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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 11:50

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Beaucoup s’excitent sur la nouvelle version de Blanche Neige, où Kristen Stewart (jolie) se balade avec à ses côté un bellâtre désireux de reconquérir son ami d’enfance et un chasseur alcoolique mais charismatique, en louant cette adaptation pour son apparente noirceur et la maturité de ses personnages (perso, Blanche Neige me paraît ici aussi mature que la Princesse Lily de Legend). Ce serait bien vite oublier l’adaptation des années 90 avec Sam Neil et Sigourney Weaver, qui elle n’hésitait pas à aller très loin dans sa variation. Bienvenu dans Blanche Neige, le plus Horrible des Contes, la variation de la légende la plus intéressante qu’on puisse trouver à ce jour…

L’histoire : La naissance de Blanche Neige entraîne la mort de sa mère. A ses huit ans, son père tente de prendre une nouvelle épouse. Cette dernière tente de se faire accepter par toute la maison. Mais Blanche Neige, faisant d’abord preuve de suspicion, affiche une insolence de plus en plus prononcée à son égard…

 

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Voilà ce qui s’appelle une variation intelligente du mythe, la psychologie venant ici subtilement s’insérer dans un discours qui sort de plus en plus du conte, devenant à ce titre horrorifique dans son final. Dès le début, le film veut trancher avec la façade de conte bon enfant que son titre supposait. La mère de Blanche, enceinte, est avec son mari en route pour le plus proche accoucheur, en pleine nuit. Mais suite à un accident, leur atelage et détruit et le cocher dévoré par une meute de loups. La mère, souhaitant la vie pour son enfant, ordonne alors à Sam Neil de faire une césarienne. Apparition du titre sur le sang menstruel qui s’écoule dans la neige. Et Paf ! On enchaine direct avec l’arrivée de la future méchante reine (et de son frère, un muet particulièrement glauque), qui tient d’abord à se faire aimer de tout le monde. Mais Blanche Neige voit d’un mauvais œil cette inconnue qui vient lui ravir son père. Du coup, par des doubles sens impolis, elle vient agacer sa marâtre, et ce devant toute la cour. Et rapidement, Blanche commence à détester sous cape la future reine, qui séduit le roi (qu’elle aime) à l’aide de ses charmes. Le lendemain a lieu le mariage, qui déplaira fortement à Blanche. Quelques années plus tard, la reine attend un enfant, et sa relation avec Blanche ne s’est toujours pas arrangée. Si elle fait toujours des efforts, Blanche cherche tous les prétextes pour l’agacer. Le clou arrivant le jour où, en plein chant de la reine (son principal don, qui enchante la cour), Blanche débarque avec la robe de sa mère défunte, se faisant remarquer par tous et interrompant le chant. L’affront est tel que la reine s’évanouit, et perd l’enfant dans une fausse couche. En pleine dépression (guère arrangée par Blanche qui joue toujours son hypocrite), elle regarde alors son mystérieux miroir (on se connaît pas trop sa nature, magique ou normal) et y voit son reflet atrocement vieilli. Sa déprime s’aggrave, et c’est alors qu’elle commence à voir un beau reflet d’elle-même qui lui parle au travers du miroir, et qui l’encourage à se venger. Si la fin virera clairement dans le fantastique, la montée de la folie meurtrière de la reine ressemble fort à un problème psychologique, qui prend sans cesse de l’amplitude en modifiant la personnalité de la reine, pour en faire une intrigante machiavélique. Elle commencera à user sérieusement de magie pour venir à bout de Blanche, jusqu’à la fameuse scène de la pomme. Il semblerait d’ailleurs que le réveil ne soit pas forcément dû au baiser, mais aussi à la pluie battante sous lequel il est donné. Sam Neil est quant à lui un seigneur qui devient assez porté sur la religion, passant son temps à prier ou à sermoner Blanche, et finissant rien de moins que cruxifié sur une croix au cours d’un rituel païen pendant un final assez énervé niveau violence. Quant aux 7 nains, ils ne seront que 5 manants un peu fou qui  cherchent de l’or dans un gouffre, et qui se montreront assez rustres avec Blanche Neige (elle se fait pratiquement violée lorsqu’ils la découvrent, enfin un peu de réalisme). Bon, on vous l'avoue quand même, une fois que Blanche part dans la forêt, le rythme a tendance à ralentir, et on s'ennuit ça et là. Toutefois, si le final grandiloquent et relativement peu sobre niveau magie diminue notre enthousiasme (on n’est plus dans la suggestion du fantastique comme au début), cette relecture originale et enfin adulte est enthousiasmante, et ne mérite clairement pas l’oubli où elle est aujourd’hui confinée. Imparfaite, prenant parfois des raccourcis, au style télévisuel mais d’une cruauté pertinente, cette version est l’antithèse de Disney, et se trouve être un conte pour adulte attachant et loin d’être bâclé. Une curiosité…

 

3.5/6

 

1997
de Michael Cohn
avec Sigourney Weaver, Sam Neill

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commentaires

borat8 17/11/2012 14:46

Là tu as fait fort et en ce qui me concerne c'est les grandes années de ce bon vieux Jim Carrey.
Lhermitte est dans la première séquence, il court, gueule taxi à un mec qui est vraiment à 20m de lui et se fait bouffer dans les égoûts sans qu'on ne le vois! En même temps quelle idée de faire
les trois quarts du film dans une cave?! Pour les loups j'aurais tout vu à Hollywood mais là ça dépasse l'entendement! C'est vraiment un carnage. Par ailleurs la critique est prête et arrivera dans
quelques jours.

borat8 16/11/2012 17:45

Il y en aussi des bons pour Schwarzy: Terminator 2, True Lies, Total Recall, Last action hero. C'est les dernières grandes années de McT, Starship troopers, du Spielby grande classe... On est quand
même loin du gros bourre pif. Pour moi c'est plutôt les années 2000 qui correspondent à cela. Là actuellement Hollywood me chauffe bien avec ses tonnes de remakes, préquelles, sequels, suites,
concept...

voracinephile 17/11/2012 13:29



Oups pour ces gros titres, c'est en effet impardonnable de les avoir oubliés. Les années 2000, c'est du navet sans l'affection (même si un film comme Assassins est soporifique et cliché, il y a
un capital sympathie, alors qu'aujourd'hui, c'est Identité Secrète...)



borat8 15/11/2012 22:16

J'ai vu Le loup garou de Paris sur Youtube! Putain mais quelle nullité! La palme revient probablement aux acteurs. C'est absolument affligeant! Dès sa rare scène, Thierry Lhermitte est monumental
avec sa veste de chimiste et sa barbe improbable. Quant aux ricains, soit ils pensent avec leurs bites soit ils sont vraiment très très cons! Il n'y a qu'à voir le héros, parmi les moins
charismatiques que je connais. Sans compter qu'il essaye de parler en français or, même les français s'embrouillent à parler english!lol Un véritable délire linguistique. Mais le meilleur ce sont
bien nos lycanthropes de service. Donc méa culpa mon cher Len tes loups dans les Underworld sont mieux faits que ces... heu j'hésite. Tu me conseille quoi James? J'hésite entre merde, erreur de la
nature, bouserie ambulante, pantalonade, résidu de capote trouée (pas celle du bar!), mocheté, machin truc chouette... Enfin bref ce n'est pas ce qui manque comme qualificatif pour dire que c'est
vraiment hideux. Et je ne parle de la vingtaine de péripéties dans le château qui est en fait une énorme cave en terre cuite!lol J'adore particulièrement la scène du cimetière avec notre héros
baisant cul nul mais retrouve son calbut pour courir! Celui-là je veux bien le faire à la suite de la critique du Loup Garou de Londres.

voracinephile 17/11/2012 12:44



Ah, content que tu ais enfin vu ce navet en puissance ! Me rappelle plus de Thierry Lhermite, et à te lire, je devrais... Ca me fera un bon prétexte pour le revoir (mais heureusement, je ne l'ai
pas acheté en dvd celui là, oh non...). J'aurais dit pantalonade pour les loups, mais résidu de capote trouée fait bien vu le running gag qui anime le film sur les trojanes... Le château cave m'a
aussi bien fait rire... Mais en même temps, va trouver un château à Paris... Si le film avait eu l'audace de nous faire croire que c'était à l'Elysée, alors là, on serait entré dans une nouvelle
dimension du navet...



borat8 15/11/2012 16:54

Tu parle de films en général ou uniquement bouserie?

voracinephile 16/11/2012 11:16



Par égard pour les quelques bons films sortis à cette période, je continue à parler de films, mais c'est vrai que je considère les années 90 comme les années nanardo-naveteuses, où Hollywood
balance l'rgent par les fenêtres pour bouffer à tous les râteliers. Stallone se compromet dans de nombreux nanars, Schwarzy a lui aussi quelques passages à vide, le cinéma d'horreur est laissé à
quelques tâcherons... Heureusement qu'il y a Seven et Tesis qui viennent relever le niveau (et pas mal d'autres aussi, mais je n'ai d'autres titres en tête maintenant...)



borat8 14/11/2012 22:28

De toutes manières il est sur Youtube en Vo non sous-titré. Ce ne sera pas très difficile à comprendre vu ce que j'ai vu. Jamais vu un tel massacre dès la bande-annonce. Et dire qu'il a été
récompensé à Gérardmer...

voracinephile 15/11/2012 13:00



Les années 90 étaient assez pauvres en qualité, je dois dire... Mais Virus est sorti dans cette période, et j'adooooore Virus (le plus mauvais film de Jamie Lee Curtis, Halloween resurrection
exclu)



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