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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 08:56

 

http://static1.purepeople.com/articles/3/99/84/3/@/842479-l-affiche-du-film-blanche-neige-et-le-637x0-2.jpg

 

Fête du ciné oblige, après un The Raid qui nous a envoyé sur les cordes avec sa violence sans limite, on envisageait sereinement de prolonger le plaisir avec un autre divertissement, moins bon, mais rigolo quand même. Et  l’incertitude aidant, nous avons opté pour Blanche Neige et le Chasseur, grosse production gothique-teen qui semblait intéressante. Et dire qu’on s’est ennuyé relève de l’euphémisme.

L’histoire : Blanche Neige voit le jour dans une famille heureuse. Mais au cours d’un hiver, sa mère la reine meurt. Rapidement, le roi s’amourache d’une belle femme. Mais dès le mariage prononcé, celle-ci le tue et s’empare de son fief, dont elle aspire l’énergie vitale pour alimenter ses pouvoirs magiques.

 

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"Un troll ! Fuyons !" "Mais je peux le caresser d'abord ?"

 

Blanche Neige et le chasseur, ça ne pouvait pas être pire que le blanche-neige de Tarsem. Mais toutefois, en comparant avec d’autres titres dans le registres gothique-teen, on se dit qu’Alice in Wonderland de Burton, ben c’était pas si mal au vu de cet épisode de Blanche Neige. Le film prend dès le début le ton du conte, en cultivant une imagerie kitch et clinquante, et pourtant pas déplaisante. Le contexte gothique est plutôt joli, et il gagne avec la déliquescence progressive qui va envahir le décor. Quant aux personnages, le film tente de les faire paraître un peu plus complexe que dans le dessin animé de Disney. Pour cela, ils ressortent la copie d’une intéressante version de l’histoire : Blanche Neige, le plus horrible des contes. Un film des années 90 avec Sam Neil et Sigourney Weaver qui pervertissait avec délectation les personnages du conte, et qui gérait de façon intéressante son fantastique. Ici, les personnages sont complexifiés, mais seulement en façade. La méchante reine (Charlize Theron, très belle, mais qui semble sortir d’une pub L’Oréal) commence donc bien en plantant, en full frontal, une dague dans le cœur du roi, en absorbant sa vie et en livrant les gens de sa citadelle à une armée de mercenaires. Blanche Neige, encore gamine, se retrouvera alors dans la mêlée et restera bloquée dans le château, alors que son camarade de jeu, le fils du duc, partira à temps. Commence alors le calvaire pour le spectateur. Déjà, la reine, qui a potentiellement éliminé tous ses ennemis, garde Blanche Neige emprisonnée pendant 7 ans sans rien en foutre. Une ellipse temporelle très lourde, illustrée assez connement par une Kristen Stewart maquillée avec des traces de charbon, mais qui porte visiblement du rouge à lèvres. Depuis 7 ans qu’elle est là, elle trouve un clou dans un mur, dont elle va se servir d’arme (ce sont ses amis les oiseaux qui le lui montrent). Après une évasion relativement spectaculaire où Blanche neige court dans des couloirs vides jusqu’à la sortie, nous arrivons dans les bois maudits qui jouxtent le territoire de la Reine. Et là, on ne sait pas pourquoi, les CGI s’emballent, le montage devient totalement incohérent, et Blanche neige s’évanouit. Charlize Théron, après avoir mangé un cœur d’oiseau, gueule pendant 5 minutes à la chaîne, et puis on va se mettre à chercher quelqu’un qui n’a pas peur d’aller dans cette forêt. Quelqu’un qui serait un aventurier. Quelqu’un qui pourrait lui donner la chasse… Quelqu’un qui serait un chasseur… Enfin, le chasseur débarque dans l’histoire, un poivrot auquel on promet de ressusciter sa femme décédée si il obéit à la reine. Le bougre se lance dans son travail, et il retrouve Blanche en 5 minutes. Efficace. Mais là, Blanche lui dit qu’ils vont les tuer tous les deux. La chasseur, incertain, demande alors des garanties à ses employeurs (au frère de la reine, un puceau de 60 ans qui touchait Blanche dans le cachot, et qui fait la basse besogne de la reine) . Et là, cet abrutit visiblement incapable de mentir, dit que la reine ne pourra jamais la ressusciter. Mais pourquoi il dit ça, ce crétin ? Résultat, le chasseur s’énerve, viande tout le monde et s’enfuit avec Blanche. Sur le chemin, il rencontrera un troll. Un beau combat commence à avoir lieu, et on commence à reprendre espoir. Mais là stop, Blanche neige se plante au milieu, regarde le troll en lui caressant la truffe, et ce dernier, la larme à l’œil, repart dans son trou. Les monstres, ils sont méchants si on les traite avec méchanceté, mais sinon, ils sont gentils. Je tiens à souligner que c’est à cet instant que j’ai perdu tout espoir dans ce film. Alors, peu importe que les nains soient des brigands qui avant minaient, peu importe le monde des fées avec des animaux tout gentils partout, de jolies fleurs à la Avatar et des fées qui jouent avec les animaux, peu importe un cerf blanc avec des bois en feuille qui remplace Aslan, peu importe la scène du baiser des deux prétendants de Blanche (le chasseur alcoolique ou le puceau fils du duc) avec des dialogues mélodramatiques… Blanche Neige est une recucée malhonnête de Narnia en différent, qui ne s’assume pas dans son crétinisme enfantin. Il opère des choix très similaires avec les adaptations de Narnia sur le plan des symboles religieux, bannissant toute forme de croix pour ne pas dire qu’on fait du catéchisme, mais localisant tous les évènements importants dans des cathédrales gothique flamboyant, s’inspirant de scène de chevalerie française (les fleurs de lys abondent) et faisant réciter un « notre père » complètement WTF avec le contexte du conte. C’est surtout la morale cucul la praline qui plombe l’intégralité du film, et cela à tous les étages. Les nains ne sont pas crédibles un instant en brigands (ils disent tuer des gens, mais on les convaincra bien vite de ne pas tuer une fille sans défense dont les vêtements valent déjà un paquet de thune), et bavent littéralement devant tout le film en vouant un culte à Blanche neige. La méchante reine, elle, est sans cesse enfoncée par d’énervants flashs back qui tentent de nous la faire prendre en pitié, alors qu’elle est une sorcière gitane au passé trouble qui vit en vampirisant à la chaîne les royaumes. Quant à Blanche Neige, Kristen nous ressort exactement la même partition que Twilight (ici, elle a à choisir entre un jeunôt inexpérimenté ou un quarantenaire à la barbe fournie et à l’haleine chargée), son rôle dans l’histoire étant honteusement amplifié par des procédés naïfs : les animaux viennent lui faire des câlins et ses amis vont mieux parce qu’elle est source de vie, l’exact opposé de la méchante reine. Cette assimilation ying yang devient tellement prétentieuse à la longue qu’on pousse des soupirs à chaque fois qu’elle revient. Alors quand au cours de la bataille finale, la confrontation prend des airs d’arnaque, on ne sera pas surpris. Comme du final complètement naze et attendu. Si l’œuvre ne manque pas de qualité pour sa facture technique et son esthétique soignée, sa fausse perversion de l’histoire et son fond gluant de naïveté plombent littéralement le tout, ravivant le souvenir du film de Disney qui, de par son dépouillement et sa sobriété, se révélait infiniment plus convaincant, sans jamais être prétentieux. Un divertissement boursouflé pour les gamins trop impatients de voir le prochain Narnia, mais sans le caractère bon enfant de ces derniers (particulièrement le 3ème, qui pour le coup donne dans l’aventure bordélique et athée, sans toutefois éviter un côté moralisateur). Bref, une déception au vu de son visuel attractif.

 

1.2/6

 

2012
de Rupert Sanders
avec Kristen Stewart, Chris Hemsworth

 

http://comediennes.org/video/files/images/Kristen_Stewart_Blanche_Neige_Snow_White_photo_film_actress_jeune_actrice_comedienne_cinema_0002.jpg

L'habit fait le moine... En plus de ressembler à s'y méprendre à Alice in Wonderland, on pompe aussi le blason du Gondor...

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

Xelloss 27/10/2012 15:50

Ayant failli faire l'erreur de prendre une place pour l'autre Blanche Neige (la comédie), c'est vraiment sans grandes attentes que je suis me suis collé dans mon fauteuil...

Et là, une bonne surprise, en grande partie car je pansais que le métrage allait être bien plus massacré que ça.
Les Nains en "tire-laine", j'ai aimé (ça change)

ne me rappelant plus trop si c'est bien dans ce film (comme quoi, ça ne m'a pas marqué), il me semble que l'Esprit de la Foret est une sorte de grand cerf... petit clin d'oeil a miyazaki ?
(http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/36/07/12/18660033.jpg)

Un de mes plus grands regrets est que l'oeuvre aurait plus être bien plus noire et sinistre, car le côté sombre est assez sympa déjà

Il est certain que ce métrage ne sera pas dans ma vidéothèque en coffret "plus-plus" mais me laisserai peut-être tenté lors d'une édition "pas-cher"

voracinephile 28/10/2012 19:33



Si on partait sans attente, le film doit en effet ménager quelques bons moments. Mais si on promet de la noirceur, il faudrait un peu plus que du cabotinage... Aucune dimension psychologique, un
peu de gothique pour "faire sombre", une morale molle (le monde naturel il est gentil mais sauvage / la sorcière elle est méchante), un simulacre de dramatisme (le face à face final est fade)...
L'esprit de la forêt est en effet un cerf aux bois fleuris. Vision kitch enchanteresse, si elle ne semblait pas pompée sur Legend de Ridley Scott... Je suis d'accord sur le potentiel (c'est ce
qui m'avait fait dire oui pour aller le voir), mais le résultat est incroyablement plat au vu des nombreuses critiques élogieuses. Je ne cracherai probablement pas non plus sur une édition pas
chère, mais uniquement si rien d'autre n'est dans le rayon. Toutefois, cette aventure a le mérite de proposer un peu d'amusement. Le Tarsem devient au bout de 30 minutes une souffrance...



borat8 05/07/2012 22:26

Rien que de m'imaginer le bordel artistique c'est vraiment incroyable. Heureusement que je n'écoute pas toujours Mad.

borat8 05/07/2012 17:19

Oh Narnia rencontrant Avatar... Un de mes cauchemars préférés! :D En sachant qu'il n'est pas le seul. Il y a 3 4 dans le cahier de notes.

voracinephile 05/07/2012 21:53



^^ Tu vas en psychoter pendant de longues nuits...



borat8 04/07/2012 12:50

Vraiment pas envie de voir ce machin malgré les bonnes critiques et notamment celle de Mad. Par contre je vais aller voir Spider man là.

voracinephile 05/07/2012 15:01



La critique de Mad Movies est étonnamment tolérante, à se demander si le journaliste (me rappelle plus du nom) sortait du spectacle d'école de sa fille à la maternelle. C'est un produit calibré
pour des gosses, avec une belle esthétique mais des personnages torchés à la va vite et un manichéisme cucul à vomir (le territoire des fées, tu vas te bidonner : c'est du Narnia couplé avec
Avatar).



borat8 03/07/2012 23:31

J'avais prévenu que ça sentait la daube. Rien que Kirsten Stewart en guerrière et plus belle que Charlize Theron, fous rires garantis!

voracinephile 03/07/2012 23:44



Je suis un des rares à crier à la bouse, donc il faudra te faire ton avis par toi même, mais en l'occurence, dur de ne pas voir que sans les effets spéciaux, le film n'est que poudre aux yeux...
Charlize devrait te faire bien rire à ce titre...



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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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