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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 13:04

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Il y a des films qu’on n’est pas motivé de voir, et quand on les a enfin vu, on s’en veut d’avoir tant attendu. J’ai découvert Blood Diamond, et bon sang, il était temps (prochain en ligne de mire : Le dernier roi d’écosse).

L’histoire : Le commerce des diamants contient environ 15 % de pierres provenant de zones de guerre, où des groupes armés exploitent la population locale pour sortir les fameux cailloux afin de financer leur lutte et d’acheter des armes.

 

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Excellent spectacle que ce Blood Diamond, qui compile à la fois très bien réalité et fiction en arrangeant une histoire mêlant 3 personnes différentes : un africain enrôlé de force dans l’extraction des pierres, une journaliste exploitant la guerre civile pour faire ses reportages et un négociant en diamant qui exploite la situation en s’adaptant à chaque situation. Le plus intéressant dans ce film réside dans l’absence de manichéisme, autant que dans sa grande capacité à raconter une aventure, aussi bien humaine que physique. En prenant pour enjeu un énorme diamant, le film utilise intelligemment les codes du film d’aventures classiques avec les tribulations d’un héros d’un bout à l’autre d’un pays étranger pour retrouver l’objet en question, qu’il transpose dans un univers réaliste, et ici sans concessions. La violence dépeinte sur le plus vieux continent du monde fait mal, et le film cerne avec une très belle justesse les maux d’une Afrique victime de ses ressources naturelles, se déchirant de l’intérieur pour leur exploitation sans parvenir à instaurer une stabilité diplomatique (république ou dictature, toutes exploitent la même manne et sont victimes de la corruption omniprésente). Et c’est dans ces enjeux que le film révèle vraiment sa pertinence, parce qu’il ne laisse rien au hasard. Il n’y a aucune place pour les bons sentiments, tout le monde agit par intérêt personnel, ou tente de manipuler l’autre pour parvenir à ses fins. Le personnage joué par Léonardo Di Caprio est le premier à jouer ce jeu, puisqu’il use de manipulation avec l’ensemble de ses contacts (sauf avec ses précédents employeurs, les seules personnes qu’il semble craindre). Que ce soit avec son « protégé » dont il s’assure de la collaboration (sa famille contre la pierre) ou avec la journaliste (déplacement gratuit contre échange de renseignements), il use constamment de tous les atouts qui passent à sa portée, osant par moment jouer sur les concepts de charité ou de fierté personnelle pour faire plier son auditoire à ses vues. Un opportuniste complet, motivé par sa survie, volontiers cynique (surtout sur l’Afrique, mais les paradoxes sont bien là), mais qui découvre peu à peu son fond d’humanité sous les assauts moraux répétés de notre journaliste. Chacun a des parts dans le conflit. Une porte de sortie pour l’africain et sa famille, un bon sujet pour la journaliste, et une autre porte de sortie pour notre aventurier moderne, qui espère enfin pouvoir laisser l’Afrique derrière lui. Malgré l’attachement au sol, la seule solution ici semble être l’abandon, au mieux la surveillance de l’Occident qui exploite les produits illégalement exportés. En attendant, les populations continuent à s’entasser dans les camps de réfugiés. Film choc qui n’a pas pris une ride, Blood Diamond est un chef d’œuvre, parvenant à combiner très intelligemment divertissement et problèmes « sociétaux », en faisant une peinture furieuse et fidèle des situations de guerre civile en Afrique tout en plantant des personnages attachants. Une vraie réussite.

 

5/6


2006
de Edward Zwick
avec Leonardo DiCaprio, Djimon Hounsou

 

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

borat8 03/06/2013 21:10

Clairement j'y avais été sur une image et des affiches que j'avais vu dans des magazines. Je savais de quoi cela parlait mais pas forcément que le ton serait aussi cru. Sur un autre pays où règne
la guerre civile, je te conseille Shooting dogs.

borat8 03/06/2013 17:39

Je l'avais vu en salle à l'époque et je dois dire que je ne m'attendais pas à un film aussi cru.

voracinephile 03/06/2013 19:17



Découvert il y a 2 semaines pour ma part, une révélation dans son genre. Clairement un film que j'avais sous estimé depuis sa sortie. L'initiation de Dya en enfant soldat est probablement ce
qu'il y a de plus cru dans le film (le seul film parvenant à ce résultat est Johnny Mad Dog, mais le résultat est étrange...). Je te recommande d'essayer Johnny Mad Dog en tout cas, qu'il fait un
film d'enfant soldat en immersion complète (avec, en quelques sorte, des scènes d'action avec les gosses...).



borat8 02/06/2013 18:35

Un film hollywoodien pour le moins ambitieux. Un sujet très difficile et pourtant bien utilisé. Dicaprio s'avère superbe dans un rôle de salopard qui se trouve une conscience. Djimon Hounsou se
révèle sublime dans un rôle qui renvoie à celui qu'il avait dans Amistad. La séquence de fusillade dans la ville est probablement l'une des images les plus choquantes venant d'Hollywood ces
dernières années.

voracinephile 02/06/2013 22:57



J'ai été vraiment très agréablement surpris. Loin de tout manichéisme, le film excelle à cerner ses protagonistes, et loin de donner des leçons de morales, se contente de délivrer un palpitant
récit d'aventure dans un milieu "moderne". Une vraie merveille dans son genre, on peut le dire. Il faut maintenant que je découvre Le dernier roi d'écosse pour compléter le tableau (et pour faire
un trio, je rajoute le bon Machine gun Preacher pour son intéressant parcours humain).



Vince12 01/06/2013 15:54

Excellent ! Le magicien d'oz serait un bon support.

Vince12 01/06/2013 12:00

Il nous faut réunir des adeptes !

voracinephile 01/06/2013 12:31



Pour fonder le culte screamerclauzien et inonder le cinéma de remake screamerclauzistes... Bowling : Catherine Frot, une sale bourgeoise de droite, arrive de Paris pour découvrir la Province. Et
quand elle sort du train, elle se rend compte qu'il s'agit d'une terre noire aux reflets violets et bleux avec un ciel rouge sang où des cvadavres vomissant des excréments forniquent avec des
boules de bowling et s'amusent à dégommer des quilles en leur jetant des bébés remplis d'asticots !



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