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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 19:13

http://imworld.aufeminin.com/cinema/crocodile-3863_L.jpg

 

Tobe Hooper n’est plus à présenter. Réalisateur de plusieurs monuments de l’horreur cinématographique, il peine cependant à retrouver son génie durant la décennie 2000, la faute à des budgets faméliques et à un certain manque d’idées entraînant des échecs critiques et commerciaux successifs qui ne l’aident pas à se remettre en selle (voir par exemple l’infâme Toolbox Murder ou le médiocre Mortuary). Il a logiquement tenté de reprendre une de ses franchises pour retrouver sa verve d’antan, et son choix s’est porté sur Le Crocodile de la mort. Un film de croco sympatoche où Hooper cultivait ses ambiances kitch tout en mettant en scène un croco meurtrier. Voici donc sa suite : Crocodile. Un monument… dans son genre.

L’histoire : un groupe de potes part passer le spring break sur une barquasse miteuse flottant sur un fleuve boueux. A une de leur halte, ils découvrent un nid d’œufs bousillé, et l’un d’eux décide de conserver un œuf.

 

crocodile--2.jpg

 

Hooper était bien peu inspiré et ça se sent, le nombre de clichés passant à l’écran étant tout simplement réjouissant. Du couple d’ados sympa destiné à survivre (c’est simple : ce sont les physiquement plus beaux du groupe), du pote relou au shérif à lunettes de soleil, on ne compte plus les situations connues d’avance. Et pourtant, Tobe a l’air d’y croire puisqu’il nous fait partager le quotidien de cette bande de crétins qui passe son temps à boire et à faire des jeux stupides. Nous remercierons en tout cas les créateurs de la VF, qui nous gratifient pour le coup de dialogues soignés (« Les Egyptiens vénéraient ce crocodile comme un dieu. » « Ouaip ! Et moi, je suis le dieu de la fécondité ! ») et de gags volontaires (notre couple s’embrasse, un grondement retentit : GRRRR « Tu as entendu quelque chose ? » « … Non ! » et ils recommencent à s’embrasser) qui viennent transcender ce spectacle particulièrement pauvre et affligeant. On sent que le film veut essayer d’être impressionnant, mais il ne parvient jamais à faire décoller l’histoire, à retrouver ce petit côté années 80 de l’horreur où le monstre punissait les erreurs de certains membres du casting. L’arrivée des deux pêcheurs qui bousillent le nid est un grand moment de nanardise, nos personnages en rajoutant une couche à chaque fois qu’ils prennent la parole. Mais la star du film, c’est Duncan, le pote relou. Déjà, personne ne l’a invité, et tout le monde semble le mépriser. Ensuite, son humour consiste à tenter de se planquer dans 20 cms d’eau (son cul et ses cheveux sortent de la flotte) pour faire des jump scare comiques à ses potes, quand il n’essaye pas de baisser leur maillot de bain avant de nous gratifier d’un rire gras. Ainsi, il fait 4 ou 5 fois la blague du croco, et quand ce dernier se pointe pour de vrai, il joue le sceptique pendant 30 bonnes secondes avant de commencer à nager mollement vers la rive. Mais on se le tape jusqu’à la fin. Et entre temps, on le verra draguer sans la moindre finesse la copine de son meilleur pote (« Ma belle, tu aurais envie de te venger ?... Tu vois ce que je veux dire… Oh, aller ! Le missionnaire, la brouette chinoise, le 69 ! Un bon moyen de se venger tout en se faisant plaisir ! »), invectiver de ses reproches incessants les deux survivants qui le déplacent en brouette à cause de sa jambe bouffée (« Aïe ! J’ai mal ? Mais tu peux pas faire gaffe nan ? Imbécile, je souffre, moi ! Ahhh ! Hey, continues à pousser ! T’en as rien à foutre de moi, hein ? Ah, je le savais, t’as jamais été un bon ami ! ») et nous avouer pendant le dernier acte qu’il a sciemment fait renvoyer de l’école son meilleur ami pour être sûr de ne par finir seul après le lycée. Duncan, c’est un ami qu’on ne peut pas quitter (pour un peu, je penserais à une version amerloc de Harry, un ami qui vous veut du bien). Et parlons en, de ce dernier acte. Nos héros décident de tailler des pieux dans des branches, de tenter d’aveugler le croco en lui jetant un T-shirt sur les yeux et de lui planter les branches dans la gorge (rappelons que les balles n’arrivent pas à percer ses écailles). Et alors, on voit nos héros planqués derrière un buisson avec une brindille à peine taillée, il y en a même un qui porte un bout de bois même pas taillé du tout. Tobe hooper avait compris que le rire pouvait ajouter une nouvelle dimension à l’horreur. Mais ici, il a carrément atteint la profondeur nanarde, qui coule à chaque instant le potentiel horrorifique et impressionne le spectateur pour sa débilité. Un bon nanar signé par un soi-disant maître de l’épouvante sur le déclin. D’un côté, ça fait mal, mais  difficile d’y résister.

 

0/6   mais un correct 15/20 nanar

 

2000
de Tobe Hooper
avec Caitlin Martin, Mark McLachlan

 

http://www.zombiesandco.com/wp-content/uploads/2011/02/crocodile-4.jpg

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Published by voracinephile - dans Nanar (modeste)
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commentaires

alice in oliver 23/02/2012 16:37

après, c'est clair: je préfère tout de même le crocodile de la mort à ce premier Crocodile. Enfin, en même temps, je dis cela mais je n'ai vu que le 2ème !

voracinephile 23/02/2012 20:57



^^ Je pense que tu apprécieras ce nanar autant que sa suite, les adolescents valent le coup (surtout Duncan, qui mérite une palme pour sa performance de casse couille infatiguable).



alice in oliver 23/02/2012 10:33

je pense que tu fais référence au crocodile de la mort. Perso, je le trouve très surestimé

voracinephile 23/02/2012 15:45



Moi aussi, je suis modéré au sujet du Crocodile de la Mort. C'est encore sérieux et l'histoire reste d'un côté originale, mais on ne va pas dire que le film fait peur... Un cru modéré, mais
soucieux encore d'apporter unpeu d'originalité à ce qu'il explore contrairement à ce Crocodile totalement nanardeux.



alice in oliver 22/02/2012 21:13

je n'ai vu que le 2 ! Ceci dit, s'il est aussi nanardeux que la suite (ce qui semble être le cas), je suis preneur !

voracinephile 22/02/2012 22:37



Tu devrais beaucoup l'aimer en mode nanar, mais ça fait toujours mal de voir Tobe Hooper traiter aussi mal un sujet qu'il avait réussi à traiter correctement auparavent.



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