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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 10:23

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Tarantino aujourd’hui avec son dernier Django Unchained. Vu le tapage qui est fait autour du film, que ce soit dans la presse ou avec le public, Django est parti pour être un des films les plus rentables de l’année. Pour tout dire, j’étais un peu dubitatif, craignant de retrouver les faiblesses quotidiennes de Tarantino. Et si elles sont là en effet, forcé l’on est d’admettre que le résultat possède un certain panache, même si il perd en capital sympathie au fur et à mesure que l’intrigue progresse.

L’histoire : Django, esclave noir rebelle, est libéré par un chasseur de prime allemand afin de reconnaitre ses 3 prochaines cibles. Mais alors qu’ils accomplissent leur mission, Django émet le souhait de vouloir libérer sa femme, vendue il y a des mois dans un marché d’esclaves.

 

http://www.indiewire.com/static/dims4/INDIEWIRE/e4aa28d/4102462740/thumbnail/680x478/http://d1oi7t5trwfj5d.cloudfront.net/de/617f00a37811e1bcc4123138165f92/file/django-unchained-05212012.jpeg

 

Comme on connaît la passion de Tarantino pour les westerns, le voir s’attaquer frontalement au genre a quelque chose de séduisant. Et ses fans ne seront ici pas déçus. S’attaquant donc avec un certain respect du Western (assez classique dans son exposition), il y mixe un côté blacksploitation qui fonctionne particulièrement bien pendant la première heure du film. On retrouve le meilleur du cinéma de Tarantino, à la fois dans le côté moralement ambigu mais en fait ça va (l’exposition du métier de chasseur de prime, un brin Besson sur les bords), dans les dialogues de personnages décalés (Christoph Waltz, encore une fois excellent dans son rôle de chasseur de prime), dans l’humour permissif (la scène what the fuck des cagoules, bien qu’anachronique) et dans la progression de son intrigue. On ne s’ennuie pas une seconde pendant la première moitié de Django, l’histoire parvenant à bien se renouveler et à introduire ses personnages. Et on ne peut qu’apprécier la performance de Léonardo Di Caprio, excellent à contre emploi dans le rôle d’un vendeur de lutteur noir ayant acheté par hasard la femme de Django. Sa performance est un régal, tant le personnage réussit à être convaincant dans sa vision raciste de la société où sa famille s’est implantée. Si le contexte raciste est pour beaucoup dans la détermination des méchants (quasi unanimement blancs, mais c’est logique), on peut toutefois relever dans tout cela la prestation de Samuel Lee Jackson, hilarant dans son rôle de noir raciste entièrement dévoué à la famille exploitante de la plantation, mais dont la performance sombre peu à peu dans la répétition (au bout d’un moment, il continue sur cet humour, mais il n’est plus drôle). Un détail dans cette première bonne moitié : tout le monde semble avoir été choqué par la scène où des chiens mettent en pièce un lutteur sous le regard de Django et de Schultz (le chasseur de prime allemand). Je ne vois pas en quoi il est choquant que Django approuve, dans la mesure où il avait annoncé qu’il allait endosser le rôle d’un personnage pourri jusqu’à l’os et où il est impossible de le sauver (j’insiste, vu le nombre d’individus soutenant le racisme dans les environs, il aurait de toute façon été mis à mort). Après une première partie excellente, tout bascule avec la mort de Léonardo di Caprio. Après cet évènement, le film sombre dans le grand guignol et Tarantino retombe dans tous ses travers. Je m’étonnais que pendant la scène du chien, on ne voit aucune scène de violence. Tarantino deviendrait pudique ? Nooon ! Il nous les ressort en gros plan, mais plus tard (juste avant la mort de Di Caprio en fait). Et là, l’hémoglobine gicle ! Après une scène de carnage limite insoutenable (ils repeignent le hall avec du sang) complètement inutile (mais Tarantino s’est bien marré derrière sa caméra), on vire sur la séance de torture avortée (il y aurait pu y avoir du neuf, mais non, l’intégrité physique du héros est conservée), avant de partir dans le grand n’importe quoi narratif. On commence à ressentir la longueur de Django, qui s’encombre d’une nouvelle boucle narrative qui n’est là que pour rallonger l’histoire. Le coup de la tchatche avec les gardes du convoi d’esclaves est à ce titre une scène de dialogue complètement gratuite, où Tarantino ne cesse de s’auto-citer (on sent les mêmes plans de Reservoir dogs), avant que le héros, tuant tout le monde, ne galope vers sa promise en exécutant tout le monde sur son passage (en tirant dans la bite de préférence). On tombe dans le travers qu’on pouvait craindre, à savoir que dans le dernier acte, Tarantino flingue tous les blancs avec son héros, en laissant les noirs s’en sortir parce qu’ils sont noirs (sauf samuel lee jackson, parce qu’il faut le faire mourir celui là). Les 15 dernières minutes de Django sont à ce titre insupportables, tant le film s’éclate à rendre ridicule ses personnages au moment de mourir. Ah, tu cries, putain de raciste ! Tu as mal, putain de raciste ? Tiens dans ta bite ! Paw ! Ou encore le « Dis bonsoir à madame Daisy ! », summum de l’humour nazi dont est parfois capable le réalisateur. Dommage que Tarantino manque complètement de recul dans sa dernière partie, virant dans un manichéisme putassier qui provoque quelques gênes (on tue le négro raciste, mais la dame de compagnie de Di Caprio, noire, restant toujours stoïque et souriante devant les exactions de ses maîtres, est libérée comme si de rien n’était). Le résultat, toutefois très beau et bien rythmé, réussi à tenir ses objectifs, à savoir être un divertissement honnête tout en donnant dans la relecture moderne (il n’y avait que Tarantino pour oser nous balancer du rap dans un western au XVIIème, et en plus ça fonctionne !). Sympathique, et effectivement l’un des meilleurs Tarantino jamais fait, mais on ne va pas non plus crier au génie.

 

4,3/6

 

2012
de Quentin Tarantino
avec Jamie Foxx, Christoph Waltz

 

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

Vince12 12/02/2013 08:53

ce qui me pousse de plus en plus à penser que je n'ai vu que la BA

Vince12 11/02/2013 13:29

je tenterai de voir (ou revoir) ça

voracinephile 11/02/2013 22:42



Valeur sûre en matière de cinéma costaud de toute façon !



Vince12 11/02/2013 10:59

je ne me souviens plus trop de Devil's reject, en y réfléchissant je ne sais même plus si je l'ai vu ou si j'ai regardé seulement la BA.

voracinephile 11/02/2013 13:15



Ahaaa... Une redécouverte s'impose ! En attendant Lords of Salem, tu as tout le temps... Mais les images du générique (une caméra se déplaçant librement dans un paysage désertique traversé par
une route) associé à la musique de Terry Reid m'ont fait littéralement planer jusqu'à la fin...



Vince12 11/02/2013 09:33

Oui pour True Grit beaucoup m'avaient dit qu'ils préféraient l'original. Quant à No Country... on est dans le western moderne, Excellent en effet, je reprocherai seulement quelques longueurs mais
le film est superbe visuellement et quel casting.

voracinephile 11/02/2013 10:36



Nous sommes d'accord, c'est parfois long, surtout les parties avec Tommy Lee Jones. Mais le résultat, rafraîchissant, amoral et palpitant, laisse le spectateur dans une ivresse cinéphile très
agréable. Un pur sentiment de liberté pour ma part (la dernière fois que j'en avais éprouvé un semblable, c'est devant le générique de The Devils rejects, que je trouve fantastique).



Vince12 09/02/2013 18:32

d'ailleurs je n'ai toujours pas vu True grit, mais on m'a dit que c'était pas mal mais sans plus

voracinephile 10/02/2013 23:09



True Grit est sympathique en effet, je l'avais vu ors de sa sortie. L'humour des Cohen est là et fonctionne bien, et le film a l'avantage d'opérer un changement de contexte couillu aux deux tiers
du film en passant du chasseur de prime à ses proies, les hors la loi traqués, dont on se met alors à partager le quotidien. Un essai au western amusant, mais je lui préfère nettement No country
for old man...



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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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