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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 08:56

http://2.bp.blogspot.com/-l_pVzxdqPaM/UJmBsbwGAYI/AAAAAAAAAJ8/ygdNAXKlmn8/s1600/Amour+h.jpg

 

Amour est le dernier film de Michael Haneke, et le drame de 2012 qui me tenait le plus à cœur niveau découverte. Fort d’une nouvelle palme au festival de Cannes (décidément, Michael a trouvé une niche propre à son talent), Amour est une peinture inattendue et bouleversante de la relation amoureuse en suivant une couple de retraités dont l’un des membres est peu à peu atteint d’une paralysie générale. Un drame intimiste d’une sobriété chère à Haneke.

L’histoire : Le quotidien d’un couple de retraité, dans Paris. Après un malaise, la femme est atteinte d’une paralysie du côté droit, qui s’étend peu à peu malgré les traitements.

 

http://s1.lemde.fr/image/2012/10/22/534x267/1779063_3_dcab_michael-haneke-emmanuelle-riva-et-jean-louis_67eb17650a4db7912e650e952e05f3f3.jpg

 

Amour est bouleversant dans le fait qu’il se livre à une peinture inattendue et psychologiquement éprouvante de cette relation. Après, c’est évidemment à la sauce Michael Haneke. Le film fait deux heures pleines, et ne triche pas avec son générique (7 minutes en cumulant début et fin), voulant se livrer à une peinture psychologique aboutie, épurée de tous les artifices cinématographiques généralement employés (aucune musique autre que celles que nos personnages écoutent, scènes longues, caméra posée). Beaucoup s’emmerderont, mais la puissance émotionnelle de l’histoire fait ressortir le jeu d’acteur éblouissant et les dilemmes trashs qui viennent avec la vieillesse. Le film commence bien, avec un couple de retraités dynamiques, qui vont à des concerts, suivent l’actualité, bref, qui s’occupent intelligemment. Si les signes annonciateurs de la maladie sont notables mais pas alarmant, la première paralysie est un petit choc qui va peut en amener beaucoup d’autres, eux beaucoup plus durs. L’amour est partout, et il est ici le vecteur non pas de l’épanouissement, mais de la prolongation de la souffrance. La malade sait que son état va continuer à se dégrader jusqu’à sa mort, et assiste chaque jour un peu plus à sa déchéance (après le côté, les membres inférieurs sont atteints avec la perte de contrôle des sphincters, puis les membres supérieurs et enfin le visage, limitant l’expression à des syllabes et paralysant aussi son cerveau). Elle réclame rapidement la mort, mais par amour pour son époux, elle tente de supporter l’humiliation quotidienne de la déchéance physique (l’assistance, supplice enduré chaque semaine). Le mari s’occupe d’elle, et veut la maintenir en vie par amour, voulant soulager la douleur sans se bercer dans les illusions de voir son état s’améliorer. La fille ne peut que constater la situation, ne proposant finalement comme solution que l’admission à l’hôpital qui amenait immédiatement au placement dans une maison de retraite médicalisée (et cette question, excellente interrogation morale sur le sens du devoir, est traitée avec aplomb, certes, mais elle est édifiante). Les principaux protagonistes du film agissent tous par amour (le personnage d’Isabelle Huppert pourrait apparaître comme égoïste, mais elle voit sa mère partir à petit feu et son père être témoin de cela, impuissant malgré toutes ses attentions. Et tout cela empire, tirant au spectateur plusieurs fois des larmes tant la justesse du propos fait mouche. Jusqu’au final attendu, ultime claque psychologique où le film prend largement le parti de son retraité, qui agit une dernière fois par amour. Sublime mise en scène (tout est criant de vérité), excellente direction d’acteur et rigueur méthodique dans l’usage du support cinématographique (cadrage classique, éclairage parfait, sentiments brillamment exposés), Amour est l’exact opposé du divertissement, et le film d’auteur dans toute sa puissance. Son minimalisme est sa grande force (une quinzaine d’acteurs à tout casser), Haneke nous livrant l’intimité de ses personnages sans retenue, dans le meilleur et le pire. Assurément l’un des films les plus puissants de cette année, même si je trouve que la palme de Cannes n’est plus tellement surprenante.

 

5.5/6

 

2012
de Michael Haneke
avec Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Riva

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commentaires

jolie russe 24/01/2013 17:59

très beau film !

voracinephile 25/01/2013 13:25



En effet, jolie russe ! Un grand cru de 2012, parfaitement dans le style Heneke. Bienvenue sur ce blog.



Vince12 01/01/2013 16:01

Pas vu mais je ne suis pas hyper fan de Haneke même si je le trouve quand même très intéressant. Notamment pour ses films comme Le Ruban Blanc, Benny's video et surtout Funny Games (original)

voracinephile 01/01/2013 20:32



Amour commence vraiment de manière chiante. C'est agaçant parce qu'on ne peut pas sérieusement le reprocher au film, car il s'agit d'une oeuvre ultra réaliste. Mais des plans auraient vraiment pu
être abrégés. En revanche, on gagne de plus en plus en intensité. Mais il aurait pu être condensé en 1h40.



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