, oui. Et j'adore l'espèce d'aura mystique qui entoure cette quête des origines. Mais il y a de sacrées fautes de goût, comme ces zombies
alien... Dans le genre foireux... Et en ce qui concerne la mutation du membre d'équipage, cette piste est complètement avortée, alors qu'il y avait matière à aller beaucoup plus loin... Cela fait
des années que j'espère que quelqu'un va avoir l'idée de faire un film avec un virus extra terrestre digne de ce nom, mais tous passent à côté. Prometheus le frôle, mais la procédure de
quarantaine est à peine esquissée. Et si la scène d'avortement est effectivement efficace, le reste du film l'est moins (la faute à pas mal de choses, des incohérences aux réécritures
maladroites). Je ne reprendrai pas tout ce qui s'est dit dessus, les nombreux comms chez naveton suffisent... Il reste dans mon estime pour les performances de ses deux acteurs principaux (Rapace
/ Fassbender) et pour son cadre éblouissant.



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