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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 17:47

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Avec Assaut sur Wall Street, Uwe Boll se laisse un peu emporter par le courant de la bancophobie, en exploitant lui aussi le filon de la crise financière et le terrain du darwinisme social, en confrontant des traders et conseillers boursiers avec la classe moyenne aigrie qui décide de rendre les coups, mais en direct. Continuant sur la lancée d’un Rampage, il continue d’afficher une certaine admiration pour les meurtriers de masse, ici retranscrite par une proximité viscérale et un réalisme glacial qui font clairement les qualités des crus sérieux d’Uwe Boll. Ou quand l’exploitation se met au service d’une intensité payante.

L’histoire : Jim est un ancien para devenu vigile, marié et propriétaire de sa maison. Avec la crise financière, son conseiller bancaire lui apprend qu’il est en faillite. La situation ne cesse d’empirer, les économies du couple ayant été investies dans des CDO ruineux.

 

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Uwe Boll est un homme d’exploitation, il n’y a pas à en douter. Une bonne partie de sa carrière étant basée sur l’exploitation naveteuse de licence de jeux vidéos, le bonhomme a décidé depuis quelques années de lancer des projets sérieux où il part à fond dans le glauque ou le propos social, négligeant toute forme de censure (l’irregardable Postal) et allant à fond dans son propos. Ce qui est assez intéressant avec Assault on wall street, c’est qu’il garde une certaine dignité, et une pudeur assez inattendue dans l’exploitation du drame social cliché qu’il se propose d’illustrer. Les termes techniques, les échanges entre les banquiers et Jim (et entre traders également), l’approche de sa vie quotidienne, tout est fait avec un souci de réalisme et de fonctionnalité qui n’était pas vraiment gagné d’avance (même un film comme God Bless America exagère son propos social), surtout avec Uwe Boll. Il met un certain soin à équilibrer sa mise en scène, tentant de cadrer au maximum avec la réalité, histoire que l’implication soit limpide et évidente. D’où ce côté exploitation, mais qu’on a du mal à reprocher avec une approche aussi réaliste (car Uwe Boll filme la crise comme beaucoup l’ont découverte). La violence du propos social vient du harcèlement bancaire lançant sans arrêt des courriers de plus en plus menaçants, accroissant les pertes et organisant finalement la saisie immobilière, sans que la moindre manœuvre juridique puisse être amorcée (les files d’attente sont interminables et les avocats compétents onéreux), et sans que la moindre option décente soit laissée aux épargnants. Histoire de rajouter un peu de pression, la femme de Jim nécessite un traitement médical, qu’elle commence à interrompre pour laisser de la marge de manœuvre à son mari. Beaucoup de clichés qui forment un tout cohérent et efficace, bien supporté par des prestations d’acteurs tout à fait à la hauteur, et qui s’assure de l’intérêt du spectateur par le côté « pris aux tripes ». Les meurtres en masse sur les responsables de la crise et les gros bonnets des finances ayant été le fantasme de 99% de la planète au cours des dernières années, chacun peut trouver dans ce film un exutoire intense, qui finit par rendre coup pour coup et gore à l’appui dans la gueule de ces arnaqueurs en costards cravate qui ont ruiné tant de vies pour sauver leur train d’existence. Inutile de chercher une once d’empathie (à l’exception d’un encravaté père de famille, tout le monde y passe) ou de nuance avec les banquiers, le film se la joue manichéisme sur son dernier acte sanglant, où il tire dans le tas et pose les questions après. Une formule expéditive, mais dont l’efficacité et l’implication font merveille. Avec une petite sortie bien menée (et un dialogue social costaud), Assault on Wall Street se consomme comme un honnête film, suffisamment engagé pour transformer l’exploitation en efficacité et ainsi gagner une honnête réputation dans la filmographie de Uwe Boll.

 

4/6


2013
de Uwe Boll
avec Dominic Purcell, Erin Karpluk

 

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commentaires

Xelloss 17/02/2014 14:01

J'ai commencé a vraiment me sentir mal au moment où sa femme écrit le mot tout en nettoyant la maison comme si c'était un jour ordinaire.
A un moment, je pensais que c'est elle qui allait mener l'attaque pour sauver son mari (du suicide financier) vu qu'elle n'avait plus rien a perdre.
Mais à ce moment, je me suis rappelé l'affiche et comme c'était le bonhomme qui tenait la M4...
(Zut, là, pour le coup, j'aurai plutôt aimé une affiche différente sans montrer qui est armé)

Je pense que ce genre de "pétage de plomb" doit arriver plus souvent que l'on ne pense mais que la presse doit (ou est contrainte à) tourner ça en "un déséquilibré à tiré, blablabla".
Et c'est là qu'est le drame... banal, et qui passerai inaperçu si l'homme s'était "juste" suicidé.

J'irai regarder Inside job et Margin Call (dans l'ordre, je pense XD) ;)

Xelloss 16/02/2014 01:00

Nom de Zeus, ce petit bijoux devrait être visionné par toutes les personnes étudiant pour travailler dans la finance.
Sans oublier les gens déjà en poste.

Le film est poignant de réalisme et ce dans le maniement même des armes.
Quand on prend une bullette, on saigne...

Le début m'a méchamment (et le mot est faible) fait penser à la situation que l'on vit avec ma compagne face aux services sociaux qui nous éconduisent de manières tout à fait sympathiques avec de
grandes phrases aux termes pompeux... quand ces personnes ne nous raccrochent pas au nez...
(ce film est pernicieux car je ne pense pas être le seul au monde à avoir des envies de loger une bullette ou deux dans l'arrière train de ces gens à l'autre bout du fil...
Il se peut qu'il donne des idées à certains :P )

Même le final m'a laissé sur le cul.

Bref, un bon petit bijoux qui nous explique sans détour et sans artifice le joyeux monde de la finance...

voracinephile 16/02/2014 23:31



J'hésite à aimer vraiment le film. Le drame m'a touché et la façon de le mettre en scène efficace, mais le film s'appuie vraiment sur la bancophobie actuelle, un peu trop pour être honnête à mon
goût. C'est un travail bien fait et un solide film avec d'intéressantes idées (ce dialogue à la fin avec le banquier en chef est puissant, je l'admet), mais moralement, j'ai de petites
réticences. Reste en tout cas un essai tout à fait honnête, un des meilleurs crus d'Uwe Boll (je rajoute Attack on darfur et Tunnel Rats à ce joli palmarès).


Des bons films sur la bourse en revanche, je peux en citer : le documentaire Inside job (édifiant, je lui dois beaucoup dans ma compréhension du système boursier) et l'excellent Margin Call, qui
met en scène de façon très réaliste (et avec le jargon des banquiers, donc faut avoir un minimum de culture pour le comprendre) la faillite des banques et toutes les magouilles qu'elles ont lancé
pour s'en tirer en faisant couler tous les autres.



borat8 15/02/2014 00:02

Mais si voyons c'était le méchant! Qu'est-ce qu'il jouait bien dans son peignoir blanc. Je n'étonnerais pas de savoir pourquoi il est aussi blanc d'ailleurs. Il était aussi le méchant d'Expendables
et il joue même dans The human centipede 3. Quelle filmo ce Eric!

voracinephile 16/02/2014 14:06



Sans doute la consécration arrivera-t-elle avec le human centipede 3...



Zogarok 14/02/2014 19:43

Je ne sais pas où est le petit truc en plus, car après tout ce genre d'esthétique est courant, mais quelle beaufitude cette affiche !

voracinephile 14/02/2014 21:08



Ben quoi ? Dominic Purcell va arriver, baisser le pantalon des banquier et leur filer la rouste de leur vie !


Plus sérieusement, c'est ce genre de détails qui me fait dire que ce film est surtout de l'exploitation de la bancophobie (façon loup de wall street, sans le cynisme). Le film s'articule surtout
sur l'envie du spectateur de vouloir rendre les coups aux banquiers, ce que va finir par faire le héros (car il s'agit bien d'un héros, dans une posture morale complètement subjective et
manichéenne). En cela, le film est politiquement incorrect et sans doute populiste, mais j'ai trouvé le résultat indéniablement efficace.



Deuxième Séance 14/02/2014 15:37

Quoi ? Il y aurait de bon films de Uwe Boll ? [Sarcasme Inside]

Si j'ai l'occasion d'y jeter un œil, pourquoi pas ?

voracinephile 14/02/2014 21:01



Disons que pour en être arrivé à dire qu'Uwe Boll fait (parfois) des bons films, il a fallu passer par un stade de nanardise assumée en regardant la majorité de ses adaptations de jeux vidéos en
riant au maximum... Mais quand il écrit ses propres scénarios, même si ce n'est pas parfait, il y a toujours cette volonté de s'attaquer frontalement au sujet qu'il aborde...



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