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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 18:13

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Refn est un réalisateur danois qui a commencé sa carrière en tournant son premier long en indépendant (ses études de cinéma se sont mal terminées), et dont le dernier long métrage a fini césarisé à Cannes. Un jeune réalisateur qui va loin, et qui manifeste dans chacun de ses films un rapport étrange avec la violence, perçue plus comme une forme d’expression qu’un comportement à bannir. Avec Bronson, sorti en 2009, l’auteur nous lance quelques messages au travers de la vie de Michael Petersen, surnommé Charles Bronson, le détenu le plus violent d’Angleterre. Amoral, parvenant à obtenir de vrais moments de contemplation avec peu de choses, Nicolas nous offre un biopic totalement atypique, presque Kubrickien dans son langage cinématographique.

L’histoire : la vie de Michael Petersen, qui grandira en développant un goût pour la castagne, avant de finir en prison.

 

http://www.cultureblues.com/wp-content/uploads/2010/03/Bronson-3.jpg


Immédiatement, Nicolas Winding Refn pose son ambiance avec des musiques très présentes, et son emploi régulier de musique classique / électro pour rythmer son histoire. Beaucoup de détails, de plans au cadrage étudié pour attirer l’attention du spectateur, qui ne sont pas sans rappeler les impressions que suscitait le cinéma de Kubrick (au hasard ou presque : Orange mécanique). Et ça tombe bien, puisqu’un des thèmes principaux de ce film, c’est la violence. Mais à l’inverse d’un Alex accro à l’ultra-violence, Bronson n’est pas un personnage qui s’en sert chaotiquement. Comme le montre son enfance, il se sert de la violence comme d’un langage. Elle lui permet d’obtenir le respect des autres, de régler rapidement un problème… Refn en profitera pour lui faire vivre plusieurs anecdotes autobiographiques (pendant ses classes, Refn a lui aussi balancé un bureau à la gueule d’un prof) afin de mieux exprimer la rage qui l’habite. Une rage presque aveugle en face d’un système qui l’opprimera constamment (la violence engendrant toujours la violence, et Bronson est souvent le premier à rentrer dans le lard d’en face), et qui répondra coup sur coup à ses provocations. Si la violence est utilisée comme langage, elle doit être employée pour dire quelque chose. Ce n’est pas une tentative de changer un rapport de force, Charles ayant constamment le dessous (à l’exception de l’épisode « combat de rues »). La violence est tout simplement la seule réponse que Charles à trouver dans le monde où il est. Incapable de se fixer des objectifs sur son avenir (sa constante indécision dans ses projets, son comportement agressif envers tous ceux qui prétendent connaître le monde et le comprendre), il vit dans l’instant présent, et n’a pas besoin d’autre chose. Exprimer la violence qui est en lui devient la seule activité qu’il arrive à faire. Au cours de sa vie, il essayera diverses méthodes pour tenter de trouver son bonheur, et qui seront toutes tôt où tard balayées. Souvent par les autres, mais aussi parce que dans chaque cas, Charles ne se sentira jamais « abouti » dans les disciplines qu’il testera, d’où un perpétuel retour à la violence. Une grande boucle formée par le film, qui ne se révèle jamais ennuyeux. Avec une considérable dose d’humour, un acteur principal vraiment impressionnant (Tom Hardy, parfaitement à l’aise dans la peau du condamné), Bronson nous donne tout simplement un portrait de vie frais, agréable à voir et pertinent dans son approche de la violence et des réactions qu’elle provoque. Fustigeant au passage quelques sujets (l’asile, un directeur de prison borné…), le biopic, si il est bien trop adapté pour être un reflet d’une réalité documentaire, a le mérite de faire passer un excellent moment, et de s’interroger soit même sur ses buts. Film costaud, et qui marque.

 

5/6

 

2009
de Nicolas Winding Refn
avec Tom Hardy, Matt King

 

http://www.twivi.com/wp-content/uploads/2009/07/bronson_le_film.jpg

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commentaires

Alice In Oliver 08/10/2011 11:09


clairement, le meilleur film du réalisateur


voracinephile 08/10/2011 13:52



Et c'est pas Drive qui va changer ça. Je viens de poster ma critique, et je suis moins enthousiaste que la plupart des spectateurs.



Alice In Oliver 08/10/2011 10:09


un film coup de poing: c'est le cas de le dire !


voracinephile 08/10/2011 10:41



Oui, il continue à être mon préféré de la filmographie de Refn : son discours sur la violence doublé d'une quête sur le sens à donner à sa vie. Magnifiquement filmé et éclairé, c'est le fleuron
de Refn avec sa trilogie Puscher.



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