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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 10:37

 

http://2.bp.blogspot.com/-4AvvX1Ns4RY/UBApE9q_lVI/AAAAAAAAASg/Fyp5IM7ubQE/s1600/L-affiche-du-film-de-la-semaine-Bowling_portrait_w674.jpg

 

Il y a des films qui rien qu’avec leur bande annonce ont déjà dévoilé tout ce qu’ils ont à dire. C’est le cas de tout un pan de cinéma français, nous recyclant depuis 10 ans les mêmes comédies en changeant le cadre et en évacuant toute ambition pour donner dans le bourrage de crâne moral. Si Les Seigneurs (chronique avenir) se contentent d’être un navet sportif, Bowling est un navet d’une suffisance frappante. Et c’était visible rien que dans la bande annonce. Alors, dire que le film relève du calvaire relève de l’euphémisme. Beur sur la ville semble avoir trouvé un cousin de bonne tenue.

L’histoire : une méchante parisienne de droite veut fermer le service maternité d’un hôpital breton pour économiser de l’argent. Le personnel de gauche va lui faire découvrir quelle est la BONNE vision du monde.

 

http://www.quimper.fr/uploads/Image/52/IMF_LARGE/GAB_QUIMPER/14335_039_DSC_4050.jpg

 

Quand, sous prétexte de divertir, on vous fait du matraquage politique latent, il y a un moment où on est en droit de péter un câble. Ici, la limite est franchie dans les 10 premières minutes, où l’on découvre le personnage de Catherine Frot, une cinquantenaire de droite qui baigne dans le luxe parisien aux côtés d’un mari qui la méprise ouvertement en bossant au ministère. C’est insupportable tellement la connotation de droite ressort. El le film de continuer sur un registre Bienvenu chez les Chtis à la mode breton, sauf que si la confrontation avec Kad Mérad jouait sur une multitude de gags souvent comiques, notre méchante de droite ne balance que les clichés salaces sur la Bretagne (climat pourri, alcoolisme…). Des clichés qui possèdent d’ailleurs une part de vérité, et que surtout personne de sensé n’évoquerait pour prendre contact avec des gens civilisés. Mais elle est de droite, voyez vous, elle ne vit pas dans une bonne réalité sociale, la preuve, elle licencie des gens. Mais c’est le chemin du nazisme, ça ! Tout l’inverse du chef de personnel, cliché vomitif du jeune trentenaire de gauche à cheveux bouclés, qui critique assez facilement l’attitude de la méchante et qui du coup a raison. L’antipathie est complète quand ce dernier se met à porter un T shirt avec marqué en très gros « Egalité pour tous ! » avec des sigles d’hommes qui se tiennent la main… Comment rajouter une couche de politique complètement inutile et surtout inadaptée, mais la réalisatrice semble vouloir faire une œuvre politique de gauche, alors si on peut forcer davantage le trait, on ne va pas se priver… Hallucinant dans l’inexistence de son propos politique (mais comme la droite est méchante, on va aller voter à gauche), Bowling prend un malin plaisir à enfoncer des portes ouvertes, en critiquant assez facilement n’importe quoi (une goth veut faire une rave partie, le conseil municipal désapprouve, elle part en disant que c’est dégueulasse. En voilà, de la politique !). Ou encore cet étudiant en littérature aux rastas devant le visage qui passe son permis et qui se fait rabrouer par l’examinateur de droite à ce sujet… D’ailleurs, le bowling, c’est pas un sport de plouc ! Gutterballs peut le confirmer ! C’est un truc pratiqué par des gens normaux, des gens comme vous et moi, qui veulent s’amuser en pratiquant un sport sain et constructif. Non mais merde, les leçons d’humanité, faut arrêter au bout d’un moment. Si les Chtis (puisque c’est le modèle de Bowling) jouaient la carte icônoclaste en prenant un personnage lambda qui découvre le Nord, la bretagne n’a ici aucune identité, en revanche, la parisienne est une femme haineuse remplie de préjugés, et nous devons voir le film par elle. Les leçons de morale qu’elle se prend, on se les prend aussi, et elles sont d’un niveau tellement affligeant qu’elles arrachent des soupirs à chaque fois qu’elles sortent (autant dire que vous allez beaucoup soupirer devant ce feel good movie qui n’a rien à voir avec les géniaux Full Monthy). Et que dire des portraits de femmes qu’on se tape ici… Entre Firmine Richard qui nous rejoue la case de l’oncle Tom (mais sincèrement, c’est Kirk Lazarus de Tropic Thunder au premier degré) et la Mélanie Laurent bis (je te regarde de haut parce que tu es conne, mais au final, je t’aime bien car tu as adopté mon point de vue), la banalité de leur quotidien et de leurs préoccupations assomme. Et sur la question de la religion, on éclate de rire tant cette dernière est caricaturée par une vieille rombière acariâtre qui gueule sur les mômes pour qu’ils viennent au catéchisme. Si dans La vie est un long fleuve tranquille, les codes des familles cathos étaient habilement caricaturés, ici, c’est une simagrée atterrante de bêtise, qui s’attaque à une institution morale avec un non argumentaire désarmant (ils auraient dû mettre un prêtre pédophile, là au moins, c’était clair, leur argumentaire aurait été en béton). Jamesluctor se la joue réac, mais encore une fois, ce n’est pas le fait que le film soit de gauche que je critique, c’est surtout qu’il réduit la politique à des enjeux parfois tellement insignifiants que le film croit dire quelque chose alors que c’est vide, ou revu à l’excès (ici, c’est le côté fermeture de la maternité de l’hôpital qui dirige le social, transformé en porte étendard de la lutte de la gauche contre l’ennemi). D’ailleurs, l’enjeu qui monopolisera le plus l’attention du spectateur, ça sera : est ce que la boule va toucher la quille ? Parce que l’hôpital, même si ça perd de l’argent, il faut le laisser comme ça, et ne toucher à rien (en l'occurence, la solution donnée par le film est d'une belle hypocrisie, puisqu'en remplissant simplement un formulaire, la maternité pourrait être sauvée, mais le directeur ne veut pas). Parce que la maternité, c’est la ville. Tous ensemble, on peut changer les choses ! Alors battons nous maintenant pour que tout reste pareil, et que ça soit la même chose pour nos enfants ! Un vrai répertoire de slogan de campagne, et ça tombe bien, puisque le film s’intéresse au combat de nos infirmières contre la vile décision d’un vague gouvernement (à l’exception du directeur qui se bat pour faire virer son personnel (il doit venir au moins du Gard, avec sa gueule de lepéniste), personne ne semble être d’accord avec cette décision arbitraire. Cette décision doit être combattue. D’ailleurs, pendant la suite du film on ne parlera pas de la Droite, mais d’un Mur à abattre… Le combat social est donc remporté haut la main par nos héros, et l’hôpital est donc conservé tel quel, heureusement soutenu par un grand nombre d’accouchements de Bretonne qui viennent d’un coup se manifester. Bref, une comédie à la française où l’on nage dans le bonheur, la joie et la gaité, que le spectateur ne partage malheureusement pas vu le nombre restreint de gags qui n’arrachent même pas un sourire.

 

-999999999/6


2012
de Marie-Castille Mention-Schaar
avec Catherine Frot, Mathilde Seigner

 

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/94/76/89/20369129.jpg

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Published by voracinephile - dans Navet (prétentieux)
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commentaires

Zogarok 26/02/2013 17:22

Essaie des films de Mocky. C'est naveteux, politisé à mort (et assez "de gauche" il est vrai, et sur les mêmes thèmes), mais imprévisible et charmant.

voracinephile 26/02/2013 18:22



Hmmmm, merci du tuyau ! J'ai entre temps vu la comédie La part des anges, ça fait du bien de savoir qu'à défaut de faire rire, une comédie peut toujours dire quelque chose et avoir une certaine
chaleur humaine... Et pas besoin de politique pour ça ^^



Zogarok 26/02/2013 14:05

Oh... Comment aurais-je deviner qu'une remarque doucement sarcastique masquait en fait une telle consternation.. Je dois dire que j'ai très envie de m'y frotter pour pouvoir énumérer toutes les
aberrations. Donc une bonne bouse qui "bouffe du curé" quand il n'est plus une menace et amalgame tout ce qui n'est pas roudoudou et plein de vertus fastoches. Comme d'hab, quoi.

voracinephile 26/02/2013 15:56



Il faut que je m'arrête au niveau navet politique. J'ai fait l'effort de le revoir avec ma soeur et j'ai clairement exagéré certains points de ma chronique à des fins comiques. Notamment la
religion, qui consiste simplement en une vieille qui fait chanter des chants religieux aux enfants avant de les gronder parce qu'ils ne chantent pas assez bien. Ce n'est pas insultant, c'est
juste vide, creux, sans intérêt. En fait, le film n'est pas provocant, il est seulement d'une insipidité profonde. Il n'y a rien, c'est le néant, on ne rit pas, on ne s'intéresse pas, on s'ennuie
pendant tout le film, et les slogans politiques qui nous sautent dessus passent assez vite, noyés dans le vide du sujet. Le tout est affreusement mal joué, et le concept autour du Bowling revient
aux trolling que Borat organise de temps en temps sur Naveton (recherche celui où on parle de nos films concept, c'est un florilège...). Donc, dans ma chronique, je suis haineux et caricatural,
plus que de raison. D'ailleurs, je pense que je vais mettre la pédale douce ces temps ci niveau comédies françaises (Ducobu attendra), tellement je vois la gauche partout... (ça en devient
agaçant, il faudrait que je trouve un navet avec de nouvelles choses à critiquer).



borat8 16/02/2013 23:45

"Ils n'aiment pas les représentants
-Vous savez où vous pouvez vous le foutre ce formulaire?! Dans votre cul! (Vlam!)
-C'était qui Raymond?
-Un représentant!
-Encore un con qui croit qu'on va signer son formulaire pour débiles!
-Les Thénardier ils n'ont pas fini de vous faire chier!"

borat8 16/02/2013 22:34

Ah les Ténardier! Je vois qu'il t'inspire toujours!
"Ils n'aiment pas les décapotables
-Regarde Raymond encore ce jeune con avec sa voiture de merde! Encore un effronté qui veut se la péter devant des petites jeunes.
-T'inquiète j'ai la solution ma chérie.
-Non tu vas pas oser?
-Si!
-Putain quel est le salaud qui m'a balancé de la merde sur la gueule?! J'ai l'air fin maintenant!
-Les Ténardier ils n'ont pas fini de nous faire chier!"

voracinephile 16/02/2013 22:55



"Oh germaine ! Ces putain de trains, ils arrêtent pas de vider leur toilettes sur la voie ferrée ! On aurait jamais s'installer à côté !"


"Ouais, depuis qu'ils l'ont adapté aux TGV, on n'arrête pas de se prendre des étrons à grande vitesse !"


Les Ténardiers, ils n'ont pas finis de vous faire chier !



borat8 16/02/2013 16:11

Déjà rien que le nom, ça puait le film concept (à quand Boucherie avec les états d'âme d'un boucher qui en marre de tuer des animaux ou Boulanger où le coco en a marre de bosser matin, midi et soir
pour une bande de cons); mais je vois que le film va encore plus loin dans la bêtise. Comme quoi, à force de faire dans le cliché, on se prend les pieds dedans!

voracinephile 16/02/2013 21:53



Boucherie me tente, mais tu sais quel est mon préféré... "Claude, je reviens de chez le pâtissier, il a encore pris 3 kilos ! J'suis sûre qu'y pique dans sa marchandise et qu'il nous en vend
moins, ce gradouble !" Les ténardiers, ils n'ont pas fini de vous faire chier !



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