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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 12:07

http://www.craigerscinemacorner.com/Images/BABE%20MOVIE%20POSTER.jpg

 

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/comedie/babe_le_cochon_dans_la_ville,1.jpg

 

J’avoue être passé totalement à côté de la saga Babe étant plus jeune, les Disney ayant eu bien plus d’emprise sur moi (ainsi que quelques unes de leurs adaptations en dur, comme les 101 dalmatiens avec Glenn Close. Toutefois, certains madnautes ressortent parfois des références inattendues, et Babe 1 & 2 sont tombés comme ça entre deux commentaires. Le constat dépasse les espérances : Babe est une saga pour enfant assez généreuse, qui si elle n’évite pas vraiment le piège du « trip à outrance », se révèle grandement satisfaisante pour la qualité du film, le dressage des animaux et les caractères naïfs qui ont fait la joie de notre enfance.

 

http://www.spotlight-online.de/files/spotlight/leadimages/0809babe.jpg

 

Babe, le cochon devenu berger : L’ampleur du spectacle étonne immédiatement, le cochon inspirant de la compassion dès les premières minutes (avec une voix off faisant une description utopique d’un élevage de porc assez éloignée de la réalité (qu’on pourrait rapprocher de la première partie de The Island)). Dans la plus grande partie du film, son destin sera toujours de finir dans l’assiette de ses maîtres, d’authentiques fermiers qui ignorent tout du progrès technologique de la ville (en revanche, ils aiment bien bricoler à la maison). Le film brosse donc un portrait de ferme plutôt réjouissant avec les caractères survoltés des animaux qui y vivent (le canard mérite un culte). Certes, il faut accepter que les animaux parlent avec des voix un peu caricaturales, mais sur ce point, l’animation des bouches est sincèrement réussie. Deux mondes cohabitent en parallèle : les animaux (qui ont leur version des faits) et les hommes. Et il sera très intéressant de voir comment ces derniers peuvent se révéler aussi bienveillants que menaçants (le fermier braque quand même Babe avec son fusil pendant d’interminables secondes). Au niveau des messages, il n’y a pas grand-chose à signaler, tout se résumant à une gentille vision de la ferme et que si on a du talent, on peut réussir là où tout le monde ne s’y attendait pas. Babe est un film naïf. Sûr que son monde campagnard est une version idéalisée de la réalité pour faire plaisir aux enfants. Mais il soigne ses détails (bien que naïve, la trame de l’histoire fait des efforts pour être réaliste d’un point de vue humain), ses ambiances, ses gags ne tombant jamais dans le pipi-caca comme Disney nous y a habitué ses dernières années. Soignant beaucoup son registre sentimental (on ressent vraiment beaucoup de chose avec Babe), le vision du film se révèle plutôt gratifiante, rendant son personnage principal ultra-sympathique alors qu’il s’agit tout simplement d’un cochon. Cependant, le film n’est pas exempt de défauts. Le découpage en chapitres n’est pas particulièrement utile, surtout qu’il est présenté par des souris à la voix suraigüe assez désagréable. On notera aussi une scène too much avec un fermier qui danse les claquettes pour redonner le moral à son cochon (Mil’diou Germaine !). Avec un petit côté « brake the rules » amusant (Babe demande poliment aux moutons d’obéir alors que les chiens les mordent) et son happy ending de rigueur, Babe a de quoi réjouir une foule de marmots dont l’intérêt pour le monde de la ferme devrait être relancé pour quelques temps. Au moins jusqu’à ce qu’il aient vu la suite. Dans tous les cas, il surpasse largement toutes les productions animalières de ces dernières années.

 

4.5/6

1995
de Chris Noonan
avec Christine Cavanaugh, Miriam Margolyes

 

http://thebestpictureproject.files.wordpress.com/2010/05/babe_.jpg

 

Babe, un cochon dans la ville : on reprend l’histoire exactement là où on l’avait laissé : sur le chemin du retour de la ferme avec la coupe en poche du meilleur chien de berger. L’histoire s’occupe vite d’éliminer le fermier de sa trame principale (un accident de travail et le voilà dans le plâtre) et de placer une intrigue économique (un classique : faut sauver la ferme de la ruine). Et c’est à partir du départ en avion pour la ville que le film devient vraiment intéressant, réussissant à égaler son prédécesseur dans un contexte beaucoup plus casse-gueule : celui de la ville. Dès leur arrivée à leur première étape, leur voyage est foutu en l’air juste pour une connerie de pâtée pour chien. C’est naïf, mais ça fait mal de voir leurs espoirs réduits à néant après 15 minutes de film. Contraints de rester quelques jours sur place en attendant leur vol de retour, ils s’arrêtent dans un hôtel miteux, le seul à accepter les animaux en ville. C’est là que le film devient intéressant. Toujours sous l’angle de la naïveté, il brosse un portrait particulièrement acide de la société, la résumant à la simple loi du chacun tente de survivre dans sa pauvreté. Et malgré ces propos assez durs, le film évite toujours d’être discriminatoire. Les méchants ont d’abord l’air d’être de simples voleurs de bagages (par conséquent méchants), avant qu’on se rende compte qu’ils crèvent de faim comme leur maître, un vieux clown qui tente de survivre en donnant des spectacles pour les enfants hospitalisés. Prenant toujours ses péripéties sous l’angle de l’ingénuité (Babe fait toujours confiance à ceux à qui il parle), le film arrive admirablement à donner à un cochon des sentiments humains remarquablement variés, passant du désespoir à la plus grande générosité en quelques minutes (c’est naïf, mais ça met du baume au cœur). Au final, ce nouveau chapitre de Babe est un hymne à l’entraide mutuelle doublé d’un esprit bon enfant ultra réjouissant qui nous peindra une ville douce-amère où le bonheur peut tenir à peu de choses. Derrière ses airs de film animalier (les dressages sont encore une fois à la hauteur), Babe 2 est une chronique sociale particulièrement intéressante, incitant l’enfant à prendre avec plus de recul les personnalités qu’il découvre, et qui prône un rapprochement des classes sociales pour mieux survivre en société. Certes, le film n’échappera pas à quelques scènes too much. Les souris chanteuses sont de retour, et elles apparaîtront un peu trop souvent pour déclencher le rire. Avec un dernier acte où nos animaux saccagent une fête, on retrouve quelques penchants régressifs pour la casse et l’entartage à la crème dont on aurait pu se dispenser. Mais le bilan sentimental parle de lui-même, cette nouvelle aventure du cochon a de quoi rester dans nos mémoires pour sa générosité et sa grandeur d’âme. De quoi retrouver son âme d’enfant pendant une heure trente.

 

4.5/6

1998
de George Miller
avec James Cromwell, Magda Szubanski

 

http://s.tf1.fr/mmdia/i/58/7/3921587kcyyg.jpg?v=1

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commentaires

Alice In Oliver 31/10/2011 17:56


c'en est un !


Alice In Oliver 29/10/2011 23:11


pour les clowns tueurs venus d'ailleurs, tu ne seras pas déçu, à condition de le voir comme un nanar des plus sympathiques !


voracinephile 31/10/2011 16:57



Je vais voir ça (j'ai déjà entendu parler de ce film, et je dois dire qu'il titille mes goûts pour les objets bancals horrorifiques. Si en plus, c'est nanar, je devrais être aux anges...



Alice In Oliver 29/10/2011 20:49


sinon, rien à voir avec Babe, mais j'ai une petite perle nanardeuse à te faire découvrir: les clowns tueurs venus d'ailleurs. Tu le trouveras ds la catégorie SF sur mon blog.


voracinephile 29/10/2011 23:04



J'attends de le voir depuis longtemps celui là... Je vais lire ton article en guise de hors d'oeuvre, mais je compte m'attaquer au morceau prochainement !



Alice In Oliver 29/10/2011 20:48


"Je donnerai cher pour en découvrir d'autres de cette trempe"
Sinon, il y a Paulie le petit perroquet. Mais non, je déconne !


voracinephile 29/10/2011 23:03



Ah... Il n'y a donc pas vraiment d'égal. Quoique sur la question du mardi, j'ai entendu parlé d'un certain "les aventures de Porcinet" qui a l'air d'entretenir une solide réputation. Je sens que
je vais rire jaune devant...



Ze Ring 29/10/2011 17:47


Deux très grosses surprises...
Ces deux films sont de véritables tueries.


voracinephile 29/10/2011 20:45



^^ N'est-ce pas ! Je donnerai cher pour en découvrir d'autres de cette trempe. Espérons que Georges Miller va mettre de côté ses adaptations de comics (the spirit) pour revenir à Babe 3 (ou Mad
Max 4...)



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