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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 16:22

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Les saga naveteuses qui mettent des chevaux sous le capot, on en compte beaucoup dans le milieu du cinéma (les fast and furious et les Taxi doivent en être les plus beaux exemples). La saga Death vient aussi faire son petit trou dans le commerce du tuning décérébré. Ayant d’abord pour ambition d’être un ajournement spectaculaire de la sympathique Course à la mort de l’an 2000, Death Race de Paul W. S. Anderson a été comme prévu un modeste succès, moyen sur la sortie ciné mais rattrapé avec le marché du DVD (le film n’ayant pas coûté beaucoup, seulement 45 millions). Fort de ce filon facilement exploitable, les suites ont commencées à arriver, avec Death Race 2, mais sans le budget. Comment entretenir la formule alors ? Avec un préquel foireux qui n’a plus que la surenchère pour tenter de faire illusion. Le résultat sonde les abymes de la bêtise humaine, mais il se révèle globalement attachant justement pour cette débilité frondeuse, qui affirme crânement qu’il sombre dans l’immoralité beauf. Conséquence logique, Death race 3 sort de nos jours en se révélant encore pire que le second, à tous les niveaux. Plus foireux, plus crétin, plus dégénérée, plus bourrine encore que son modèle, death race 3 grouille littéralement de défauts, rendant son visionnage aussi désespérant que jubilatoire. La connerie étant maintenant étalée au grand jour, on peut en rire au 3ème degré.

 

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Avec Death race, Paul W. S. Anderson veut donner à la fois dans le petit film d’anticipation, mais surtout dans le défouloir viril. Les ambitions artistiques sont essentiellement centrées au niveau des courses, clairement les temps forts du film. Du bitume fumant, des bagnoles ronflantes armées jusqu’aux dents, telles sont les promesses, et Paulo entend bien les honorer. Il s’acquitte des origines de son personnage avec une intro expédiée comme pas permis (le piège est expéditif au possible), et injecte la testostérone par litres. Statham est le meilleur pilote de la prison, et on lui pose un flingue sur la tête pour faire la course. Ok, mais je vous baiserai d’ici la fin. Boum, voilà les enjeux. Mais une fois que les moteurs commencent à vrombir, la magie du procédé commence à fonctionner. Oui, malgré la lourdeur incroyable des dialogues (« Waaaaaaa ! Va’t’faire encul… »), les courses assurent leur quotas d’action et valaient le coup de patienter. Paul gère plutôt efficacement ses plans, en prenant surtout soin de ne pas surdécouper comme un malade les impressionnantes cascades de ses bolides. C’est lisible, bourrin au premier degré et plutôt divertissant, en tout cas moins chiant que les courses de voitures habituelles. Mention spéciale pour la seconde, qui nous offre un véhicule blindée d’une belle ampleur (on n’avait pas vu ça depuis Mad Max 2). Complètement jouissive. Les entre-courses marquent en tout cas le pas, ralentissant le rythme pour rien nous montrer ou si peu (Statham qui tabasse des méchants avec une clef anglaise, mouaif…). Pour ce qui est des ambitions de dénonciation, on rigole devant la légèreté de la cause. Prenant bien soin de montrer des méchants manichéens (les grosses corporations, ici carcérales, qui gèrent les humains comme du bétail (oh, mais ça ne nous rappelle pas du tout Umbrella corporation, non, pas du tout…), la chef froide comme un hectolitre d’azote liquide, les ennemis de Frankenstein qui crient beaucoup…). Bref, on a même droit aux petits spots publicitaires pour la course, verhoevenniens dans l’esprit, mais nous ne sommes pas vraiment dupes de la supercherie. Death Race n’est qu’une mécanique vrombissante inutilement bruyante qui fait des tours de pistes avec quelques explosions. Un classé R de circonstance, débile mais rigolo, qui se digère bien mieux en ne regardant que les courses.

 

2/6


2008
de Paul W.S. Anderson
avec Jason Statham, Tyrese Gibson

 

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C’est à partir de Death Race 2 que les choses se gâtent. En effet, pour gérer un manque de budget flagrant, les scénaristes sont obligés de donner dans le préquel pour sauver un peu d’argent. Comment ? En montrant les origines de la death race, à la base de simples combats à morts dans une arène. Les gladiateurs des temps modernes, en somme. On baverait en se rappelant de truculences comme New York 1997 (nanar politique d’action aussi culte qu’attachant), mais le spectacle est tout autre. L’intrigue de Death Race, c’était du Shakespeare comparée à cette nouvelle beauferie. Un gars est emprisonné. Boum, on le balance dans l’arène (ou il vient au secours d’un de ses potes en difficulté) et faut survivre. Ben il survit parce que c’est le héros. Bref, si ça donne dans le carnage, le film n’insiste pas trop sur le gore, sans doute pour masquer le manque de budget à ce niveau là aussi. Il faudrait tout de même dire aux réalisateurs de séries B dans ce genre d’arrêter d’utiliser des lances flammes, parce qu’on ne croit jamais que ces bricolages qui ont une portée maximale d’un mètre cinquante puisse faire du mal à quelqu’un. Bref, on se tape 50 minutes de combat à mort pendant la première course. Mais dire qu’on s’ennuit serait exagéré. En fait, entre le bourrinage putassier de l’ensemble du casting, les dialogues naveteux risibles et les beauferies en tout genre, le spectateur entre un monde de connerie rarement aussi développé, parce qu’il croit de plus en plus en ses arguments. Roel Reiné est en train de faire muter la saga non plus vers une dénonciation, mais une exploitation du phénomène. Les fréquentes scories dénonciatrices qui jouent ouvertement le second degré ne sont que des attrapes couillons d’un cynisme bouffi, Death Race 2 commence à vous vendre la death race pour ce qu’elle est, comme un match de catch réunissant des vedettes. Ce n’est en tout cas pas au niveau technique que le bestiau a été soigné. Faux raccords en pagailles, réutilisation abusive de plusieurs plans, montage épileptique incompréhensible… Les séquences d’actions sont bordéliques et pointent carrément le manque de budget de l’entreprise. Paul avec du pognon pour faire ses cascades, ici, on a une prise et 5 caméras, qui nous ressortent tout sous différents angles (vous voyez la différence de technique ?). Le résultat, gerbant, est l’aboutissement logique de l’exploitation de la saga Death Race, et curieusement, il parvient à divertir, pour peu que l’on soit conscient de l’imbécilité de l’entreprise. Ou qu’on est perméable au navet, ce qui arrive hélas. Death Race 2 est en tout cas le préquel dégénéré, et Death race 3 poussera l’inceste encore plus loin.


1/6


2010
de Roel Reiné
avec Luke Goss, Lauren Cohan

 

death_race_2_danny_trejo.jpg

 

Death Race 3, dernier né de la saga, toujours sous la bride de Roel Reiné, pourrait être considéré le rejeton d’une partouze consanguine. La débilité atteint un tel degré ici qu’on ne sonde plus les abymes, on les élargit pour pouvoir passer. Tout, absolument tout dans ce film nous tire vers l’exploitation beauf du phénomène. Ca commence dès les 10 premières minutes où le film nous montre des combats de femmes. De femmes ! Allez les mecs, criez, vous aimez ça ! Et quand ils commencent, on est mort tellement c’est mal filmé. Encore plus mal découpé que le précédents, aux chorégraphies de combats inexistantes ou ruinées par le montage, Death Race 3 balance du 20 incohérences à la minute (la faute à l’ahurissant nombre de plans utilisés pendant le film), dans tous les domaines confondus. Les dialogues sont encore plus mauvais que dans le 2 (mais comment Dougray Scott peut-il rester sérieux alors qu’il répète pratiquement la même chose sur l’intégralité des plans le montrant pendant des courses ?). On est ici dans le raccolage total, l’exploitation massive de la course pour ce qu’elle est : une pompe à fric siphonnant les spectateurs de Mad Max 2 et de tous ces post apo furibards. Aucune moralité à chercher, c’est du bourrinage franc et massif, qui n’est pas à 100 incohérences près pour vous faire marrer (ouch, les missiles qui sortent du capot sans dispositif de lancement…). On ne croit pas un seul instant à cette course. Toutefois, le tuning des nouveaux véhicules fonctionne, et le fait d’avoir délocalisé l’action en afrique permet au moins d’évoluer dans des paysages un peu exotiques qui se révèlent plus agréables pour les yeux. Il faut toutefois subir la sidérante illustration de l’Afrique (un pays hostile infesté de Seigneurs de guerre avec une population prête à vous assassiner au premier coin de rue) et les rebondissements atterrants du script (dans le genre Twist débile, on surpasse largement Percy Jackson dans un registre nanar) pour voir de simples scènes de courses, certes mieux filmées que précédemment. Toutefois, vu que le budget est toujours infime, on filme toujours les cascades avec plusieurs caméras avant de nous faire voir tous les angles de vue en défiant les lois de la logiques. On rigole d’une multitude de détails (le compteur indique 91% d’indice d’écoute, dans le monde entier, on y croit à donf), on se moque aussi (Danny Trejo se fait sucer, il n’a pas dû regretter de venir sur le tournage), étrangement fasciné par la tournure ahurissante du projet. Jusqu’où parviendra-t-on à aller avec Death Race ? C’est le postulat curieux qui se pose ici, et qu’on n’espère pas pouvoir éclaircir de sitôt…

 

0.5/6

 

2012
de Roel Reiné
avec Danny Trejo, Ving Rhames

 

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Published by voracinephile - dans Navet (prétentieux)
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commentaires

borat8 21/01/2013 21:48

C'est ce que j'avais cru comprendre que c'était assez fun. Reste qu'il m'intéresse bien plus que les remakes.

borat8 20/01/2013 23:13

Ce qui est un peu chiant que le final peine à venir, Jemison montrant James Caan avec son amante, prêt à en découdre. L'impact qu'il a est franchement incroyable. ça date des années 70 et on voit
toute la téléréalité type Koh Lanta. Pour le bis, en même temps, on parle de Roger hein? Ce n'est pas comme si on ne parlait pas du mec derrière Carnosaur!lol

voracinephile 21/01/2013 21:07



Ah, mais du bon bis ne me gêne absolument pas (un de mes réalisateurs fétiches reste d'ailleurs Stuart Gordon, niveau bis, il envoit le pâté, l'animal !) ! Mais ce n'est pas hyper sérieux quand
tu essayes de traiter d'un sujet sérieux à côté. Enfin bon, on sourit clairement devant ce produit d'exploitation assez rigolo !



borat8 20/01/2013 13:12

ça reste à mon humble avis une série B culte, après je verrais bien ce que ça vaut une fois vu. Rollerball est en effet un véritable chef d'oeuvre. Un peu long sur la fin mais redoutable et encore
affreusement actuel.

voracinephile 20/01/2013 21:58



Dans Rollerball, l'attente du dernier match est en effet assez longue. C'est son gros défaut. Mais tu le dis, il n'a rien perdu de sa cruauté dans son regard sur la fascination des foules pour la
violence. La course à la Mort est moins extrême, elle est plus borderline. Elle se vautre parfois dans le bis avec délectation. Le spectateur a matière à s'amuser en tout cas.



borat8 20/01/2013 01:26

Autant je voudrais vraiment voir le film culte avec Carradine et Stallone, autant le film d'Anderson me donne une envie de chier sans l'avoir vu. Rien que le nom me donne la nausée et je ne crois
pas que cela va s'arranger avec les années. Pour avoir été voir le casting du 3, c'est on prend les mêmes et on recommence non? Donc la suite du préquelle du remake!

voracinephile 20/01/2013 12:02



On exagère beaucoup avec la course à la mort de l'an 2000, je trouve. Autant il y a des trucs sympas (le système de points avec les piétons percutés), autant le film a énormément vieilli et
traîne en longueur. Dans le genre sport extrême, je lui préfère l'ancien Rollerball, qui a moins vieilli.



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