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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 17:54

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Nouveau biopic psychopathique avec le personnage d’Ed Gein. Précédemment, nous avions déjà étudié le cas d’Ed Gein, le boucher, un petit film qui s’appuyait essentiellement sur l’interprétation de son personnage principal, délaissant totalement le gore pour un climat moral poisseux et quelques visions fantasmagoriques où nous épousions son point de vue. Deranged n’a pas ces ambitions, il assume d’ailleurs pleinement son côté bis en balançant du gore à la gouache, jouant à fond la carte de l’exploitation avec un présentateur digne d’un « faites entrer l’accusé » nous gratifiant de détails morbides supplémentaires. Il en résulte une œuvre étrange, aussi voyeuriste qu’attachée à ses personnages.

L’histoire : Ezra Cobb vit seul avec sa mère, lui procurant des soins jusqu’à sa mort. Passé cette étape, sa solitude se mue en obsession nécrophile, puis en obsession sexuelle tournée vers les femmes.

 

deranged.jpg

 

Autant le relever tout de suite, les noms ont été changés essentiellement pour des raisons d’exploitation, afin de pouvoir prendre la plus complète liberté de ton au niveau des personnages. Si le narrateur qui traverse le film (en parlant souvent à la caméra (et donc au spectateur), en balançant de la psychologie de comptoir et des détails indiscrets sur les différents personnages de l’histoire) ne cesse de nous répéter qu’il s’agit d’une histoire vraie (au cas où on ne l’aurait pas assez compris), le film traite de son histoire sous un angle totalement bis, ce qui appelle donc à nuancer les images que l’on va voir. Si il ne veut jamais lâcher son authenticité (certainement par désir de choquer davantage), le film montre ses scènes trash comme autant de scènes chocs divertissantes, où il cherche à étaler au maximum l’ambiance morbide qui règne autour du personnage. Commençant d’abord par déterrer sa mère et la réinstaller dans sa chambre, il se met bientôt en quête de peau humaine pour réparer les dégâts de la décomposition, et commencent ainsi l’escalade nécrophiles qui se terminera par les meurtres ayant entraîné son arrestation.  Bien conscient qu’il ne s’agit que d’un fait divers, le film fait donc un portrait amoral d’Ezra Cobbs, même si l’agressivité du commentateur se révèle être un guide moral assez hypocrite. Peu avare en cadavres décomposés (qui forment bientôt une assemblée réunie autour d’une table à thé dans la chambre maternelle), le film cultive donc le trash en prenant son temps, en laissant Ezra s’épanouir au milieu de cet univers en putréfaction pendant qu’il continue de fréquenter des amis en villes, ainsi que leurs familles. Si le premier meurtre, un peu tiré par les cheveux, nous lance sur la voie de l’obsession d’Ezra pour les femmes, c’est avec la seconde, une catholique sensible à la solitude de notre psychopathe, que le film prend une vraie dimension bis divertissante, et cerne ses deux personnages avec une justesse rare. Une amusante mise en abîme peut être faite, massacre à la tronçonneuse, sorti la même année, s’étant officiellement inspiré d’Ed Gein, on trouve un facile air de famille entre les deux films, pour la scène du repas surtout… Traitant ses personnages de façon respectueuse, s’attardant sur des scènes gores où le sang rouge fluo trahit immédiatement le côté peinture, on touche là au temps fort du film. Le reste ne sera qu’une petite descente d’intensité, s’achevant avec l’arrestation d’Ezra, conformément au fait divers retracé. Sans parler de performance d’acteur, il est bon de noter que l’ensemble du casting fait de gros efforts d’implication, et que si Ezra est évidemment au centre du récit, les personnages secondaires sont également soignés, le tout pour un film bis dont les ambitions trash se révèlent finalement adaptées à l’histoire illustrée.

 

4/6

 


1974
de Jeff Gillen, Alan Ormsby
avec Roberts Blossom, Cosette Lee

 

Deranged13.jpg

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commentaires

princécranoir 28/04/2013 11:43

Je suis fatigué de tous ces remakes inutiles (paraît que le Evil Dead est pas mal ceci dit). Pour moi, il n'y a qu'un seul TCM, c'est celui de Hooper.

voracinephile 28/04/2013 11:52



J'ai publié la chronique de TCM 3D, tu n'y apprendras rien que tu ne savais déjà (inutile, fade, sans âme...). J'irai voir celui d'Evil Dead, j'ai pu en avoir un aperçu conséquent, et lui envoit
incontestablement du lourd (même si nous ne verrons que la version censurée en salle), et qui ne respecte pas la trame originale. Pas énormément d'innovation (on est toujours dans le même cadre),
mais à l'exception de la main possédée, le film essaye de nouvelles choses... On est d'accord pour celui de Hooper, surprenant dans son ambiance  putride. On est loin du gore promis par le
titre. Toutefois, j'aime davantage sa suite, complètement déjantée (je l'ai détesté quand je l'ai découvert, mais au second visionnage, j'ai commencé à ne plus prendre au sérieux, et ça devenait
réjouissant. Un humour malsain vraiment surprenant, un des meilleurs films de Hooper (pas dur, sans être mauvaise langue).



princécranoir 26/04/2013 14:36

Passé dans l'ombre du "texas Chainsaw Massacre" dans les seventies, cette bio officieuse d'Ed Gein est en effet un bis mémorable de la glorieuse décennie. Ormsby s'était déjà illustré peu avant en
signant le scénar du "mort vivant" de Bob Clark, lecture trash et précurseur du délicat problème de recyclage des viet vet bien avant que "Rambo" et autres Hal Ashby ou Oliver Stone ne s'en
inquiètent.

voracinephile 28/04/2013 11:41



Le Mort Vivant de Bob Clark, encore un classique que je n'ai toujours pas vu. Je connais cet aspet du script (vétérant sur le retour...), et j'avoue être assez curieux de voir comment il a été
géré... En tout cas, un vrai bis attachant, il m'a convaincu. A propos de massacre à la tronçonneuse, le remake qui se prépare à débarquer est une déception assez affligeante.



alice in oliver 24/04/2013 08:29

pas vu celui là... Par contre, je connais Ed gein le boucher qui était très dispensable

voracinephile 24/04/2013 18:36



Celui ci est nettement plus sympathique, je trouve. Aux bonnes performances d'acteur, il associe un côté bis vraiment bon, pertinent avec son sujet. Et comparer ce film avec TCM sorti la même
année provoque de petites surprises...



Vince12 23/04/2013 20:38

Pas vu mais il m'intéresse, il a l'air plus crédible que la version de 1994

voracinephile 23/04/2013 21:10



Il est surtout plus démonstratif, il ne recule pas devant une violence poisseuse (du coup très bis vu que le sang ressemble vraiment à de la peinture), mais il caractérise suffisamment bien ses
personnages pour susciter l'intérêt du spectateur. Je crois que TCM l'avait éclipsé lors de sa sortie, mais il a gagné ses galons depuis...



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