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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 13:15

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Le Revenge movie fonctionne essentiellement sur un postulat d’identification avec le spectateur, ce dernier étant pris en témoin et invité à plaider la cause de la victime qui prendra les armes contre ses agresseurs. Sur le sujet, le plus connu doit être La dernière maison sur la gauche, qui s’attaquait à un mécanisme de violence en chaîne. Death sentence s’inscrit lui aussi dans la lignée, cette dernière ne recélant plus de surprises (mis à part du côté asiatique avec des titres comme Old Boy ou I saw the devil). Tourné par un James Wan qui veut sortir de l’épouvante gothique (le sympathique Dead silence), le ton se veut engager, et fonctionne efficacement avec un Kevin Bacon très impliqué.

L’histoire : Alors qu’ils reviennent d’un match de Hockey, un père et son fils aîné sont pris dans une attaque de station service, pendant laquelle le fils trouve la mort. Devant faire face au désespoir de sa famille et à la frustration de poursuites judiciaires sans preuves, il décide de ne pas témoigner au procès et de suivre l’assassin.

 

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Nick Hume est d’office notre vecteur d’intégration. Campé par un Kevin Bacon plutôt à l’aise, il incarne la figure d’honnêteté (scène d’intro au bureau de la compagnie d’assurance, un peu grosse mais claire) et le père de famille un peu partial (une pointe de favoritisme pour l’aîné sportif). Bref, la petite famille (deux enfants, épouse agréable) tranquille avec les petites chamailleries entre frères, brutalement brisée au cours d’une sortie par l’attaque d’un gang. L’occasion pour le film de faire preuve de la violence dont il est capable (les impacts de balle sont traités avec un réalisme gore taillé pour l’efficacité), ainsi que quelques petites figures de styles agréables dans le paysage (le panneau « dead end »). Après la mort gratuite du fils aîné, deux thématiques se retrouvent au centre du récit : la frustration de l’échec de la justice (réduite à trouver un accord à l’amiable avec la défense) qui va se muer en pulsion de vengeance, et l’impact de la tragédie sur la famille et l’entourage de Nick. Et sur ces deux tableaux, le film se révèle convaincant, alternant l’un et l’autre avec facilité jusqu’à une quatrième et dernière partie sans temps mort qui remplira largement le quota de nihilisme attendu. Death Sentence s’appuie surtout sur Kevin Bacon, sur qui tout s’appuie à tout moment (la scène de douche doit être le seul moment où son personnage craque quelques minutes). Il assiste à l’effondrement progressif de sa famille, et sa vengeance, assez attendue, demeure finalement un point faible du film (la séquence tient plus de l’accident self-défense, mais bon, les conséquences sont les mêmes) avant l’engrenage promis. C’est également l’absence de temps morts qui fait l’efficacité de death sentence, qui enchaîne les étapes en soignant les détails (passé la vengeance et la crise de soulagement/culpabilité, Nick commence à passer à autre chose), avant de lancer la grosse séquence d’action du film. Tournée en caméra à l’épaule et renforcée par un montage efficace, c’est l’immersion complète pendant une quinzaine de minutes, la traque du parking immersive qui se révèle largement efficace. Le début de la spirale qui aboutira tout simplement à la fin du film, au cours de deux autres séquences au même niveau, malgré des idées de mises en scènes parfois discutable (l’échange de coup de feu au travers d’un mur, guère convaincant). Il faut toutefois faire mention d’un personnage secondaire récurrent (que j’ai tendance à considérer comme une erreur) : la policière moralisatrice. Celle qui accompagne Nick tout au long du film, qui déshumanise son agresseur (« c’est une bête sauvage »), qui compatit pour sa frustration en connaissant la vérité, puis qui une fois la guerre engagée vient donner les leçons de morale du code civil. Elle incarne le parfait agent de moralité, qui intervient dans une histoire amorale pour rappeler ce que tout le monde sait déjà, un petit faire-valoir qui se perd de toute façon dans la noirceur de l’intrigue (dont la transformation physique de Bacon demeurera l’un des gros points forts). Pourquoi la faire revenir de façon récurrente, si ce n’est pour agacer notre personnage ? Enfin bon, sa dernière intervention a au moins le mérite d’être utile au drame, et le film de s’achever sur une note bad trip, s’offrant le luxe d’une fin nihiliste et ce qui doit être le film le plus ambitieux de son réalisateur. Un passage plutôt réussi par la case drame/thriller.

 

4,6/6


2007
de James Wan
avec Kevin Bacon, Aisha Tyler

 

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commentaires

gerard 19/06/2014 02:52

mon avis : encore plus reussi que "Death Wish ' le 1er chapitre avec le legendaire Bronson ! Pas de viol ( doit on regretter que le scenariste n'ait pas ajoute la scene du viol ?) Le meilleur role
de Bacon sur le grand ecran !J'ai aussi adore "I Spit on your Grave "(le remake ) probablement le meilleur "rape and revenge ' que je connaisse au cinema ! et certainement le plus violent !

voracinephile 24/06/2014 00:07



Ah, c'est vrai que ce remake a des défenseurs ^^. Au vu du ton que j'emplois, inutile de revenir sur mon avis concernant ce remake. Concernant death sentence, si la performance de Bacon est
notable, je le préfère davantage dans The Woodsman, drame intimiste qui s'attaque à un sujet particulièrement brûlant.



borat8 29/05/2014 22:39

Oui pardon un film de vengeance type loi du talion. Pas de viol en effet. ;) D'ailleurs Olivier le film est adapté d'un roman du même auteur qu'Un justicier dans la ville.

alice in oliver 29/05/2014 13:08

le retour d'un justicier dans la ville: un essai convaincant et plutôt réussi et puis, Kevin bacon est vraiment impressionnant

Vince12 28/05/2014 22:36

Ce n'est pas un banal film de vengeance, il se veut beaucoup plus intelligent. Cela dit sur ce point là il est délogé par Sympathy for Mister vengeance, Old Boy et Dead Man's Shoes qui vont très
loin sur la profondeur du sujet (d'ailleurs tu connais mon avis sur le film de vengeance)

voracinephile 29/05/2014 12:37



^^ Vivement l'écriture de ton script transcendant les codes et rénovant la thématique ! Maintenant que je suis en vacances, je prends quelques jours pour boucler quelques trucs, et je me
remettrai à l'écriture des dialogues.


Pour death sentence, le film s'appuyant sur des personnages bien dépeints, on tient un bon représentant du genre. Il faudra que je m'attaque un de ces jours à Vigilante de William Lustig, voir un
bisseux de son espèce se frotter au sujet m'intéresse bien...



Hdef 28/05/2014 17:42

à borat : Un rape and revenge ? Je l'ai vu ya longtemps mais j'ai pas le souvenir qu'il y ai eu un viol...
As-tu vu Day of the Woman de Meir Zachi ?
Par ailleurs, à mes yeux, Death Sentence est de très loin le meilleur James Wan (une bombe atomique face à ses pétards mouillés de Dead Silence et Conjuring) avec un excellent (bien que je trouve
qu'il en fasse un peu trop par moments) Kevin Bacon, qui a visiblement inspiré Hugh Jackman pour Prisoners.
Du reste, Death Sentence s'impose pour moi comme le meilleur film de vengeance des années 2000, même si objectivement, je ne serais pas allé au-delà de 4/6.

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