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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 07:17

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Bertrand Blier, grand réalisateur de notre cinéma hexagonal, nous a maintes fois gratifié de films décalés, parfois choc, usant d’un absurde en tout point mesuré, car fonctionnant essentiellement sur des dialogues et un postulat inattendu. Avec Buffet froid, il s’entoure d’un casting solide (Depardieu, Blier…) et se livre à une réflexion sur l’assassinat sous l’angle de l’absurde. Surement un des films les plus connus de sa filmographie, et celui qui se pare d’une réputation des plus flatteuses.

L’histoire : un homme est témoin d’un meurtre dans le métro, perpétré avec son propre couteau. De retour chez lui, il fait la connaissance de son nouveau voisin policier, avant de voir sa femme agressée en pleine nuit.

 

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Ecrit comme cela, le film a l’air vénère. Mais ce n’est pas du tout sous cet angle que l’on verra les choses pendant le film. La violence est rarement directe, et jamais choquante car toujours accompagnée d’un humour qui fait des ravages. La scène d’introduction du film résume à elle seule ses intentions : présenter le quotidien d’un assassin sous un angle comique excessivement fin, atténuant la violence mais ne camouflant jamais la noirceur du récit. On y voit Gérard Depardieu donner la réplique à un Michel Serrault parfait en quidam se sentant menacé, et se concluant avec le gag magnifique du couteau qui disparaît, avec Gérard s’écriant « Et ben voilà ! Vous l’avez laissé bien en vue, et ça aura tenté quelqu’un ! ». Jamais à court de bonnes répliques, le film avance, faisant apparaître toute une galerie de personnages décalés (un commanditaire candidat au suicide, un docteur violant ses patientes, l’assassin de la femme du héros venant sympathiser avec ce dernier…) avant de les éliminer férocement un par un, dans des conditions qui surenchérissent en absurde (la palme à celle de Bernard Blier, qui rendra l’âme dans un dernier dialogue hautement savoureux). Systématiquement, nos attentes sont prises à contre-pied (le flic refuse de s’occuper des meurtres de notre héros, et se range toujours de son côté, l’aidant même à accomplir ses méfaits), ce qui donne un dynamisme assez payant à cette comédie décidément très noire, où le nombre de morts augmente sans cesse. L’absurde viendrait ici pour déresponsabiliser l’assassin, dont les victimes, si elles ne sont pas consentantes, prennent au pire la chose comme une mauvaise boutade. La légèreté du ton prise avec la mort fait tout le sel du récit, rendant ce quotidien gris (vie d’un chômeur qui tue pour s’occuper) assez appréciable, porté par des acteurs rompus à l’exercice du dialogue classieux, qui exprime leur art avec tout leur talent. Certes, une fois qu’on l’a vu, on ne sera plus surpris, mais il y a dans cette péloche quelques répliques qui passent immédiatement à la postérité.

 

4.5/6

 

1979
de Bertrand Blier
avec Gérard Depardieu, Bernard Blier

 

http://static.mcetv.fr/img/2011/08/buffet-froid-3.jpg

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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