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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 10:18

DIE-HARD-5.jpg

 

Toutes les critiques semblent actuellement se déchaîner sur Die Hard 5, a good day to die. Pointant nombre d’anachronismes, mettant en défaut l’équipe technique aussi bien que le script, semant l’opprobre sur la réputation du réalisateur John Moore (qui n’a effectivement tourné que des bouses), Die Hard 5 était parti pour devenir un des top du pire de 2013. Cependant, sur la base d’un recul initié par Zogarok, je me suis risqué à le découvrir en salle. Le constat, sévère, est cependant moins accablant que prévu.

L’histoire : John McLane, en vacance à Moscou et accessoirement à la recherche de son fils, se retrouve embringué dans une vaste affaire de kidnapping de prisonnier politique où s’entrecroisent la CIA et les tueurs d’un homme politique influant…

 

http://www.rue89lyon.fr/wp-content/uploads/2013/02/Die-hard-5-980x652.jpg

"Hey, je suis en vacances au fait ! Et c'est mieux que Disneyland !"

 

Effectivement, toutes les incohérences techniques sautent aux yeux (des appareils pour neutraliser les radiations, Moscou-Tchernobyl en 4 heures…). On en prend une overdose. Les dialogues sont au mieux pantouflard, au pire ultra poussifs (la relations père fils accompagnée des inévitables champ contrechamps sur les yeux du paternel et du fiston, avec des propos vides de sens dont la banalité tirera des soupirs de n’importe quel spectateur un temps soit peu sérieux. Die Hard ne fait pas dans la dentelle, et tout le monde semble lui reprocher cela. Et pourtant, pas mal de ceux qui crachent sur ce nouvel opus ont aimé Expendables 2… qui propose pratiquement les mêmes ingrédients (le casting est juste plus étoffé). Question charisme, nos héros ont ici pris un coup, mais si il faut bien reconnaître une chose à Die Hard 5, c’est qu’il est efficace. A peine quelques petits temps morts le temps de roucouler entre père et fils qu’arrive le niveau suivant, et qu’il faille à nouveau prouver qu’on est immortel. Beaucoup pointent la courte durée du film, c’est pourtant un de ses principaux atouts, condensant l’histoire en une bourrinade conviviale qui fait tout bigger than life. Le problème, ça reste surtout qu’il s’agit d’un opus de Die Hard et qu’on s’attendait clairement à un meilleur scénario (mais c’est quoi un meilleur scénario ? Une nouvelle resucée de The Dark Knight comme l’est Skyfall ?). Devant des méchants aussi peu charismatiques et un héros au running gag relou (« je suis en vacances ! » balance mc Clane accrocher à la portière de son camion encatré dans un hélicoptère avant de chopper une pâle d’hélico pour prendre de la vitesse et s’éjecter dans le bâtiment adjacent sans une égratignure), on peut comprendre qu’on serre les dents et qu’on a de la rancœur, mais difficile de ne pas y voir un peu de mauvaise foi. Les caricatures de la Russie sont ici complices, tout est fait pour donner un côté régressif à l’ancienne. Les russes sont ici du même acabit que les Tchétchènes d’Expendables 2, c’est de la caricature de première bourre qui ne se prend pas très au sérieux. Après, on note ça et là des détails nanars plus ou moins marquant. Pour me démarquer de la concurrence, je me contenterai d’en citer deux. Si vous voulez avoir l’air d’un gentil, mais que vous êtes méchant, il faut avoir l’air faible, inoffensif. Alors un conseil : toussez ! Plus vous toussez beaucoup, plus vous avez l’air innocent ! Prenez aussi l’air apeuré, ne finissez pas vos phrases, et retoussez encore une fois, desfois qu’on ne l’ait pas noté assez. Et le dernier à l’ultime minute, on voit la fille Mc Clane qui attend à l’aéroport à côté d’un militaire sensé assurer la sécurité de l’atterrisage. Et là, le père et le fils sortent de l’appareil. Et alors que la fille s’élance joyeuse vers sa famille enfin réunie (parce que ça sert à ça une famille, c’est beau), ce canadien de militaire (il est barbu, il ne lui manque que la hache et la chemise à carreaux) se met lui aussi à courir vers McClane le sourire aux lèvres. Genre il a cru que c’était pour lui, mais en fait non, du coup il tourne presque immédiatement les talons pour se casser hors du plan. Réaction de John Moore « Hey toi, le figurant canadien ! T’es viré ! ». Bref, Die Hard 5, c’est par moment naveteux, par moment nanar et par moment efficace. C’est donc un divertissement un peu mou du slip mais pas trop et donc, c’est moins terrible que ce qu’on nous promettait. En petite forme, mais on n’a pas affaire à des branquignoles non plus…

 

1,8/6

 

2013
de John Moore
avec Bruce Willis, Jai Courtney

 

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/cinema/news-cinema/cinq-bonnes-raisons-d-aller-voir-die-hard-5-3670648/66482606-1-fre-FR/Cinq-bonnes-raisons-d-aller-voir-Die-Hard-5_portrait_w532.jpg

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commentaires

borat8 15/03/2013 18:44

C'est même ce qui avait inquiété plus d'un fan, vu la post-prod calamiteuse de la chose.

borat8 14/03/2013 13:14

Je dirais plutôt une post-prod à la va-comme-je-te-pousse comme dirait John dans Une journée en enfer. La Fox l'avait déjà faites avec X Men First Class victime d'une post prod trop courte (le film
était fini de tourner vers janvier et le tournage avait commencé en automne!). Perso je ne trouve pas de réelle sympathie envers ce divertissement nullisime et bourré de défauts techniques.

voracinephile 15/03/2013 08:58



Ah, je ne savais pas X men first class avait eu une post prod précipitée... Le résultat est quand même techniquement assez bon. Une légère sympathie pour moi, mais au cinéma, Du Plomb dans la
tête aurait surement été un peu plus recommandable...



Zogarok 14/03/2013 00:16

Oui, ça reste un petit 2sur5. S'agirait de rester crédible, bordel !

Oui il faut le voir comme ça. Au moins il n'y a pas tromperie et de la part d'une grosse industrie, c'est déjà une belle concession. J'ai lu les critiques presse notamment... mais enfin à quoi
s'attendaient-ils ? Ils s'en veulent de n'avoir pas critiquée à temps la décadence de la saga - c'est-à-dire avec le 4e opus !?

voracinephile 14/03/2013 09:38



La crédibilité... voilà un luxe dont je m'embarasse souvent, mais que j'envois bouler ça et là (c'est temps ci, c'est de dire que Kill for Love est le meilleur nanar de ma culture cinéphile).


L'action est en effet là, et si le rythme peut vraiment dire merci à la musique, il continue à capter gentiment l'attention. Pour les critiques presse, j'irai voir quelles étaient celles du 4,
peut être que Len Wiseman est passé au travers des quolibets pour son produit déjà un peu mou (à titre perso, j'aurai voulu y voir McClane utiliser un ordi pour taper sur les méchants, genre moi
aussi je sais utiliser un ordinateur, mais bon, on se contentera de le voir se tirer une balle dans l'épaule en poussant yippie kaï). Peut être est-ce John Moore aussi, vu sa sinitre réputation
de cinéaste fossoyeur...



Zogarok 13/03/2013 23:37

Ouh... Il ne faut pas payer pour ça, ou pas trop. J'espère que je n'étais pas non plus carrément incitatif ; même si oui, il faut relativiser l'opinion générale (découverte après, et qui m'a
surpris).

Mou du slip... Voilà une définition que je n'oserais pas donner, bien qu'elle ne soit pas trop loin de la réalité. Enfin, comme pour la masse des films du genre. Pour enfoncer le clou, je dois dire
que je suis moins ennuyé que devant TDK (qui lui m'a excédé par ailleurs).

voracinephile 13/03/2013 23:55



Non, tu n'étais pas incitatif. La chronique était simplement intriguante, en dehors des sentiers battus. Perso, j'y suis allé pour voir un navet (d'ailleurs, j'ai présenté ainsi la chose en ces
termes à l'ami qui m'accompagnait), et par manque de sortie ces derniers temps (besoin de décompresser un coup).


Voilà le genre d'expression que j'utilise rarement, mais comme j'avais discuté de Titeuf avec Borat, des souvenirs sont remontés et ils semblent ressortir à des moments plus ou moins appropriés.
Tu enfonces le clou... enfin à ce stade, il a carrément traversé le mur... Mais comme Begins reste le meilleur pour moi, je souris ^^



borat8 13/03/2013 19:32

Enfin puritain, entre les SFX pourris et le même plan de JCVD le montrant lever la jambe pendant que Stallone lui défonce la gueule mouaif. Je préfère m'extasier devant The Raid. Je trouve au
contraire les incohérences affreusement grosses. Grenoble en Suisse il fallait oser! C'est comme la Corse en Afrique!lol Le coup des filles c'était justement un des seuls moments qui m'avait fait
rire dans les trailers. Et puis pourquoi les avoir mis dans les trailers pour ne pas les mettre dans le film? Aucune utilité et ça prend les gens d'autant plus pour des cons. Oui Mary Elizabeth
Winstead apparaît au début, à la fin et au milieu en fond sonore!lol Très intéressant le job! Le coup des tchétchènes fallait quand même oser. Non seulement c'est con mais en plus c'est d'un
ridicule. Le coup de la fille m'a bien fait rigoler: elle tue papa avec les hélices et elle se suicide! Sans compter Willis qui se fait éjecter dans un déluge monumental de SFX.

voracinephile 14/03/2013 09:53



Pour comprendre d'où vient l'insulte de puritain, il faudrait que tu lises un comm que j'ai posté sur Zogarok en réaction à sa chronique sur Die Hard 5. Et ayant placé The raid très haut dans mon
top, ouais, c'est sur que lui envoyait la sauce. Je ne sais pas si Die Hard 5 a eu une post prod houleuse, ce serait à vérifier. Parce qu'il est fort possible que sa sortie dans les salles ait
été précipitée, expliquant ainsi les coupes. Mais inutile de s'avancer en hypothèses maintenant. Je reste sur une impression un peu maussade, un peu ennuyé par ces critiques qui défoncent le film
qui possède encore un maigre capital sympathie, mais ce dernier n'est pas bien gros en effet...



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