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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 12:44

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http://www.stephen-king.fr/wp-content/uploads/2009/08/affiche-carrie-2.jpg

 

Nouvelle adaptation de Stephen King avec Carrie, réalisé par un Brian de Palma encore jeune qui a marqué durablement les esprits avec un teen movie fantastique suffisamment mâture pour avoir gardé un mode de fonctionnement efficace (seuls les détails trahissent l’époque : les coiffures et les tenues vestimentaires). Traumatisant, le film l’est à plusieurs niveaux, ne dédaignant pas s’aventurer dans une violence sanglante dans son dernier acte. Un chef d’œuvre qui a fait bien des envieux, au point qu’une suite, Carrie 2, a été tournée. Faire cohabiter les deux films dans une même chronique relève de l’insulte tant la suite fait peine à voir, mais étant de mauvais goût, je ne résiste pas au plaisir d’allier chef d’œuvre et nanar intégral.

 

http://www.stephen-king.fr/wp-content/uploads/2008/12/carrie1.jpg

 

Carrie : Une des premières adaptations de Stephen King, qui s’est révélée être un triomphe, un véritable succès traitant intelligemment de l’adolescence. En bref, nous avons un discours pertinent sur la maturation progressive de Carrie, étudiante hyper-frustrée et possédant un don de télékinésie, et les réactions des personnages qui l’entourent. Un film nihiliste dont la fin dramatique en aura marqué beaucoup (on ne compte plus les clins d’yeux fait à ce final), et qui reste aujourd’hui encore une référence dans le domaine. Principalement parce que ses étudiants (dont les clichés sont variés) sont toujours d’actualité, les caractères changeant peu. Il n’y a que les coupes de cheveux datées et les habits qui trahissent l’époque de tournage (particulièrement avec les tenues des filles, qui aujourd’hui ressemblent davantage à Chriss, l’allumeuse de service). Mais les adolescents ressemblent à des adolescents, et ils interprètent leurs rôles avec un sérieux qui paye, en témoigne la performance de John Travolta surprenant en étudiant manipulé par sa copine, et bien sûr de Sissi Spacek qui interprète une marginale complètement repliée sur elle-même au destin tragique. Mais c’est particulièrement la mère qui me reste en mémoire, une vraie folle interprétée par une Piper Laurie possédée par son rôle, admirable figure de mère castratrice d’un niveau équivalent à celle de Braindead (beaucoup moins bête au niveau de ce personnage). Les Dolores Ombrage et autres succédanés me font bien rire en comparaison de ce monstre d’intolérance, toujours dans l’exagération, qui parvient à devenir réaliste en traitant de l’intégrisme sur cette note. Empêchant sa fille de parler, la frappant avec une bible pour faire rentrer les écrits dans sa tête, la mère de Carrie est un monstre phénoménal, rendu particulièrement flippant en dernier acte lorsque son esprit lâche et qu’elle tente de mettre fin à l’existence de sa maisonnée. Un final d’une intensité insoutenable. Le film se révèle d’ailleurs remarquablement construit (on imagine qu’il en  était de même dans le livre) en commençant à présenter son héroïne découvrant le sang menstruel, et s’achevant dans des cataractes d’hémoglobine. On retrouvera d’autres symboles qui se croisent, comme ce saint hideux accroché dans le placard à ballet et la mise en scène de la mort de la mère (percée de la même façon). Remarquablement éclairé et mis en scène, Carrie bénéficie d’une facture technique largement satisfaisante, y compris dans ses effets spéciaux plutôt soignés. On ajoute à ça une mise en scène virtuose, qui nous filme une scène avec énormément d’actions simultanées avec une lisibilité exemplaire : la fameuse chute du sang de porc, filmée au ralenti avec une attention captant le moindre détail (le fameux ruban…). La musique de Piccolodi vient accompagner le tout avec finalement une bonne pertinence, assimilant l’ingénuité à une flûte traversière dans des tempos lents. Bref, la découverte est un choc, et l’insistance du film sur les sentiments de ses personnages suffit à nous absorber dans son récit et à le classer directement dans les chefs d’œuvre. Un teen movie d’une qualité rare !

 

6/6

 

1976
de Brian De Palma
avec Sissy Spacek, Piper Laurie

 

http://www.nerdsociety.com/wp-content/uploads/2010/09/carrie3.jpg

 

Carrie 2 : Le retour ! Que dire de plus, si ce n’est qu’on ne peut qu’être mort de rire devant un projet aussi ouvertement commercial. Fausse suite mais vraie arnaque, Carrie 2 n’entretient aucun rapport avec Carrie, si ce n’est par l’intermédiaire de flash back pour le moins discutables. Mais ce qui nous rend mort de rire, ce sont les nouveaux étudiants. Pour le coup, on a un authentique teen movie, dans ce qu’il a de plus crétin et immatûre. Transposition à notre époque oblige, notre Carrie est aujourd’hui une gothique qui se nomme Rachelle, mais une gentille gothique, qui passe son temps à dessinée des beaux dessins et qui veut être gentille avec le monde. Mais les autres étudiants se moquent d’elle… parce qu’elle est gothique. Mais dans la classe, en cours de lettres, il y a un adolescent qui semble mâture, car il donne une lecture un peu trash de Roméo et Juliette… Ils commencent alors à se regarder dans le blanc des yeux, à nouer une relation… Ellipse temporelle de ma chronique de 40 minutes de films pour se rendre directement à la fin : la prom night qui est devenue ici une fête chez un pote. Rachelle y vient sûr que son intégration va mieux se passer. Et bien non ! Le gars qui l’a séduit, c’était juste un pari où il devait la baiser. Et il a filmé leur orgasme. On se retape alors les images de sex tape pendant que l’assistance se marre tellement fort que ça en devient risible tant ils simulent, et Rachelle a alors une sorte de montage au hachoir dans la tête composé d’accélérés, de zoom navrants, de gars qui rient… On ne pige plus rien, et là, le carnage commence, et elle bute la plupart des invités (avec des cds comme dans Hellraiser III, avec une pelle à cendre, avec du feu comme dans Wishmaster), avant que notre jeune gothique ne tue une bande d’étudiant de façon nanarde (une fille se prend des éclats de verre dans les yeux et tire donc sur le gars d’à côté en lui arrachant les couilles au harpon, avant de mourir de ses éclats de verres en surface des yeux). On conclut sur la love story entre l’ami de Rachelle qui regrette cette triste histoire et qui commence lui aussi à développer des dons bizarres. Certes, on se fait chier pendant une heure, mais y a une petite demi-heure étalée dans le film qui vaut son pesant de cacahouètes question comique involontaire.

 

0/6 mais un honnête 12/20 nanar

 

1999
de Katt Shea
avec Emily Bergl, Amy Irving

 

http://s3.amazonaws.com/auteurs_production/images/film/the-rage-carrie-2/w448/the-rage-carrie-2.jpg?1289482134

Craignez la colère de la gothique !

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commentaires

princécranoir 07/07/2012 13:38

Carrie 2, le retour, c'est ce que je vis régulièrement chez le dentiste : c'est pénible.

voracinephile 12/07/2012 13:08



^^ Bienvenu au club ! Très bonne vanne en tout cas, chapeau bas !



Vince12 07/07/2012 10:04

Le premier est un chef d'oeuvre de Brian. Une film d'Horreur psychanalytique.
Le second jamais vu, mais vu la note je pense pas le voir.

voracinephile 12/07/2012 13:07



Un véritable immondice que ce Carrie 2 ! A éviter si possible. En revanche, le premier, quelle baffe !



Zogarok 06/07/2012 22:50

Qu'est-ce que ce mauvais goût t'amènes à faire ! Bon sérieusement, je ne le pensais pas aussi nul ce 2nd opus : j'avais bien flairé le girly-teen, mais là c'est carrément une prouesse dont tu
parle. Pour CARRIE, je ne monte pas à la note maximale (5 sans doute), mais le personnage est très touchant, j'ai l'impression d'avoir un peu connu et même entrevues ce genre de "vies". Forcer
l'empathie avec une refoulée de cour de récré était courageux mais avisé ; en revanche, le côté revanchard de "victime" de la même cour d'école m'a toujours semblé un peu démagogue -surtout que la
malheureuse ne fait pas preuve de talents particuliers ; le spectateur ne peut pas lui pardonner "au nom de", mais seulement par empathie radicale. Et naturellement, j'avoue avoir été en empathie -
peut-être pas radicale, mais bien prononcée. J'aurais voulu des camarades plus vulgaires pour parfaire le tableau ; ou alors plus d'alliés -le scénario y va très fort là-dessus, Carrie est vraiment
totalement laissée-pour-compte.

voracinephile 11/07/2012 17:21



Mon mauvais goût me perdra... Mais j'aime bien faire des chroniques hétérogènes comme ça, on en a pour tous les goûts. On est clairement bien en dessous du girly-teen à la Jennifer's body, mais
dans le comique involontaire.


J'ai découvert Carrie très tard pour ma part (il y a 3 ans), mais le registre émotionnel du film m'a moi aussi emballé, c'est d'ailleurs ce qui fait la force essentielle du film et permet
d'oublier un peu les figures clichées... Des camarades encore plus vulgaires pour forcer le trait ? Je pense qu'un ou deux alliers de plus (eux aussi victimes, mais sans télékinésie) auraient
arrondis les angles. Pour ma part, si je trouve le côté revanchard plutôt réussi (je ne cherche pas à excuser Carrie, on compatit en revanche sur son sort), le dénouement où elle perd le contrôle
de son pouvoir m'a toujours semblé expéditif, ou en tout cas manquant de détails pour expliquer cette pulsion d'auto destruction (certes, la mort de sa mère, mais Carrie semble maîtriser son
pouvoir...).



alice in oliver 05/07/2012 22:35

le premier est un véritable chef d'oeuvre et un classique du cinéma. Il mélange habilement conte et teen movie au service d'un récit particulièrement cruel.
Quant au 2, jamais voulu le voir, ne serait ce que par respect pour le 1er

voracinephile 06/07/2012 13:29



^^ On est tous d'accord sur les qualités monstrueuses du 1. Perso, le 2 m'avais beaucoup tenté quand j'en avais entendu parlé, mais jamais cet étron cinématographie n'atteint le sixième de la
puissance du film de DePalma. Ca serait plutôt l'inverse : on est mort de rire dès que des gars se moquent de Rachel tellement c'est sur-dramatisé...



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