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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 10:15

http://politicalfilm.files.wordpress.com/2009/08/bruno_poster.jpg?w=500

 

Les comédies trash ne sont pas si rares qu’on pourrait le penser, la définition étant selon moi qu’elles soient transgressives et politiquement incorrectes, avec plus ou moins de finesse. Si certaines soignent intelligemment leur propos (99 francs, OSS 117 2…), d’autres se lancent à fond dans le mauvais goût, une certaine preuve de franchise qui sert bien souvent de prétexte pour rabaisser le contenu explosif du film. Après Borat, Sacha Baron Cohen se met à parler des gays et de pleins d’autres choses dans Brüno, un faux documentaire jusqu’auboutiste qui va très loin dans ses délires, sans que ces derniers aient forcément de finalité.

L’histoire : Brüno est gay et animateur principal de Funkyseit, une émission de mode germanophone, mais suite à un scandale, il est viré et part en Amérique pour devenir la Chuperchtar !

 

http://images.smh.com.au/ftsmh/ffximage/2009/07/09/300bruno_review_090709095250815_wideweb__300x402.jpg


Difficile de ne pas se sentir provoqué par Brüno, un personnage totalement manichéen et bourré de clichés dont le jusqu’auboutisme ne peut laisser indifférent. C’est là la caractéristique indéniable du film : il va diviser en deux clans son public : ceux qui sortent en hurlant et ceux qui restent assis à rire comme des baleines. Car pour la dose de trash, ce film envoie le gros pâté. Il suffit de voir le quotidien du couple Brüno/Stewart pigmé pour comprendre où on a mis les pieds. Film dénué de moralité, il est une compilation de saynettes qui choquent plus ou moins, mais qui touchent chacune à un sujet précis de la société. On y tapera par exemple sur le monde de la mode (l’interview hallucinante d’un mannequin qui nous explique la difficulté de marcher) ou sur les voyants (la scène trash où Brüno fait semblant de satisfaire une personnalité disparue devant un voyant imperturbable). En fait, ce que le film essaye de faire, c’est de mettre les gens face à leurs préjugés, à leurs croyances, et à les pousser dans leurs derniers retranchements. Le caractère de ces images est extrême, comme le personnage de Brüno, et vise indéniablement à nous faire réagir en filmant les réactions des personnes réellement en face de Brüno (la plupart des scènes du film ont été tournées en caméra cachée). Une technique qui se révèle payante au cours de scènes anthologiques (le combat de catch en cage) où ratées (le show télé avec le gosse). Car si le film se veut radical (et qu’il l’est assurément), il l’est tellement qu’il parvient à s’aliéner tout le monde, y compris le public qui le regarde. On rigole certes parce que c’est dérangeant et transgressif, mais qui ne réagirait pas de la même façon si on nous présentait un homme faisant participer un gosse de 4 ans à ses ébats sexuels ? Le fait qu’il soit gay n’a dès lors plus grande importance en face de l’acte commis. D’où un radicalisme qui passe parfois d’un sujet à un autre en oubliant un peu les relations de causes à effets. Tout de même, le film démontre qu’avec des clichés monstrueux, on est tout à fait en mesure de manipuler la population sur des sujets de sociétés aussi importants. On aura aussi droit à des séquences mettant en scène des gens connus qui seront confrontés à la provocation vivante qu’est Brüno. En clair, le film remue et choque, mais il prend bien garde de délivrer un propos, la caricature particulièrement épaisse du personnage principal nous tirant tantôt dans une direction, tantôt dans une autre. Au final, je dirais qu’il faut regarder Brüno d’un œil distrait, suivre ses aventures en riant de tous les traits trashs qu’il se permet de nous envoyer (pour ça le film vaut largement le déplacement, notamment pour l’illustration impressionnante de l’homophobie dans la population). Après, certains de ses épisodes sont clairement dispensables (la sortie chasse, l’enrôlement dans l’Armée…) et sont là surtout pour faire de l’humour de mauvais goût, le personnage testant décidément beaucoup de choses (son voyage dans les pays du moyen Orient reste un grand moment). Ultra trash (un plan bite en full frontal sans censure, première fois depuis les Troma !), relativement peu compromettant pour les personnalités engagées, Brüno dépasse Borat dans son radicalisme et parvient à salement divertir avec un humour caustique (on le répète : le film n’est pas à mettre entre toutes les mains), en nous offrant parfois de véritables séquences cultes et des sommets de mauvais goût. Cela ne fera pas rire tout le monde, et le trash utilisé parfois maladroitement n’en font pas un chef d’œuvre, mais de mon côté, c’est le coup de cœur.

 

5/6

 

de Larry Charles, Dan Mazer
avec Sacha Baron Cohen, Alice Evans

 

http://2.bp.blogspot.com/_ra_0LWuC3uk/Sj9EBgqmq0I/AAAAAAAAADA/EeXVJeeKGGs/s320/bruno-movie-trailer.jpg

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commentaires

varlin 26/07/2011 16:08


Malheureusement le formatage des cerveaux a commencé à prendre.
Il faut réapprendre à marcher hors des clous.


voracinephile 26/07/2011 16:41



Mais attention ! Se livrer à cet exercice, c'est marcher sur des charbons ardents !



varlin 26/07/2011 14:39


J'aime bien les films inconvenants donc j'ai beaucoup apprécié celui-là.
Piétiner les tabous et le politiquement correct dans lequel on baigne ne peut que me plaire quitte à en faire trop.


voracinephile 26/07/2011 15:05



Savoureux, n'est ce pas ? Ma soeur a tenue 5 minutes devant (la scène avec le stewart l'a un peu trop impressionnée). Une provocation pareille, c'est trop rare pour la laisser passer !



Alice In Oliver 19/07/2011 16:52


oui mais parfois, je trouve le film un brin trop excessif et l'excès tue le charme par moments


voracinephile 19/07/2011 17:18



Hélas oui, il en fait trop parfois. C'est pour ça que je lui sucre un point. Je reverrai Borat pour confirmer mon jugement.



Alice In Oliver 18/07/2011 18:40


pas un chef d'oeuvre en effet, mais suffisamment suberversif pr mériter un peu d'intérêt. Je préfère tout de même Borat


voracinephile 19/07/2011 12:02



Ah, tu trouves Borat meilleur ? J'ai vu les deux pour ma part, et Brüno est tellement plus outrancier que je n'ai pu résister à son trash quasi- omniprésent. Une sacré dose de mauvais goût !



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