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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 17:04

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Après avoir vu Neuilly sa mère, j’étais particulièrement mitigé, ne parvenant pas à comprendre ce qui pouvait faire le sel d’une comédie qui critiquait la droite de Sarkozy (ou plutôt qui en faisait un cliché tellement gerbant qu’on était en droit de se demander ce que voulait démontrer le réalisateur) sans apporter la moindre réponse en retour (l’assimilation et le mélange des cultures ? La solution est tellement gratuite qu'elle tend au foutage de gueule). Suite à une gueulante bien sentie de Pinksataniste (aka Zogarok), j’avais pris quelque peu mes distances par rapport au film, et c’est peu dire si je regardais d’un œil suspicieux la prochaine comédie de Djamel Bensala (qui était l'auteur de Neuilly sa mère), qui voulait traiter de la discrimination positive. Je me demande encore pourquoi je me suis donné du mal, tant le résultat semble aberrant de connerie.

L’histoire : intégrons les noirs et les beurs, nous n’aurons pas l’air raciste.

 

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Voir des comédies de ce tonneau sortir de nos jours relève de l’hallucination, tant la trame principale semble essayer de faire de la politique en s’y prenant comme un manche, pensant que de vagues inspirations humanistes feront passer le morceau. Il serait très facile de simplement insister sur la prestation désastreuse des acteurs (Jugnot retrouve les rôles nanar de ses débuts de carrière, les premiers rôles étant transparants), la réalisation télévisuelle et les gags situés en dessous de la ceinture, quand ils ne sont pas carrément inexistants ou mal placés (c’est limite insultant de voir des gags pendant une scène sensée être dramatique, où le gag consiste à faire passer un médecin légiste tenant une tête de victime connue en disant « attention, ça tâche ! Ouh là ça tâche ! ». Dans une comédie au premier degré, ça tient d’un mauvais goût pour le moins douteux (surtout que le film traite avec légèreté d’un meurtrier qui décapite des femmes et les viole). Mais s’arrêter à ces détails serait faire preuve de lâcheté, aussi, nous irons plus loin. Là où ce film est une chiure immonde, c’est qu’elle essaye de faire sérieusement de la politique en imposant une morale gauchiste si lourde, si aberrante qu’elle en devient de l’anti subversion. Ainsi, dans ce film, les meilleurs flics qui ont réussi leurs examens sont tous blanc. La question est alors posée par un journaliste noir (et j’insiste bien et tout le monde insiste, il est NOIR) et il demande « Est-ce que vous trouvez que ce groupe de nouvelles recrues est à l’image de votre politique ? » avec tout ce jeu de double sens trouble comme le journalisme « bienpensant » nous a habitué pendant cette campagne présidentielle à l’égard de certains candidats. En gros, ce film fait la promotion de la discrimination positive (au mépris des français blancs, le personnage de Jugnot en fait les frais, mais heureusement, le bonhomme met son honneur au service de la patrie, oubliant ces querelles et ce poste qu’il convoitait depuis plusieurs années). Et notre nouveau lieutenant de police promu à la place de Jugnot ? Le pire beur qu’on pouvait trouver dans le coin, parce que les hommes politiques (de droite) chargés d’appliquer les exigence du ministre sur la discrimination positive veulent faire capoter l’affaire, histoire de ridiculiser l’initiateur de l’idée. D’ailleurs, c’est facile de reconnaître des gens de droite : ils ne donnent pas 40 centimes à un clochard dans la rue. Et toi, mon salaud, tu donnes à tous les clochards que tu croises j’imagine ? Et le film de continuer sur ces longueurs d’ondes, attaquant la droite par des pics aussi brefs qu’hallucinants (ce n'est même pas de la politique, c'est de l'insulte), et distribuant sa pensée gauchisante aussi étalée que possible (toutes les expressions utilisant du vocabulaire musulman y passent, et à chaque fois, il faut que notre nouveau promu (qui au passage est une terreur en termes de résultats) y aille de sa réflexion : vous savez, les musulmans sont aussi des gens normaux). Sérieusement, tu essayes de nous convaincre, là ? Tu crois vraiment qu’on l’ignorait ? Pendant tout le film, c’est à se demander à qui il essaye de s’adresser, méprisant ouvertement la droite et traitant d’idées de gauche avec un tel manque de finesse qu’on se demande pourquoi on persiste dans cette direction. Et pourquoi d’ailleurs ? Pour prouver qu’un demeuré (pas d’autres mots pour définir le héros) peut coincer un assassin avec un concours de circonstance ? Car c’est bel et bien le dénouement du film, qui évite (à notre grand étonnement) de privilégier la thèse du militaire radical (tiens tiens, ça vous rappelle pas un fait divers…) pour se focaliser sur un personnage qui ne fait pas de politique, mais qui est blanc, qui deale de la drogue et qui tue des musulmanes.  L’explication de l’instrument servant à les violer est d’ailleurs un grand moment de poésie. Et le film de conclure sur un chant de la promotion policière du coin, comprenant un beur, un asiat, un noir, un obèse et un moche, avec le drapeau français qui flotte dans le vent. Le générique commence que je me demande encore si cette sous-merde était volontairement stupide ou si le réalisateur croyait vraiment en son propos… Parce que là, il semble nous dire que lorsqu’un beur arrivera à la présidence, la France aura fait un grand pas… Ouais ! Et les idées politiques derrière ? Heu… Ben on intègre les étrangers… Huhum… Car si le film joue bien sur une chose gerbante, c’est la peur de passer pour un raciste (critiquer la discrimination positive est un exercice délicat). C’est la hantise de tous les cadres, de tous les dirigeants ou de ceux qui gèrent du personnel. Ayez l’air de passer pour un raciste par une remarque sortie de son contexte, une remarque mal formulée ou mal comprise, et c’est le monde entier qui s’abat sur vous, lui, faisant preuve d’un authentique racisme. A ce titre, l’épisode de South Park « Avec nos excuses à Jesse Jackson » se révèle être une merveille de mauvais goût et d’interrogation sur le sujet. Pas comme cette saloperie traitée dans cette chronique. Pour ma part, je prône la méthode Hellraiser : qu'on nous arrache tous la peau.

 

-10000/6

 

2010
de Djamel Bensalah
avec Booder, Issa Doumbia

 

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"Mais Jamesluctor ouvre sa gueule ! Il est raciste, ma parole ! Petit blanc de merde !"

"T'es contre la discrimination positive ? Putain de raciste !"

"SALOOPERIE DE FACHOOOOOO !"

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commentaires

borat8 19/07/2012 17:04

C'est souvent ce qui arrive avec ce genre de productions hyper clichées. Juste avant le Bensalah nous avait produit Neuilly sa mère avec le gamin beur qui débarque dans une famille pro-UMP. Vive
Sarkozy quoi!

voracinephile 20/07/2012 17:55



Et ce final de neuilly sa mère... On promeut le mélange des cultures pour s'enrichir mutuellement... Niveau langue de bois, j'ai rarement entendu aussi grosse démagogie...



borat8 18/07/2012 02:16

Je me souviens que pendant la promo, mon cinéma ne cessait de passer une pub débile pour Fanta avec les trois ahuris de service. Ce qui agaçait plus qu'autre chose. Et puis la bande-annonce est
tombé et là Borat a dit "oulala!" Comme quoi au lieu du Fanta, Booder aurait mieux fait de continuer les pubs Orangina Rouge!

voracinephile 19/07/2012 13:35



Ouh la la, comme tu dis. J'ai rarement vu une purge pareille, c'est la politique pour les ploucs ce genre de projet. On finirait par prendre les Tuches comme modèle avec ces conneries...



alice in oliver 13/05/2012 08:12

voire d'ici quelques heures ...

alice in oliver 12/05/2012 16:48

et comme j'appartiens davantage à la 2nde catégorie (donc, de gauche), je m'abstiendrai de ce gros navet

voracinephile 12/05/2012 23:00



Une sage décision... Inutile d s'attarder dessus, on l'aura oublié d'ici quelques mois...



Zogarok 12/05/2012 15:00

Je disais ça en évoquant le spectateur, pas les acteurs - je réalise que c'était confus.

Donc Jugnot est le vilain franchouillard mais il se soumet quand même à la fin... Bref, le pauvre type absolu, qui a tout faux sur tous les points. Comme dans le monde réel d'ailleurs.

Je ne me rappelle pas de tous ces détails, c'est bizarre... Il y a "Le camp de l'intolérance" dans le même genre (en plus radical), celui-là est inoubliable (avec en plus l'expérience zoo****** de
Mr Esclave).

voracinephile 12/05/2012 22:10



Ah pardon, au temps pour moi, je n'avais pas percuté que tu parlais des spectateurs. Mais même pour eux, je ne suis pas sûr que grand monde se soit senti concerné par cette comédie. C'est à se
demander comment il a réussi à faire 400 000 entrées...


Le camp de la mort de l'intolérance était en effet une sacré baffe niveau provoc, et s'intéressait intelligemment aux différences entre tolérance et acceptation (avec notamment l'intolérance
envers les fumeurs, un gag de 10 secondes mais arrivant comme une fleur...). Dans Avec toute nos excuses..., en plus du parcours de Randy, on avait aussi à l'école le personnage d'un nain
difforme qui venait expliquer aux enfants pourquoi il fallait être tolérent (il essaye pendant tout l'épisode de prouver un truc et on ne sait jamais quoi...).



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