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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 10:41

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Digne héritier du célèbre mais controversé Middnight express, Au nom du père fait partie de ces drames qu’un cri de révolte anime de long en large. Une longue plainte, qui implique totalement son spectateur et le plonge dans la tourmente qui malmène les individus que l’on suit. Quand ces thématiques s’entrechoquent avec un sujet aussi délicat que l’IRA et le terrorisme, le cocktail ne peut qu’être détonnant avec un réalisateur de talent. Coup de bol, c’est ici le cas.

L’histoire : Gerard Conlon, un jeune irlandais voleur à ses heures perdues, est accusé d’avoir participé aux attentats de Guilford. Lui, trois de ses compagnons et deux de ses parents sont condamnés et emprisonnés alors qu’ils clament leur innocence.

 

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Commençant son film par un portrait assez amer du climat des rues en Irlande (patrouilles militaires, jeunesse désœuvrée se mettant dans l’illégalité, cache cache entre anglais et IRA…), le réalisateur commence fort son film, avec une scène d’émeute où le peuple irlandais clame fort son désir d’indépendance. Le portrait qui nous est fait de Gérard Conlon a alors tout pour s’attirer notre sympathie (pas pourri, mais rock’n roll et en marge de la société comme de la légalité). En se mettant à dos un hippie assez roublard, il déclenche un mécanisme bien rodé, ce hippie le dénonçant comme suspect potentiel dans l’affaire des attentats. Après un procès vite expédié devant les médias, les sentences tombent, à la fois sur Gérard, ses amis et deux de ses parents. L’enfer de l’injustice peut donc commencer pour eux, ces derniers étant chargés de lourdes peines (Gérard et sont ami seront déclarés prisonniers à vie). Avec le quotidien d’une prison anglaise, le climat est plutôt tendu avec ces arrivants irlandais. Cependant, les situations iront toujours moins loin que les excès de violence auxquelles nous avons été habitué lors de représentations du milieu carcéral (le seul petit défaut du film). Ce qui va nous intéresser, l’enjeu du film, c’est la lutte. Si Gérard passe d’abord par une étape « blasé », il a bientôt le choix entre deux types de lutte. La lutte juridique, que son père défendra pendant toute sa période de captivité, ou la lutte par les hommes, à l’échelle de la prison. On suivra l’évolution du personnage, qui choisira d’abord la deuxième option, se retrouvant dans une large bande d’irlandais, parmi lesquels il rencontrera le véritable poseur de bombe. Mais les limites d’une telle lutte étant représentées lors de la scène de projection du film, on se tournera bientôt la première, la plus frustrante et la plus ardue, tant l’erreur judiciaire est énorme et tant les autorités ignorent royalement les requêtes de nos héros. Une guerre des nerfs dont la frustration frappera le spectateur à chaque plan, et qui réveilleront en lui de ces rages qui donnent envie de faire bouger les choses. Sans dévoiler l’issue du combat (pour tout spoiler, s’adresser à l’Histoire), le film prend aux tripes et nous engage dans la mêlée sans que nous y soyons particulièrement conviés. Un film qui parle, même après plus de trente ans, et qui continue d’être efficace. En deux mots, un drame poignant.

 

5/6

 

1993
de Jim Sheridan
avec Daniel Day-Lewis, Pete Postlethwaite

 


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commentaires

Alice In Oliver 03/10/2011 15:19


my pleasure


Alice In Oliver 03/10/2011 13:19


je n'ai que deux mots à dire: immense film !


voracinephile 03/10/2011 13:32



Découvert grâce à toi, merci pour ta précédente chronique.



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