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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 13:48

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David DeCoteau est un réalisateur plutôt productif ( 65 films à son actif), spécialisé dans les productions à budget au mieux modeste, au pire famélique. Il est souvent obligé de composer avec des acteurs approximatifs et des effets spéciaux à l’arrache, dont le résultat n’est pas vraiment prévisible à l’avance. Si la saga des Puppet master m’a vraiment emmerdé (pas d’autres mots pour qualifier ces navets, pâle resucée de Dolls), le cas de Creepozoids m’a intrigué, car même si j’avais un gros pressentiment en face de la jaquette, le pitch racoleur offrait pas mal d’éléments comme on les aime, et annonçait la couleur avec une image d’ouverture digne de Duke Nukem. Faisons le profil psychologique de l’œuvre.

L’histoire : La guerre nucléaire a eu lieu. Le monde est détruit, les rares survivants évoluent dans les ruines, cherchant à bouffer et à survivre en évitant les mutants issus des radiations et en s’abritant régulièrement des pluies acides qui ravagent le pays. Un groupe de 5 personnes trouve refuge dans une structure militaire apparemment abandonnée, qui contient un laboratoire.

 

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J’étais tout simplement mort de rire devant ce pitch, ultra-racoleur et que j’imaginais déjà en mode nanardeux (« une structure militaire » ? Une cave, probablement ! « Un laboratoire » ? Deux fioles et un bécher !...), et surtout par les tags line de la jaquette, qui gueulaient qu’avec plus de 50 films, David DeCoteau était un maître de la série B américaine. Supplantant Carpenter ou Stuart Gordon, donc. Fort, ce David, surtout que personne en cours de ciné, à part le prof, ne le connaissait. Enfin bon, je met le dvd dans le lecteur, et là, il se passe quelque chose d’étrange. Dès le menu, je commence à penser à une ambiance de jeu vidéo d’arcade des années 80 (le genre de truc auquel je n’ai jamais joué), et c’est ainsi que démarre le film. Avec une musique électronique furieusement 80’s en mode jeu vidéo, le film a commencé à envoûter ma séance nanar, parvenant presque à me faire passer un bon moment (69 minutes au total). Déjà, parce qu’ils s’aventurent quand même un peu à l’extérieur, dans des décors totalement Duke Nukem (tag partout, building gris croulants, bref l'usine désaffectée du coin…), et que, même si ses acteurs acteurs sont toujours mauvais comme des cochons en termes de jeu, on a presque envie de croire le discours futuriste que le film tentait de mettre en place (mais il faut faire un gros effort). Après, il faut prendre l’objet pour ce qu’il est : une série B somme toute médiocre, misant avant tout sur l’exploitation que sur la peur. Ainsi, alors que l’eau non contaminée se fait particulièrement rare, nous aurons droit à une séquence de douche intime entre une survivante et un survivant, qui s’attardera quelques minutes sur leurs corps enduits de mousse en pleine action. Et le gros monstre de la jaquette, dans tout ça ? Il est particulièrement discret, sans doute hésitait-il, comme le spectateur, à interrompre la scène de douche, mais quand il attaque, il y va quand même franco. Possédant quelques maquillages gores sympathiques, le film traîne quand même un peu la patte pour nous clarifier la situation dans le bunker (ce qui nous donne au passage de magnifiques dialogues nanardeux type 80’s), et reste très flou sur les origines du monstre (l’introduction, où le monstre sort tout simplement d’un placard, et plus tard, quand on apprend qu'il est manipulé par un embryon humain...). Mais malgré tout, le film se suit d’un œil distrait jusqu’à son final sensé être imposant, sauf qu’il vire plus au ridicule, le film tombant dans le piège du cadrage nanardeux. Comprenez par là que dès que le monstre sort du champ, il devient invisible aux yeux de notre survivant, qui se retrouve alors en plan large dans une pièce vide, avant qu’un autre plan serré ne vienne annoncer la nouvelle attaque du monstre. Monstre qui , malgré des trucages pas forcément mauvais, fait plus rire pendant le corps à corps final qu’autre chose. Et comment on fait pour annoncer une suite ? Alors que le protagoniste se casse, on pensait que le monstre était mort, mais en fait non, il se relève et hop, générique ! Si Creepozoids tient beaucoup du nanar, sa facture un peu décomplexée, son ambiance diablement 80’s et son monstre en plastique sont d’autant plus attachants qu’au final, on a l’inpression d’avoir revu Doom, mais sans la moindre prétention. Personnellement, je préfère maintenant Creepozoids à Doom, un petit film qui ne vise pas plus haut que ce que son pitch lui permettait, et qui, à défaut de provoquer l’adhésion, donne plus que la bouse attendue. Allez David, tu tiens le bon bout !

 

1,8/6

 

1987
de David DeCoteau
avec Richard Hawkins, Linnea Quigley

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Published by voracinephile - dans Nanar (modeste)
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commentaires

alice in oliver 06/02/2012 17:45

c'est clair que DeCoteau n'est pas Cronenberg: on évitera donc de faire la comparaison

voracinephile 06/02/2012 18:06



Et pourtant ils s'appellent tous les deux David !



alice in oliver 06/02/2012 15:29

oui, du vrai bon nanar ! Perso, j'en redemande. Gare à la lobotomie du cerveau toutefois...

voracinephile 06/02/2012 17:00



^^ DeCoteau, c'est pas non plus Cronenberg ! Aucune chance de voir un magnétoscope apparaître sur ton ventre par l'abus de VHS douteuses...



alice in oliver 06/02/2012 09:25

un alien du pauvre, visiblement tourné dans un garage: un nanar très rigolo, tellement médiocre qu'il finit par devenir curieusement génial

voracinephile 06/02/2012 12:40



Oui, j'ai relu ta chronique à ce sujet. Un gros nanar comme on s'y attendait, mais cette ambiance diablement 80's m'a fait sourire pendant une heure vingt. Aucuns regrets, un bon cru de DeCoteau
(parce que son tv film avec les grizzly... Oh mon Dieu...)



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