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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 12:59

 

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/drame/auto_focus,1.jpg

 

Auto focus est un film de Paul Schrader qui, sous l’angle du biopic de la vie de Bob Crane (disk jockey ayant connu un certain succès avec la série TV Papa Schultz), s’attache à décrire les répercussions de son addiction au sexe sur sa vie professionnelle et personnelle. Avec l’appui d’un tandem d’acteur fabuleux (Greg Kinnear/ Willem Dafoe), le film se livre à une peinture psychologique sans faille, dont la crudité et l’approche réaliste frappent immédiatement.

L’histoire : Bob Crane, fervent catholique et animateur radio populaire, semble vivre une vie épanouie. On lui propose même un grand rôle dans une série TV. Mais alors que croît sa popularité, l’opportunité de faire des conquêtes faciles et son amitié avec John Carpenter, technicien vidéo et obsédé sexuel, vont peu à peu prendre le pas sur sa vie de famille.

 

http://media.sbs.com.au/films/upload_media/site_28_rand_1811625033_auto_focus_maxed.jpg


Vraiment, film coup de poing et véritable merveille que cet Auto Focus, qui se hisse immédiatement comme l’un des meilleurs travaux de Paul Schrader, qui n’en est plus à sa première collaboration à un chef d’œuvre (on lui doit Taxi Driver et son script maousse). Ici, tout son savoir faire est brillamment exploité, que ce soit dans le talent de son équipe technique (magnifiques décors, éclairages parfaits, savante utilisation de la photographie qui évolue avec le personnage…) que dans la peinture psychologique des personnages. Bob Crane, plein d’humour et façade polissée du catholique modeste ayant réussi (il est interviewé à ses débuts comme un exemple de morale), cache déjà une part inavouable, vaguement exprimée par l’achat de revues pornographiques mal dissimulées dans le garage familial. Malgré cela, son épouse, autoritaire qui influe énormément dans ses décisions, l’incite à se lancer dans sa carrière d’acteur (avec l’occupation que cela implique). Mais alors que le succès de la série éclate, et propulse Bob Crane sur le devant de l’affiche, ce dernier prend peu à peu ses aises, et se liant d’amitié avec John Carpenter, il commence à explorer avec lui les bars pour homme d’Hollywood. Des clubs branchés aux cafés strip tease, Bob se promène, prenant pour prétexte  ses talents de batteurs pour animer les morceaux musicaux et aguicher quelques femmes seules. Commencent  alors les partouzes privées où Bob et John racolent, et où ils immortalisent leurs performances avec le dernier cri des technologies vidéos. Trouvant le parfait équilibre entre le comique décalé (la fascination du personnage pour les seins, son comportement libéré dans la société de l’époque…) et la psychologie subtile (Bob fait bien comprendre à John que c’est SA popularité qui attire les filles, le rabaissant souvent), le film cerne parfaitement ses personnages, et se révèle plutôt subtil là où l’omniprésence du sexe aurait pu paraître gratuite (la relation qu’entretient John envers Bob tend de plus en plus vers l’homosexualité, le fait de partouzer toujours ensemble semblant avoir beaucoup d’importance à ses yeux). Là où le film marque des points, c’est qu’il change régulièrement de points de vues, cernant le personnage de Bob dans son désir de s’affirmer par sa passion, puis en cernant peu à peu le vide. Là où pendant sa jeunesse, Bob se revendiquait comme libéré, on le retrouve la cinquantaine passée, ressassant les mêmes messages alors que plus personne ne l’écoute (l’image, désaturée et surexposée, ternit immédiatement son image). Il finit étiqueté comme dépravé, et ne peut dès lors plus que constater l’étendue de son échec marital (divorcé deux fois, incapable de discuter avec ses enfants…). Il ne lui reste plus que des espoirs de carrières, qui pour se faire, doivent passer par une amélioration de son image, et l’abandon du sexe, et par conséquent de John Carpenter. Toujours fulgurant dans l’illustration sentimental de ce duo aux obsessions triviales, Auto focus colle à la réalité avec un grand soucis de détail, et par sa sobriété se révèle être un des meilleurs traitements jamais effectués sur le sujet (avec Shame, plus maniéré, mais également plus axé sur la solitude avec Brendon). Foudroyant.

 

5/6

 

2001
de Paul Schrader
avec Greg Kinnear, Willem Dafoe

 

http://www.asitecalledfred.com/diatribe/images/mar18/autodream.jpg

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commentaires

dinoa 12/03/2013 09:50

Un film qui ne fait pas l'unanimité auprès de ceux qui ont connu le comédien mais comme le dit schrader ce n'est ps un biopic à proprement parler. D'après sa fille Deborha, il était un père aimant
et attentionné... un père normal avec elle et elle garde de lui que de merveilleux souvenirs, sa fille Karen quand à elle disait qu'elle ne voulait pas voir le film, qu'elle n'en avait pas
besoin...toute deux veulent garder de leurs ^ère que les merveilleux souvenirs qu'elles ont de lui. Quand un fils ainés lui il a participé moyennant finance biensûr, au film malgré les nombreux
mensonge contenu dans l'histoire...le fils de son second mariage les mis d'ailleurs en lumière et fut en guerre contre son demi-frère lors de la sortie du film...bref pas un biopic mais un film
vraiment réussit, probablement le meilleur film de schrader après American Gigolo qui reste selon moi son oeuvre la plus aboutit.

voracinephile 12/03/2013 19:39



Oh, merci pour ces précisions Dinoa (et bienvenue sur ce blog par la même occasion). J'avais contrôlé la biographie de Bob Crane et j'avais noté beaucoup de similitude, mais je n'étais pas allé
jusqu'aux réactions de ceux qui le connaissaient. Je relirai mon article pour faire des ajustements. Triste déchirement familial autour d'un film qui fantasme sur Bob Crane, donc. Mais heureux de
lire que vous appréciez également ce film, très abouti et magistral sur ce thème. Et merci pour le titre d'American Gigolo, je sais maintenant vers où enrichir ma collection de dvd ^^



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