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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 12:20

 

 

 

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Ah, l’astre mélancolique qui a rythmé nos nuits et qui a été l’objet de tant de fantasmes. Poètes, scientifiques, enfants, adultes, la lune a toujours fait rêver, et la découverte d’un simple désert rocailleux  en 1969 a stoppé bien des spéculations. Toutefois, certains ont prolongé la rêverie (le premier épisode de Wallace & Gromit, la série de BD De Cape et de Crocs…). Et se replonger dans la spéculation d’une planète à portée de la notre a de quoi charmer. C’est ce que se propose de faire cette chronique, qui traite du coffret « Voyages vers la lune » rassemblant quatre films tournant autour de la belle blanche, bien évidemment toujours pleine. A une époque où les scénaristes étaient encore plus imaginatifs que les scientifiques, nous avons là quelques amusantes trouvailles qu’il convient de rappeler à notre mémoire…

 

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Les sélénides vous invitent cordialement à venir les visiter. Hé hé...

 

De la terre à la Lune : adaptation fidèle du livre de Jules Vernes, ce petit film est le seul qui ait bénéficié d’un tournage en couleur dans l’ensemble de la sélection. Tentant sans doute de damer le pion à des productions bénéficiant de moyens plus conséquents (le film a été tourné après Voyage au centre de la Terre et 20 000 lieues sous les mers), il commence donc sur d’excellentes bases, en osant filmer de plein fronts les exploitants de la guerre de Sécession, qui sans s’investir dans le conflit ont générés d’énormes fortunes en l’alimentant en armes et munitions. Soucieux de servir l’humanité d’une plus noble façon, Barbicane fait part à ses amis millionnaires d’un grand projet de construction d’un obus capable d’aller sur la lune. La communauté scientifique est bien évidemment sous le choc, et Nicholl, concurrent intégriste, tente de dresser l’opinion publique contre cet hérétique projet pouvant amener à la fabrication d’armes encore plus effroyables ! Bref, tout le monde parle beaucoup et le projet prend peu à peu forme. Il convient bien sûr de souligner que nous sommes dans un film de SF très bavard et qu’il ne se passe donc pas grand-chose. Les effets spéciaux sont corrects, mais si le film manque bien de quelque chose, c’est de lune. Elle a beau être l’objectif principal, le film s’arrête à ses portes (conscient probablement des énormes moyens techniques qu’il serait nécessaire de réunir pour pouvoir illustrer la lune EN COULEURS). Reste donc un voyage pantouflard avec quelques petits problèmes techniques visant à entretenir le suspense et un opposant pour le moins cabotin quand il hausse les sourcils. Le cru le moins audacieux de la saga, qui toutefois, en faisant des efforts pour cadrer avec un certain réalisme (ce que ne fera aucun des autres films de la sélection), s’attire une petite sympathie. Une rareté très dispensable, mais pas honteuse.

 

2/6


1953

de Byron Haskin

 

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Project Moonbase : Avec Projet Moonbase, on entre enfin dans le fantasme revendiqué, le film nous étant vendu sous l’étiquette de science fiction alors qu’il s’agit clairement de nanar futuriste réjouissant. Désirant pouvoir maintenir la supériorité et l’indépendance du monde Libre, les américains décident d’organiser une mission de colonisation de la lune (résonnez, trompettes). Mais une organisation malfaisante composée de vils oppresseurs communistes tente tout pour ralentir les progrès de la science pour maintenir le monde dans la servitude et le chaos. Personnellement, je m’attendais à voir de la surenchère technologique, mais nous avons plutôt là d’authentiques cocos contestataires, qui ont décidé de détruire le monde parce que c’est pas drôle si tout le monde cherche à l’améliorer. Genre ils dépensent du fric pour que tout le monde y perde ! Ben ça, c’est des méchants authentiques, auxquels on croit. Et pour réaliser leurs funestes desseins, ils infiltrent un traitre dans l’équipe des futurs astronautes sélectionnés pour la mission. Et c’est après moult bavardages que la fusée décolle enfin, nous emmenant vers la stratosphère et la station spatiale internationale. Autant dire que les séquences d’accélération sont prétexte à de nombreuses grimaces de la part des acteurs et que les effets spéciaux où les gens marchent sur les murs sont finement gérés, à en rendre jaloux monsieur Kubrick qui n’a rien inventé. L’humour rétro  qui occupe une bonne part des dialogues et le charme kitch de la station spatiale (qui semble avoir été tourné dans une école dont on a repoussé les pupitres dans les placards) confère donc de solides attributs nanars à cette production, qui pousse encore plus loin les enchères quand commence la mission lunaire. Le traitre passe alors à l’action, pendant un combat en phase d’accélération qui rend les grimaces de nos acteurs encore plus exagérées. Puis nous arrivons enfin sur le sol lunaire. Si les sorties sont indéniablement réussies, le scénario semble alors en panne, nous cantonnant à quelques petites incursions et à une digression sentimentale qui trouve son point d’orgue dans la célébration du premier mariage lunaire, salué par la présidente des Etats Units elle-même (belle preuve de prévoyance que ce choix scénaristique féministe). Le film conclut sur un baiser aussi brutal que non réfréné, mais le générique préfère s’arrêter là, il n’y aura que Moonraker pour nous montrer l’acte en apesanteur (pendant que Lonsdale s’étouffe dans l’espace en poussant des couinements). Totalement réjouissant malgré son absence de rythme, projet moonbase réussit donc sa mission de divertissement kitch, en se fendant au passage de quelques détails visionnaires (téléphones sans fil, illustration de gravité zéro...) qui rajoutent un peu de sel à l'ensemble.

 

3/6


1953

de Richard Talmadge

 

projectmoonbase02

 

Mutiny in outer space : Attention, nous avons ici une série B de poids puisque le film ne nous propose rien de moins que l’attaque d’un fongus lunaire de très mauvais poil. Tout commence avec une situation futuriste assez crédible : la prévoyance de l’exploitation lunaire. Au retour d’une mission de reconnaissance sur une nouvelle installation spatiale internationale, beaucoup d’échantillons minéraux et de glace (car le cœur de la lune en est ici rempli) sont ramenés pour analyse. Mais l’un des astronautes se retrouve contaminé par un éclat de glace, qui se trouve être contaminé par un champignon extra terrestre. Et ce dernier, qui a un instinct de colonialisme encore plus développé que celui de l’Homme, se met alors en quête de remplir toute la station. Les survivants tentent donc le lui échapper en se confinant dans les dernières pièces pendant que l’état major cherche désespérément une solution pour se débarrasser du parasite végétal. Mutiny in outer space est donc un film qui joue sur la tension et le climat d’incertitude, où chacun tente de faire face à la crise à sa façon. La mutinerie promise par le titre a lieu à mi chemin quand une partie de l’équipage, certaine de tenir une solution pour venir à bout de la créature, est mise aux arrêts par le capitaine. Sous-estimer la menace, ce n’est jamais une bonne façon de survivre dans un film de science fiction. On trouvera surtout que la production gagne un certain charme avec sa créature de service, qui jouissant d’une croissance accélérée, colonise tout l’extérieur de la station aux trois quarts de l’histoire. Les effets spéciaux ne sont pas plus mauvais que ceux de Projet Moonbase, et le côté ambitieux de cette invasion extra terrestre en orbite est suffisamment novatrice pour supporter les inévitables tunnels de dialogues qui parsèment l’ensemble de la production. Complètement gratuit et gentiment fantaisiste, c’est une gentille truculence cinéphile.

 

2/6

 

1963

de Hugo Grimaldi

 

mutiny in outer space photo 2

 

Missile to the moon : Mon préféré de la sélection. Avant l’écriture, le scénariste s’est injecté un bon litre de LSD, et sous inspiration divine, il nous a pondu l’un des récits les plus ambitieux sur la conquête de la lune. Une mission lunaire est lancée avec un financement massif de la part du gouvernement. Le professeur Green, à la tête du projet, investit de son temps sans compter. Mais à la veille du grand départ, ces frileux de démocrates annulent son projet et l’empêchent même de pouvoir accéder à son matériel. Ne l’entendant pas de cette oreille, notre scientifique décide de déclencher lui-même le décollage de sa fusée, et de continuer son expédition comme elle était prévue. Entre temps, deux jeunes voyous poursuivis par la police se cachent dans la cale de la fusée, et résistent au décollage en serrant les dents très fort. Bénéficiant de réserves d’oxygène virtuellement illimitées, le vaisseau fait donc route à vive allure vers la lune, en traversant au passage un champ de météorites qui secouent vivement les décors et nos spationautes. Arrivés presque sans encombre sur la lune (qui ressemble au désert californien, heureusement que le noir et blanc permet de faire illusion (le ciel bleu est donc gris clair)), nos explorateurs découvrent épouvantés que la surface de la lune est colonisée par des dizaines de monstres de pierre (arrgg ! Apollo 18 n’a rien inventé !) qui se déplacent par petits bonds en poussant des cris nerveux. Les spectateurs les plus attentifs remarqueront un trou duquel émergent le nez et les yeux du figurant chargé d’animer le bestiau. Rajoutons à cela que le soleil se révèle mortel pour quiconque se retrouve exposé sans protection à ses rayons gavés d’énergie. Semant les géants de pierre en marchant assez vite, les astronautes découvrent un réseau de grotte dans lesquelles ils se réfugient. Ils découvrent alors la présence de vie intelligente quand un gaz inhibiteur les plonge dans un profond sommeil. A leur réveil, ils découvrent le peuple des sélénites, de belles femmes très typées années 50 dont les coiffures rivalisent en kitcherie, la palme étant très largement remportée par leur reine, sa coiffe devant être un cauchemar lors des passages de portes. Bref, nos astronautes ont tout le loisir d’étudier le peuple de la lune (qui survit donc dans des grottes remplies d’oxygène), et même de se livrer à quelques séances de drague, car il est bon de soigner les relations diplomatiques. Mais très vite, deux axes dramatiques distincts apparaissent… Alors que l’un des malfrats apprend que les diamants se ramassent par poignées dans les grottes et qu’il envisage d’en ramener des kilos, ses camarades souhaitent retourner sur Terre, ce qui n’est pas vraiment du goût de la reine en place, qui envisageait déjà le mariage avec le chef d’expédition… Pour les empâcher de rejoindre leur astronef, les cruelles (mais belles) sélénites relâchent dans les cavernes une armes biologique terrifiante : une araignée géante en carton qui agite vaguement ses grosses pattes en pointant les balles de ping pong qui lui servent d’yeux vers la caméra. Un craignos monster authentique qui arrachera des éclats de rire dès qu’il apparaîtra. S’ensuivent moult péripéties que nous ne déflorerons pas pour ménager un peu de surprise aux éventuels curieux. Reste que ce film témoigne de solides appuis moraux (une seconde chance accordée aux criminels, mais la peine capitale pour les récidivistes, la diplomatie par l’amour plutôt que par la guerre auprès du peuple féminin de la lune…) et a une certaine propension à l’hallucination aventureuse, qui lui octroie un charme indiscutable, malgré là encore des tunnels de dialogues pas très dynamiques. Probablement le meilleur de la sélection, et en tout cas le plus ambitieux au vu de l’étroitesse du budget.

 

1/6 mais un bon 14/20 nanar

 

1958

de Richard E. Cunha

 

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Des coiffures dépaysantes...

 

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Un monstre poilu...

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commentaires

Film streaming 18/05/2014 21:35

Merci pour cet article en tout cas !

voracinephile 28/05/2014 16:27



De rien ^^ J'espère que cette escale lunatique apportera un peu d'humour après un Gravity très... grave.



alice in oliver 25/08/2013 08:19

oui, tu le trouveras sur le blog mais sous son titre original

voracinephile 25/08/2013 14:07



Et quel est son titre original ? J'ai cherché Journey to the seventh planet sur ton blog et rien ne sort de la recherche...



alice in oliver 24/08/2013 08:23

tu trouveras de nombreux nanars de sf sur mon blog, entre autres les 2 que tu cites. J'espère voir la chronique de the angry red planet prochainement

voracinephile 24/08/2013 11:06



Oh, tu as vu Voyage sur la septième planète ? Mais j'accours !



alice in oliver 21/08/2013 07:07

content que tu l'aies vu: j'espère voir la chronique prochainement sur ce blog

voracinephile 23/08/2013 13:33



Le début est assez long, mais une fois sur la planète rouge, c'est un festival... La chauve souris araignées géante m'a presque étouffé de rire, et pour la grosse méduse finale, c'était du lourd
également. J'ai aussi récupéré Journey to the seventh planet, un charmant nanar de SF également (avec un tyrannosaure en pâte à modeler de belle facture !). Je pille les vieux films à disposition
sur youtube...



alice in oliver 17/08/2013 08:11

tu ne seras pas déçu: un vrai délice, à condition de le regarder comme un sacré nanar ! Je parle évidemment de the angry red planet. Il te plaira celui là...

voracinephile 18/08/2013 00:06



Je l'ai vu, du très lourd en effet ! Mais du réalisateur du géniallissime Reptilicus, je n'en attendais pas moins. C'est parti, je vais explorer toute sa filmographie, en espérant qu'elle sera
constituée de narnars d'exception ! Si possible bourrés de gros monstres improbables... Merci encore pour le conseil ! Jette un oeil aux liens que j'ai filé à Vince pour ce programme nanar.



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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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