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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 19:49

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http://en.academic.ru/pictures/enwiki/67/CUBEZEROPOSTER.jpg

 

Vincenzo Natali a d’abord commencé dans le cinéma avec un court métrage appelé Elevated, où trois personnes restaient bloquées dans ce dernier pendant qu’un extra terrestre essayait d’entrer dans la cabine avec eux. Un huis clos de quelques minutes intriguant, mais qui témoignait déjà d’une certaine volonté de gérer un huis clos sous un angle étrange. C’est avec ces inspirations que le jeune réalisateur lance son premier long métrage, qui demeure encore aujourd’hui une référence du Huis clos, précurseur d’un certain côté de la famille des saw post III : Cube. Un succès critique et commercial qui vient lancer le réalisateur (qui ne connaîtra par la suite plus jamais le même entrain, que ce soit pour Cypher ou Nothing) et qui encourage les producteurs à réfléchir à une suite. Conscient de devoir conserver une part d’originalité dans le huis clos, ils misent sur un concept stimulant : l’hypercube. Hélas, le film peine à surprendre et peine souvent à être clair, ce qui donne finalement le projet raté qu’on peut voir aujourd’hui. Suite à cet échec, le nouveau projet prend hélas la tournure facile, celle qui revient régulièrement quand on interroge les amateurs du premiers : c’est dommage qu’ils n’aient pas mis l’accent sur les pièges. Et paf ! Avec Cube zéro, on tient là la formule ancêtre des saw, à savoir des personnages clichés dont on n’a rien à foutre et des pièges qui font toujours plus loin dans le gore et le jouissif. Certes, la formule peut paraître marrante, mais en étant objectif, le constat est proche de l’affliction…

 

http://www.journaldugamer.com/files/2010/05/gamcubemoviegame580-540x297.jpg

 

Cube : Vraiment, très intéressant huis clos que Cube, puisqu’il permet, avec des décors minimalistes (seulement 4 cubes nécessitent d’être construits), de mettre en scène un huis clos labyrinthique et tendu. Malin, le scénario l’est à bien des niveaux. En commençant par exemple par nous montrer un individu lambda évoluer dans quelques pièces jusqu’à tomber sur un piège, le film lance déjà une sorte de code de couleur (attention aux pièces oranges) qu’il faudra par la suite remettre en question quand on se mettra à suivre le groupe de survivant. D’ailleurs, le groupe est plutôt bien pensé, puisqu’il donne à chacun des personnalités propres qui vont même évoluer pendant le périple dans la structure. Structure qui reste d’ailleurs bien mystérieuse, le film passant volontairement sous silence les origines de cette structure, pourtant bel et bien construite par des êtres humains (mon avis est que les humains ont découverts des indications pour construire cette structure sans que ses concepteurs en ait précisé le but). En entourant de mystère la raison d’être du labyrinthe, le film brouille totalement les repères de ses personnages et aussi ceux du spectateur, qui se trouve tantôt au cœur du groupe (les passages tendus, comme la traversée du piège en mode silence), tantôt observateur (le sentiment d’observation que ressentent les différents personnages). D’ailleurs, beaucoup de choses laissent à penser qu’il s’agit ici d’une expérience scientifique, nos personnages étant réduits à l’état de cobayes (mêmes vêtements avec leur nom dessus, de très rares accessoires…) et devant faire face à des casses têtes mathématiques régulièrement plus difficiles (les numéros des différents cubes, le fonctionnement de l’intégralité de la structure). Mais au final, tout le film fait plutôt penser à une expérience sur le comportement humain, et plus particulièrement sur l’évolution comportementale d’un groupe dans de telles conditions (la fonction de chacun dans son fonctionnement, les différentes motivations de chaque personnages…). Ainsi, l’identification de chacun est assurée (je m’identifie personnellement à Worth, dont le cynisme complètement assumé mais une certaine volonté de vivre cadrent finalement plutôt bien avec certaines de mes convictions (je pense que c’est le vecteur d’intégration de pas mal de cinéphiles). Malgré la monotonie des décors (à part la couleur des pièces, rien ne change jamais dans la structure qu’on explore), le film possède un rythme qui avance sans cesse, qui parvient à mettre en valeur l’intérêt psychologique du film en dégradant régulièrement les relations au sein du groupe, jusqu’à un final tendu (et sanglant) qui poursuit sur la note originale le dénouement du huis clos (qui aurait parié sur le survivant de l’expérience ?). Finalement très habile dans sa gestion de l’espace, plutôt claire dans l’explication du fonctionnement de la structure (les mathématiques nous sont ici considérablement simplifiés, les calculs matriciels qui s’imposaient nous étant expédiés en quelques équations gravées), la théorie mathématique qu’utilise le film pour installer son huis clos est accessible au profane (on regretterait presque qu’il n’y ait pas un peu lus de détails là-dessus, mais le sujet étant casse-gueule, on comprend qu’ils n’aient pas voulu insister). Au final un huis clos surprenant, et une vraie expérience sociologique qui devrait en secouer plus d’un.

 

5/6

 

1997
de Vincenzo Natali
avec Maurice Dean Wint, Nicole de Boer

 

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Cube 2, Hypercube : Voilà ici un film particulièrement mal aimé, car il n’atteint jamais le potentiel que son concept pouvait susciter. Cube 2 aborde une thématique passionnante : celui d’une quatrième dimension physique. Vu que j’ai fait des maths en prépa, j’ai à peu près réussi à comprendre où ils voulaient en venir, dans leur explication théorique d’une quatrième dimension. Cependant, dans l’hypercube, ils jouent aussi avec le temps. Ceci donne alors un résultat assez indigeste, le film se montrant finalement peu clair dans le concept mathématique qu’il veut exploiter. Si il nous parle de dimension temporelle (la découverte de nos personnages commence par nous dévoiler cet aspect de la structure, en montrant un ado ouvrir en un laps de temps très court plusieurs portes sur les faces d’un même cube), pourquoi se met-elle à nous parler en plus de dimension physique supplémentaire ? Pour ces pièges auteurisants qui n’ont plus la moindre aura jouissive ? Car les pièges de ce nouvel opus sont alambiqués, ampoulés, et qu’ils peinent considérablement à divertir en ne nous offrant jamais de danger vraiment terrifiant. Et je ne parle pas du changement régulier de la gravité qui ne sert qu’à complexifier inutilement le menu. Finalement, le film gère mal même le concept du temps (à chaque fois qu’une porte s’ouvre, on pénètre dans une pièce où le temps a reculé ou avancé), devenant carrément incompréhensible pour le parcours de certains personnages, dont les incohérences apparentes (des détails qui gênent et qui nous font dire qu’il va y avoir quelque chose en plus) deviennent des incohérences profondes, le film peinant vraiment à apporter des explications à tous les décalages physiques qu’il nous donne à voir. Côté cobayes, on nage ici dans le casting en mode aléatoire, l’immersion psychologique étant ici complètement foirée (comme le dit le jeune, on a plus l’impression d’assister à de la télé réalité qu’à une expérience scientifique). Finalement, le but du film n’est pas clair, ce dernier hésitant à reprendre la formule psychologique de son prédécesseur en foirant totalement sur l’exploitation des théories mathématiques qu’il nous expose. A cela, on rajoute une fin si abrupte et couillonne qu’elle en vient à ruiner le peu d’estime qu’on pouvait avoir encore de cette série B brouillonne, et maintenant destinée à sombrer dans l’oubli…


1/6 (pour les idées de maths, mais c’est tout).

 

2002
de Andrzej Sekula
avec Geraint Wyn Davies, Kari Matchett

 

http://perso.orange.fr/chatdecheshire/Cube%2021.jpg

 

Cube 0 : Et par quoi on commence ? Un gars qui marche dans les cubes et qui finit par tomber sur un pièges bien crade qui l’asperge d’acide et le fait fondre. Avec Cube 0, les producteurs nous proposent de faire un cube comme l’ancien, mais en mode SAW. On nous présente alors des personnages vraiment stéréotypés dont on se fout parfaitement de la psychologie (cette dernière est d’ailleurs complètement primaire pendant toute la durée du film). Clairement, ils ne sont là que pour une chose : servir à montrer les différents pièges prévu au programme. Et à ce niveau là, le film délivre largement la marchandise : acide, attaque sonore, gangrène accélérée, câbles cisaillant, flammes… un vrai florilège de mauvais traitements qui raviront les amateurs de gore décomplexé, mais qui frustreront considérablement ceux qui s’attendaient à un huis clos intelligent (d’ailleurs, le second, malgré ses airs auteurisants et prétentieux, tentait lui aussi d’élever le débat en ignorant pratiquement l’usage du gore). Ici, il faut survivre aux pièges, et il n’y a pratiquement aucune autre surprise. Les chiffres de Cube sont remplacé ici par des lettres, un militaire dans les cobayes verra une puce de contrôle implantée dans son cerveau activée, et les utilisateurs du Cube sont enfin dévoilés : il s’agit de fonctionnaires isolés du monde extérieur qui bossent pour le gouvernement. Ca fait mal de voir une ambiguité si brillamment entretenue sacrifiée sur des explications aussi bateaux. Surtout quand on voit le sort des survivants de l’expérience, qui en sont réduits à jouer leur vie sur la question « Croyez vous en Dieu ? ». C’est atterrant de connerie, à se demander ce qu’ils ont voulu prouver par une mise en scène pareille. Et on pourrait revenir sur cet employé du gouvernement à l’œil de fer dont les rictus imbéciles me font sourire à chaque fois que je regarde ce navet. Au final, Cube 0 nous sort la carte inattendue du préquel. Mais le problème, c’est qu’avec cette fin conne comme mes pieds, il s’aliène les fans du 1, qui voient dans ce dénouement une tentative commerciale de renouer avec la saga alors qu’il n’y avait vraiment plus rien à en espérer (surtout qu’ici, les acteurs ne ressemblent absolument pas à ceux du Cube initial, alors pourquoi leur donner les mêmes dialogues dans les mêmes situations (autrement dit, pourquoi tenter de raccorder les wagons alors que rien ne les forçait ici à le faire) ? Atterrant de bêtise, Cube 0 porte finalement bien son nom, sa qualité réelle étant exposée sur sa jaquette (on ne pourra pas dire qu’on ne nous avait pas prévenu). Et zou, à la décharge !

 

0/6

 

2004
de Ernie Barbarash
avec Zachary Bennett, Stephanie Moore ( I )

 

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Appréciez la beauté des effets gores... Sinon, rien à se mettre sous la dent.

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commentaires

alice in oliver 03/02/2012 23:14

très moche en effet

alice in oliver 02/02/2012 22:06

effectivement, je rejoins totalement ton avis concernant le triste cas de cube zéro.

voracinephile 03/02/2012 21:47



Saw était sorti l'année d'avant, et ils ont voulu commencer à recycler la formule torture en huis clos. Moche...



Duncan 02/02/2012 18:48

Je connais mais pas vu un épisode,mais je pourrais me laisser tenter par le premier.

voracinephile 02/02/2012 21:12



^^ Je te le recommande grandement, il te surprendrait probablement (même si maintenant, tu n'auras pas de grosse surprise sur le contenu du film). Vincenzo Natali n'a pas fait mieux depuis.



alice in oliver 02/02/2012 10:18

un 1er film prometteur mais également un peu frustrant, hélas suivi par 2 épisodes nuls et inutiles

voracinephile 02/02/2012 21:09



Un peu frustrant pour son manque de réponse, en effet. Mais quand on voit les grosses ficelles de cubezéro, on se dit qu'on aurait préféré rester dans l'ignorance. Pour ma part, une excellente
surprise quand je l'ai découvert il y a quelques années.



Zogarok 01/02/2012 23:29

Tu est très prolifique en ce moment (c'est par vagues en fait) !

Je ne me rappelle pas de ce Worth, il m'a fallu le chercher sur internet. J'avais (aimé mais) été un peu freiné par la candeur des dialogues, pour rester mesuré - donc pas d'accord avec toi sur le
petit contexte "socio", mais je me rappelle de mes conclusions et pas des éléments, donc ça peut rester en suspens... Je crois cependant que c'était bien une expérience scientifique, dommage
SPOILERS qu'on ne soit pas éclairé davantage là-dessus (les suites remplissent-elles cette mission ?).

J'ai vu les bribes d'une des deux suites, je ne sais pas laquelle ; j'adorais le concept, mais le résultat n'était pas très.. stimulant, c'est le moins qu'on puisse dire.

voracinephile 02/02/2012 00:23



Un vrai stakhanoviste ^^. Je publie souvent par groupe de 3 tous les deux ou trois jours, et quand je me met à chroniquer, j'enchaîne au moins trois chroniques. Le rythme de sortie est donc
plutôt régulier, et je m'arrange pour avoir quelques chroniques de réserve (comme celle de Cube qui date d'une semaine (là, je viens de terminer mon articles sur les 4 aliens (Videodrome m'a
beaucoup aidé pour organiser mes idées), et ça m'a pris du temps...)).


Hum... Freiné par la candeur des dialogues, dis-tu ? Perso, si les dialogues sont parfois un peu simplistes, on voit là psychologie qu'il y a derrière, et je trouve que cela rachète (même le jeu
parfois imparfait des acteurs). Et dans la mesure où cette psychologie nous amène peu à peu à l'évolution de structure du groupe (l'élimination ne se fait finalement quasiment qu'à cause des
tensions dans le groupe). Et personnellement, je suis toujours surpris de voir très souvent les spectateurs auxquels je montre le film s'identifier à un perso (mon père se reconnaît (un peu) dans
Quentin, moi dans Worth, ma mère chez Holloway...). Ca ne veut pas forcément dire grand chose, mais ça prouve bien que le film parle au public.


Concernant le contexte d'expériences, Cube zéro répond en effet à la question, mais pas de la façon attendue. Au lieu de te prendre pour un spectateur intelligent, il te prend pour un gorrophile
neuneu, le cube est une expérience sur des condamnés à morts destinés à mourir dans les pires souffrances dans l'indifférence générale, sauf des membres du gouvernement qui surveillent tout ça
(il y en a même un qui se rend compte que c'est mal !). C'est un sous saw de la pire espèce, à brûler dans les rayons dvds.


Je pense que tu as dû entrevoir Cube 2, vu que c'est le seul après Cube qui propose un contexte stimulant (voir mon émotion quand je ressors mon cours de maths de prépa, moi qui ai de gros
problèmes avec eux), mais abo minablement exploité. Avec des acteurs pas vraiment charismatiques, en plus.



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