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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 13:50

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/fantastique/darkness,3.jpg

 

Jaume Balaguero, merveilleux réalisateur que celui là… Fasciné par la synthèse du mal absolu dans La secte sans nom, par des apparitions terrifiantes dans Fragile, par des démons dans Rec… Y a-t-il une œuvre dans sa filmographie qui réussisse à concilier toutes ses inspirations sur des sujets aussi variés ? La réponse est oui, et il s’agit de Darkness, qui n’est rien de moins que le meilleur film (selon moi) de sa filmographie. Terrifiant de long en large, développant ses obsessions et payant son tribut à des œuvres de pure angoisse, Darkness fascine, absorbe et broie, nous emmenant sans cesse dans l’inconnu et poursuivant là où d’autre nous auraient posé un lapin avec un dénouement à la va-vite. Une peur viscérale, indispensable à l’amateur de frissons qui se respecte.

L’histoire : Dans une maison a lieu un kidnapping qui vire au drame le jour d’une éclipse. 40 ans plus tard, alors qu’une nouvelle éclipse approche, une famille s’installe dans la même maison, et commence à voir son quotidien parasité par des faits étranges.

 

http://moviesmedia.ign.com/movies/image/article/568/568429/Darkness_Inline11_1101233298.jpg


Il est très dur de savoir à quoi s’attendre en voyant ce film, car Jaume Balaguero ne cesse de multiplier pistes et procédés pour mettre le public dans une ambiance précaire, la menace étant ambivalente (un peu à la manière de l’excellentissime La maison près du cimetière). D’un côté, la maison souffre de problèmes de courant, une entité invisible terrorise le fiston en se cachant sous son lit, des fantômes d’enfants apparaissent régulièrement dans les recoins sombres pendant qu’un inconnu observe la maison sous la pluie. A quels phénomènes a-t-on affaire ? Impossible à dire avant d’en découvrir plus, ce qui tardera un peu à venir, les explications ne pleuvant vraiment qu’à partir du moment où la fille de famille découvre l’architecte chargé de construire la maison. A partir de là, le stresse se décuplera pour devenir aussi intolérable que fascinant, le film captivant réellement son public, en le confrontant à quelque chose d’inconnu, et en remettant en face de la peur irrationnelle du noir, l’obscurité cachant l’Indicible, masque derrière lequel se massent nos peurs les plus personnelles. La peur du noir renaît peu à peu avec les fréquentes coupures de courant, l’entité inconnue qui se cache sous le sommier et les êtres maléfiques qui se terrent dans les recoins obscurs des pièces. Mais le film joue aussi sur le tableau de la psychologie avec le personnage du père, malade psychologiquement et sujet à des crises d’angoisses puis de colère de plus en plus violente. La menace vient de la maison et du père de famille. L’hommage à Shining qu’on sent venir à des kilomètres, et qui ne cesse de prendre de l’ampleur jusqu’à devenir la principale menace du film pendant quelques minutes… avant que la situation ne soit totalement inversée par des explications dont la virtuosité frise le géni, car nous prenant totalement au dépourvu et rendant la situation encore plus instable qu’elle ne l’était déjà. Sans dévoiler plus de détails, le film grimpe, grimpe, atteint son climax… et reste à cette intensité pendant encore une quinzaine de minutes, en offrant avec un budget certes réduit ce qu’aucun autre film n’avait oser nous proposer jusqu’à maintenant (à l’exception, dans une certaine mesure, de Silent Hill). S’achevant dans le noir, comme nous le laissait prévoir son titre, Darkness peut se vanter d’être un des films fantastiques les plus intéressants de la décennie, ultra flippant pendant certaines séquences et bouffant à tous les râteliers, mais souffrant toujours de quelques tics de montages malheureux qui gâchent un peu le visuel du film. Un magnifique coup d’éclat cependant, et des minutes de panique qu’on n’est pas prêt d’oublier.

 

6/6

 

de Jaume Balagueró
avec Anna Paquin, Lena Olin

 

http://www.sfmag.net/IMG/films/darkness2.jpg

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Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
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commentaires

Avel-Yuffie 29/09/2011 14:29


En voyant le titre du film, j'ai pensé à une autre oeuvre. Pourtant, en lisant ce que tu as écrit, je n'a pas vu ce film (je confond le titre avec un autre) mais il pourrait me plaire. Déjà, je
dois dire que l'histoire m'intéresse, et avec ton avis positif je pense que je vais le regarder !


voracinephile 29/09/2011 16:57



^^ Heureux de t'avoir donné envie de le voir, c'est pour moi le meilleur de Jaume Balaguero (surtout parce que c'est un beau pot-pourri des thèmes qu'il aborde dans ses films : la peur du noir,
la synthèse du Mal, l'occulte... On peut même y voir l'idée de dimension parallèle qui sera reprise dans Rec 2 ! Vraiment, une oeuvre très riche.



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