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Avec Bienvenue au Cottage, on se relance dans la comédie horrorifique anglaise avec cette fraîcheur qui nous a permis d’apprécier les truculences des premières œuvres d’Edgar Wright. Détournant d’abord les codes du film d’enlèvement avant de se lancer dans un trip sanglant à La Colline a des yeux, le film bouffe à pas mal de râtelier, et parvient à trouver un rythme amusant, à défaut de pleinement convaincre.
L’histoire : Peter et David, deux hommes en manque d’argent, kidnappent la fille d’un maffieux afin de lui réclamer une rançon. En attendant de conclure l’affaire, ils s’isolent avec leur victime dans un cottage à la campagne. Mais alors que leur situation part en cacahouète, un sanguinaire fermier surgit…

The Cottage possède en effet la principale qualité de manier un humour pas vraiment novateur, mais bien senti. Ainsi, en se focalisant sur la relation un peu clichée de deux frères désireux d’accomplir un coup fumant, l’un étant le cerveau de l’opération (David, Andy Serkis plutôt marrant) et l’autre le boulet de service (Reece Shearsmith), le film peut développer quelques gags familiaux plutôt amusants, parvenant à façonner des caractères connus, mais fonctionnels. L’humour tient essentiellement dans la première partie, qui joue constamment sur la maladresse de nos apprentits-kidnappeurs, qui commettent bourdes sur bourdes, ayant finalement affaire à une otage tout sauf coopérative. Alors que la maffia se prépare à aller les cueillir, notre deux kidnappeurs perdent peu à peu le contrôle des opérations, l’un se faisant bientôt prendre en otage par Tracy (la fille du gangster, qui tient de son père) et s’aventurant dans les chemins campagnards environnants. Jusqu’ici, on était complètement dans la comédie. Aussi, l’arrivée du registre horrorifique est brutale, et joue principalement sur un comique de l’absurde et du décalage. S’inspirant des délires de Peter Jackson, le film s’autorise les plus sanglants excès, donnant dans le démembrage à la pelle et dans l’arrachage de colonne vertébrale (une scène faisant immédiatement référence à Predator, on appréciera la gentillesse de l’hommage). Organisant en dernier acte une confrontation plutôt rigolote (jusquauboutiste) et se fendant d’une conclusion particulièrement glauque (la musique aidant au décalage), Bienvenue au Cottage se résume comme étant la petite récréation du week end, un gentil petit divertissement anglais qui n’a pas peur de se mouiller pour apporter un peu de plaisir à son spectateur. Certes, le tout est parfois un peu laborieux (l’essentiel de la première moitié se résume à des dialogues comiques), la réalisation est loin d’être parfaite et le jeu des acteurs n’est pas vraiment excellent. Mais conscient de sa modestie, le film se vend pour ce qu’il est, et il ne prend jamais son public de haut. Même si le maquillage de son fermier est plus ou moins convaincant, la montagne de muscle sait équarrir le touriste égaré, et ce savoir faire se perdant, on ne sera que trop heureux de voir des agriculteurs prendre leur boulot à cœur. Attachant !
4/6
2008
de Paul Andrew Williams
avec Andy Serkis, Reece Shearsmith
