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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 07:18

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Il y a parfois des découvertes qui font l’effet de coup de foudre instantané. Que ce soit dans l’ambiance, l’esthétiques, les thématiques et obsessions du scénariste, alliés à un fétichisme outrancier dans la mise en scène, il y a parfois des touts qui forment une œuvre si dense et si envoutante qu’on vit pleinement le film comme une authentique expérience, et malgré les clichés inhérents au genre exploré (horreur fantastique), on se laisse complètement emporté par le tourbillon d’images, vivant pleinement le moment présent. Dark Waters, c’était tout simplement une aubaine inespérée.

L’histoire : sur une île battue par les vents, un couvent se livre à d’étranges rituels pratiquement toutes les nuits. Vénérant une statuette païenne malgré l’abondance des symboles catholiques, une série d’incidents se produisent. 20 ans plus tard, Elisabeth, jeune femme venant d’hériter de son oncle ses biens et une redevance financière au couvent sus-mentionné, se rend sur place pour visiter l’endroit et revoir sa sœur.

 

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Tout d’abord, il convient de remercier chaleureusement le blogueur toma_uberwenig pour cette révélation dantesque, que je n’aurais sans doute jamais découverte sans ses listes inspirées. Dark waters, c’est un revival gothique mêlé d’ambiance austère et pieuse, qui se teinte subtilement d’occulte pour finir dans l’un des plus beaux hommages à Lovecraft jamais fait dans le monde du cinéma. Et le plus beau dans cette aventure, c’est que le réalisateur a fait le choix couillu (et casse tête) de laisser la parole davantage aux décors qu’aux personnages. Résultat : on a l’impression qu’il s’agit d’un Suspiria dans l’abbaye du Nom de la Rose. Atmosphère sombre, omniprésence de bougies, pèlerinages nocturnes sur les plages en brandissant de grandes croix en feu pendant que les plus déterminées des sœurs du couvent se flagellent… Le film est complètement obscur pendant sa première heure, préférant le dépaysement à la moindre explication. C’est en cela qu’on peut rapprocher le film de Suspiria, puisqu’il propulse notre héroïne au cœur d’un monde isolé (l’île est complètement coupée du monde, sans moyens de communiquer à l’extérieur et au ravitaillement irrégulier, hostile, et chargée de mystère), où la menace est constante, mais invisible. L’introduction plantait le contexte d’un culte païen répandu parmi les sœurs, mais si les séances de prières dans les cavernes sous le couvent provoquent l’inquiétude (un meurtre sanglant), l’incertitude dans laquelle baigne notre héroïne nous laisse toujours en haleine, impatient de voir comment évolue l’histoire tout en profitant pleinement de l’instant présent. Volontiers fantasmé, Dark Waters cherche avant tout à mettre en valeur son ambiance, réduisant les dialogues au strict minimum nécessaire pour comprendre l’histoire et les antécédents familiaux liant Elisabeth à cette île. Pour le reste, elle évoluera dans les décors somptueux du couvent (loin d’un gothique flamboyant, nous sommes plutôt dans l’amour des vieilles pierres, avec les teintes chaudes des bougies qui forment l’essentiel de l’éclairage), toujours à deux doigts de la menace. Plus le film avance, plus les éléments lovecraftiens apparaissent (étranges cris rauques provenant des murs, culte de la Bête, des hallucinations malsaines assaillent notre héroïne), culminant dans un final qui tient ses promesses tout en gagnant une certaine ampleur. La conclusion est classique, presque décevante, mais cette dernière étant relativement courte (2 minutes chrono), on ne lui en tient pas rigueur, trop envoûté par les ambiances que nous venons de traverser. Le film fantastique dans toute sa grandeur, dont la modestie du budget n’empêche pas de livrer au spectateur le spectacle qu’il attendait. Un régal.

 

5,2/6


1994
de Mariano Baino
avec Louise Salter, Venera Simmons

 

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Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
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commentaires

Vince12 16/11/2013 22:29

Je connais le film de Nakata mais pas celui là

voracinephile 16/11/2013 23:48



Hé hé... Hâte toi de le découvrir, chef d'oeuvre insoupçonné !



princécranoir 16/11/2013 09:58

Ce label lovecraftien dont tu affubles ce métrage a le don de le faire passer à mes yeux de curiosité anecdotique perdue dans la masse des prodcutions de genre à une pellicule à inscrire sur les
listes des films à voir d'urgence. une de plus.

voracinephile 16/11/2013 20:46



Ho ho ho ! Tu ne soupçonnes pas à quel point ce film risque de te séduire. Pas très surprenant dans les ingrédients, mais il a une telle ambiance, constamment entretenue, que tu risques de t'y
perdre. Une véritable merveille, et une de mes révélations de l'année. Hélas, les dvds sont hors de prix...



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