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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:31

http://www.cinemagora.com/images/films/44/35144-b-la-chute-du-faucon-noir.jpg

 

La chute du faucon noir a déclenché des réactions plutôt diverses à sa sortie, décrié pour être une campagne de pub pour l’US Army ou loué pour son illustration intense du combat urbain. Avec la réalisation ultra compétente de Ridley Scott, le spectacle a une belle intensité, se révèle assurément immersif dans ses scènes d’action, mais les concessions qu’il fait à l’armée sont elles aussi assez énormes, ce qui a du mal à passer en dehors des états units (grrr l’impérialisme ricain !). Toutefois, le film évite de sombrer dans la caricature avec son illustration de l’anti-américanisme ambiant dans la population qui vient apporter un peu de matière à cette peinture réaliste et engagée du droit d’ingérence (bien que sur l’aspect politique, le film soit assez flou).

L’histoire : 1993, en Somalie, une mission de capture du général Aidid, responsable d’un génocide. L’armée américaine est repérée dès son départ et s’embourbe dans le centre ville de la capitale, prise sous le feu de miliciens lourdement armés.

 

2002_black_hawk_down_005.jpeg


Black Hawk down, c’est avant tout 40 minutes d’introduction. 40 minutes où, après un timide survol en hélico d’un vol de nourriture avec pertes civiles, on se cloître dans la base en attendant la mission. Là, on nous propose de multiples portraits de soldats qui vont être amenés à se battre. On a un dessinateur pour enfants, un idéaliste, un bleu d’à peine 18 ans, bref avec une telle variété de caractères, surement que le spectateur va s’y reconnaître… C’est bien ici que réside la « maladresse » du film, ce dernier recherchant dans cette introduction l’immersion  par l’identification à des caractères qui peuvent apparaître sympathique, mais qui ne seront jamais vu comme des individus, tous appartenant au clan des marines Ouh-Ha. Cette tentative d’ouverture de la notion d’ « armée américaine » foire, le spectateur ne pouvant pas s’imaginer à la place des personnages qu’il voit à moins d’être déjà militaire. Et cette partie dure bien 30 minutes. Un peu longuet donc, vu que les tentatives de dramatisation individuelle ne servent pas à grand-chose. Alors qu’on commençait vraiment à avoir peur pour la suite (la pub pour l’armée, on la sent vraiment pendant cette demi-heure, où les soldats s’entraident, échangent leurs gentilles opinions humanitaires…), les combats arrivent, et là, c’est la résurrection. Jusqu’à la fin du film, ça canarde dans tous les sens, l’armée américaine s’enlise dans une guérilla urbaine des plus meurtrière, des barrages lourdement armés apparaissant à chaque coin de rue et les forces se trouvant complètement divisées et dépassées par le nombre de somaliens furibards. La formule proposée est alors un poil répétitive (on avance, on sécurise, on avance, on sécurise…), mais l’action à l’instantanée passe bien, l’action est plutôt lisible et l’atmosphère du combat est bien là. Assurément, l’intensité du film et sa bonne capacité d’immersion viennent de là : un rythme qui ne desserre pas les dents pendant une heure vingt, qui nous fait suivre de façon assez lisible la progression de différents groupes de soldats. Au point de vue logistique, l’analyse des techniques de l’armée est bonne, d’autant plus que cette notion de bourbier joue à plusieurs reprises contre les troupes qui se sont aventurés dans un cauchemar de logistique. Par ailleurs, le film traite la population somalienne d’une manière intéressante, puisqu’il la montre carrément engagée contre les troupes américaines, allant prendre les armes sur les corps des soldats pour continuer la bataille contre l’envahisseur blanc. Un fait qui pourrait facilement être décrié comme caricatural, mais qui reste parfaitement logique dans un climat d’anti-américanisme d’un pays sous ingérence. Ce message sera d’ailleurs réitéré par le personnage du trafiquant d’arme arrêté en introduction qui rit de l’interventionnisme américain, déclarant qu’une intervention militaire ne changera jamais les choses, et arrivera encore moins à imposer la démocratie. Des affirmations auxquelles le général en place se gardera bien de répondre, mais qui seront finalement confirmées par les faits historiques : les troupes américaines seront promptement retirées de Somalie une fois les blessés rapatriés. Finalement, le film délivre-t-il un message. Si il le fait, ce dernier est clairement ambigue, illustrant d’un côté une armée patriote et de l’autre une population hostile (la séquence particulièrement humiliante des civils qui rient de l’escouade américaine retournant à la base la queue entre les jambes), dressant un portrait ultra disciplinaire de l’armée et pourtant donnant des pistes pour décrier ses interventions (l’introduction parle d’un génocide à arrêter, et la conclusion nous parle de retrait des troupes, de 1000 somaliens abattus et de 19 GI’s morts au champ d’honneur). C’est ce qui alourdit quelque peu cette guérilla bien gérée, un peu prétexte à la débauche de moyens de l’armée américaine (ce déploiement est impressionnant), mais résolument réaliste et dressant un portrait très patriotique de l’armée. Pour ma part, je le considère comme un film d’action bien mené qui hésite constamment à choisir entre un camp ou un autre, mais qui ne veut surtout pas être catalogué dans l’un des deux. Si sur le plan de la politique, c’est complètement foiré, la débâcle est assez organisée pour nous tenir en haleine jusqu’au dénouement. Un film certes utile si il est utilisé comme modèle d’exposition dans les casernes de l’armée, mais qui peinera toujours à convaincre chez les civils, l’action ne permettant pas d’oublier quelques détails un peu lourds (« le monde répond : l’armée américaine envoie des troupes… » heu, non, l’ONU envoit des troupes et les américains envoient encore plus de troupes, nuance…). En bref, les zones d’ombre sont nombreuses, mais l’action est bien suivie.

 

3.5/6


2001
de Ridley Scott
avec Josh Hartnett, Ewan McGregor

 

black_hawk_down_2.jpg

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Published by voracinephile - dans Guerre (Army needs you !)
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commentaires

Vince12 16/04/2012 09:10

Bon film mais sans plus.

voracinephile 16/04/2012 21:47



Tout à fait d'accord. D'excellentes scènes d'action, mais sinon, aucun intérêt politique, le film misant plus sur l'action divertissante.



2flicsamiami 22/11/2011 18:10

C'est vrai que World Invasion, bien que pourvu de bonnes scènes d'action, n'égale pas ceux de Black Hawk Dawn.
Il aurait pû être vraiment un très bon film de guerre si les soldats ne sauvaient pas Los Angeles à la fin. Voir que leur patriotisme et leur désire de sacrifice parfois extrême ne peux pas sauver
le monde du chaos aurait été une très bonne réflèxion sur l'armée et ce qu'elle véhicule. Malheureusement, c'est l'inverse qui est produit.

voracinephile 25/11/2011 17:16



A vrai dire, quand j'ai découvert Wolrd Invasion, je m'attendais à un certain pessimisme. Et une fois devant, j'ai cru revoir Starship Troopers sans le second degré. Un patriotisme tellement
omniprésent qu'il m'a immédiatement dégoûté et un happy end comme tu le dis qui n'arrange rien. Un transfomers au final, en à peine plus réaliste, et en sacrément moins attanchant (les gosses qui
sont incités à devenir soldats... L'armée recrute !)... Bref, ce réal m'a bien déçu...



2flicsamiami 21/11/2011 19:01

Comme tu le dis, le film est techniquement irréprochable. Pour le fond, je ne m'en souviens pas assez pour en débattre mais je me souviens que la présentation des soldats étaient assez
"standard".
Mais cela reste pour moi un grand moment dans le genre.

voracinephile 21/11/2011 20:10



Dommage que tu ne t'en souviennes pas vriment, car c'est justement le fond qui me laisse perplexe. Ridley (et Jerry) ont compris que l'action allait faire un bon film de guerre (et là, la
réussite est complète), mais la situation politique est à peine abordée. On commence à peine à taper sur le droit d'ingérence qu'on passe vite à autre chose, puis un soldat te donne sa vision du
monde en une minute, et on passe à autre chose... A trop zapper, le film esquive les questions plus qu'il n'y répond. C'es dommage, car formellement c'est LA référence des nouveaux films de
guerre (le pourri World Invasion reprend d'ailleurs tous les ingrédients de la bête sans se donner la peine de parler de politique).



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