Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 11:11

cliffhanger-2.jpg

 

Pointure du film d’action des années 90 avec un Die Hard 2 largement à la hauteur, Renny Harlin a trouvé le genre qui restituait bien ses envies de divertissements, assumant en tout cas ses meilleures commandes avec lui (car Renny est avant tout un homme de contrat, comme en témoigne Freddy 4 ou le fanfaron Peur Bleue). Quintessence de son art, Cliffhanger est, comme le laisse entendre son titre, le sommet d’une carrière et un beau relief du genre, offrant d’ailleurs à Stallone l’une des plus belles pièces de sa filmographie. Rythmé, sans temps morts et dotés de personnages bien gérés (des clichés jubilatoires), c’est probablement le meilleur film de son réalisateur (dans un contexte de film d'action, car Renny ne sait pas vraiment jouer avec les codes du genre), et la démonstration d’une envie de divertissement à la fois violent et jouissif.

L’histoire : après un accident dramatique, Gabe, secouriste alpiniste dans les Rocheuses, broie du noir. Au même moment, un piratage aérien d’un transport de fret s’enclenche au dessus des montagnes…

 

Cliffhanger.jpg

 

Si mon enthousiasme va paraître démesuré, c’est parce qu’il y a dans Cliffhanger absolument tout ce qu’on est en droit d’espérer d’un film d’action (au point de le propulser dans la catégorie des chefs d’œuvre du genre). Opéré avec une limpidité qui n’a d’égal que l’efficacité du scénario (une heure quarante sans digressions), Cliffhanger regorge d’instants de bravoure, de violence sale et surtout, il est éblouissant au niveau du cadre naturel. Rare sont les films capable que créer une telle sensation de vertige au premier degré (pour vous en convaincre, voir le médiocre Vertiges), et ici, il est exploité avec un sens quasi virtuose de la mise en scène. Mettant toujours en valeur les reliefs sur lesquels évoluent nos acteurs (on notera même des travelling vertigineux et puissamment immersifs), rarement un film montagnard se sera révélé aussi impressionnant, aussi entreprenant… Le braquage aérien est à lui seul une séquence de bravoure qu’on ne nous a jamais offert depuis. La cascade est d’ailleurs répertoriée comme l’une des plus chères du milieu, vu la complexité de la coordination entre les deux avions (et il faut le voir pour le croire). Et à partir de la trépidante séquence et du crash de l’avion (une maquette bien faite), le suspense se lance, comme nos personnages à l’assaut de la poudreuse ayant avalé trois valises remplies ras-la-gueule de billets. Malgré le soin du contexte (5 minutes chrono au total pour détailler le convoi de fond, la nature du chargement et les motivations du leader patibulaire), rarement les enjeux auront été aussi simples, et finalement aussi exploités. Ménageant chacune des confrontations entre les hommes de main et un Stallone furibard pour en faire un combat marquant (variété des morts, les plus marquantes étant celles de la stalactite et du perforateur), le film conserve son efficacité sans jamais faire mollir l’ensemble, et surtout sans jamais se rendre ridicule. Là où certains de ses concurrents s’accordent des incohérences (brutal changement de caractère d’un second rôle, cascade impossible…), Cliffhanger est exigeant et vise le réalisme, comme en témoigne le gore utilisé pendant tout le film. Chaque impact de balle fait pisser le sang comme le maître Verhoeven, et cela sans crainte des réactions de la censure (le passage de la stalactite est, bien sûr, le meilleur exemple). Des éléments qui se rajoutent aux qualités du bestiau, qui va sans cesse de l’avant, jusqu’au grand final qui conclue d’une façon jubilatoire l’affrontement titanesque au cœur des montagnes. Feu d’artifice final qui joue une dernière fois sur le vertige du spectateur, Cliffhanger conclue en beauté, avec évidemment le dialogue humoristique final digne d’un Mc Clane, enchaînant sans épilogue sur le générique, point final à un spectacle plus que satisfaisant. L’efficacité revient indéniablement à des méchants bien gérés, chaque homme de main bénéficiant d’un petit traitement de caractère certes cliché, mais qui « l’incarne » suffisamment pour qu’on se rappelle de sa tête (et de son principal trait de caractère). Avec en prime un méchant principal machiavélique qui se révèle pleinement satisfaisant dans son emploi, faisant courir Stallone jusqu’au point de côté (déjà un exploit quand on voit qu’à soixante ans aujourd’hui, Van Damme lui arrache à peine un grognement dans Expendables 2). Bonne référence du grand film d’action, Cliffhanger, depuis sa sortie, bénéficie d’une notoriété tout à fait enviable, et se hisse à la hauteur des Mc Tiernan (le temps d’un film). A couper le souffle.

 

5/6


1993
de Renny Harlin
avec Sylvester Stallone, Michael Rooker

 

Cliffhanger-5.jpg

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Nicos31 14/02/2014 17:51

un des meilleurs films avec Stallone , les séquences d'alpinisme se révèle fort crédible , les scènes d'action vraiment superbe le tout porté par une mise en scène intelligente et un groupe
d'acteurs vraiment bien choisit.

voracinephile 14/02/2014 21:04



Tout à fait mon avis. C'est même un pilier du film d'action des années 90. Sérieux, assez ambitieux et aux effets spéciaux bien gérés, une excellente commande où tout le monde joue son rôle, dont
l'enthousiasme se révèle largement communiqué au spectateur. Inoubliable, et il n'a pas pris une ride !



borat8 03/07/2013 22:15

L'ile au pirate encore un film que tu as raté à la télé! Je l'avais vu le lundi de pacques sur la 2!lol

voracinephile 05/07/2013 11:05



Grrr



alice in oliver 03/07/2013 15:02

un bon cru de Stallone qui signe aussi le retour de l'acteur (à l'époque) aux films d'action. Pas mal du tout mais pas transcendant non plus

voracinephile 05/07/2013 11:05



Oh, quand même, Cliffhanger a de beaux moments (et surtout, chaque mort de personnage bénéficie d'une mise en valeur). Et si les effets spéciaux sont parfois un poil voyant, le film exploite bien
son terrain de jeu et se révèle palpitant d'un bout à l'autre...



borat8 02/07/2013 19:45

Pour Freddy, disons que comme la plupart des Freddy après le film de Craven, il a été bouffé par l'autocensure de New Line. L'île aux pirates est pas mal aussi ou tout du moins divertissant et n'a
pas mérité le four qu'il a eu à l'époque. Au revoir,à jamais vaut vraiment le coup et est un pur film d'action où Geena Davis s'éclate.

voracinephile 03/07/2013 12:24



Hâte de découvrir ces deux crus du bonhomme !



2flicsamiami 02/07/2013 18:19

C'est d'ailleurs pour cela que j'ai mis bon entre guillemet parce que on ne peut pas dire que le film soit bon mais il procure du plaisir si on se met, comme tu le dis, en mode nanar.
C'est vrai que sa carrière est constitué de commande. Je pense que son style convient davantage au film d'action ou d'aventure (j'ai d'assez bon souvenir de L'île Aux Pirates), les films d'horreur
ou les thriller ne fonctionnent pas parce qu'il met autant de gros effets visuels que dans ces actioner (le coup des chiens dans L'Exorciste, faut s'accrocher).

voracinephile 03/07/2013 12:24



J'avais noté les guillemets^^. L'île aux pirates manque à ma culture cinéphile, il faut que je m'y penche, comme d'ailleurs sur Au revoir à Jamais. Enfin, pour le cas de Profession profiler, le
scénar est ultra conventionnel (à part une mise en scène macabre un peu inspirée, rien d'intéressant), et pour The cleaner, c'est mou du début à la fin... Il y a du too much niveau visuel, mais
il n'a surtout pas été gâté par les scénaristes...



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche