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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 10:20

http://wildinthestreetsblog.files.wordpress.com/2010/06/cemetery_man_poster_02.jpg

 

Dellamorte Dellamore est réputé comme étant le meilleur film de Michel Soavi (très attachant réalisateur qui a transcendé chacun de ses projets par une inventivité rare, de Bloody bird à The church…). Gagnant du grand prix de Gérardmer en 1995, la réputation du film est restée intacte depuis, en faisant un must seen de tous les amateurs de bisseries. Et la comparaison avec la famille addams étant tellement évidente dans l’usage de l’humour noir décalé, dire que l’on adore n’est pas exagéré…

L’histoire : Dellamorte est le gardien d’un cimetière où les morts reviennent à la vie. Alors qu’il passe son temps libre à les retuer pour les remettre en terre, il croise une jeune veuve dont il tombe éperdument amoureux. Si la belle n’affiche qu’un intérêt modéré pour Dellamorte, elle reste fascinée par l’ossuaire du cimetière.

 

http://www.scifi-universe.com/upload/galeries/abominable/dellamorte_dellamore_01.jpg

 

Dellamorte Dellamore a en lui quelque chose de jubilatoire et d’immortel : il consacre le trash en en faisant la spécificité des personnages. Chacun a ses tares et ses problèmes physiques ou psychologiques, et les brandit fièrement comme partie intégrante de leur personnalité. Ainsi, la première relation amoureuse de Dellamorte se fait avec une nécrophile patentée, que la chair morte excite à un point indécent (mais la mise en scène diffère ici de Nekromantik, on est dans le gothique fantasmé là où Nekro donnait dans le trash documentaire de mauvais goût). D’ailleurs, la relation trouble qu’entretient le héros avec les femmes est sans arrêt frustrante, inconstante, contenant des fulgurences sexuelles à la rapidité irréaliste (en 2 minutes, la femme est nue… On est au cinéma) et des séquences de séparation toujours traumatisantes (l’ahurissante séquence où la seconde prétendante de Dellamorte, après l’avoir fait se castrer pour se débarasser de sa virilité, lui avoue avoir été violée et avoir pris goût au sexe violent, est une douche froide magnifique de par son impact). Le message du film sur l’amour est fantastique dans la manière qu’il a de démolir ce dernier en le caricaturant à l’excès, au regard de la mort qui elle, présente bien plus d’attraits. Magnifiée par une imagerie gothique des plus stimulantes (ce film est un des plus beaux dans le genre malgré la maigreur de son budget), usant d’un humour très famille addams (le héros discute négligemment au téléphone tout en abattant des zombies qui entrent dans son bureau), Dellamorte Dellamore est fantastique dans sa vision très fantasmée et irréaliste du monde. D’ailleurs, le monde s’arrête à la porte du village. Le film évolue dans un monde restreint qu’il s’est créé, et où il s’affranchit de toute bienséance. Si sa caricature aiguisée de la société (la fille du maire qui veut acheter l’assistant de Dellamorte, un médecin qui arrive dans le plan juste pour demander une signature pour débrancher un légume…) le rend jubilatoire et d’une légèreté de tous les instants, le film traite avec sincérité des sentiments de ses personnages, partageant leur moments de joie et leurs peines (je pense surtout à Nagui et à son histoire d’amour… avec la tête de la fille du maire et seulement sa tête). Osant faire hommage à Orange mécanique le temps d’une courte séquence, le film se suit avec un intérêt constant qui ne faiblit pas jusqu’au final, gentil, mais hélas pas vraiment transcendant. Peut être un gag ou deux qui ne fonctionnent pas toujours, mais dans l’ensemble, Dellamorte Dellamore est une rareté dont on ne se passe sous aucun prétexte.

 

5,5/6

 

1994
de Michele Soavi
avec Rupert Everett, Anna Falchi

 

http://www.cinemas-utopia.org/admin/films_img/img37/3654.jpeg

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commentaires

princécranoir 21/02/2013 16:25

Comme Olivier, vu il y a très longtemps et un souvenir plutôt positif. Soavi s'était déjà montré très brillant avec le traumatisant "Bloody bird" et renouera avec son esprit baroque dans son très
beau polar "Arrivederci amore, tchao".

voracinephile 21/02/2013 20:15



Il faut décidément que je revois Arrivederci amore tchao, j'en ai conservé un souvenir exécrable qui date d'au moins 6 ans... A retester... Mais sinon, je suis un fan. Un vrai réalisateur pétris
de bonnes idées qui en donne à voir à son public.



Vince12 20/02/2013 21:56

j'ai vu qu'il était en vente sur price.

voracinephile 20/02/2013 23:39



Lui, il est en vente en effet. Et pour 13 euros, c'est une bonne affaire !



Vince12 20/02/2013 20:54

D'ailleurs au vue des images je croyais que tu l'aurai rangé parmi les OFNI

voracinephile 20/02/2013 21:39



Sa place est parmis les OFNI, mais permets moi de jouer la carte de la consécration en le déclarant culte, tout simplement !



Vince12 20/02/2013 10:18

Alors là je dois avouer que je ne connais pas du tout. Mais il a l'air vraiment original.

voracinephile 20/02/2013 12:33



What ! Alors, il faut vraiment que tu le découvres ! Un véritable OFN, qui aurait pu pour le coup se la jouer choc et qui réussit merveilleusement à exploiter son humour noir ! Un chef d'oeuvre,
rien de moins !



alice in oliver 19/02/2013 21:40

vu il y a longtemps mais j'en conserve un excellent souvenir. A revoir donc !

voracinephile 20/02/2013 08:57



Film culte, c'est indéniable ! Un vrai monument dans son genre !



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