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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 09:39

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En 1982 sort un film tribal, une ode à la vengeance qu’on croirait forgé par des vikings : Conan the barbarian. La critique s’enflamme, mais plutôt en faveur du projet, rejoignant les avis du public sur la cohérence de l’univers créé. C’est aussi la première propulsion d’Arnold Schwarzenegger à l’internationale, et le rôle qui lancera définitivement sa carrière. Son contrat stipule qu’il doit  pouvoir assurer son rôle dans 5 épisodes de l’aventure (la logique Star Wars est déjà là). De Laurentiis est comblé par le succès de ce premier opus et enchaîne rapidement sur un second, envisageant sereinement une trilogie : Conan the Destroyer. Tout le monde s’emballe, sur que derrière la caméra, c’est pas un manche. Richard Fleischer, le génie auquel on doit 20 000 lieues sous les mers et le tribal Les Vikings ! Tout se présente donc pour le mieux… Les résultats du box offices sont loin d’être décevants, avec une récolte de plus de 30 millions là où le film n’en a coûté que 6,9. Mais maintenant, le film a incroyablement mal vieilli, et fait preuve de quelques artifices nanardeux qui l’handicapent sévèrement au regard de son prédécesseur. Bref, après une telle expérience, Schwarzy casse son contrat et se lance vers autre chose (une petite série B de SF qui fera un poil de remous : Terminator). De Laurentiis veut relancer la machine, mais il a énormément investi dans le Dune de David Lynch… qui connaît un bide retentissant. C’est le coup de grâce pour Conan, qui ne renaîtra pas de ses cendres… Du moins pas sous ce nom là… Fleischer a un amour déclaré pour l’héroïc fantasy (mais elle, elle ne l’aime pas), et se lance dans une adaptation de Red Sonja, et de Laurentiis se débrouille pour faire jouer le second rôle de Barbare Kalidor… à Schwarzy. Le procédé est tellement gras que le film est vendu sous le nom de Kalidor, ignorant complètement son héroïne, et osant en faire un second rôle. Le résultat est en deçà du précédent Conan, mais un petit côté kitch laisse l’aventure se regarder, pour peu qu’on passe en mode nanardeur ou naveteux. Une saga qui a la constance pour elle : c’est de pire en pire. Et le remake de cette année ne semble pas avoir échappé à la règle.

 

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Conan le barbare : Impressionné. Ce doit être le sentiment qui a envahi chaque spectateur lors de la découverte de l’objet. Il est très gratifiant de découvrir un film cohérent, qui manie bien ses thèmes pour nous faire vivre une histoire simple, mais intense. Conan, joué par un Arnold ultra impliqué (il sait qu’il joue son avenir dans ce rôle), est un monolithe, une montagne de muscle qui acquiert ses biceps en travaillant comme esclave, qui ne crache pas sur la bonne chair, et qui a une famille a venger. Simple, précis, et jubilatoire. Le silence de Conan (forcé ici par les difficultés d’Arnold à parler l’anglais sans accent) ne permet pas de complexifier le personnage, mais met en avant son physique impressionnant, et réussit à nous faire aimer le personnage sans aucun problème. Avec un tournage privilégiant les grands espaces, le voyage fait par Conan immerge complètement le spectateur dans cet univers réaliste (la magie n’apparaît que rarement, et elle est loin d’être tape-à-l’œil), qui privilégie le langage de l’acier à la poésie. Les seconds rôles sont suffisamment motivés pour qu’on croie à leurs compétences (l’histoire d’amour, grosse prise de risque, réussit à susciter les émotions désirées), et les décors de carton plâtre, malgré leur côté kitch, réussissent à créer des ambiances. La musique de Basil Poledouris n’est plus à présenter, cette partition étant devenue un classique, réussissant avec un orchestre plutôt réduit à insuffler beaucoup d’âme dans cet hymne à la vengeance (le nombre de dialogue étant restreint, la musique avait une importance capitale). Le traitement au premier degré de la vengeance, viscérale (la mort des parents est particulièrement violente), représentée comme le destin de Conan (sa mission l’amène justement à entrer en contact avec le bourreau de sa jeunesse : ce n’est en aucun cas une coïncidence), est aussi pour beaucoup dans la popularité du film, le registre émotionnel étant accessible à tous. On l’avait à l’époque comparé à Star Wars. Certes, le thème de la vengeance est présent dans cette trilogie, mais il y est camouflé par des enjeux beaucoup plus gros : la survie de l’univers, de la résistance, la chute d’un tyran… Dans Conan, on ne perd jamais de vue le caractère purement personnel de l’histoire (un regard de Conan en train d’aiguiser sa lame suffit à nous montrer que sa haine est encore vivante, et son supplice sur l’arbre du Malheur n’arrangera rien). A aucun moment, le film ne s’embarrasse de morale, il pose simplement des personnages et les laisse évoluer (ce qui assure au film une bonne capacité à encaisser le poids des années : sa mécanique n’est pas prête d’être révolue). Conan, c’est un film massif, qui marque les débuts imposants d’un acteur dont les succès sont mondialement connus. Conan, c’est le travail de titan de John Milius, qui s’est battu pour faire ce film, et qui en est jusqu’à aujourd’hui récompensé. Conan, c’est l’œuvre barbare qui n’est pas prête d’être détrônée par le premier remake venu…

 

6/6

 

1982
de John Milius
avec Arnold Schwarzenegger, James Earl Jones

 

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Conan the destroyer : Conan se met à parler, pour notre plus grand malheur. Clairement, l’icône de conan souffre beaucoup de ce chapitre, qui entache sévèrement la peinture tribale que Milius nous avait offert en 81. Fleischer veut faire un film d’aventure bigger than life, et ça ne le fait pas. Mais alors pas du tout. Si les décors du premier étaient gentiment kitch, les décors tiennent presque ici du mauvais goût tant ils échouent à créer ne serait qu’une once de dépaysement. Tout pue le carton plâtre, et ça, ça handicape toute tentative de majesté. Avec un faux raccord monstrueux dès le premier plan de Conan (un technicien qui sort du champ), on commence fort, et le festival n’est pas prêt de s’achever. Schwarzy nous offrira une de ses plus piètres performances en jouant le mec bourré auprès d’un feu (en VO comme en VF, le résultat est drôlement gênant). Mais qu’on se rassure, la galerie des personnages secondaires est à la hauteur de nos attentes ! Avec un collègue voleur qui ne sert à rien (mais vraiment à rien, que dalle !) et qui fait des blagues pas drôle et un autre barbare menaçant qui passe son temps à aiguiser ses armes en regardant Conan de traviole, on voit qu’on est plus très loin du fond, qu’on atteindra avec l’inoubliable performance d’Olivia D’Abo. Véritable asperge déambulant au milieu de l’aventure sans comprendre ce qu’elle fait là, elle crie (son « Bombata ! » nous a tous cassé les tympans à de multiples reprises), elle hurle, elle gesticule, elle simule des visions… et c’est elle l’héroïne. La proposition qu’elle fait à Conan en fin de film nous laisse sur un dernier éclat de rire, tant nous approuvons Conan pour son départ (on se demande bien ce qui pourrait le motiver à vivre avec une cruche pareille). Passons les têtes coupées en plastique qui voltigent, les gros plans du regard inexpressif de Schwarzy, les plans biceps… Malgré le nombre monstrueux d’effets nanars, le film nous fait retrouver pendant quelques brèves séquences le Conan que nous avons aimé, celui qui assomme les chevaux d’un coup de pogne sur le mufle, qui balance une dague quand il en a marre de négocier et qui chevauche vers sa destinée en pleine nature. Et puis, ce petit côté nanar apporte aussi son lot de fou-rires. Avec un magicien se transformant en dessin animé avant de se fighter dans une salle de miroir en poussant un unique cri répété inlassablement, un final absurde et les cris d’Olivia d’Abo (qui a raflé 2 razzie awards pour la performance), Conan le destructeur est un navet, dont le potentiel sympathie léger autorise l’achat, pourvu qu’on ne dépasse pas les 5 euros.

 

1.5/6

 

1983
de Richard Fleischer
avec Arnold Schwarzenegger, Grace Jones

 

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Kalidor : Pour la petite histoire, Fleisher voulait appeler Kalidor Conan, mais les droits n’ont pas été cédés par de Laurentiis (il a encore un Dune à rembourser). Alors, il ruse, et nous offre le même personnage avec un nom différent : Kalidor. Le film commence d’ailleurs avec lui chevauchant et exécutant les dernières volontés d’une morte. Il est du coup assez drôle de constater que ce film est en fait une aventure de Red Sonja, qui est clairement reléguée au second plan pendant cette aventure. Ce n’est clairement pas elle qui nous intéresse, mais Kalidor en lui-même. Ce sera d’ailleurs lui le grand gagnant de l’histoire, arrivant à conquérir la farouche Red Sonja avec autre chose que des tartes dans la gueule. Gros point gênant pour le personnage de Red : sa genèse. Elle est ici totalement expédiée, par de très vagues flash-backs qui déclencheront plus le rire que la pitié (la reine lesbienne montrée comme le Mal incarné : ouh les méchantes lesbiennes !). Clairement, cette genèse relève de l’anti-conan, tant elle va à contrepied du modèle qu’elle essaye de singer (pas difficile pourtant ! Il suffisait d’accepter de tourner un film Restricted). Depuis, le personnage fait de la psychologie de comptoir en tuant tous les hommes qui la draguent (elle s’est faite violée par toute la cohorte de la reine). Le personnage du prince, sorte de nabot asiatique aussi chieur qu’un Demi-lune traverse cette histoire comme un électron libre, sans qu’on se demande d’où il vient et où il repart. On se fout juste de lui, ses actions étant totalement superflues dans le déroulement de l’histoire. Enfin, la méchante lesbienne nous gratifiera de quelques « cataclysmes », qui relèvent effectivement du traumatisme tant l’amateurisme des incrustations fait peine à voir. Si l’univers de Conan est toujours vivant, les personnages qui y évoluent ne sont plus que des parodies, des caricatures infoutues de créer la moindre tension dramatique. Kalidor est un ersatz, et doit se voir comme tel. On prolonge le plaisir de Conan avec un petit succédané sans grand goût, mais qui nous rappelle une saveur qu’on a beaucoup apprécié. Kalidor, ou la dernière tentative de Fleischer pour se prouver que l’Héroïne Fantasy ne l’aime vraiment pas, et qu’il faut laisser ça à des gens comme Michael J. Bassett.

 

0.5/6

 

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" BOMBATA ! Est-ce que c'est un vrai diamant ?"

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

Alice In Oliver 22/10/2011 13:39


personnellement, j'adore le 1er film: un chef d'oeuvre et un classique du genre. La suite est franchement nanardeuse, même chose pour Kalidor. Toutefois, je les préfère tout de même au remake, qui
n'a rien de sympthique, même ds sa médiocrité


voracinephile 22/10/2011 15:49



J'ai pas encore vu le remake, mais vu les commentaires de la communauté cinéphile (qui est totalement fan du premier volet), Marcus Nispel va encore me décevoir (son Vendredi 13 m'a un peu déçu).
Perso, Conan le destructeur mefait toujours un peu sourire, car je l'avais vu à une époque où je n'avais pas vraiment de recul cinématographiquement parlant, et je l'avais donc bien aimé. Rien
que Bombata et sa massue en aluminium suffisent à déclencher des fous-rires.



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